Ouvrez les portes dorées de la Longue Traîne : iTunes, Lego Factory, Polyvore, Cafepress

Arranger entre eux des éléments disparates, les recomposer en un ensemble harmonieux, inventer de nouveaux produits à partir de produits existants, voilà ce que les nouveaux ecommerçants de la longue-traîne proposent aux néo-cyberconsommateurs : on pourrait appeler ça le L-commerce (ou lego-commerce, vous allez comprendre pourquoi).

Pile of Lego bricks

Faire du neuf avec du vieux, voilà ce qui pourrait être l’adage du L-commerce. Le principe en est simple : à partir de produits du web ou de votre propre catalogue, proposez à vos clients la possibilité d’en créer de nouveaux en arrangeant entre eux ces simples produits.

C’est ce que font depuis longtemps les assembleurs de PC (cf Dell). A partir d’une gamme d’éléments élémentaires, vous composez votre propre ordinateur en ligne avant de l’acheter. Ca, c’était l’époque du web 1.0. Mais la longue traîne et le web 2.0 sont passés par là et ont apporté depuis 2 nouveaux facteurs à ce premier concept.

  1. l’arrangement entre unité produits achetables séparément
  2. la revente d’articles composés par les internautes

Evidemment, le plus simple pour comprendre est de partir du site Lego Factory, symbiose excellente de ce concept.

Lego Factory vous permet de créer et de vendre vos propres créations

Tout le monde, j’espère, connaît les Legos, ces petits bouts de plastique qu’on assemble pour créer des objets. Depuis toujours, Lego propose des modèles préformattés pour les enfants (et même les adultes) dans des boîtes dont le prix était rigoureusement fixé. Mais comme vous le savez tous, rien ne vous empêche de démonter ces modèles et d’en créer d’autres. A vrai dire, les possibilités sont infinies. C’est ce qui fait l’intérêt et la richesse même des Legos. Nombreux sont donc les fans qui créent leurs propres modèles, les prennent en photos et les montrent à leurs amis. Ils partagent leur passion au sein de clubs et forment une véritable communauté mondiale sur laquelle Lego a fini, bien sûr, par tirer un grand parti : c’est la Lego Factory.

Allez-y faire un tour et vous comprendrez assez rapidement comment Lego a pu transformer une passion pour des millions de gens en une juteuse machine à générer du cash.

Les possibilités sont inifinies

Sur Lego Factory, vous pouvez, à partir d’outils de modélisation 3D, recréer virtuellement des modèles plus ou moins complexes en Lego. Ne comptez pas vos briques, vous en avez autant que vous voulez, puisqu’elles sont virtuelles.

Une fois terminé votre modèle, il ne vous reste plus qu’à commander les pièces (si vous en avez le budget) qui vous permettront de le fabriquer réellement avec vos petites mains agiles. Et voilà, le tour est (presque) joué, car, non content d’avoir en plus trouvé des concepteurs bénévoles de produits, Lego a également trouvé des vendeurs. Car, si votre modèle vous plaît et que vous pensez qu’il pourra plaire à d’autres, pourquoi ne pas le vendre ? Et c’est exactement ce que vous pouvez faire sur Lego Factory : revendre le modèle que vous avez-vous même créé à partir des petites briques de base. Oh, bien sûr, vous ne toucherez qu’une commission, mais est-ce que ce n’est déjà pas un élément suffisant pour motiver votre créativité ? Et dans un système comme celui là, tout le monde est gagnant : Lego, le conso-acheteur-concepto-vendeur-internaute, et la communauté des dingues de Lego !!!!

Et voilà. Vous avez-compris mon concept ?

Le Lego Factory de la mode ! Polyvore.com

Allons voir plus loin et examinons un autre cas. Celui de Polyvore, dont j’avais fait un rapide billet il y a quelques jours.

Que vous permet de faire Polyvore ?

  • Polyvore vous permet, plutôt facilement (ça, c’est important) de composer à partir d’articles glanés sur le web des ensembles de mode.
  • Il n’y a pas de limites à ce concept. Tout ce qui est vendu sur le Net peut être intégré à un ensemble Polyvore.
  • Vous composez donc votre ensemble et, une fois terminé, vous pouvez l’enregistrer, le conserver dans une banque de données d’ensembles et l’exposer sur votre blog ou autre.

Quel est l’intérêt de Polyvore ?

Eh bien, je dirais qu’il est simple.

Il surfe sur la tendance féminine bien naturelle à concevoir d’elle même de la mode. Au niveau mondial, ça fait beaucoup de modistes gratuites. Chacune (ou chacun, ne soyons pas sexiste) peut y aller de son petit ensemble et le présenter ensuite fièrement au monde entier. Et s’il plaît, ce petit ensemble, eh bien, n’importe qui pourra se le procurer sur le web, sans se déplacer, puisqu’il est entièrement composés de produits vendus sur le web !!! C’est pas formidable, ça ??

