Mais où est donc passé l’argent ?

Par Ghalem Ouadjed | février - 7 - 2008 | 7 commentaires  
Auteur de ce billet : Co – fondateur de 6PEO, je suis aujourd'hui dirigeant fondateur de Eoweo située dans le Pôle Euratechnologies. Spécialiste certifié en Web Sémantique, , je suis membre associé du Semantic Technology Institute International et membre du Semantic Web Journal. Je conserve une étroite relation avec mes partenaires américains et européens, développeurs, experts et professionnels du web afin d’être en veille sur les innovations, de lancer des web services novateurs ou de les commercialiser. L'activité de Eoweo se résume en deux points : la commercialisation de solutions en ligne innovantes en direction des services marcom des entreprises et le conseil, la formation, l'accompagnement sur les aspects liés au Web Sémantique pour les systèmes d’informations on et off line des organisations.
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Est il facile de retrouver les 5 milliards évaporés de la Societé Générale ? Après tout il s’agit quand même d’une somme très importante. Il existe assurément quelqu’un pour nous guider vers elle.

Alors donc où est tout cet argent ? Ce que beaucoup semblent avoir négligé c’est que, si cette somme n’est plus à la Société Générale, elle est concrètement quelque part ailleurs. En effet, l’argent ne s’est pas évaporé même si on nous pousse régulièrement à penser le contraire en affirmant que c’est du virtuel et que ce qui compte c’est « l’économie réelle ».

En fait les traders ne sont pas autres choses que des commerçants. Ils font du négoce en achetant pas cher ce qu’ils revendront très très cher. C’est ainsi qu’ils gagnent leur vie. Le fait que l’un d’entre eux ait perdu autant d’argent implique donc nécessairement que quelqu’un (ou quelques uns), quelque part à vendu quelque chose, des options par exemple, à ce dernier et qu’il a été payé en échange. Rien de compliqué n’est ce pas ?

De même, lorsque nous entendons les libraires off line se plaindre du fait que les gens n’achètent plus de livres, nous les entendons dire régulièrement qu’ils ont perdu des millions d’Euros à cause des ventes qu’ils n’ont pas réalisées. Mais ces millions ne sont pas perdus du tout : Amazon les a !

Fabriquer de l’argent n’est pas une décision que les états prennent à la légère. L’inflation est un risque qu’il vaut mieux éliminer même quand les budgets sont déficitaires.
Donc, lorsque un acteur économique perd du chiffre d’affaires, c’est qu’un autre le gagne. Ainsi, lorsque un e-commerçant fait du chiffre et gagne beaucoup d’argent en ligne, il existe beaucoup de chance qu’un commerçant off line en perde. Et parfois, le commerçant en ligne et le commerçant off line sont une seule et même entité. En stratégie, cela s’appelle du cannibalisme.

Parce que figurez vous que plusieurs entreprises et enseignes ont cru que leur présence sur le web allait permettre de faire évoluer leur chiffre d’affaires. Or, tel n’est pas toujours le cas, surtout dans le cas où l’enseigne a déjà une présence physique nationale et internationale. Par contre si votre boutique ne gagne pas d’argent off line, elle en gagnera peut être en ligne. Comme pour la Société Générale, l’argent ne s’évapore pas, il est ailleurs.

Ainsi, augmenter ses parts de marché ou faire évoluer son CA sur le web suppose le lancement de quelque chose de différent qui consiste en un réel remplacement de votre boutique off line.

Pour exemple et tout en restant dans la finance, je vous propose de visiter le site que Michael Robertson le fondateur de mp3.com a lancé récemment. Vous connaissiez Wikipédia, maintenant découvrez Dealipedia, site d’information financière d’un nouveau genre. Vous pourrez y trouver « who made the money ! » comme ils disent outre atlantique.

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7 commentaires pour l'instant.

  1. graffiti dit :

    comme disait lavoisier, rien ne se perd, rien ne se crée…

  2. ergonomiks dit :

    C’est Capitaine Commerce qui a piqué les sous ! Jérôme Kerviel n’était qu’un simple intermédiaire naïf dans cette affaire. Qu’il est malin, quand même notre Capitaine !

  3. TheBrain dit :

    @ Graffiti : tout se transforme…C’est le comment on transforme qui change tout. Non? @ Vanessa : Le Capitaine m’a justement demandé de l’aider à entretenir ce mythe ; )

  4. Yann dit :

    Pas tout à fait d’accord sur le cannibalisme…On pd l’argent non pas aux autres acteurs, mais à l’épargne si on permet au consommateur de consommer plus (et plus facilement).

  5. TheBrain dit :

    Certes pour certains produits ou services peut être. Mais le « budget » que les consommateurs consacrent à des catégories de dépenses comme par exemple l’habillement, les fournitures scolaires, l’alimentation,… n’est pas extensible. De même, une entreprise utilisera un canal différent pour ses achats si elle y trouve un avantage : gagner du temps par exemple.

  6. Mu dit :

    >>>>>De même, lorsque nous entendons les libraires off line se plaindre du fait que les gens n’achètent plus de livres, nous les entendons dire régulièrement qu’ils ont perdu des millions d’Euros à cause des ventes qu’ils n’ont pas réalisées. Mais ces millions ne sont pas perdus du tout : Amazon les a !

    Pas forcément: si le nombre de livres vendus en global diminue ni la boutique ni amazon ont l’argent. Il ne faut pas prendre perdre au sens propre comme par exemple j’ai perdu mon portefeuille mais perdre dans le sens j’ai perdu du CA par rapport à la même période l’an dernier.

    De même la SG n’as pas perdu l’argent parce qu’elle ne le retrouve plus mais parce qu’elle a vendu à moins cher qu’elle a acheté. Kerviel a acheté des actions (on va dire 10€ l’action pour illustrer) en pensant que le cours de celles-ci allait augmenter (jusqu’à 12€, cela fait un bénéfice de 2€. Dans ce cas il "gagne" 2€)
    Pas de bol le cours se casse la gueule et la SG prends la décision de vendre le plus vite possible (à 8 donc elle a bien perdu 2€ par action)
    L’argent est chez celui qui a vendu les actions à la SG.
    Quand on parle de virtuel c’est parce que l’action en elle même est virtuelle: c’est rien de tangible c’est un bout de l’entreprise mais on peut pas la toucher (éventuellement le bout de papier qui la représente)
    Disons que l’affaire est une bonne piqure de rappel qu’en Bourse on ne gagne pas à tout les coups.

  7. TheBrain dit :

    Merci pour ces précisions Mu.

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