Expérience utilisateur : comment commander un mug sans boire la tasse ?

Par Capitaine | novembre - 19 - 2007 | 3 commentaires  
Auteur de ce billet : Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-Commerce.com. En plus de super-héros à collants verts, il propose désormais via Diginex, agence de marketing digital, spécialisée dans la création de trafic et la conversion.
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Vous avez vu ? Je m’améliore franchement en jeux de mots, vous ne trouvez pas ?
Le culte du soi peut parfois pousser l’être humain à commettre des actes parfaitement idiot, comme, par exemple, se faire fabriquer un mug à son effigie sur Internet.
Samedi matin, donc, bien calé dans mon fauteuil, une tasse de café à la main, la souris dans l’autre je partis faire mes emplettes sur le web à la recherche d’un site de personnalisation.
Rassurez-vous, je n’ai pas eu à chercher bien longtemps, la personnalisation étant un de mes sujets de travail en ce moment.

Première victime cafepress.com
Cafepress.com est aux Etat-Unis, sûrement, mais je n’en ai pas la preuve, le leader de la personnalisation d’objets en ligne. Source d’inspiration pour mon travail, ce fut donc naturellement vers cette presse à café US que je guidai mes pas dans cette aventure.
Pour choisir mon mug, pas de problème. Une minute après m’être connecté sur le site, je me retrouvai déjà en face de la fiche de personnalisation de mon mug. Prix : 11$99, c’est cher, mais bon…
Première épreuve : uploader mon portrait. Plutôt simple. L’image se télécharge rapidement et , miracle de la technologie, s’affiche prestement sur mon mug de prévisualisation. Parfait, me dis-je, il ne me reste plus qu’à presser sur le bouton « checkout », payer et attendre patiemment derrière ma boîte aux lettres quelques jours pour tenir enfin entre mes petits doigts potelés l’objet qui, j’espère, transmettra mon âme à mes petits enfants.
Mais les créateurs de cafepress.com avaient placé un piège !… un petit outil vicieux qui me permettait de déplacer sur mon mug l’endroit exact où j’aurais voulu placer mon image. Chouette, me dis-je, je vais pouvoir me caler, au poil près, mon portrait sur mon mug. Malheur à moi ! Il eut mieux valu que jamais un jour je ne clique sur ce bouton. A cause de lui, plusieurs minutes de mon existence furent dilapidés en clics et en clacs inutiles à la recherche d’une improbable possibilité, celle de pouvoir coller 2 images différentes sur mon mug.
Finalement, en désespoir de cause, je passai à la commande, avant de réaliser que…
Eh mais oui, rappellez-vous le début de ce billet. Cafepress.com étant un site américain, cafepress livre depuis le grand et beau territoire des Etats-Unis d’Amérique. Autrement dit, trois obstacles majeurs allaient s’opposer à ma satisfaction de consommateurs :

  • le délai de livraison : long, très long, au moins 3 semaines
  • la douane : un message très clair m’explique que le délai de livraison dépend en partie de la douane et se rappelle alors à ma mémoire l’aventure de mon frère qui ayant commandé un tshirt aux US dut attendre plus de 3 semaines avant de le recevoir et, SURTOUT, de payer des droits de douane équivalents au prix dudit t-shirt.
  • le prix de la livraison : trop cher

J’abandonnais donc ma commande en levant le poing de rage au ciel et me rabattais (pourquoi ne l’avais-je pas fait depuis le début) sur un site plus proche de mes préoccupations, un site français, dont j’étais déjà client et dont au moins je savais que les délais de livraisons m’offriraient l’espoir de recevoir mon mug avant ma mort.
Et toc ! Me voilà sur Photoways. Pour trouver mon mug, pas de problème. Quelques clics de souris m’emmènent prestement sur l’objet convoité et je me vois déjà dégustant mon café (dans ma nouvelle machine à café du bureau, débarquée un jour par la grâce de la stagiaire de Claire-Marie) dans mon superbe mug, mon portrait rutilant dans la chaude lumière solaire du matin.
Espoir, vous vous en doutez, encore une fois (presque) contrecarré.

