La Web Agency

Getting my wedding attendee gear ready, take 2 (photo par Mathowie)
Getting my wedding attendee gear ready, take 2 (photo par Mathowie)

Bon, c’est décidé, je me lance. Aujourd’hui, je commence une petite expérience qui n’a rien à voir avec le ecommerce, mais plutôt avec mon autre passion : l’écriture.

La Web Agency est une histoire interactive. Chaque dimanche sera publié un nouveau webisode (épisode web…) écrit en fonction des commentaires de l’épisode précédent. Voici donc le « pilote » de la série. Bonne lecture !

[print_link]
——————————-

Webisode 1 : Où l’on découvre un client avec le staff de la Web Agency

Benjamin jeta un oeil à sa montre. Il était presque midi et il avait faim. Il était temps que la réunion se termine.

Pendant ce temps, à la périphérie de son champ vision, il pouvait voir s’agiter son patron qui essayait vainement avec de grands mouvements de bras de convaincre un petit homme sec à lunettes, tendu fermement dans un costume gris à rayures, pourquoi il fallait choisir la Web Agency pour réaliser le site de sa société. Le petit homme ne semblait pas du tout heureux d’être là et serrait ses lèvres comme s’il allait éclater de colère d’un instant à l’autre, contrastant violemment avec la jovialité et l’enthousiasme du patron. Ses petits yeux noirs, rétrécis par l’effet d’optique de ses verres, semblaient fureter dans l’assemblée qui se trouvait là, réunie autour de lui, en tentant vainement de comprendre qui était tous les gens, le D.A., le responsable technique (Benjamin), le commercial, l’assistante de direction et un graphiste,et de quelle planète il pouvait bien venir. Aucun ne ressemblait au type de personnes qu’il avait l’habitude de voir courir en s’essouflant dans les couloirs des bureaux de sa société en essayant de le satisfaire et de répondre à ses demandes impérieuses. Aucun ne portait de cravate ou ne semblait en avoir jamais porté, excepté peut-être pour un mariage ou un enterrement. Aucun ne semblait se soucier de son apparence et de l’impression qu’il pouvait dégager. Bien au contraire, il semblait de mise dans cette agence de communication web d’afficher une tenue qui aille à l’encontre de toutes les convenances et de toutes les règles de la politesse. Pour les hommes : cheveux sales et graisseux, chemise déboutonnée laissant s’échapper des poignées de pilosité sombres et épaisses, barbe de 3 jours, odeur de transpiration forte, teint blafard de cancéreux en phase terminale, baskets usées jusqu’à la corde, jeans troués, cela va de soi, et tombant des fesses. Pour les femmes, maquillage outrancier et approximatif, coiffure en foufelle, poitrine (Oh mon Dieu) généreusement dégarnie, jupe ultra-courtes, collants déchirés, parfums trop fort. A quelle espèce d’humanité avait à faire le petit homme ? C’était là l’unique pensée qui trottait dans sa tête pendant que le soi-disant Directeur Général de cette cahute continuait à lui postillonner au visage en lui vantant la grande maîtrise de Flash de ses développeurs et la créativité « dingue » de ses graphistes. On lui avait pourtant chaudement recommandé de s’adresser à la Web Agency pour réaliser son site, mais à voir cette bande d’hurluberlus, il doutait sérieusement que ce fut un bon choix. Leur manière de rire en rebondissant frénétiquement sur leurs arrière-trains, leur dialecte incompréhensible, et même leur présentation PowerPoint semblaient sorties tout droit d’une galerie d’art contemporain. Il avait beau essayer de se concentrer et de garder son calme, tout cela lui semblait être le résultat d’une vaste hallucination, conséquence peut-être d’un déjeuner trop vite avalé. Pourtant, il n’avait bu que l’eau gazeuse minérale et s’était contenté d’une salade afin d’être en forme en vue de cette… épreuve (à l’heure du déjeuner, il ne se doutait pas pourtant que ce serait de cette intensité). Il n’avait plus qu’une envie maintenant, c’était de s’échapper de cet asile. Malheureusement sa position géographique dans la pièce l’en dissuadait. Il était coincé en bout de table et devait, pour atteindre la porte de sortie, parcourir une distance de plus de 10m. Sûr que les autres s’en apercevrait s’il tentait la moindre fuite. Il pourrait peut-être prétexter une envie, mais il se dit que cela ne se faisait pas, même avec ces gens là, et qu’il aurait du mal à expliquer pourquoi il avait besoin de son attaché-case pour aller au petit coin. De toute façon, prétexter une envie de pipi lorsqu’on était le seul interlocuteur de 6 personnes, même si elles avait l’air manifestement folles, ne faisait pas partie de son catalogue de bonnes manières. Qui sait ? Elles risqueraient peut-être de se vexer et Dieu seul sait de quoi peuvent être capables de si pauvres créatures en se sentant insultées ou blessées. Non, il valait mieux attendre plus sagement la fin de la réunion, saluer poliment tout ce petit monde et sortir comme si de rien n’était en promettant de passer un petit coup de fil dans la semaine et ne jamais les rappeler. Il se demanda même s’il ne devait pas changer son numéro de téléphone et son adresse email au cas où ils voudraient le recontacter, mais cette idée lui parut un tant soi peu exagérée aussitôt surgie de son esprit.

