Le e-commerce pire que le travail le dimanche ?

C’est-ce que semble penser Xavier Bertrand, notre Ministre du travail, qui lui, n’a pas peur de mouiller sa chemise, le dimanche matin, sur le plateau de la très ravissante Anne-Sophie Lapix (en fait, moi, j’ai plus Canal +, alors Anne-Sophie, je la connaissais pas, mais elle est pas mal… hein… je veux dire au niveau de ses questions.)

Donc, Xavier, lui, il pense qu’il vaut mieux dépenser des sous dans les magasins (les vrais avec des briques et du mortier) le dimanche (et polluer la planète avec sa Renault Deglingo diesel RTL en allant en centre-ville, parce que c’est là que se trouvent les bons et gentils petits commerçants), plutôt que de surfer à moitié avachi comme une lavasse sur des sites e-commerce remplis de mauvaises intentions.

« … Je pense qu’il vaut mieux que les français soient le dimanche dans les magasins où il y a des employés plutôt que de passer leur dimanche à acheter sur Internet. Je n’ai rien contre Internet, c’est aujourd’hui une nouvelle forme de commerce, qui à mon avis pose plus de risques en terme de concurrence pour les petites enseignes que le travail du dimanche … « 

Que voilà une forte polémique : vaut-il mieux acheter le dimanche chez les bons petits commerçants de la vraie vie plutôt que chez les méchants commerçants d’Internet (de la fausse vie, donc) ? A votre avis ?

Via Oanisha

38 commentaires

  1. Il a dit aussi que ceux qui ne concevaient pas de travailler le dimanche étaient « retardataires ». Gageons que ceux qui aspirent à deux jours de repos consécutifs le sont aussi. Que ceux qui souhaitent conserver leur mois de vacances le sont aussi. Que ceux qui sont opposés au travail des enfants le sont également. Un vrai progressiste ce Ministre ! Et pas retardataire lui !

  2. D’un coté c’est vrai, le CA de certains magasins spécialisés a tendance à diminuer à cause des ventes sur internet. Et ce sont principalement les petits commercants qui en souffrent.
    Le ecommerce crée donc des emplois et en supprime aussi … Mais bon personnellement je suis bien content de pouvoir acheter certaines choses moins cher sur Internet!

  3. @jlu:
    je suis totalement d’accord avec toi, et je rajouterai comment peut-on parler de « Pouvoir d’achat » toute les 5 minutes et dans un même temps cracher sur l’ecommerce qui en est un des vecteurs les plus importants

  4. Internet ne représente que quelques % des ventes globales. C’est un peu facile de tout coller sur le dos d’un nouveau média pour essayer de convaincre de l’intérêt du travail le dimanche.

    Dans quelques mois on va nous dire que les magasins ouverts le dimanche volent la clientèle de ceux qui ne peuvent pas etre ouverts ce jour là. Parce que oui, tout le monde n’ouvrira pas le dimanche.

  5. Entre les ministres qui poussent au développement de l’économie nuémrique (dont on sais que ce sera la principale cause de croissance française dans les années à venir) et els autres ministres qui poussent a contrario… c’ets la cacophonie gouvernementale à ce sujet. Comme sur tous les sujets numériques d’ailleurs.

    A travailler le dimanche, on finira par plus avoir ni le temps ni l’envie d’aller voter ce me^me jour, M; Bertrand !

  6. @Guillaume : excellent.

    Quitte a revenir en arrière, il faudrait aussi réhabiliter les métiers disparus : aiguiseur de couteau ambulant, réparateur de casserole, sorcier, bourreau, vendeur d’allumettes dans les rues, galérien…

    Depuis qu’on a supprimé la gabelle et la taxe sur le sel rien ne va plus.

  7. C’est un peu con de donner des crédits pour promouvoir les nouvelles technologies (essayer d’aider les start-ups, la recherche ou acheter des ordinateurs aux écoliers d’un côté) et de l’autre côté dire des sottises pareilles.

  8. Quel honneur d’être repris par Capitaine Commerce 😉

    … et désolé d’avoir pourri le dimanche de mes collègues e-commerçants mais il m’a trop énervé !

  9. C’est complétement délirant d’entendre des choses pareilles.
    Et puis je ne suis pas persuadée que ceux qui bossent le dimanche soient complètement ravis.
    Je pense que pour beaucoup d’entre eux c’est par « obligation » et rien d’autre.
    De plus, je crois que « nous », les e-commerçants, nous avons bien bien plus de mal à nous faire connaître que n’importe quelle boutique qui a un pas de porte, et ou l’on peut rentrer « pour voir » et puis peut-être revenir plus tard…… Pfffffffffff !!!!!

