Bien choisir son prestataire Internet

Par Julien | avril - 24 - 2009 | 24 commentaires  
Auteur de ce billet : a géré des projets variés (marque, ecommerce, recrutement, relation client…) dans deux grandes agences web parisiennes. Il propose maintenant avec Dineji des prestations de conseil et d’accompagnement aux organisations à la recherche d’un chef de projet web ou responsable e-business en temps partagé.
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Autant de recherches dans votre moteur favori qui restitueront de nombreux résultats et pas mal de lecture. Le choix d’un prestataire n’est déjà pas simple, voilà qu’il faut au préalable choisir le bon conseil !

Cette étape, déterminante dans le déroulement d’un projet web, ne s’improvise pas. En effet face à une multitude d’acteurs aux profils des plus variés, seule une approche méthodique permettra de comparer des offres de façon fiable et choisir la meilleure réponse par rapport au besoin exprimé. Et encore : nous verrons au fil de ce billet que la méthode ne suffit pas.

Un des textes les plus intéressants sur cette question a été publié en 2003 (c’est pourtant très loin en temps Internet) sur ZDNet.fr : « Site web: comment choisir un prestataire sans se tromper ? ». Article rédigé par Stéphane Bordage, auteur deux ans plus tard d’un ouvrage « Conduite de projet web » très complet.

Plutôt qu’une redite de l’article, voyons quels points méritent des précisions ou commentaires.

Le cahier des charges

Appuyez-vous sur une étude de faisabilité préalable. A partir de l’expression des besoins et d’un diagnostic de l’existant, cette étude doit aussi cerner assez précisément la (ou les quelques) solution technique adéquate et, partant, l’organisation du projet.

« Ne favorisez pas un aspect du projet [...] au détriment d’un autre » : les aspects sont à pondérer selon leurs importances respectives dans le projet. Ce point est encore aujourd’hui un des plus difficiles à maîtriser et par conséquent, l’un des plus différenciants. Exemples classiques :

  • un design innovant et/ou valorisant ne doit pas pénaliser l’ergonomie ni le référencement naturel du site
  • certaines fonctionnalités ne sont utiles qu’à partir d’une certaine audience, en dessous de laquelle le gros des efforts portera sur le marketing (sur un socle technique bien entendu pérenne et évolutif, c’est si facile à écrire)
  • la fameuse règle « des trois clics » (souvent citée par les donneurs d’ordres) est-elle nécessaire ou sera-t-elle, dans un contexte donné, inutile voire néfaste ?

« Soyez extrémiste ! Rédigez soit une note d’intention de 2 pages, soit un cahier des charges de 100 pages. [...] » Un conseil juste, sans doute volontairement extrémiste, pour dire qu’il convient soit d’aller à l’essentiel pour approfondir dans un deuxième temps, soit d’être exhaustif.

Quant au découpage en lots, il peut rendre bien des services, y compris dans des projets relativement modestes, par exemple en évaluant le développement front-office une fois que la conception graphique et fonctionnelle est achevée.

Attention aux modèles de cahiers des charges disponibles ici et là : gain de temps mais personnalisation toujours nécessaire et pièges possibles.

La sélection des prestataires

Dans la jungle des prestataires web

Dans la jungle des prestataires web

L’article explique bien les principales modalités de sélection : grille de critères, brief, longlist / shortlist… Pourtant même bien préparée, cette étape reste délicate voire hasardeuse. Là où les grands comptes « jouent sur du velours » (notez les guillemets) en faisant appel aux plus grandes agences ou SSII, les PME ont autant le choix que l’embarras dans la fameuse jungle des prestataires.

En amont de la consultation, les repères essentiels et souvent cités sont :

  • choisir des prestataires au profil adapté au projet (plutôt technique, plutôt design, polyvalent…)
  • choisir des prestataires de taille adaptée à l’entreprise (typiquement, éviter les grosses structures pour les projets ou budgets annuels inférieurs à 50K€, éviter les micro structures pour les projets à partir de 20K€*)
  • examiner avec soin leurs références, de préférence en prenant connaissance des conditions (enjeux, contraintes) dans lesquelles les projets ont été développés

En aval, l’analyse des réponses s’attardera inévitablement sur la question du prix.

