La délégation e-commerce : une opportunité pour les PME

Par Christophe Dournaux | octobre - 8 - 2008 | 13 commentaires  
Auteur de ce billet : Christophe Dournaux : Après avoir été Responsable OnLine d'un gros site de voyages (14 millions d'euros de CA en ligne) entièrement développé en interne, il met aujourd'hui son expérience au service des entreprises en tant que consultant en performance e-business pour Alexia Et Compagnie et propose des services d'audit et de conseils.
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La délégation e-commerce peut vite s’imposer comme un calcul très rentable pour les marques disposant d’une certaine notoriété, qui, au final, s’offrent ainsi un nouveau canal de vente pour leurs produits avec un minimum de contraintes et de risques.

Si les marques renâclent devant la difficulté d’aller vendre sur internet, face à des investissements importants et pas forcément toujours rentables (ou à la rentabilité lointaine), ceci est d’autant plus vrai pour les PME. Avec de bien minces budgets, ces dernières ne disposent que de peu d’espoir de développement commercial en ligne. Certaines PME font l’acquisition de logiciels pour bricoler leur propre site, d’autres dilapident un petit budget auprès d’un free lance local ou d’un prestataire de services e-commerce en ligne. Mais c’est souvent en pure perte par rapport aux retours réels, toujours loin de ceux escomptés ou promis. Le site ainsi réalisé n’est, au final, qu’une vitrine aux lacunes accablantes d’un point de vue de la performance e-business. Au mieux, c’est l’opportunité de quelques contacts, mais sans proportion au regard de l’effort financier consenti.

Pour tous ces damnés du web et autres naufragés de la page 10 des résultats de Google, j’entrevois un espoir : la délégation e-commerce mutualisée !

Je m’explique.

Il n’est pas rare de voir certaines régions ( ou encore l’Union Européenne au titre du FEDER) subventionner le développement en ligne du commerce local ou de l’artisanat. Il s’agit trop souvent de médiocres plateformes, avec des boutiques sans âme, sans réflexion marketing ou juste promotionnelles, sans mise à jour et au final sans vie. Ces plateformes sont peu fréquentées, mal référencées et n’ont pour seul mérite que de faire vivre grassement la société qui a remporté l’appel d’offre pour la réaliser.

Si, au lieu de proposer aux commerçants locaux de créer de classiques boutiques sans intérêt, on se préoccupait d’une vraie stratégie gagnante et de résultats, on pourrait s’inspirer du modèle de la délégation e-commerce.

Il s’agirait de mutualiser les ressources afin de s’offrir les services d’une équipe de vrais professionnels de l’e-commerce, maîtrisant toute la chaîne (relire le billet précédent pour le détail). Peut être pas forcément “LA dream team” mais des bons et des seniors, encadrés par un vrai manager ayant déjà largement fait ses preuves, comme Michel De Guilhermier (Inspirationnal Stores).

Quand à la mise de fond pour lancer le projet, on pourrait imaginer que les fonds publics viennent “ensemencer” ce concept prometteur, plutôt que de faire un x-ième projet mort-né comme on en voit que trop. Les fonds publics permettraient de constituer l’équipe de pros et financer le développement de la plateforme (logistique et technologique).

L’entreprise ainsi constituée sélectionnerait d’abord les PME locales présentant d’authentiques produits de l’économie locale, avec de vrais atouts différenciants ou des caractéristiques originales, susceptibles d’être réellement commercialisés et exportés. Exemple par exemple pour les départements d’outre-mer : rhum, café, épices, fleurs, spécialités locales, …

L’entreprise s’occuperait ensuite d’acquérir un stock initial, à un tarif négocié, et payable à 60 jours. Ces produits seraient présentés en ligne avec des visuels soignés, de vrais argumentaires, des reportages, … puis mis en valeur par les bons soins des pros du marketing on line.

La plateforme en ligne serait techniquement irréprochable en terme d’ergonomie, de design up-to-date, et de référencement car le fruit d’une équipe technique expérimentée s’appuyant sur les best-practices du e-commerce. Les ventes arriveraient et le service logistique, dirigé par un spécialiste, répondrait au quart de tour pour conditionner et faire acheminer en toute sécurité les précieux colis dans les meilleures conditions.

Dès lors,l’entreprise de délégation e-commerce serait économiquement viable sans fond publics supplémentaires après son lancement et contribuerait à désenclaver la production locale grâce à ce nouveau circuit de distribution ouvert sur un univers sans limite, pouvant potentiellement représenter d’importants volumes à terme.

Pour résumer grossièrement :
- s’unir pour être plus fort (c’est pas nouveau).
- mettre le prix pour s’appuyer sur les meilleurs (souvent un bon calcul à terme).

Ce n’est rien de plus que cela la délégation e-commerce appliquée aux PME et au développement local et c’est tout bénéfice pour chacun.

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13 commentaires pour l'instant.

  1. Alex dit :

    Il s’agirait donc d’aider les PME’s ayant une synergie d’activités à se regrouper en coopérative, dans le seul but de pouvoir financer et mettre en place un projet Ecommerce en commun.
    La synergie d’activité devant être sufisament forte pour aider à la création d’une véritable E-marque.
    La coopérative pourrait ensuite se tourner vers un acteur de la délégation Ecommerce pour la gestion du projet.

    Il faut donc créer un réseau social pour PME’s désireuses de se lancer dans le Ecommerce avec une partie conseil sur la création de coopératives.

    Çà interresse quelqu’un?