Pour l’instant, Polyvore est encore en version bêta et ne semble pas rémunérer à la commission les créateurs d’ensemble. Mais on peut parier que c’est ce que son fondateur a derrière la tête et qu’il est prêt à créer un gigantesque système d’affiliation pour la mode, la décoration, etc…


Le L-commerce de la musique : itunes.com

Ce n’est pas fini, continuons le combat.

iTunes, que tout le monde connaît bien, est aussi à part entière un tenant du L-commerce. Comment ? Mais comment ? Eh oui, itunes a sans doute été l’un des premiers à dire que les albums (créés à l’origine pour des raisons commerciales et techniques n’ayant rien à voir avec la musique), c’était fini, en décidant de vendre à l’unité tous les morceaux d’un album. Avant de construire, iTune a tout cassé et surtout l’idée qu’on pouvait se faire de l’achat de musique en ligne. Car, franchement, aujourd’hui, qui, à part des vieux comme moi, achète encore des albums en entier sur le web ? C’est fini tout ça. Bienvenue à la petite brique élémentaire musicale du web : le MP3. Bienvenue à la playlist, équivalent du modèle Lego, recomposée à partir de petites briques musicales. Bienvenue au L-commerce musical !

Le L-commerce = catalogues infinis + acheteurs=vendeurs

Je répète le concept pour ceux qui n’auraient pas suivi :

  • Dans mon catalogue, j’ai X briques différentes, composant un nombre X/n d’albums.
  • Dans le monde, j’ai Y millions d’internautes.
  • Ces Y millions d’internautes peuvent et achètent mes briques à l’unité et les recomposent en nouveaux albums. Avec mes X briques et mes Y millions d’internautes, combien puis-je faire de nouveaux albums ? Hmmm ?… Eh bien, il n’y a pas de réponse précise, puisque ça approche vaguement l’infini. Or infini > n albums (largement supérieur). Conclusion : le L-commerce, c’est la possibilité de faire avec un nombre restreints de produits une variété infinie de nouveaux produits. C’est s’ouvrir tout grand les portes dorées de la Longue Traîne !

Cafepress : la personnalisation à l’heure du web 2.0

Bunch of Cafepress products

Dernier exemple, et pas des moindre, Cafepress.com, sans doute le moins connu des 4 larrons. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il n’y en a que 4, mais ce sont ceux qui ont attiré mon attention en dernier, alors…

Cafepress est un site de personnalisation comme on en trouve un peu partout ailleurs (voir le fameux Lafraise.com ou Spreadshirt). Sauf que, sauf qu’avec Cafepress on est encore une fois en plein dans le L-commerce, car au départ, Cafepress ne possède qu’un catalogue de 150 articles, et pourtant, avec l’aide des internautes, est capable de présenter au monde en catalogue de 3 millions d’articles. 3 million ! Eh oui, mesdames et messieurs, 3 millions de références dans un seul site !!! Vous en connaissez beaucoup, vous, des magasins avec 3 millions de références dans leurs rayons (même virtuels) ? Moi pas. Et c’est pourtant ce que Cafepress peut faire.

Au départ, Cafepress n’est qu’un bête site de personnalisation. Vous prenez une tasse blanche, vous dites à l’internaute qu’il peut y mettre la photo de son berger allemand, il l’uploade sur votre serveur, vous collez la photo de Médor sur la tasse et vous renvoyez la tasse à l’internaute qui est tout content de pouvoir offrir ce bel objet personnalisé à son animal favori. Miraculeux !

Mais, me direz-vous, mon cher ami, la personnalisation, ça existe depuis la nuit des temps !

Pas faux ! Sauf que…

Avec Cafepress, l’internaute peut sauvegarder son modèle dans une base de données et le mettre à la vente, moyennant petite commission. Avec plusieurs millions d’adorateurs de bergers allemands et autres dans le monde, ça fait déjà beaucoup de tasses. Et comme, il n’y a pas que des tasses, mais aussi des t-shirts, des casquettes, des slips (mais oui, des slips personnalisables, ça existe), des serviettes, des papiers à entête, ça vous fait, eh bien, ça peut vous faire 3 millions de produits en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Effet Longue Traîne garanti !

Le L-commerce : un gisement prometteur pour le ecommerce

Ce bref, mais, j’espère, instructif aperçu du L-commerce, devrait ouvrir les perspectives de certains futurs entrepreneurs du web. De nombreux filons sont sans aucun doute à explorer et l’inventivité devrait en être leur phare. Il ouvre, c’est certain, la possibilité, sans beaucoup de moyens, de se frayer un chemin vers les plus passionnante et les plus rentables des activités webs de demain. Et vous, c’est quoi votre L-commerce ?

6 commentaires

  1. J’aime ce site !! non franchement j’en apprends tous les jours et rien qu’à lire cet article, mes neurones sont en ébullition.
    C’est en effet un concept formidable et infini. C’est ajouter au e-commerce un esprit communautaire qui peut rapporter à tout le monde. En tou cas c’est comme ça que je le vois et merci encore pour cet article 😉

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Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.