Gare à la tentation de l’économie pour une raison très simple : qui souhaite payer le moins possible trouvera toujours une réponse satisfaisante a priori. On le constate sans peine : la course au moins disant n’a pas de limite ou plutôt si, elle tend vers zéro. Freelances multicartes, sociétés offshore, pourquoi pas un stagiaire ou un ami qui connaît quelqu’un dont le beau-frère est super fort en Internet ? (de plus en plus de beaux-frères s’intéressent au web, plus facile à bricoler que les voitures modernes)

free-website

Lorsque le prix n’est qu’un critère parmi d’autres, il est évalué en regard de la probabilité de réussite (ou du risque consenti !) sur les autres critères d’évaluation. Exemples simples :

  • design : dans quelle mesure chaque création du prestataire semble-t-elle unique ? le niveau d’expérience et le talent de la direction artistique sont-ils en rapport avec le budget proposé ?
  • éditorial : dans quelle mesure serai-je conseillé sur ce point (tous les prestataires n’ont pas la compétence loin s’en faut), faut-il un autre intervenant ?
  • technique : le prestataire a-t-il mis en place des solutions proches, l’architecture proposée est-elle courante ?

On le voit, ce travail de préparation et de sélection demande du temps, des connaissances pointues et à jour, voire une expérience en gestion de projets web. Il n’a pas à être anxiogène : tout ce qui est évoqué, discuté, décidé avant le lancement de la production est autant de chances de réussite du projet.

*montants indicatifs, beaucoup d’exceptions étant possibles…

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24 commentaires pour l'instant.

  1. Yoann dit :

    Pour choisir votre prestataire, appelez 5 de ses clients qui font de l’e-commerce avec lui, et voyez leurs réactions. Demandez notamment depuis combien de temps ils travaillent avec lui. Quand on fait de l’e-commerce, je crois que c’est important de travailler sur le long terme avec son prestataire, afin d’assurer une qualité de service constante.

    Enfin, la tentation du prix est forte, mais en considérant que la durée de vie de votre site e-commerce est d’environ 3 ans et que ça constitue le cœur de votre business, est-ce que c’est vraiment opportun de faire l’économie d’un bon prestataire ? Ça me semble être choix des plus stratégique pour les e-commerçants …

  2. Merci pour cet article!

    Je rajouterais qu’il me semble que la problématique des choix techniques a beaucoup évoluée depuis 2003, notamment avec l’arrivée de solutions Open-Source très intéressantes. Que ce soit Prestashop, Oscommerce (ils y en a qui en vendent encore?), Joomla/virtualmart, Magento, ou une plateforme custom, le résultat ne sera pas du tout le même et il est impératif d’étudier précisément ce point lors du choix du prestataire.
    Mais certainement que cela mériterait un article à part entière!

  3. Franckm dit :

    Bonjour,

    Voila un article que je trouve particulièrement intéressant et je me permettrai d’y ajouter un point :

    Le choix du prestataire doit aussi se porter sur quelqu’un à proximité. Les échanges sont toujours plus constructifs en face à face qu’au travers de réunion à distance. Choisissez un prestataire que vous pouvez voir à différentes étapes de votre projet.

    Il est bon d’avoir des êtres humains en face de soi.

  4. Julien dit :

    Attention également aux webagencies qui plébiscitent les stagiaires. Exigez de rencontrer les développeurs qui vont s’occuper de votre site.
    Un site fait par un stagiaire, ou pire plusieurs stagiaires qui passent sur le code les uns après les autres, sera inmaintenable dans le futur.
    Autre chose, si vous êtes à fond sur la comm’, le paraitre, le graphisme, etc … j’aurais tendande à dire : privilégiez les webagencies
    Si vous êtes plus attaché à la qualité technique ou fonctionnelle, dans ce cas là préférez les SSII.

  5. Yoann dit :

    Pour la proximité, effectivement c’est important de se rencontrer.

    Par contre, travailler avec un prestataire qui n’est pas dans la même région, c’est complètement faisable. Chez Skalpel notre clientèle est dans toute la France, et avec les moyens de communication actuels on s’en sort plutôt bien : Skype, email, documents partagés et outils collaboratifs. Si vous optez pour un prestataire qui n’est pas dans votre région, pensez à lui demander de détailler ses méthodes de travail, et si il a déjà travaillé avec des clients « non-régionnaux ». Encore une fois, appelez leurs clients pour savoir si ça se passe bien.

    Après, il est clair qu’il reste important de se voir de temps en temps, et notamment que le client rencontre toute l’équipe de réalisation. A notre niveau, essaie de les faire venir de temps et temps, et on en profite pour leur faire découvrir Strasbourg ;-)

  6. Humeur dit :

    Article interessant Captain !

    seulement je réagis sur un point précis de ton article où ( tel que je l’ai compris ) tu mets le freelance dans le panier des économies ….  » Gare à la tentation de l’économie  »

    Etant Freelance, seul mon statut professionnel me différencie d’une agence web. Daccord ! je n’ai pas l’open space, je n’ai pas des salariés avec leur différents types d’expertises, par contre. comme beaucoup de Freelances je pense, nous sommes issus pour la plupart de ces grosses ou moyennes agences de PUB / WEB / autres et donc, par nos expériences nous pouvons très bien accompagner un client autant sur des problématiques Techniques / Marketing ou creative.

