Une conversation de comptoir menée hier soir à bâtons rompus avec Jacques (merci, pour les bières Jacques !) fit bondir entre nous un sujet qui devrait attirer plus que l’intérêt de nombreux e-commerçants : je veux parler de la personnalisation de contenus.
Le club des « Sapins de Noël »…
…qui compte un très grands nombres d’enseigne parmi ses membres rassemble les fervents croyants du « qui en met le plus sur sa page d’accueil en vend le plus ». Exemples choisis : La Redoute, les 3 Suisses et le champion de France en la matière cDiscount.
Vous l’aurez remarqué, pour peu que vous soyez observateur, chacun de ces dignes représentants du ecommerce français ne lésine pas sur les contenus en page d’accueil : des promos en veux-tu en voilà, des liens à la chaîne, des prix fracassés qui explosent et j’en passe. Comment l’oeil peut-il s’y retrouver là dedans ? Et plus important encore, comment le propriétaire de l’oeil en question arrive-t-il à hierarchiser, à organiser l’information dans son cerveau ? Une telle abondance ne finit-elle pas par desservir le commerçant lui même ? Connaissez-vous ces magasins à New York qui vendent de tout et dont les vitrines sont dignes des plus belles pages d’entrées du web ? La surabondance d’information est telle qu’il est impossible au cerveau de se focaliser sur un produit ou de trouver une information pertinente par rapport à sa demande.
Ne devrait-on pas, dès lors, simplifier les contenus de ces pages d’accueil ? N’offrir qu’une dizaine de chemins possibles me semble déjà suffisant pour engager le client dans un tunnel d’achat. Songez à votre Gmail ou à votre client mail. Si vous êtes comme moi, un utilisateur averti du web et des mails, vous devez sans doute avoir depuis longtemps abandonné tout effort de classement de l’info et peut-être vous reposez-vous entièrement sur la puissance de votre moteur de recherche de bureau (type Google Desktop) ? Si, c’est le cas, vous me comprendrez sûrement. Avec le web, l’abondance d’informations est telle qu’il devient vain voire absurde de vouloir utiliser des modes de classification et d’organisation de l’information classiques. La preuve en est le succès énorme de Google au détriment des annuaires (qui utilise encore un annuaire pour trouver de l’info ?). Or, les grandes enseignes continuent à faire comme si (presque) de rien n’était.
iGoogle et Netvibes : les personnalisateurs d’interface
Mais loin de moi l’idée de vouloir taper sur d’innocents webmasters, mais plutôt de vous suggérer une première piste de recherche en la matière de NetVibes ou iGoogle. Si vous connaissez ces deux plateformes d’aggrégation de contenus, vous avez du sûrement comprendre une de leurs fonctionnalités principales, à savoir, la possibilité d’organiser et de choisir l’information dont on veux exactement de la manière dont on la veux. Oui, vous savez de quoi je parle. Autrement dit, vous qui êtes passionné de pêche à la mouche, plutôt que d’aller consulter chaque matin l’actu sur votre site favori de pêche à la mouche, allez capter un flux RSS sur le sujet et vous créez une fenêtre d’information spécifique sur votre bureau iGoogle ou Netvibes.
Voilà pour l’idée de la personnalisation, mais il n’est pas question de transposer grossièrement cet exemple au e-commerce.
Avec Amazon, je ne vois que ce que j’ai envie de voir
Tournons-nous à présent vers Amazon, dont je suis un client régulier, et qui a mis au point un petit outil bien pratique : le petit onglet « Chez vous ». Que se passe-t-il quand je clique sur le petit onglet « Chez vous » ou plutôt « Chez Capitaine Commerce » pour ce qui me concerne ? Eh bien Amazon m’offre une page d’accueil personnalisée en fonction de mes goûts, ceux-ci étant connus grâce aux achats que j’ai déjà effectués chez le plus grand libraire du monde. Et ça marche ! Etant passionné d’histoire, il me suffit d’acheter un livre sur un sujet pour qu’Amazon me propose toute une gamme de livres proches du sujet qui m’intéresse. Le plus intéressant étant que les critères présidant à cette offre ne sont pas le fruit d’une classification uniquement par méta-information rentrées manuellement dans la base d’Amazon, mais reposent également sur l’avis, les notations et les préférences d’achat de mes comparses internautes.
Mettons ces deux concepts, interface personnalisable et push de contenus par affinité, dans un shaker, et… remuons. Avec un peu d’astuce (et d’espiéglerie (blague perso pour les plus de trente ans)), nous obtenons l’interface du futur du ecommerce : une page d’accueil constructible et personnalisable avec de l’info spécifiquement destinée à l’internaute en fonction de ses goûts. Nous obtenons ainsi deux résultats intéressant :
« Est-ce que c’est pas merveilleux », m’écrie-je dans une bouffée de joie délirante ? Et vous ? Connaissez-vous des interfaces de ecommerce personnalisables ?








Je ne connais pas d’équivalent dans l’e-commerce.
Mais pour en revenir au début de l’article, ma page d’accueil est netvibes, et elle ressemble de plus en plus à un bazar digne de cdiscount!!!!
Même si ca va à l’encontre de tout principe d’ergonomie et de lisibilité, je pense qu’il y a qq interêt à mettre beaucoup d’information sur la première page:
– le client trouve forcement se qu’il vient chercher directement sur la page d’accueil sans avoir a fouiller le site
– le "touriste" a de la lecture sans clic et sera plus facilement accrocher
– globalement, ca rend le site plus dynamique
– j’éprouve un certain sentiment de solitude sur les sites trop dépouiller. Je pense, mais c’est un avis perso, qu’une page d’accueil bien fourni donne le sentiment d’un magasin vivant.
