Cette même loi Lang qui vise à donner accès à la culture à tous, vient de condamner Amazon à supprimer la gratuité des frais de port diminuant ainsi le pouvoir d’achat et donc l’accès à la culture.

« Mais ils sont fous ces gaulois ! » doit penser Jeff Bezos, PDG fondateur d’Amazon, « … la France serait ainsi le seul pays au monde où la livraison gratuite pratiquée par Amazon serait déclarée illégale ».

Spécificité française ? Lutte contre l’impérialisme américain (Fnac et Chapitre.com n’ont pas encore été condamnés) ? Défense des petits commerçants ?

Le débat est ouvert, on attend tes commentaires !

Amazon a bien compris que les frais de port était un point bloquant dans la vente en ligne et en les supprimant, il la rend plus par rapport à un déplacement en magasin. Qui a effectivement envie de se faire rembarrer par un aimable vendeur de la FNAC qui vous dira que ce n’est pas son rayon alors que vous avez attendu 10 minutes pour lui parler, avec les enfants qui braillent et qui veulent faire pipi tout de suite, votre belle-mère qui met ses doigts dans son nez et votre conjoint qui tourne en rond en bougonnant.

« Concurrence déloyale ! » pense le Syndicat des Librairies Françaises qui a obtenu la condamnation d’Amazon à une amende concernant la livraison gratuite des livres. Le cadre juridique gaulois (euh pardon ! français) interdit les remises de plus de 5% quelque soit le point de vente. La gratuité des frais de port est considérée comme une prime supplémentaire illégale.

Cette décision surprend Xavier Garambois, directeur général d’Amazon France, pour qui « l’accès à un très large fond de catalogue et, justement, l’accès aux livres pour le plus grand nombre via ces frais de ports gratuits, vont dans le sens de la Loi Lang. » (ndlr : sur laquelle s’appuie justement cette décision de justice).

Bon alors et mon pouvoir d’achat dans tout ça ! Il faut que j’en parle à Nicolas Ier, notre président ! Si maintenant il faut payer des frais de port, je vais acheter moins chez Amazon (vous n’avez pas idée du nombre de livres que j’achète et que je n’ai pas encore lus). Pour autant, est-ce que je vais aller plus souvent chez mon libraire de quartier (donne-nous ton avis là-dessus, cher lecteur) ?

En attendant, il me reste :

  1. à acheter mes livres chez Fnac ou chapitre.com qui pratiquent le même avantage qu’Amazon mais n’a pas pas encore été condamnées.
  2. Acheter un e-book pour télécharger directement sans frais de port, par exemple le Kindle chez devinez qui ?
  3. Attendre que le syndicat des librairies et les cybermarchands obtiennent des tarifs spéciaux auprès de la Poste ; l’envoi d’un livre de 300 grammes revient à 5,10 euros en France, 0,85 euro en Allemagne, 0,53 euro en Espagne. On pourrait faire une grève par exemple avant de négocier (autre spécificité française).
  4. Arrêter d’acheter des livres et lire ceux que j’ai achetés.
  5. Me faire offrir des livres par les lecteurs de Capitaine Commerce (tu fais un chèque à l’ordre de « Capitaine Commerce en collants verts moulants » et tu l’envoies à la « Banque des super héros intersidéraux »).

Quant aux sympathiques libraires de quartier qui essayent de survivre, on peut soit leur conseiller :

Salut Ergonomiks, e me permets d’ajouter ce lien à ton billet qui permettra d’ajouter un éclairage supplémentaire à ta réflexion :

Livraison Gratuite: Jeff Bezos appelle à une révolution du marché par les utilisateurs

Capitaine Commerce

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9 commentaires pour l'instant.