    Beaucoup d’agences font appel aux freelances vous le savez bien.
    Les couts sont forcement moins consequents car on octroit les charges d’une boites.

    Mais la prestation peut rester la même en terme de qualité
    Un client peut très bien collaborer avec un Freelance si celui ci est apte à canaliser les besoins du client sur des parties pointues.

    Un freelance aura aussi peut etre plus de coeur a s’approprier le projet et le considérer comme son  » bébé  » ( dépends des projets je l’accorde … )

    Comme les boites aujourd’hui, il y a différents types de Free. Ceux qui ne font que de la prod et de l’execution. et d’autres qui amènent un discours commercial vrai, simple, a l’image de de qu’ils font tous les jours en ayant la transparence des couts face à leur prospect.

    Des fois avec une agence, on ne sait pas forcément à quoi correspond un cout …

    Il ne faut pas oublier la question de Feeling également.

  7. David dit :

    Bravo pour cet article qui reprend les éléments importants pour bien choisir le bon prestataire.

    Le choix est aussi limité par ses connaissances et ses exigeances en matière d’internet. Je m’explique:

    Imaginez quelqu’un qui ne connait rien au monde internet… mais vraiment rien à internet ni à la conception de logiciels/d’interface web (en général).

    Je ne crois pas que cela lui parle les notions d’ergonomie, de fonctionnalité, de design (mais aussi de sécurité), taux de conversion, etc… comment est il sensé faire un arbitrage s’il n’y connait rien.

    Au final, seul un expérimenté pourra aider à voir clair et là même combat, comment trouver le bon conseiller? Il faudra faire appel à des prestations de conseils.

    Bref, quelque part, sans conseils, nos choix se limitent à notre vision de ce qu’est un bon site web et là on a de tout: ceux qui vont privilégier telle partie sur une autre.

    Pas facile… mais cela met en évidence le besoin de se faire accompagner, surtout sur des projets couteux.

  8. julien dit :

    @ Humeur : ok, remarque attendue ;)

    Travaillant régulièrement avec des indépendants je ne stigmatise bien entendu pas le statut dans son ensemble mais plutôt une tendance chez certains (« multicartes ») à se positionner non seulement à des coûts très bas mais en plus sur toute la chaîne de réalisation (design, intégration, développement) et pourquoi pas tant qu’à faire aussi sur le conseil, le référencement, le marketing etc. Et comme chaque domaine est en principe un métier à part entière…

    Bien entendu sur des projets assez simples ça peut fonctionner. Sur des projets complexes, on peut aussi tomber sur quelqu’un de super fort et qui ignore sa valeur. Avec de la chance.

    Le fait que beaucoup d’agences aient recours à des freelances est un autre sujet, moins impactant pour le client.

    Au passage, je ne suis pas sûr que considérer un projet comme son « bébé » soit une bonne chose ;)

    Le feeling est évoqué très justement à la fin de l’article ZDNet comme un élément qui peut aider le choix final, ce qui rappelle que la plupart de nos décisions seraient liées plus aux émotions qu’à la raison (une rubrique Psy, Capitaine ?)

  9. Humeur dit :

    Tout a fait daccord sur les points de Julien ;o)

  10. julien dit :

    @David : on n’ose pas plaider pour sa propre chapelle aussi ouvertement mais quand ça vient d’un lecteur praticien du ecommerce, ça fait plaisir !

  11. Gabriiiel dit :

    Article très pertinent…

    La solution utilisée pour développer le site e-commerce jouera aussi beaucoup.

    Plus la solution est complexe, plus le choix du prestataire est important (cf. Magento).

  12. Cobolian dit :

    @gabriiiiel : article en cours d’écriture ^^

  13. pligg.com dit :

    Comment bien choisir son prestataire Internet ?…

    Quelques règles simples à respecter pour ne pas se tromper……

  14. Fred dit :

    Même avec de bonnes références, une micro-stucture pour un projet à 10K€, peut vous laisser sur le bord du chemin en cours de projet pour cause de liquidation…c’est du vécu…donc analyser la santé et la pérennité financière de la société est aussi une bonne chose avant tout choix…Olivier sera d’accord avec moi (private joke).

  15. iPhoneAlex dit :

    J’ai été annonceur (le client) pendant 7 ans. Je suis aujourd’hui patron d’une agence digitale située à Boulogne (depuis 4 ans). Je suis globalement d’accord avec les éléments abordés dans l’article. J’ajouterais un point : trop de clients se contentent d’envoyer leur brief et de faire défiler les agences dans leurs locaux. Je leur conseille de se déplacer pour aller visiter les locaux de l’agence, rencontrer les équipes opérationnelles, discuter avec elles etc. On apprend beaucoup plus sur une agence en allant la visiter qu’en recevant chez soi les équipes commerciales.