Soudain, le petit homme réalisa que celui qui se prétendait Directeur Général s’était arrêté de parler et le regardait maintenant bizarrement. Avec une certaine angoisse, il sentit également tous les regards de l’assemblée braqués sur lui, portant son malaise à son comble. Alors, dans une sorte de grimace qui se voulait sans doute un sourire, le DG découvrit largement une rangée de dents… dans un état… grands dieux !… le plus miséreux des marins de la Pinta n’aurait pas eu une pire dentition… Sans montrer sa crainte, le petit homme recula pourtant un peu sur son fauteuil et tenta de lui retourner son sourire malgré tout le dégoût que l’autre lui inspirait réalisant dans le même temps qu’il venait de sauter une partie importante de la réunion et qu’il n’avait pas foutre la moindre idée de ce que l’autre pouvait bien lui vouloir.

Fin du 1er webisode

Vous avez eu le courage de lire jusqu’au bout ? A votre avis, que vient de dire le DG au petit homme ? La suite, dimanche prochain.

18 commentaires

  1. DG: Et comme nous ne sommes pas une web agency, mais LA web agency, votre site sera un site web2.76 et non pas ridiculement web2.0 comme chez tous nos concurrents qui ont un wagon de retard.

  2. Il va falloir faire des plus petits paragraphes, pq les pavés, c’est très difficile à lire sur un écran.

    Bon aller, j’attaque la lecture !

    Edit: Pas mal, vivement la suite.

    Le DG: « Savez vous ce que vous voulez ? »

  3. Génial,

    Mis à part l’absence de retours à la ligne, j’ai suivi avec délectation cet épisode que nous avons, je pense, tous vécus.

    Qui n’a jamais regardé l’assemblée à une réunion pour se poser des questions sur les autres : leurs passions, leur vie de famille …

    Pouvoir s’identifier au protagonistes est un vrai bonheur, vivement la suite

    Ma contribution :

    DG : « …. la devise chez web agency c’est la proximité et comme j’ai pu vous l’expliquer brièvement, nous adoptons une approche agile dans nos méthodes de travail où la proximité des équipes avec le client est fondamentale.
    C’est pourquoi, je vous propose de travailler avec vous, au sein même de votre établissement.
    Richard notre graphiste, François notre développeur de haut vol et Mélinda seront donc totalement imprégnés de votre culture d’entreprise pour réaliser LE site qui vous ressemble, qui regroupe vos valeurs.

    Alors ? qu’en dites vous ?
     »

    Pour la suite, j’imagine alors le DG, qui, un peu comme lors du passage d’un examen, où l’on a l’impression de ne pas être vraiment là, accepte et voit débarquer le lundi suivant, alors qu’il pensait avoir rêvé, nos 3 compères, à 180 degrés des codes de l’entreprise

  4. Bonne accroche j’ai hâte de lire la suite 🙂
    .
    Ma petite contribution:

    Le DG était en train de lui expliquer qu’il lui fallait un site jeune et dynamique, à l’image de… la web agency! (marrant d’imaginer la réaction du petit homme)

  5. Ouais,
    Super,

    Fais des phrases plus courtes…et rajoute un peu d’érotisme : y a parfois des bombes dans les Web Agency, ne serait-ce que pour appâter le client 😉

  6. Pas mal !
    Je n’ai pas de contribution meilleure que celle de switcherdav à proposer.

    Cependant si le fond est bien, j’ai deux remarques sur la forme de ton texte :
    1 – ouais, comme tout le monde, je confirme : un gros bloc c’est rébarbatif (heureusement que j’ai le temps de l’ennuie en stage dans une grande web agency)
    2 – Je trouve très maladroit d’avoir à utiliser des parenthèses.

    Mais sinon le rythme est agréable et vivement dimanche, comme dirait Michel.

  7. Beau talent d’écriture !

    Ma contribution :
    « Comme vous pouvez le voir, le brainstorming de la semaine dernière a impacté fortement nos créas.
    Le buzz généré via les réseaux sociaux montrent bien qu’en plus de générer plein de tweets et de posts, notre approche holistique axé sur un max de call to action est over-positive !
    Avez vous déjà un feedback de votre DG sur les specs 2.0 ? « 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Merci de taper les caractères de l'image Captcha dans le champ

Merci de saisir ces caractères dans le champ
ci-dessous afin de valider votre commentaire.

Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.