  10. Personnellement, je trouve ça assez bizarre de comparer les deux. Je ne pense même pas qu’il y ait un rapport direct. La VAD (l’ancien nom du e-commerce) existait déjà avant Internet et n’a jamais fait d’ombre au commerce traditionnel. Alors pourquoi le dimanche ? Mystère…

  11. Je suis complétement d’accord car en ce qui me concerne je n’avais jamais pensé à comparer les deux…. C’est simplement depuis que Xavier dit ça que ça m’a interloqué. Pour moi, chacun à sa place. Y compris le dimanche (lol)

  12. C’est vrai que ça devient limite un débat moral (pour moi), j’ai toujours acheté mes bd dans une petite boutique près de mon travail, mais les prix ont augmenté (une bd de chez glénat 15,50).
    Je voulais en acheter 4 aujourd’hui donc 62 euros, mais au moment de les prendre, je me suis dit, trop cher, je suis allé sur priceminister
    et je les ai acheté d’occaz pour 39 euros.

    Cruel dilemme, j’ai eu un instant de culpabilité

    Quand à l’autre naze, il préfère que les francais dépensent dans les magasins le dimanche de l’argent qu’ils n’ont plus, le centre commercial : but ultime de milliers d’années d’évolution.
    C’est assez triste

  13. Pas d’accord avec vous les gars.

    Moi je pense que le e-commerce fait une concurrence déloyale au petit commerce en étant ouvert 24H/24 et 7j/7.

    Et je préconise non seulement le travail le dimanche pour les petits commerçants, mais aussi le travail de nuit.

    Et puis aussi tant qu’on y est, il faut aussi que les petits commerçants livrent à domicile les clients et cassent les prix. Après tout le consommateur a bien le droit à ces plus aussi et comme ça on sera à égalité entre e-commerce et commerce traditionnel.

    Et comme le petit commerçant qui est en pleine rue passante est avantagé par rapport au commerçant moins bien situé, je propose aussi qu’on réglemente le trafic piéton pour le dispatcher de façon harmonieuse suivant les rues pour garantir une juste répartition des visites à tous les magasins.

    Et en réfléchissant bien, ce qui serait top c’est qu’on oblige les gens à dépenser au moins un certain montant par mois pour garantir la stabilité de l’économie..

  14. Travailler devient un luxe pour bon nombre d’entre nous, proposons, créons et préservons les postes déjà mis en place et arrêtons de nous focaliser sur un détail de planning. Nous avons tous des souhaits, des besoins, des attentes, des modes de vie différents, que nous soyons célibataire, en couple, étudiant, retraité…la réalité du monde du travail bouscule quelque peu ces nos habitudes mais nous nous adaptons, parfois pour survivre. Les e-commerçants qui comme moi travaillent « seul » ne comptent pas leurs jours, leurs heures, les « dimanches » ne comptent plus, on cumule parfois même les emplois, on va de l’avant, on essaie de tenir, se développer, d’offrir au client (tous) des services et produits de qualité, c’est là le rôle de tout commerçant. A chacun ses habitudes et méthodes de consommation: commerces de proximité, grandes surfaces, e-commerces, cette concurrence est là, utile s’il y a ce juste équilibre, elle répond à toutes les attentes et les complète. Les prix pratiqués chez un commerçant (petit commerce de proximité) et un e-commerçant (petit pro) restent souvent semblables et se justifient, les heures d’ouverture restent somme toute peu souples et de plus en plus en décalages voir inadaptés avec les horaires de travail décalés de chacun: ouverture en milieu rural à 10h00 et fermé à 12h15 – ouverture à 14h30/15h00 jusqu’à 19h00. Les villes à la population faible ou moyenne ne propose pas tous les services, on se rabat donc sur les nouvelles solutions de commerce. Les petites agglomérations ne dynamisent pas assez leur centre-ville et bien au contraire délocalisent et centralisent à quelques lieux en zone artisanale les « gros », franchisés le plus souvent, les « petits » se meurent. Alors certes, le coin de rue, l’angle de rue devient important. On innove et propose à l’échelle nationale à tous les commerçants de se lancer dans le e-commerce, espérant ainsi dynamiser leur ventes et visibilité. Nous traversons une période de troubles, de doutes, le commerce devra lui aussi changer ses habitudes, de là à épiloguer sur le thème de travail le dimanche, je crois que nous nous éloignons du véritable problème. Il serait intéressant de pouvoir développer véritablement cet état de fait, de consulter les réels acteurs du commerce, tous ensemble et trouver de vraies solutions.

  15. @Laurent : en tout cas, certains ne font pas dans la dentelle. Voir le plan social de La Redoute annoncé aujourd’hui. Le prétexte est la mutation du commerce à distance (ce qui n’est pas faux). Je crois aussi que la crise a amplifié la mesure. Comme elle accélèrera les évolutions en cours et à venir.

