Andrew Keen prédit la mort de Facebook dans d’abominables souffrances

Andrew Keen, connu pour dénoncer les excès du web, prédit la disparition prochaine de Facebook. Voici ses arguments et pourquoi il faut connaître Andrew Keen.

Andrew Keen dénonce les excès du Web

GrrRRRRRrrVous ne connaissez pas Andrew Keen ? Non ? Andrew Keen, c’est un de ces messieurs grincheux du Web, un ange de malheur, qui ne prédit que du pire, des fins catastrophiques, des futurs sombres. Alors, bien sûr, les gens ne l’aiment pas, Andrew Keen, d’autant plus qu’il cultive avec talent une expression inamovible de curé souffrant d’hémorroïdes. Regardez ses photos. Il n’a vraiment rien de sympathique.
Auteur de The Cult of the Amateur (Le Culte de l’Amateur), oeuvre occulte qui venait porter le fer contre The Wisdom of Crowds (La Sagesse des foules) de James Surowiecki, Andrew Keen n’aime pas les idées simples, enthousiastes et parfois naïves que fait naître le web dans les esprits les plus faibles (et parfois les plus puissants) et, en général, il ne mâche pas ses mots pour le dire, comme j’ai pu le constater il y a quelques mois, au Le Web 3, où il s’était méchamment affronté avec son contradicteur du jour (pour ça, lire mon compte-rendu du Le Web3, il doit y avoir un mot là dessus).
Intervenant régulier sur Internet Evolution, Andrew Keen vient encore une fois de montrer ses crocs en dénonçant vertement l’excès de capitalisation de Facebook dont il prédit la mort à court terme dans des souffrances abominables (ça, c’est moi qui l’ai inventé).


Facebook n’a pas de business plan et son PDG est un crétin

Première attaque, mais ça, ce n’est pas nouveau, pour ceux qui ont connu les grandes heures d’avant la bulle Internet de 2001, Facebook n’a pas de business plan et son patron est un crétin :
« [Facebook] is an incredibly cool four-year-old Silicon Valley startup run by a 24-year-old programmer — a Bill Gates 2.0, college drop-out so authentic that he barely possesses any verbal skills, business training, or leadership experience. Yeah, it’s such a cool company that it not only hasn’t figured out how to make money when it grows up, but doesn’t seem too bothered about becoming profitable in the short term either. »


Une capitalisation équivalente au PIB de la Jordanie ou la Bosnie

Andrew Keen compare ensuite la capitalisation de Facebook au PIB de la Jordanie ou de la Bosnie et s’étonne qu’une société, âgée d’à peine 4 ans, puisse peser autant que ces 2 petits pays :
« 
how is it possible that a 450-person startup without a coherent business model or an experienced management team should be worth the annual GDP of a real country like Jordan ($16 billion in 2007) or Bosnia ($14 billion in 2007)?« 


Facebook doit encore et toujours faire ses preuves

Pour lui, la folie des investisseurs qui voient dans Facebook un écosystème autonome prêt à aspirer une partie du Web n’a pas lieu d’être et viendra fatalement se fracasser contre les murs de la réalité. Que Facebook vaille, dans les années à venir, bien plus que les 15 milliards de dollars à laquelle elle est côtée aujourd’hui n’a pas de sens pour Andrew Keen qui pense simplement que la plateforme communautaire, telle qu’elle est partie, n’a pas d’avenir, car elle n’a pas encore su faire preuve de sa pérennité :
« 
It needs to show that it can translate its 38 million monthly eyeballs (last month at least) into revenue. It needs to demonstrate that it can build advertising into its community without spooking the loyalty of its members.« 


La parole d’Andrew Keen est d’or

Les avis dithyrambiques sur Facebook sont fréquents et nombreux, et l’excès éveille toujours chez moi le doute et la suspicion, mais la parole d’Andrew Keen, au milieu du brouhaha joyeux de la Silicon Valley, est toujours bonne à entendre, car, malgré ses emportements, elle repose sur une lucidité, un réalisme et une connaissance nécessaires à doucher les esprits trop impétueux des investisseurs et des entrepreneurs du Web. Que Facebook franchisse ou pas le cap de la fin de l’année importe moins, finalement, que la persistance d’une voix unique mais indispensable comme celle d’Andrew Keen.

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6 commentaires

  1. Bonjour,

    Les représentants de notre ordre n’ont pas d’hémorroïdes, c’est une rumeur infondée véhiculée par le complot socialo-communiste.

  2. Je m’en doutais… Je n’aurais jamais du croire ce crypto communiste à propos de curés 🙂

  3. Andrew Keen est interviewé dans le dernier technikart et c’est parfois bon de l’écouter pour se faire un avis plus modéré sur le web.

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Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.