  1. LapinLove404 dit :

    L’idée des sympathique libraire qui essayent de survivre me rappelle un article lu récèment "Don’t Fear Starbucks -
    Why the franchise actually helps mom and pop coffeehouses."

    http://www.slate.com/id/2180301

    Avoir un mastodonte en concurence n’a pas que des effets négatif :
    a) Il fait la promotion de tout le secteur (Amazon, seul, doit attirer pas mal de monde vers les livres)
    b) En généralisant un "standard" il donne l’occasion de se différencier et d’être unique.

    Mon petit libraire, en bas de chez moi, qui vend livres et magazines, a beau être plus cher que la grosse librairie du centre ville ou qu’Amazon, c’est toujours un plaisir d’y acheter un livre et d’en parler avec le libraire (et non pas le vendeur).

    La clef du succès pour les "petits" ? -> n’imitez pas les "grands" ("there’s no way to beat Starbucks at being Starbucks"). Offrez plutôt une experience unique…

  2. Ergonomiks dit :

    Salut LapinLove404,
    Merci pour ton commentaire et ton lien. L’article est fort intéressant. Tu as tout à fait raison.

    Le mastodonte ou la chaîne présentent effectivement un intérêt quand tu ne peux pas trouver mieux. Ex : entre un café malpropre et craignos et une grande chaîne de burgers, tu vas choisir choisir la chaîne parce qu’on te garantit la propreté, tu sais ce que tu peux manger pour le prix que tu veux mettre et tu trouves tes repères.

    Par contre, dès que tu auras trouvé un commerce "supérieur" à la chaîne, c’est là que tu iras en priorité. Quand tu auras trouvé ton café ou restaurant préféré, ton sympathique libraire de quartier, ou la boulangerie avec les meilleurs croissants, tu n’en décrocheras pas.

    ça nécessite de la part des petits commerçants « efficaces » un effort constant pour proposer un service de super qualité, accueillir ses clients comme des rois, proposer une offre de produits ou services attrayante, tout en ayant une excellente connaissance des pratiques des mastodontes.

  3. Loesha dit :

    Je me demandais justement ce week-end si la fnac.com échappait à la condamnation parcequ’elle a des boutiques "analogique" ;)
    Mais si finallement c’est une histoire de ristourne en plus de 5%, il n’y a pas trop de raison qu’elle passe a travers très longtemps…

    Personnellement, lorsque je vivait loin de toute librairie, FNAC et autres (à la campagne), j’étais bien contente de pouvoir acheter des flots de bouquins par Amazon, et ce gratuitement…
    Maintenant que je vis dans une grande ville, je vais plus volontier à la FNAC ou au Virgin pour faire mes achats "compulsif". Mais pour les titres a commander, vu les delais de livraison de ces magasins, je prefere acheter directement en ligne et recevoir chez moi mes produits.

    Les petites librairies, je n’y met que très rarement les pieds… il faut croire qu’il ne sont pas prêt a m’offrir "une expérience unique" :)

    En tout cas, bravo aux syndicat des libraires pour l’ouverture de la culture aux petits budget, et à son accessibilité au plus grand monde… (d’ailleurs, l’accessibilité, c’est pas un truc à la mode en ce moment ?)

  4. jeff.keyser dit :

    PAN ! dans les dents !.
    Bien vu. Je ne comprend vraiment pas cette décision ridicule.

  5. ergonomiks dit :

    Salut à Loesha et à Jeff,

    La décision est effectivement un peu difficile à comprendre car si on se réfère à la Loi Lang, elle doit permettre :
    * l’égalité des citoyens devant le livre, qui sera vendu au même prix sur tout le territoire national;
    * le maintien d’un réseau décentralisé très dense de distribution, notamment dans les zones défavorisées;
    * le soutien au pluralisme dans la création et l’édition en particulier pour les ouvrages difficiles."
    (Voir explication sur Site du Syndicat National de l’Edition) :
    http://www.sne.fr/1_sne/prix_uni...

