Auteur de ce billet : a géré des projets variés (marque, ecommerce, recrutement, relation client…) dans deux grandes agences web parisiennes. Il propose maintenant avec Dineji des prestations de conseil et d’accompagnement aux organisations à la recherche d’un chef de projet web ou responsable e-business en temps partagé.

Comme chacun sait, hormis les catégories particulières comme site de marque, institutionnel, intranet, etc., il aujourd’hui existe trois grands types de sites web : marchands ( »commerce »), éditoriaux ( »contenu ») et sites dits « communautaires ».
Patrick Amiel souligne très clairement les raisons du rapprochement croissant entre ces trois familles et quelques exemples récents : « M6 qui a racheté le site ecommerce MisterGooDeal », « Meetic qui a lancé un site éditorial féminin Vioo »… Il en existe tellement d’autres. Une fois n’est pas coutume, on peut s’amuser du Dieu Google découvrant que, finalement, l’affiliation et le e-commerce pourraient l’aider à rentabiliser Youtube.
Comme si à terme, entre diversifications, widgets, comparateurs, agrégateurs, c-to-c et user generated content, on aura tout, partout et par tout le monde. Brrr…

qobuz-sEn 2004, le distributeur Abeille Musique avait déjà complété son site marchand par un forum très actif et le webzine Abeille Info. Une stratégie encore plus ambitieuse a été développée avec qobuz.com, affichée on ne peut plus clairement à côté du logo.
Dans la cas de musiques spécialisées, il est assez évident que ces leviers peuvent booster des ventes. A son heure de gloire, le principal webzine et forum francophone consacré aux musiques progressives voyait certains participants demander – presque sérieusement – l’interdiction de leur adresse IP, tellement les échanges avec d’autres passionnés avaient fait exploser leur budget disque.

On peut même remonter l’histoire du web jusque avant Jésus-Christ (pardon, avant la généralisation du Haut Débit) car dès l’an 2000, le livre «  »Les nouveaux marchands du net » évoquait la « règle des 4 C » ! Le quatrième C étant le Contexte, qui serait obtenu en assemblant les trois premiers pour « créer une réelle valeur et une expérience client suffisante pour attirer et fidéliser ses clients ».

Proposition intéressante, qui toutefois n’enlève rien au fait que :

  • un site marchand peut être efficace sans contenu éditorial ni communauté
  • la rentabilité potentielle de ces deux autres C est grandement fonction du… contexte de départ !

D’après Daniel Broche, « France Telecom mélange les genres depuis des années et fait actuellement machine arrière. Pourtant le portail Orange n’est pas le moins consulté de France… De même MisterGooddeal disposait d’une part de marché avant son achat par M6. et je ne suis pas convaincu que sa croissance s’appuie sur les visiteurs de M6.fr. »
Lors du débat « Promotion musicale et nouveaux médias » du 18 septembre dernier à Paris, Pierre-Eric Jacoupy – directeur du développement chez Orange – indiquait que la plateforme Soundtribes n’avait pas nécessairement d’objectif de rentabilité mais plutôt en termes d’image de marque et fidélisation.

soundtribes-s

Par ailleurs n’oublions pas que la première tentative de vente de titres sur Myspace via Snocap en 2006-2007 a fait pschitt. Deuxième chance depuis septembre 2008 avec le nouveau Myspace Music et un couplage sans doute plus pertinent entre écoutes gratuites et affiliation avec Amazon MP3*.

Chez les e-commerçants, même dans un contexte favorable (fondamentaux marchands maîtrisés, espace concurrentiel disponible), un travail important est à fournir pour :

  • animer et modérer une communauté en lui donnant du sens à long terme, ce d’autant plus que la double casquette « Epicier » et « Gentil Organisateur » n’est pas facile à gérer (cf. la fermeture pure et simple de l’ancien forum Abeille)
  • créer des contenus de qualité.

Sur ce dernier point, ceux souhaitant créer un vrai magazine avec ligne et planning éditorial, rédacteurs professionnels…, auront intérêt à conclure des partenariats avec des publications existantes soit pour acquérir du contenu (cf. Qobuz – Groupe Express Roularta) soit au contraire pour leur en apporter et bénéficier en retour d’une visibilité sur le support (web de préférence !), voire d’une co-production.

*le potentiel de vente de fichiers musicaux reste incertain à terme, en particulier sur une plate-forme plus « quanti » que « quali », mais c’est un autre débat…

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4 commentaires

  1. > animer et modérer une communauté …
    > créer des contenus de qualité …

    Il est acquis (semble-t-il) que le développement de trafic à l’avenir passera en parti par le développement de contenu. Toute la question est de savoir à quel prix (une équipe rédactionnelle coute cher).

    Est-ce que la réponse ne passera pas t-elle par des blogeurs et pour être plus précis des « patrons » blogueurs comme lafraise ou michel de guilhermier ?

    Le patron blogueur peut :
    - fait des économise les cout de communication
    - peut parler avec sincérité de son produit et peut animer la communauté avec légitimité

    Si tel est le cas ce sont des opportunités pour nombre de blogeurs qui peuvent développer des business seul ou en association

  2. Guillaume @ 2008-11-04 11:17

    Il y a un point intéressant à préciser (tu l’effleures juste dans ton billet): la légitimité de l’auteur d’un service. Celle-ci est curieusement variable: un site de e-commerce qaui propose un forum ou un réseau social, c’ets intéressant (service gratuit)mais un réseau social gratuit qui propose ensuite une boutique aura du mal à la rentabiliser.

    [Edit:]Je suis un génie…! je viens de redécouvrir que proposer un truc gratuit quand tu as un service payant est plus facile que proposer un service payant quand tu as déjà un service gratuit….

  3. Philippe @ 2008-11-04 12:02

    Cette approche sur le tryptique Communauté / Contenu / Commerce a été explicité et détaillé dans le cadre d’un approche verticale sur le jeux vidéo par la société SplitGames qui regroupe splitgames.com, playfrance.com, xboxfrance.com et gamesofficer.com dans le cadre de la conférence Web3 en 2007. Ils avaient d’ailleurs obtenu à cette occasion le prix spécial du jury.

  4. @Laurent : tout à fait ok pour une activité B2B, pour du B2C j’ai des doutes mais s’il y a des exemples (lafraise en est un mais assez atypique je trouve)… ;)

    @Guillaume : totalement d’accord

    @Philippe : intéressant, en reste-t-il une trace sous forme de présentation ou compte-rendu ?

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