Peut-on tout faire soit même ?

C’est à la faveur des commentaires sur un post de cet auguste blog que m’est venue l’idée de ce billet. Nous avions présenté il y peu des solutions open source Françaises (cocorico),et force est de constater que certaines réactions furent assez violentes. D’ailleurs j’ai sabré violemment dans les commentaires, virant toute réponse comprenant noms d’oiseaux et vocabulaire réservé aux soirées foot lorsque notre équipe nationale perd 28 à 0 contre l’équipe du Luxembourg, signe que le sujet est parfois brûlant.

Il est compréhensible qu’un commerçant souhaite se lancer seul, et installer sa plateforme comme un grand (selon une étude oxatis, 83% de leurs pure players sont seuls). C’est une histoire de coût bien sur, mais aussi d’idée reçue : le web c’est simple, l’open source c’est facile, le php du niveau CE2 et le html inné chez les moins de 75 ans. Bref, certains quidams pensent que mettre en place un produit open source en php est l’affaire de quelques minutes.

C’est vrai. La plupart du temps. On télécharge, on dézippe et hop, un coup de FTP et magie de l’informatique : ça ne marche pas… et en plus le message d’erreur affiché se permet d’être incompréhensible. Forcément ça énerve.

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Ça arrive avec le php, le java, Windows, Linux, ma mobylette kittée ou ma machine à laver… Avec tout en fait. Et il y aura toujours une bonne âme pour lancer un ‘chez moi ça marche’, ce qui est encore plus énervant. Il faut le dire haut et fort : la technique c’est un vrai métier. Voici donc un premier point que peu de commerçants (même si certains s’en tirent très honorablement) vont pouvoir traiter eux même.

D’autant que le choix de la bonne plateforme est loin d’être évidente ! Par exemple installer un magento pour vendre 3 saucisses est suicidaire à mon avis. Si vous ouvriez un magasin dans votre ville, le feriez vous dans une caravane rafistolée pour vendre du matériel high tech ? Pour vendre des frites/fricadelles achèteriez vous un bâtiment de 20000 m² flambant neuf  décoré par Philippe Stark Himself ? Non aux deux questions. Et dans la majeur partie des cas vous vous feriez aider. Pour une e-boutique c’est pareil.

Ensuite vient le graphisme. N’est pas peintre sur ordinateur qui veux. On en avait parlé, il existe bien sûr des templates, mais ce n’est franchement pas terrible la plupart du temps, sauf à les modifier.

Rien que ces 2 points prennent beaucoup de temps pour avoir un résultat cohérent, probablement au détriment de votre vrai métier : vendre.

Et le front n’est que l’aspect visible de l’iceberg ! Il reste à voir le back-office, la logistique, le marketing, le référencement, les fournisseurs, la gestion clientToute une nébuleuse de métiers complexes et chronovores  à souhait.

Bien sur certains d’entre vous font tourner leur boutique seul, sans aide, et s’en sortent financièrement. Et là, je vous pause la question chers lecteurs : mais comment faîtes vous ? Faîtes vous tout le boulot seul ou faîtes vous appel à de l’aide ? Et pour les vacances ? (d’autant que si j’en crois quelqu’un au gouvernement vous travaillez 24h/24h et 7j/7j)


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12 commentaires

  1. Bonjour

    Ben y a pas de mystère, on dors peu, on travaille énormément (plus de 100 H/semaine ;=)), on se forme en permanence, on oublie les vacances, les loisirs et la télé (les premières années).

    Ensuite quand ça fonctionne pas trop mal et que le premier sature, ben on embauche un second, puis quand ça fonctionne mieux, et que les 2 premiers saturent, ben on embauche un 3ème, etc …

    Une entreprise, ça se construit sur des années, pas en 6 mois (même si sur le web ça va plus vite qu’avant).

    Monter une boite en partant de 0, c’est une aventure humaine formidable, mais il faut avoir l’état d’esprit et l’envie. Mais c’est un mode de vie qui ne convient pas à tout le monde …

    Cordialement
    Thierry

  2. Bonjour,

    Ben ouai, c’est pas simple toute seule ! Il y a même de gros moments de découragements… Mais ce qui est vrai, c’est chacun son métier. Si on se diversifie, c’est au détriment de ce que l’on sait vraiment faire !

