Interview Thierry Lernon, directeur Web La Redoute sur le Journal du Net
Avoir la prétention de dessiner les grandes lignes du ecommerce de demain me paraît, à mon avis, fort présomptueux. En revanche, écouter ce qu’on à en dire les grands acteurs du ecommerce d’aujourd’hui peut révéler quelques pistes intéressantes.
C’est ce qui me semble être le cas à la lecture de l‘interview de Thierry Lernon, Directeur Commercial Web de La Redoute, dans le Journal du Net aujourd’hui.
Première constatation, et de loin la plus intéressante, il semblerait que La Redoute ne s’oriente plus vers un modèle de portail généraliste, mais au contraire, ait décidé de compartimenter son offre en de multiples sous-secteurs spécialisés.
« Nous avons décidé de passer d’un positionnement de généraliste à celui de multispécialiste, en renforçant notre spécialisation sur chacun des univers »
Pourquoi abandonner l’approche généraliste, celle même qui prévalait depuis des années au sein des divers grands groupes VAD ? Parce qu’elle était essentiellement fondée sur la composante Catalogue. Présenter l’intégralité de son offre au sein d’une entité unique était la solution la plus adaptée pour le vendeur à distance : économie de coût d’impression, prestige lié à l’objet « livre » qu’est le catalogue, etc. N’étant pas un expert de la VAD, je ne m’étendrai pas sur le modèle Catalogue sauf pour dire affirmer que transposé au web, il a rapidement trouvé ses limites, tout au moins sur certains aspects :
- la complexité qu’il y a à montrer une offre intégrale de produits sur un espace limité (l’écran d’ordinateur) sans favoriser les effets de niche : certains produits, ceux qui sont en queue de page de résultat de recherche ne sont en fait jamais vus
- la concurrence des sites pure players spécialisés qui sont capables d’attirer les internautes sur des offres extrêmement riches et variées où le catalogue généraliste, directement en concurrence sur le web, ne propose qu’une offre limitée et peu attractive en termes de prix
En terme de référencement, on peut également ajouter que les portails généralistes ont tendance à être pénalisé par Google qui leur préfère de loin des sites spécialisés de niche. On peut d’ailleurs s’interroger à ce propos sur la stratégie d’Amazon qui étend de plus en plus son offre jusqu’à presque faire oublier son passé de libraire.
D’où la nécessité pour les grands vadistes de redéployer leur offre d’une manière plus segmentée, plus personnalisée et plus spécialistes qu’elle ne l’est aujourd’hui.
Inutile de dire ici qu’il s’agit d’une immense remise en question de leur métier.
Eclater l’offre, donc, voilà un des enjeux d’avenir pour ces multigénéralistes.
« Tout l’enjeu, pour nous, consiste à proposer aux clients un accès facile qui soit compréhensible par le plus grand nombre, dans sa navigation, tout en présentant toute la largeur de l’offre. C’est-à-dire qui permette une vision à la fois globale et précise »
Corrélativement, et un coup d’oeil sur les pages d’accueil de La Redoute ou 3 Suisses vous en persuadera, l’approche généraliste du client n’est plus de mise.
La particularité d’Internet est d’être un média de masse particularisant. Autrement dit, Internet, tout comme la télévision vous permet de vous adresser à votre auditoire final de manière massive (rien de plus facile que d’être vu par des millions de gens avec un site hébergé à côté de chez vous) tout en permettant d’adresser un discours personnalisé à chacun des auditeurs (ce que ne peut pas faire la télé et ce que commence à peine à faire certains sites).
Les portails des vadistes sont encore très loin de répondre ou plutôt d’utiliser cette possibilité.
Il existe une page d’entrée unique sur leur site pour tout le monde, sans considération pour la variété et les différences de comportement de ce tout le monde, alors qu’il semble si simple aujourd’hui de pouvoir proposer du contenu personnalisé en fonction des goûts des utilisateurs (ébauche de cela avec les espaces persos d’Amazon).
Cette idée, je l’avais déjà ébauché dans ce billet. NetVibes, iGoogle, et, pourquoi pas, Facebook, devraient servir d’inspiration à la personnalisation de contenus dans les sites de ecommerce. Ce serait une grande révolution. Toutefois, on peut imaginer déjà le bouleversement des habitudes qu’elle pourrait provoquer chez les directeurs marketing. Autrement dit, la pilule sera dure à avaler.