Je ne sais pas si vous avez déjà essayé d’uploader une image de 1Mo73 sur Photoways, eh bien, je ne vous conseille pas de le faire un samedi matin. Photoways (qui a du lire mes conseils… non, je plaisante), dans sa grande sagesse, et surtout dans sa grande connaissance du web et de ses utilisateurs, offre au photographe amateur tous les moyens possibles et imaginables qui existent pour uploader ses photos :

  • une applet Java (pas terrible, mais bon)
  • un simple formulaire HTML (en principe, robuste, mais limité)
  • un logiciel à télécharger (j’ai autre chose à faire, mais s’il le faut, j’en passerai par là)

Je vous épargne les détails, car ce billet commence à traîner en longueur, mais vous pouvez vous douter évidemment, qu’en dehors du dernier, j’essuyais des échecs cuisants avec les deux premières méthodes de téléchargement, qui me laissèrent plusieurs minutes dans l’expectative de voir mon image s’afficher sur un mug et me permirent tout à la fois de consulter mes mails tout en me demandant si un jour, finalement, je l’aurais ce mug ou quoi et, si je ne ferai pas mieux de me contenter d’un vulgaire mug avec un Bart Simpson dessus, acheté à la rubrique à brac locale.
Non, finalement, il me fallut bien letélécharger, ce damné logiciel, pour parvenir à mes fins. Quelle perte de temps quand je pense à l’élégant et très pratique système d’upload d’images de Flickr.com ou même celui de cafepress.
Mais ce n’était pas tout, car il me fallut encore batailler à plusieurs reprises contre cette infâmante interface de Photoways dont on finit bien par sentir qu’elle n’a pas été refondue depuis les années de la bulle.
Chrono en main, le temps nécessaire pour me créer et commander cette foutue tasse, entre la déception de Cafepress et la complexité de Photoways, prirent à ma matinée plus de trente minutes de ma précieuse existence !
Merci Internet !

Conclusion de cette palpitante aventure
Encore une fois, et je ne saurais trop insister là dessus, la survie du ecommerçant passe par le soin qu’il apporte à l’ergonomie de ses interfaces. Il faut bien le reconnaître, les interfaces du ecommerce d’aujourd’hui sont encore de loin beaucoup trop compliquées pour nos contemporains. Plusieurs raisons à cela :

  1. nos contemporains sont loin d’être tous des maîtres de l’informatique. L’arrivée de générations ayant baigné dans l’informatique et les consoles de jeux devrait arranger cela, mais plusieurs années seront encore nécessaires à ce qu’elles deviennent des consommateurs avec un fort pouvoir d’achat.
  2. Internet en est à l’âge de l’automobile quand l’automobile ressemblait plus encore à une charette sans chevaux qu’à un fier destrier des autoroutes comme, mettons, la dernière Mercedes 500 SLK. Les interfaces de demain ne ressembleront certainement pas à celles d’aujourd’hui
  3. Conséquemment, depuis l’invention de la souris et des fenêtres, on peut difficilement dire que des grandes innovations ont été faites en termes d’interfaces homme machines (IHM), même si des gens très sérieux y travaillent jour et nuit

Mais ce n’est pas une raison pour attendre des temps meilleurs. Il est primordial, pour qui veut gagner des parts de marché et augmenter son taux de transformation, de fournir un effort permanent sur ses interfaces. J’ai déjà insisté depuis le début de ce blog sur pas mal de points : la fiche produit, la page d’accueil, le processus de commande, les formulaires d’inscription et j’en passe.
Améliorer l’ergonomie et l’usabilité de son site reste et demeure le meilleur levier de profit sur Internet après l’acquisition de trafic par les moyens classiques (emailing, affiliation, etc.).<br/> L’interface de téléchargement d’images de Photoways est une honte pour ses créateurs et un véritable travail de lisibilité et de fiabilité devrait y être porté pour que des types comme moi ne dépensent que 5mn à commander un mug. Je n’ose imaginer l’attitude de ma mère devant une telle complexité. Et pourtant, ma mère représente ce qu’il y a de mieux en terme de pouvoir d’achat. C’est un peu dommage de la négliger sous prétexte qu’elle n’est pas une Geek.

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3 commentaires pour l'instant.

  1. Vince dit :

    Finalement tu l’as quand même commandé ton mug ? :-)
    Ca m’est déjà arrivé d’être ‘achement intéressé par un produit d’un site US et l’étape livraison a calmé également mes ardeurs…

  2. Olivier dit :

    Merci Capitaine de donner de ton temps et surtout de ton argent pour la bonne et juste cause du eCommerce ! :)

  3. Bap* dit :

    Merci Capitaine, je ne sais pas si on fait beaucoup mieux mais on essaye en tout cas… :)

    Au plaisir d’une de tes visites.

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