  3. Je dirais que par manque de moyens, ou même encore parce que persiste l’idée reçue selon laquelle e-commerce = facile & pas cher…beaucoup essaient de bidouiller en se disant qu’ils vont faire de super économies et si Untel y est arrivé pourquoi pas moi?
    Donc on voit plein de personnes non qualifiées se jeter dans OScommerce la tête la première, se taper le référencement tout seuls…pendant ce temps le blog de la boutique n’est pas alimenté, la page d’accueil campe sur ses positions interminablement et le service clients fait défaut.
    Eh oui, une journée ne fera jamais que 24 heures…

  4. D’autant plus qu’en partant seul, certains aspects essentiels manqueront souvent, comme la sécurisation du site, et, bien entendu, la capacité à customiser certains points (graphiques ou techniques) pour proposer un ensemble cohérent.

    Confier ces tâches à quelqu’un dont c’est le métier et se concentrer sur le business (offre produit, petit plan d’opérations commerciales sur 12 mois, réduction des couts sur certains postes, négo fournisseurs …), c’est l’idéal. Sauf que ça coute un peu.

    Quand on démarre une activité, on se concentre sur l’essentiel : survivre. Et la reflexion de Cobolian et aussi valable pour l’expert comptable, le logisticien, la communication …

    On fait donc comme souvent, y compris dans de très grosses boites : on lance comme ça et si ça marche, on avisera.

    Il faut donc que ça marche. Et il faut quoi pour que ça marche ? Zut, j’ai fait un tour, me v’là revenu au début de mon commentaire…

  5. LouLou relève un point intéressant : celui de la productivité. Tenter de tout maîtriser c’est risquer de ne rien maîtriser.
    Personnellement, je travail seul, mais j’ai la chance de pouvoir travailler avec un concepteur rédacteur, un Directeur Artistique, et d’avoir un associé qui s’occupe de négocier avec les fournisseurs. Mais s’il ne faut pas (sauf exception) espérer maîtriser tous les aspects de la société, il est nécessaire d’être touche à tout.

  6. Je me demanderai toujours d’où sortent ces magnifiques vidéos explicatives !
    Une mine d’or pour les néophytes !

    Sinon, tout faire soi-même je n’y crois pas trop non plus…
    Après tout dépend de l’ampleur et de l’ambition du projet bien sur.
    Le grand minimum selon moi, c’est 2 personnes avec 2 casquettes bien distinctes (1 marketeur et 1 resp technique & dev).
    Pour les projets unipersonnels, je pense que la majorité des créateurs font appels à des freelances non ?

  7. Comme a dit Florent, ça dépend surtout de la taille du projet et de l’audience visée. C’est donc possible mais il ne faut pas oublier qu’un professionnel obtiendra de meilleurs résultats.
    J’aime assez faire la comparaison avec le bricolage, j’ai posé du parquet flottant chez moi, ça fait très sympa et ça m’a couté peu cher de le poser moi-même, par contre dans les coins et sous les portes le résultat est un peu dégueu… Normal, je ne suis pas un pro CQFD

  8. Monter sa société, que ce soit dans le domaine de l’internet ou ailleurs, c’est tout d’abord faire des sacrifices.

    Personnellement j’ai créé ma société en 2003, j’étais à cette époque salarié Jusqu’en 2005 mes journées débutaient à 07:00 et se finissaient à 00:00, je n’ai pas vu un film à la télé, pas mangé dans un seul resto, pas pris un jour de vacances, j’ai cumulé toutes les casquettes pendant 2 ans etc… usant…

    Et je crois que tout ceux qui n’ont pas 1 million d’€ à poser sur la table à J-1 ont connu ça 🙂

    Croire que le E-Commerce permet au quidam moyen de se transformer en millionnaire en 3 clics est une hérésie, mais une fois un certain cap passé, on embauche, on soustraite et enfin on vit !

    Apparté : Dans l’émission Capital de M6 du 26 avril 2009, un gus vendait des figurines Starwars sur Internet. Son activité lui prenait tout son temps au détriment de sa famille pour la fabuleuse somme de 200 € de marge par mois. Le jeu en vaut il la peine ?