Musiacalias : un nouveau venu de la musique en ligne
Ca faisait plusieurs mois que je l’attendais, Julien vient enfin de mettre en ligne Musicalias, le site de vente de musique dédiée aux musiques qu’on entend pas sur Tf1 (et accessoirement les grands médias). Vous trouverez donc ici des artistes qu’on entend pas ailleurs et surtout du rédactionnel, beaucoup de rédactionnel, dans le respect d’une démarche qualitative. Alors, je vous encourage tous à découvrir Musicalias et à y faire vos emplettes de Noël si vous avez envie d’offrir un bon CD (oui, oui, ce n’est pas du MP3, vous m’avez bien lu) à votre copine. Petit rappel pour la forme : Julien m’avait déjà répondu dans une longue interview sur ce blog pour expliquer le concept du site.
Storexeperience.com : surfer détendu du mobile
Non, ce n’est pas une pub pour SFR, mais je cherchais un jeu de mot pour le titre de mon billet et tout ce que fut capable de formater mon esprit dans ma conscience fut ce slogan publicitaire particulièrement idiot.
Pas grave, me dis-je, puisque l’important était d’attirer l’attention de mes lecteurs avec un gimmick percutant.
Storeexperience.com entérine pour de bon la métamorphose de l’homo erectus en homo numericus en donnant le pouvoir au shopper qui sommeille en chacun de nous de sublimer son expérience d’achat dans le monde réel par l’accès mobile aux informations et promos du monde virtuel.
Vous aurez plus d’infos là dessus prochainement puisque je rencontre un des fondateurs de Storexperience.com très prochainement.
IKEA Store :une bonne expérience de navigation
On va dire que je fais de la lèche pour IKEA, mais il faut reconnaître franchement que tout ce que fait le fabricant de meubles suédois mérite de l’attention.
Ainsi son site devrait servir de parangon à tous les ecommerçants wanabees. Autrement dit : « Voilà un site qu’il est bien fait ! ».
Page d’accueil
Peut-être pas la page la plus remarquable du site. En tout cas, elle ne tranche pas par son originalité. Notez cependant quelques gimmicks intéressants :
- Le menu All products à la Amazon qui permet d’un coup d’oeil d’avoir accès à toute la gamme des produits du catalogue
- Le module d’aide Ask Anna, style d’avatar qui n’est ni plus ni moins qu’un moteur de recherche évolué
C’est en rentrant dans les pages du site que l’on peut apprécier tout son art de la communication.
Pages d’entrée de catégorie
Ce qui est remarquable ici, c’est la mise en avant des ambiances catalogue qui permettent de découvrir d’un coup d’oeil tous les produits d’une gamme. Notez bien le navigateur en Flash ou en Ajax qui permet de passer d’une ambiance à l’autre et la manière dont sont mis en avant les intercations sur chacune de ces présentations. On retrouve là tout le plaisir de cliquer sur un site en Flash.
La bonne idée, c’est de détailler tous les produits mis en ambiance, ce qui est un bon moyen de favoriser le cross selling. Des pseudo pop-ups mettent en avant les détails de certains produits à l’aide de mini-vidéos.
Je passe sur la qualité de la réalisation qui est parfaite techniquement. Bien sûr, ce genre d’interface n’est pas à la portée de toutes les bourses, mais devrait au moins servir d’inspiration à tous ceux qui veulent aller plus loin dans leur présentation de gamme.
A propos de mise en ambiance, je vous conseille de vous régaler les yeux avec ces petites présentations en 3D des nouvelles chambres IKEA : tout simplement magnifique !
L-commerce et chocolat : Rogers’s chocolate
Découvert via O’Reilly Radar, Roger’s est un chocolatier online américain qui vous permet de composer vos propres assortiments. Voilà une appétissante application du L-Commerce.
Téléphonie mobile et ecommerce
Ca bouge toujours aurant de ce côté là. Et voici deux innovations qui pourraient encore nous rapprocher de quelque chose de vraiment concluant en matière de m-commerce. Tout d’abord, c’est Nokia, qui vient de présenter un outil encore plus puissant que le lecteur de QR-code. Il s’agit tout simplement d’un analyseur d’image via téléphone mobile capable de reconnaître un objet rien qu’en le cadrant avec votre appareil photo mobile. C’est encore de l’ordre de l’expérimental et on attend d’en savoir plus, mais en tout cas, vous pouvez toujours vous mettre au parfum en cliquant là (doc. pdf) pour en savoir plus sur le Point & Find, joli petit nom de la technologie en question.
Et puis, j’ai découvert ce matin un truc plutôt amusant : sumobi.com. Là encore, il s’agit de rendre compatible la navigation complexe sur Internet avec les limitations ergonomiques d’un objet comme le téléphone mobile. Une petite démo en Flash vaut mieux qu’un long discours et c’est ici qu’il faut cliquer.








Douce rigolade tout de même, dans le cas précis de la redoute qui parle d’élargissement au sens global, alors que son site est inutilisable depuis un mac, ce qui n’est de loin pas le cas chez ses concurents…. Essayez donc, apres avoir créer un compte chez eux, de commander un article… alors bof bof