  16. La crise et l’information qui en découle n’a fait qu’amplifier les doutes, les interrogations, la peur… ce qui se ressent fortement au niveau des ventes en lignes générées ces dernières semaines, toutes les entreprises commencent en effet à en ressentir les premiers « effets ». Les plans de licenciement se multiplient à l’image de La Redoute et son plan social. On fermes des points de vente, on licencie du même coup et pourtant la demande (des internautes) de pouvoir se procurer ou retirer les articles mis en vente via internet reste assez forte…les habitudes de consommation vont encore évoluer et se diversifier, car en effet, le monde numérique est en pleine mutation. Affaire à suivre…

  17. C’est assez affligeant de voir l’hypocrisie de certains commentaires, partagés, tiraillés, déchirés entre leur passion du net et la petite morale à 4 sous qui se réveille au sujet des « bébés commerces » qui s’éteignent dans le froid glacial des banlieues désertées…
    Internet a tué la presse papier, il tuera les petits commerces. Bien ou pas bien ; ce n’est pas le sujet ici. C’est un constat et ce n’est pas bien de se voiler la face.

  18. @solene
    > Internet a tué la presse papier
    Je croyais que le coupable c’était la télé…. c’est en tout cas ce qu’on m’avait dit il y a 20 ans… Elle est bien morte dans les années 80 la presse papier non ?
    > il tuera les petits commerces
    je croyais que c’était les grandes surfaces les coupables…
    Il est pas mort dans les années 70 le petit commerce ?

  19. @Solene : merci pour ta voix discordante. Mais pourrais-tu un peu développer ? Internet remet en question ou oblige à évoluer beaucoup d’entreprises dans différents secteurs : musique, cinéma, presse-papier, commerce à distance et sans doute encore plus. Pour moi la question ici était : est-ce que des sites Internet de e-commerce peuvent faire concurrence à des commerçants locaux ? La réponse est certainement oui.
    Prenons l’exemple simple du magasin de modélisme.
    Le magasin de modélisme était, avant que le e-commerce n’apparaisse, le seul distributeur visible pour la plupart des habitants des moyennes et petites villes. Pour des raisons que je ne connais pas, jamais aucun réseau de franchise ou de grande marque de distribution ne s’était développé sur le créneau.
    Aujourd’hui, il est très simple d’imaginer que 2 ou 3 sites Internet spécialisée dans le modélisme suffisent à fournir le marché pour toute la France. Les commerçants locaux sont donc directement touchés par la concurrence d’Internet (dimanche ou pas dimanche).
    Que leur reste-t-il ? La proximité, le conseil, car aucun ordinateur, même beau comme un mac, ne pourra remplacer le contact humain (ça, nous en sommes tous d’accord), la possibilité d’acheter immédiatement, encore que vu les horaires des magasins de proximité, ce soit nettement moins un avantage aujourd’hui ?
    Alors oui, on peut se demander ce que deviendront ces commerçants. Pour rappel, la grande distribution n’a jamais complètement tué le petit commerce de centre-ville. Internet ne le fera pas non plus, mais il est probable que, oui, il tuera un certains nombres de commerce. Ceux qui resteront auront, entre-temps, réinventé leur métier : conseiller, organisateur de manifestation, que sais-je, tout ça va s’inventer dans les années à venir.
    Ce qui est nouveau avec Internet, c’est que, non seulement les petits commerçants sont touchés, mais également les gros (voir la semaine dramatique qu’a vécu le monde de la VAD cette semaine : cessation de paiement pour la CAMIF, plan social à LaRedoute et on peut prédire aisément que ce ne sera pas tout).
    Donc, je ne crois pas ici que les gens soient naïfs. Ils font certes un peu de prosélytisme pour leur passion (ce qui est facile à comprendre), mais honnêtement opposer le petit commerce au e-commerce, c’est un peu comme opposer le briquet à amadou au briquet à gaz : un « dinosaurisme ».

  20. @olivierb : Sans oublier que la K7 audio a tué l’industrie du disque…

    Dans l’absolu si l’on considére que l’economie est un eco systeme, il est évident qu’a un moment ou l’autre il y a extinction d’une espece.

  21. D’un coté c’est vrai, le CA de certains magasins spécialisés a tendance à diminuer à cause des ventes sur internet. Et ce sont principalement les petits commercants qui en souffrent.

  22. C’est assez affligeant de voir l’hypocrisie de certains commentaires, partagés, tiraillés, déchirés entre leur passion du net et la petite morale à 4 sous qui se réveille au sujet des “bébés commerces” qui s’éteignent dans le froid glacial des banlieues désertées…

  23. @mutuelle : bien sûr, je pense que le débat est un peu plus compliqué que ce que laisse suggérer mon billet. Merci de ta remarque 😉

  24. watch out Captain, en fait mutuelle fait du copier coller de bouts de billets ou de commentaires précédents, c’est du SEO spam (soupir…)
    😡

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Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.