    Yann.

  9. Sympathique vidéo…
    Un e-commerçant ne pourra jamais maitriser tous les métiers nécessaires au fonctionnement de son entreprise. Cependant, la motivation de chacun peut permettre de s’en sortir dans plusieurs domaines.
    Pour être au top dans chaque domaine (seo/sem, marketing) il faudra forcément passer par un pro ou alors un étudiant.

    La facilité du lancement d’un e-commerce, ne résout pas les problèmes d’évolution et de développement.

  10. J’ai vu aussi capital dimanche soir et j’ai souri en voyant cette personne utilisant tout son temps libre pour 200€ net par mois. Mais aujourd’hui je pense que l’E-commerce français se resume souvent à ces deux mondes, celui des marchands qui veulent un revenu complementaire et qui vont utiliser des méthodes basées sur Oscommerce et ceux qui veulent en faire leur métier et qui vont investir dans leur boutique auprès de professionnel. Et je pense qu’il y a de la place pour ces deux types d’entrepreneur.
    Le problème ce sont les autres comme peut le dire cobolian, « vous connaissez la différence entre internet et la magie » il ne faut pas espèrer gagner 2000€ net avec un site fait maison..
    En tant que professionnel de la création de site e-commerce, on peut cotoyer tous les jours des personnes qui veulent un site e-commerce et quelque soit le produit, avec un budget de 2000€.
    Je voudrais dire à toutes ces personnes qui peuvent oublier cette idée et qu’il garde leur argent pour autre chose. Personnellement en dessus de 15000€ d’investissmeent de départ je pense que vous ne ferez rien dans l’e-commerce.

  11. Bonjour,

    Je fais partie de ceux et celles qui ont créé leur site d’e-commerce tous seuls et comme le font si bien remarquer les commentaires ci-dessus, c’est un investissement à plein temps.

    J’ai créé le site sur une plate-forme Joomla/Virtuemart pendant mon temps libre quand j’étais encore salariée et ça m’a pris 5 mois car je partais presque de zéro. Une fois le site lancé, les ajustements (ergonomie, design) se sont faits à tâtons au fil des semaines jusqu’à arriver à la version actuelle qui fait bien moins « home-made » que les précédentes. Mais comme le dit Loulou un peu plus haut, pendant qu’on travaille sur le design de la boutique on ne s’occupe pas de son référencement, le blog n’est pas alimenté, etc.

    Ce n’est pas qu’une question de temps mais aussi d’organisation, d’autant plus que je réalise moi-même tous les produits que je vends. Alors dès que je reçois une commande c’est tout mon planning de la semaine qui est à revoir (j’ai très peu de stock car je crée des réalisations sur-mesures).

    Mon plus gros point faible c’est le référencement de ma boutique, et si je le pouvais je me ferais bien aider par des professionnels sur ce point. Mais pour reprendre l’expression de Yann, je n’ai pas (encore) 1 million d’€ à mettre sur la table alors je fais avec les moyen du bord. Aujourd’hui j’ai un taux de conversion de 1%, mais avec 700 visiteurs sur le mois d’avril ça ne fait pas beaucoup de ventes.

    La bonne nouvelle c’est que ces deux chiffres ne font qu’augmenter depuis l’ouverture de ma boutique en janvier, à ce rythme j’espère bientôt pouvoir vivre de mon activité et – encore mieux – pouvoir à terme me faire assister une fois que j’aurai les moyens d’embaucher ou de faire sous-traiter la gestion du site, par exemple. J’imagine juste que seule, ça prendra plus de temps que si j’avais monté mon affaire avec 2 ou 3 associés.

    En tous cas je rejoins Profilm sur ce point : monter une boîte en partant de zéro, c’est réellement une aventure passionnante et je ne regrette en rien les choix que j’ai fait, même si je sais qu’il y a encore beaucoup de route à parcourir.

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Article de : Cobolian

Jacques Terrier Ecrit sur ce blog et ailleurs : Tutos performance web et formation e-commerce sur OSEOX Twitter : Twitter