    Fnac, Chapitre.com et d’autres seront certainement aussi condamnés s’ils ne cessent pas rapidement la livraison gratuite. Amazon, en tant que Mastodonte était l’exemple le plus visible.

    Cette loi Lang date de 1981 et à l’époque elle visait à défendre les petits commerçants contre la grande distribution en mettant tout le monde au même niveau sur les prix. La grande distrib répond comme Amazon qu’elle est là pour diffuser la culture auprès du plus grand nombre (http://www.michel-edouard-lecler...

    D’ailleurs, on peut se demander si juridiquement il ne faut pas redéfinir la notion de livre. Quand vous voulez faire le tour d’un sujet, vous allez aussi bien regarder des vidéos, des CDs, télécharger des .pdf, écouter un mp3, alors pourquoi le livre en particulier.

    Sinon une étude 2007 Ipsos révèle que même si les livres se sont plutôt bien vendus, 39% des français disent n’avoir pas acheté de livres au cours des 12 derniers mois (contre 25% des américains)
    http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/a...

    Mince, quand je pense que je moquais de Posh Spice qui disait n’avoir jamais lu un livre de sa vie http://www.dailymail.co.uk/…

  6. Loesha dit :

    Il nous reste alors que quelques jours pour faire le plein de livres sur les sites qui livrent encore gratuitement, si je comprend bien :p
    Ou alors commander pour plus de 20€ de bouquins à chaque fois sur Amazon par exemple, et bénéficier de la livraison gratuite "classique" à tous les médias (en même temps, ça monte tellement vite la note).

    Sinon pour en revenir à la loi Lang, et l’application pour les libraires, je vois mal comment "le maintien d’un réseau décentralisé très dense de distribution, notamment dans les zones défavorisées" peut être appliqué, sans commerce en ligne digne de ce nom.
    Enfin ça dépend ce qu’on entend par défavorisé peut être… (qui n’a pas accès à la culture ? :p)

  7. ergonomiks dit :

    Salut Loesha,

    Tu ne devrais pas trop t’inquiéter car les cybermarchands doivent déjà travailler à des moyens de contourner la loi pour que leurs clients soient toujours avantagés !

    Effectivement, on peut imaginer que tu commandes moins souvent mais avec de plus grosses commandes à chaque fois. Cela dit, je reste persuadée qu’au global les sites vendront moins car avec la gratuité des frais de port, on lève un frein à l’achat important et on favorise l’achat d’impulsion.

    La loi est effectivement ambigüe, cette condamnation contredit la philosophie dans laquelle la loi semble avoir été créée.

    Quant au système de distribution idéal, c’est peut-être un mix entre les Boutiques physiques et le site internet. Cela expliquerait pourquoi pour le moment FNAC n’a pas été condamnée (c’est une supposition de ma part).

  8. Vince dit :

    Tant qu’ils ne suppriment pas la livraison gratuite à partir de 20 € (un des arguments faisant d’Amazon mon site préféré) ça passe encore. Je suis d’accord, les gens vont atteindre le seuil des 20 € mais acheter moins souvent. Bon article ;-)

  9. ergonomiks dit :

    Salut Vince,
    Merci pour ton commentaire. Effectivement, à moins que les sites trouvent de nouvelles astuces pour que leurs clients s’y retrouvent, les gens vont commander moins.

    On passe de l’achat "coup de coeur" avec tout ce qu’il comprend d’impulsif à un achat réfléchi visant à passer une plus grosse commande pour obtenir la gratuité des frais de port.

    Les frais de livraison ne comprennent pas que les frais d’envoi mais aussi la main d’œuvre, la logistique, l’emballage, etc. Seuls les plus gros peuvent se permettre de l’offrir à leurs clients. Lorsqu’ils offrent la livraison gratuite, l’achat sur internet devient moins onéreux qu’un déplacement en ville (parking, essence, PV, etc.). – Sauf pour le Capitaine qui peut garer sa navette spaciale n’importe où-

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