Peut-on casser les codes de l’ergonomie ?

Ce billet traite de l’opportunité ou pas de s’éloigner des codes du ecommerce à travers le cas de reisenthel.com

Quelque soit le nombre d'articles d'un rayon, la mise en page sur Reisenthel.com ne change pas
Quelque soit le nombre d'articles d'un rayon, la mise en page sur Reisenthel.com ne change pas

S’éloigner des canons du ecommerce risque de faire fuir les utilisateurs

En terme d’architecture d’information, on sait à quel point il peut-être dangereux de sortir des sentiers battus. Mettre le logo à droite, utiliser des énoncés incongrus, mettre le panier en bas (Crate&Barrel : un panier “en bas”, bref, casser les codes de l’organisation d’une page peuvent tout simplement dérouter vos internautes et, littéralement, les perdre. Sans compter que ceux-ci n’aiment pas changer leurs habitudes (à ce sujet, lire : C’est dur de changer d’habitudes).

Reisenthel.com vend des sacs, des sacs de toutes sortes, des sacs à main, des paniers, des vide-poches, et a résolument choisi une navigation originale allant à l’encontre des sites classiques de ecommerce.

Reisenthel.com propose deux innovations de navigation

Première originalité, la page rayon, quelque soit le nombre d’articles, n’est pas subdivisée en sous-pages. Pas d’index de pagination, donc, mais une manière étonnante de résoudre le problème : mettre tous les articles sur la même page dans un espace de taille fixe quelque soit le produit. Plus il y a de produits, plus les vignettes sont petites. Une idée qui ne fonctionne que si on excède pas un nombre trop grand d’articles, autrement, il faudrait une loupe pour pouvoir les admirer et je connais très peu d’internautes qui aiment surfer avec une loupe.

Par ailleurs, même si la page rayon est équipée de filtres, par couleur, par groupe ou par nom, je me demande bien pourquoi ces filtres ont été placés en bas, ce qui constitue carrément une erreur, d’autant qu’en basse résolution, ces filtres n’aparaissent pas.

Comme toute l’interface a été entièrement réalisée en Flash, on découvre alors une seconde particularité intéressante : le passage de la page rayon à la page produit se fait « à la iPhone, avec un zoom, sans nécessiter un rechargement de page. C’est plutôt agréable (bon, j’entend déjà les grincheux me parler de référencement et d’histoire de plugin, mais je ferai comme si je ne les entendais pas) et ça permet une navigation très fluide, très ludique qui donne vraiment envie « d’explorer » le site.

Passés ces deux découvertes, on retrouve alors plus ou moins les us et coutumes classiques des sites ecommerce entâchés de pas mal d’erreurs de conception :

  • un lien « back » (retour) sur la photo produit qui ramène à la page rayon plutôt que de proposer un zoom
  • plusieurs vues disponibles, mais sans vignettes de prévisualisation
  • un bouton « shop » innefectif (est-ce en prévision d’une fonctionnalité acheter pas encore implémentée. Dans ce cas, pourquoi l’afficher ?)
  • etc.

Reisenthal.com est un intéressant, parce qu’il montre que l’on peut inventer de nouvelles manières de naviguer plutôt agréables et intelligentes pour l’internaute. Mais pour que ça marche, il faut aussi savoir respecter un minimum de règles de l’usabilité, ce que le site ne fait pas toujours et ce qui finit par gâcher le reste.

via PaulinePauline

14 commentaires

  1. Vraiment intéressant cette manière de faire, on retrouve la même limitation que d’autres modes de présentation comme le mindmapping par exemple où un trop grand nombre d’éléments nuit à la lisibilité

    J’ajouterais que pour un site en flash, il se charge drôlement vite

  2. Je trouve l’idée super intéressante, avec peut-être une taille mini d’images qui doit rester « agréable » (un peu de tests utilisateurs…), et donc, forcément, un peu de scrolling vertical (qui ne sait pas utiliser la roulette de la souris de nos jours …)

    Quand on veut acheter, on est rebasculé vers un site marchand très classique (style « Oscommerce 2004 », n’est ce pas, Capitaine ?), c’est un contraste asse saisissant !

  3. Ok, c’est joli, mais comment on achète ? L’internaute lambda risque de se perdre, c’est trop fouilli. Je ne suis pas certain que l’originalité booste le taux de transformation. Mais enfin, il en faut pour tous les goûts …

  4. Le problème n’est pas vraiment dans l’usabilité où les défaut de conception mais surtout dans le fait que le cerveau humain fonctionne d’une façon très précise… Lorsqu’un visiteur arrive sur une interface, il a déjà constitué un modèle mental (sorte de recette contenant la tâche à réaliser, les informations déjà connues sur le sujet, les expériences et interfaces qu’il a déjà visitées).
    L’administrateur central (centre de réflexion de notre cerveau) a la charge de ce modèle mental. Pour résoudre la tâche demandée, le cerveau va donc devoir capter des informations se trouvant en-dehors du cerveau par l’intermédiaire de la vision.
    Le cerveau va donc piloter les yeux pour l’alimenter en données. Ce pilotage va se faire sur l’interface web proposée.
    Si vous bouleversez le modèle mental des potentiels clients de votre e-commerce, il y a donc de fortes chances pour que ceux-ci restent potentiels… Seuls une petite partie des utilisateurs s’y retrouveront donc, aimant chercher, découvrir… Peut-être est-ce d’ailleurs leur cible recherchée ?
    L’autre gros problème que je vois est qu’il n’y a aucune suggestion faite à l’utilisateur, et ça, d’expérience, je peux vous assurer que c’est mauvais.

  5. Bon billet capitaine. La cas Reisenthel est très intéressant et la navigation « visuelle » est très confortable. Pour revenir sur les codes ergonomiques (type panier en haut à droite), je pense que nombre d’utilisateurs ont adopté ces codes et qu’il sera difficile d’en proposer de nouveaux. Seules, les grandes marques (apple, nike) auront le « pouvoir » de le « faire »…

  6. @fred : je suis d’accord avec toi, toutefois je pense qu’auprès d’utilisateurs avancés, il ne faut pas avoir peur de faire évoluer son interface. Regarde ce qui s’est passé avec l’iPhone. Or, la cible de ce site, sûrement CSP+ fait partie de groupes de gens dont l’adaptation se fait plus rapidement que d’autres. C’est un fait que j’ai pu noter au cours de tests utilisateurs, même si ce n’est pas une généralité, plus les gens sont CSP+, plus leur aisance est grande avec l’ordinateur (je sais que ça peut paraître choquant et que c’est une affirmation à nuancer, mais c’est ainsi que je le ressens).
    Merci de ta remarque.

  7. Vu que le titre stipule « S’éloigner des cannons du e-commerce… » j’ai mi un moment à comprendre.

    Comme le précise Wizeoo, lorsque l’on souhaite acheter, on est rebasculé vers un site e-commerce.
    Ce site n’est absolument pas une boutique en ligne, mais un site vitrine qui permet « accessoirement » d’être dirigé vers une boutique. Dans ce cadre, la modification des petites habitudes malmenées par cette interface originale n’impactent pas vraiment le CA potentiel.

    Par contre, bizarrement, après avoir été une première fois dirigé vers la boutique en ligne et l’avoir fermée, le lien « shop » ne fonctionne plus.

  8. @Axenet : tu as raison, ce site n’est pas une boutique. En revanche, la navigation pourrait être celle d’une boutique. C’était dans ce sens que j’ai écrit l’article.

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Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.