  16. Yoann dit :

    Je suis complètement d’accord avec iPhoneAlex, rien ne vaut un déplacement à l’agence avant, et après signature pour rencontrer l’équipe et comprendre la « philosophie » de l’agence. N’oubliez pas que c’est une relation entre partenaires « long terme » qui se crée, il est donc important de mettre l’accent sur les rapports humains.

  17. David dit :

    @Julien: merci de ta réponse. En effet, je me mets à la place du neophyte, c’est le même combat, comment trouver un bon conseiller (à part bien cobolian et toi même)…avant de trouver le bon prestataire internet? (sans bien sûr qu’il y ait un quelconque conflit d’interêt, cela va sans dire).

    Il est clair qu’après au final on peut comparer la construction d’un site web à la construction d’une maison: trouver les bons artisans, le bon service, la qualité, etc… donc pour cela regarder les références, questionner des clients, …ce n’est qu’après qu’on s’aperçoit comment sont les finitions, s’il n’y a pas de fuite, de problèmes d’arrivée d’eau, etc…

  18. Bon article si ce n’est qu’il manque quand même la partie principale d’un bon prestataire internet : la stratégie de positionnement et la conception fonctionnelle au regard des 3 derniers point cités :design, edito et technique

  19. [...] commerce ce 24 avril 2009 que Julien a étenté de trouver une réponse à cette question (lire l’article complet) “Bien choisir une web agency”   “Comment choisir son agence web” en se basant sur un des [...]

  20. [...] Oxatis.” qui inclut bien évidemment le beau-frère évoqué dans notre billet sur le choix d’un prestataire web) à des caricatures trompeuses [...]

  21. pour une raison très simple : qui souhaite payer le moins possible trouvera toujours une réponse satisfaisante a priori. On le constate sans peine : la course au moins disant n’a pas de limite ou plutôt si, elle tend vers zéro. Freelances multicartes, sociétés offshore, pourquoi pas un stagiaire ou un ami qui connaît quelqu’un dont le beau-frère est super fort en Internet ? (de plus en plus de beaux-frères s’intéressent au web, plus facile à bricoler que les voitures modernes)

  22. pascalito dit :

    Je travaille au sein d’une web agency et effectivement tous les cas se présentent a qui confier la réalisation du site le beau frère / le stagiaire en php / l’offshore / Le freelance

    A quel cout 0 ou 20 Ke ?

    Qui va m’apporter la meilleur stratégie ?

    Effectivement faire un tour des autres realisations permet de se faire une idée // visiter les locaux // rencontrer les developpeurs du site c’est bien //

    tout cela est bien beau mais comme il est ecrit plus le projet est complexe mieux vaut bien s’entourer et prendre les précautions comme dans le BTP en mettant des jours de retard par exemple. S’entourer de vrais professionnels c’est mieux même si c’est plus cher.

    le bon prestataire c’est celui qui répond a ma demande avec une belle maquette bien designé qui pollue pas le ref,il me présente un cahier des charges simplifié et va au détail en fonction des besoins avec plus de pages si il le faut. il faut une certaines souplesse en fonction des clients , il intègre vite le contenu des qu’il est validé et référence le site puis me tient au courant dans le temps de l’évolution du site. le reste n’interesse pas le client. il veut son produit comme moi quand j’achete ma baguette de pain ; je la veux chaude mais pas trop cuite le reste c’est pas mon histoire mais si ma curiosité me permet de visiter les cuisines je ne dirai jamais non.

    Personnellement j’ai travaillé dans des grosses agences (+ de 10 000) sites , et le client n’est pas le roi. j’ai travaillé en Freelance, j’ai c’est aussi une solution mais il ne faut pas compter ses heures surtout le soir.

    La meilleur solution reste le bouche à oreille.

  23. Dans le choix du prestataire, il y a aussi l’engagement de qualité. Toutes les entreprises web n’adhère pas à une charte ISO. Cependant, certaines d’entres elles ont mis en place un process éprouvé et fiable qui permet de mener à bien les projets. Pour vérifier ces points, il peut être utile de leur demander le process en mode projet. Celle qui n’en ont pas, ne seront pas ou peu fiable. il y a des bases importantes, comme le planning, le système de recettage, etc.

    Chez Sharing Cross nous sommes à l’écoute de nos clients, de leur besoin, et aucun projet ne démarre sans une validation de planning, chaque réunion est accompagnée d’un compte rendu qui est soumis à validation au client, etc.

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