Web 2.0 et commerce : the Long Tail

En réponse à un article de Francis Pisani sur son blog, voici ce que je disais de son post sur le concept de Long Tail.

Diversité !

Prenons un exemple assez concret, celui du marché de la bio, du dévelopemment durable ou du commerce équitable.

Nous nous retrouvons dans trois niches de marché qui, après tout, peuvent être approchées sous un angle commun. La particularité de ces marché est la diversité des acteurs, leur petite taille et la richesse de leur offre.

Dans les magasins spécialisés, les hypers ou les moyens de distribution classiques, l’offre pour ces produits reste limitée géographiquement et ne permet souvent pas de présenter toute la largeur de la gamme. Le client peut donc avoir du mal à trouver un produit spécifique dont il peut avoir entendu parler à la radio, à la télévision, dans un journal ou sur Internet. D’un autre côté, ces petits acteurs vont avoir du mal à élargir leur offre sur une zone géographique plus grande ou dans un réseau de distribution plus dense, du fait, essentiellement de leur manque de moyen et leur manque de structuration pour cela.

Internet leur offre donc la possibilité d’être visible partout et de livrer partout. A une condition toutefois, d’être facilement « trouvable ». Ce qui reste très difficile pour ces petites entreprises. Leur chance est de pouvoir se retrouver sous une bannière commune qui leur permettrait d’associer leurs forces et de partager leurs ressources au sein d’une sorte de réseau dont chaque acteur pourrait bénéficier mutuellement.

En gros, c’est ce qu’a déjà fait Ebay pour les particuliers et certains professionnels. Reste à appliquer le même principe pour des niches de marché et pour des acteurs plus professionnalisés. On pourrait imaginer un Ebay du Bio, par exemple. Le coût d’une boutique pour chaque vendeur serait dérisoire, le coût de promotion serait reporté sur une plateforme commune, partagé par tous, et les bénéfices retomberait sur tous de manière assez équitable. Les gains financiers seraient également partagés, mais il me semble qu’il seraient largement suffisants pour chacun pour que l’idée en vaille la peine.

Du côté du consommateur, on aurait accès à un système présentant une diversité de produits inégalée et on conserverait le choix du vendeur à qui l’on voudrait acheter. Finita les Grandes Surfaces ! On passe d’un réseau de distribution vertical et concentré à un réseau de distribution diffus et étoilé (si je peux me permettre l’image).

Notez que ce schéma prévaut déjà dans le monde musical. Les gros acteurs centraux, comme les producteurs, commencent à comprendre que leur métier change et qu’ils ne pourront plus jamais maîtriser la distribution des produits telle qu’il l’ont faite jusqu’à aujourd’hui.

Cela peut-être vrai dans de nombreux domaines spécialisés. Et non seulement, au niveau du commerce BtoC, mais également BtoB, à un niveau plus mondial.

On voit bien là qu’Internet est en train de bouleverser de fond en comble la donne des marchés. Contrairement à Hal Varian, je ne pense pas que ce soit vraiment les plus gros qui tireront leur épingle du jeu dans ces nouvelle donne. Mieux encore, il pourrait en pâtir très violemment étant donné leur inertie dans l’innovation.

Qu’en pensez-vous ?

1 commentaire

  1. Merci pour ce billet Capitaine. La longue traîne est un concept qui bien que n’étant pas vraiment nouveau reste très intéressant. Je prépare d’ailleurs un billet sur ce sujet appliqué au référencement.

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Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.