Pour modérer mes propos, je suis en train de monter un site sur OSC, et il est plutot dépouillé
Bonjour,
voila une question d’une étude réalisé en 14 mai 2007 : une étude sur un échantillon de 1364 personnes
Quand vous cliquez sur un lien menant à un site web commercial vous aimez être dirigé(e) :
à l’intérieur du site, au cœur du catalogue de produits et services 126
sur la page d’accueil 798
sur une autre page 16
sur une page correspondant à la recherche que vous avez effectuée 424
Total 1364
Donc même si ce mais pas vraiment esthétique, ces gdes pages d’accueil, je pense qu’il faut qd même mettre pas mal d’infos ou rubriques sur cette page d’accueil.
C’est comme le glossaire d’un livre : tout ou presque tout doit y être dessus.
Je pense que c’est la page par ou tout le monde passe ou revient de tte façon.
Après bien sur l’organisation, le graphisme c’est un autre point de vue
Voila …
je pense qu’il y a 2 approches ecommerce en la matiere
soit avoir un long catalogue et dans ce cas là il est primordial d’avoir une page d’accueil fournie
soit vous concentrer votre offre sur des produits spécifiques type vente-privée et alors vous jouez plus sur l’achat opportuniste.
Amazone joue sur les 2 tableaux et clairement c’est eux qui ont raison, je suis toujours impression par leur enewsletter personnalisé, pas très régulière mais à chaque fois on a envie de cliquer sur 1 ou 2 produit présenté
Récemment j’avais lu une étude sur les promotions croisées et en gros il disait que par exemple multiplier les appels produits sur une page produit ou catégorie, pouvait nuire à l’acte d’achat…
Ensuite perso j’ai l’impression quand je vois rue du commerce ou cdiscount j’ai plus l’impression qu’ils cherchent à se rassurer en remplissant toutes leur pages du site.
Pour moi le bon exemple c’est vente-privée.com qui est plus dans la suggestion d’achat et qui connait la plus forte croissance du ecommerce français.
Je pense que la tendance est plutôt au ‘portail’ perso (genre Netvibes) et que les e-commerçants seront de plus en plus nombreux à vouloir y coller leurs widgets et autres RSS paramétrables. UPS vient par exemple de faire une grosse campagne pour que les gens téléchargent leur gadget Vista.
Salut,
D’accord avec GeoOrges sur l’état du moindre agrégateur après plusieurs mois d’utilisation, il s’inscrit dans la tendance du sapin de Noël dans laquelle nombre de blogs eux-même montrent le chemin à grands coups de widgets et de liens inutiles.
Alors est-ce nuisible ? Tout dépend, si le visiteur si retrouve. Dans la quête de confiance, l’internaute veut probablement "garder le contrôle" sur sa navigation. Lui permettre, clairement, un mode manuel et un mode de vol automatique avec une rubrique myTruc (supposé : internaute fidélisé) répondra aux exigences de nombreux profils.
Un navigation claire, un moteur contextuel et qui fonctionne, un onglet personnalisé sans login, un vrai système de push RSS/mail à la demande.
Ceci me rappelle l’époque de la bulle où l’on ne parlait que de push et de personnalisation et où chaque start-up voulait son Vignette ou autre solution Broadvision.
Le vrai push est là aujourd’hui, avec le RSS, mais il n’est pas mur. A part quelques utilisateurs avancés, la grande majorité des internautes ne l’a pas encore adopté.
Néanmoins, la personnalisation et le one to one vont s’en doute revenir à l’affiche prochainement car les gens aiment se sentir valorisés par des offres exclusives et personnalisées d’une part et que c’est techniquement plus facile et plus abordable.
Quand aux sapins de noël, j’imagine que ce type d’approche a dû faire ses preuves, et que c’est une transposition de ce que l’on trouve dans les grands magasins à certaines époques pour attirer le chaland : relire Aux Bonheur des dames, Zola
Je crois que l’approche ‘sapin de noel’ rime avec "pas cher" … un peu comme une plaquette publicitaire lidl !
Les site qui vendent plus cher les memes produits ou des produits de meilleure qualité se démarquent avec un design plus épuré et une meilleure approche de navigabilité.
… Le succes de Cdiscount n’est pas lier au design du site, mais au TARIFS des produit. Mais du coup ils ne peuvent plus faire un ‘beau’ site (bien qu’ils progressent), car les visiteur attendent le truc moche qui clignote (cela les reassurent ! OK je suis chez Cdiscount, le site pas cher)
La logique de cDiscount est volontairement celle d’un big bazar. Pour les grands vépécistes, je dirais que la logique n’est pas la même et ce qu’on pourrait leur reprocher est justement leur approche trop massive sur la page d’accueil : il y a beaucoup de monde dans la nature, donc j’essaye de tous les satisfaire avec une page. Cette ambition me semble se faire au détriment d’une offre plus fine que les outils d’aujourd’hui offrent.
La personnalisation peut effectivement s’entendre de 2 manières, radicalement différentes : à la Netvibes (l’utilisateur fait tout) et à l’Amazon (le marchand le fait pour l’internaute). A mon sens pour des sites marchands classiques (si vous n’avez pas une audience folle composée que de technophiles), seule la seconde a de l’intérêt, de mon point de vue en tout cas.
L’avenir est donc au profiling et au testing/optimisation automatique (Il ne manque pas grand chose à Google Website Optimizer pour ça…).
Yann, l’étude dit que la plupart des acheteurs aiment arrivent sur la "home", en revanche elle ne dit pas si ce choix est du au fait que les marchand ne travaillent pas assez leurs pages intérieures pour le moment…
[...] Réinventer les interfaces du commerce électronique : la personnalisation de contenus : Encore une fois, un très bon article de capitaine commerce sur base d’une réflexion sur le futur des interfaces. [...]