  2. Daniel dit :

    Vu les talents de gestion des collectivités locales, j’ai beaucoup de mal à adhérer à un tel concept

    C’est d’ailleurs assez proche d’achat-lyon qui existe ici depuis plusieurs années

  3. Christophe Dournaux Diagnosite dit :

    Effectivement, comme Daniel, je doute des compétences des collectivités locales, et c’est justement pour ça que dans l’idée proposée, elles ne sont que des facilitateurs et des bailleurs de fonds avec une délégation COMPLETE à une structure dédiée et compétente.
    Achat-lyon est exactement le principe inverse que je dénonce où des non-professionnels se voient octroyé des possibilités pour lesquelles il ne sont pas compétents et où ils ne peuvent envisager des résultats sérieux. Dans la délégation d’e-commerce locale, il s’agit de déléguer 100% au prestataire délégué.

  4. Julien Julien dit :

    Intéressant, mais si j’ai bien compris, à la différence d’un Inspirational Stores, on parle ici de plusieurs vendeurs sur un même site, donc d’une place de marché ?

    J’ai un doute sur l’aspect logistique. Ne vaudrait-il pas mieux la laisser aux vendeurs (moyennant des engagements qualité stricts) pour diminuer les coûts ?

    [edit] comme http://www.fermiersdacote.fr/ par exemple ? (semble encore un peu en chantier)

  5. Capitaine Commerce dit :

    Pourquoi le faire sur la base d’une zone géographique ? Cela peut également être envisagé sur la base d’un segment de marché : les arts de la table, la mode ou la création artisanale (tiens, non, ça existe déjà : Etsy.com, Upfactory.com, dawanda.com).
    Par contre, dans ces plateformes, on retrouve le problème épineux de la logistique : qui livre ? Puis-je passer commande chez plusieurs marchands en même temps, avoir une seule facture, mais plusieurs livraisons étalées dans le temps ? (c’est quelque chose dont on peut avoir l’habitude si on commande chez Amazon).
    Sinon, je pense à Zlio. Même s’il a un côté généraliste, est-ce que son nouveau mode de fonctionnement n’est pas une sorte de délégation mutualisée ?

  6. Christophe Dournaux Diagnosite dit :

    Cher Captain, comme l’a rappelé notre ami, Michel de Guillermier à l’occasion de sa levée de fonds, la délégation d’e-commerce est une industrie gourmande en ressources et ayant considéré les sommes considérables allouées par divers fonds européens ou régionaux à des projets locaux, j’envisageais que le financement de cette onéreuse dreamteam et de cette plateforme pourrait relever de tels financements: une sorte de GIE local.
    Par segment de marché, c’est bien sur aussi une possibilité, mais se pose le problème de la gestion de la concurrence interne : comment proposer à 10 producteur d’huile d’olive bio par exemple de traiter chacune de leurs boutiques en délégation sur un pied d’égalité ?
    La logistique est à priori une composante fondamentale de l’offre de délégation. Mais il est vrai que les producteurs disposent sans doute d’une experience fiable dans ce domaine qui pourrait être utilisée comme le suggère Julien.
    Quand à Etsy.com et autres exemples cités, il ne s’agit pas de délégation pure à mon sens vu que les parties en lice doivent renseigner eux-même leur offre.
    En tout cas, je me réjouis déjà ce débat et de vos contributions pour éclairer ce business modèle émergeant et envisager ses potentialités ! Merci à vous !

  7. nicolas dit :

    achat-lyon , achat-ville est proposé dès la creation de l’entreprise avec la CCI, le truc qui n’est pas dit par la CCI c’est que la visbilité est nulle, les processus d’achat ont le probleme d’un caddie et process de commande par boutique,
    autrement ditsi j achete deux produits, un par ecommerce, eh ben je me tapes 2 process de commande

  8. julien dit :

    C’est une tres bonne idée, mais l’énergie pour la mise en place demandera des gens très motivés et il faudra aussi persuadé certains chef d’entreprise qui sont loin d’être des geeks… pour certains et surtout ce mettre d’accord.

    Voici mon approche :
    Fédérer des gens sous un label disons national avec une boutique en ligne qui va distribuer les commandes au adhérents les plus près du lieu de livraison…
    Pour reprendre l’huile d’olive, on créé le label huile bio, on fait valider une charte et des principes de fonctionnement aux producteurs d’huile en france, le label créé et promouvoit sa charte ses principes et vends un produit. L’acheteur commande de vienne la commande sera basculé au producteur de vienne, l’acheteur commande a rennes la commande sera basculé à ? etc etc..

    Bien sur apres se pose le probleme quand il y en a deux qui sont voisins… et bien il leur suffit d’être charter et labelisé… et après il peuvent traiter les commandes ensembles ou au prorata de leurs outils de production, des commandes mutualisées…

    Bref je m’emballe, mais je trouve le sujet interressant.

  9. Bureau dit :

    Je trouve l’idée très bonne pour ma part, il ne manque pour qu’elle soit parfaite que l’aspect commercial, c.a.d une équipe de commerciaux qui vont démarcher ces commerçants pour leur vendre l’idée, les aider dans les démarches administratives, voir les financer… le package global…

  10. [...] créé et géré par the Otherstore, un nouveau venu pour la délégation ecommerce (lire l’article de Christophe Dournaux sur ce sujet), d’un point de vue esthétique et ergonomique, Nafnaf.com s’annonce comme [...]

  11. Olivier R. dit :

    Bonjour à tous,

    Effectivement, la délégation e-commerce mutualisée a de l’avenir. Je travaille chez http://www.neeetshop.fr qui fait déjà de la délégation e-commerce pour vetaffaires (totalité du e-commerce) ou Youkado, Central Finances et VIF Furniture (délégation partielle : Netmarketing et Infographie).
    Nous lançons très prochainement un nouveau concept de portail de fabricants http://www.clepsydre.com qui ressemble fort à votre reflexion

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