Twitter pour le ecommerce, vraiment ?

Etant donné que Twitter est à la mode, et que grâce (ou à cause) de l’achat d’un iPhone, je me suis mis à fréquenter le réseau social à la mode plus que de raison, une question a fini par m’effleurer l’esprit : Twitter est-il bon pour le ecommerce ?

Mark's Twitter Friends (photo par Pong)
Mark's Twitter Friends (photo par Pong)

On connait tous l’exemple de Dell qui aurait vendu pour un million de dollars en plus de PC grâce à Twitter, mais à part cet exemple fameux qui peut se targuer, en France, d’avoir trouvé un nouveau canal de vente grâce à Twitter ?

L’exemple de Dell devrait nous rappeller 2 choses :

  1. Dell est une multinationale qui réalise des milliards d’euros de chiffre d’affaire et le fait d’avoir réalisé 1 millionde dollars en à peu près un an relativise beaucoup le succès de l’opération. C’est comme si je vous disais que j’avais réussi à vendre 3 carambars à mes clients sur Twitter alors que par ailleurs, je vends pour 10,000€/ jour de bonbons sur Internet (exemple bidon, mais j’habite à côté d’une usine de bonbons, c’est ce qui m’en a donné l’idée)
  2. Ce qui marche aux Etats-Unis ne marche pas forcément en France
    1. Le marché américain est beaucoup plus vaste que le marché français. Son public aussi, car il dépasse même très largement les frontières des Etats-Unis
    2. L’engouement des américains pour les nouvelles techno est bien plus grand chez les cowboys que chez nous. La pénétration de services innovants comme Twitter va beaucoup plus vite qu’en France où l’adoption d’outils innovants mets toujours un certain temps, et ce, je pense, beaucoup à cause de raisons culturelles qui n’ont rien à voir avec le niveau technologique ou d’équipement des français

Alors oui, il est vrai que déstocker des vieux produits ou des invendus via Twitter peut être une bonne idée, mais il ne faut pas en exagérer la portée. Ca ne tient tout simplement pas du miracle.

Deuxièmement, il ne faut pas oublier qui sont les utilisateurs de Twitter. On aurait tort de croire que toute la population française serait utilisatrice de Twitter ou qu’elle le sera bientôt. Je pense tout simplement que c’est faux.

De 6000 utilisateurs, l’année dernière, la population twiterrienne a explosé cette année pour atteindre un chiffre que je n’ai pas réussi à deviner, mais qui doit avoisinner plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs. C’est beaucoup, mais c’est peu au regard des 22,5 millions de cyberacheteurs en France (cf les chiffres de la FEVAD repris chez Emerchandising.net).

Mais plus important que ce chiffre est l’usage qu’en font réellement les gens et là encore, on peut s’interroger. Beaucoup de gens ouvrent un compte chez Twitter, mais combien sont-ils à l’utiliser réellement ? Twitter prend tout son sens lorsqu’on est accroc au web, qu’on le regarde tout le temps grâce à des clients autonomes comme Digsby, Yoono ou autre Twitterrific qui permettent de suivre en direct les posts de vos amis dans une fenêtre popup.

Twitter a aussi un grand intérêt en mobilité. Je ne l’ai jamais autant utilisé que depuis que j’ai un iPhone.

Mais Twitter est surtout un outil qu’on utilise lorsqu’on est connecté en permanence au web. Or, qui sont les gens connectés en permanence au web ? Les geeks, les professionnels du web, les gens de la communication, mais certainement pas le grand public qui a bien autre chose à faire la plupart du reste du temps.

Je ne veux pas tirer ici de conclusions hâtives et je suis sûr qu’un tas d’entre vous aura des contre-exemples et des chiffres à nous donner affirmant le contraire, mais si l’intérêt de Twitter est certain, je pense qu’en revanche, pour le ecommerce, son intérêt demeurera très limité tant que l’usage de Twitter ne dépassera pas la geekosphere et j’ai bien peur qu’elle ne la dépasse jamais. Alors oui, Twitter ça peut être bien pour vendre des PC à des férus de technos et à ceux qui s’en serve pour bosser, mais pour le reste…

Et vous, qu’en pensez-vous ?

39 commentaires

  1. Bonne analyse et prise de recul. Une chose est sûre, c’est qu’il ne faut pas baser 100% de sa stratégie commerciale et/ou de communication sur les réseaux sociaux mais les ignorer serait aussi une grande erreur.
    Il faudra y être au BON moment.

    NB = merci pour la citation.

  2. Héhé on se pose la même question depuis quelques temps avec yoan, pour notre solution Thelia.

    Résultat on a fait un plugin Twitter pour Thelia qui permet de poster des twitt depuis la page produit, rubrique etc.

    Ca mange pas de pain, on utilise l’API twitter et si ca rapporte 4 ventes c’est toujours ca de pris pour au final pas beaucoup d’investissement.

  3. « Les geeks, les professionnels du web, les gens de la communication, mais certainement pas le grand public qui a bien autre chose à faire la plupart du reste du temps. »

    Je pense que tu as parfaitement résumé le rayon d’action de Twitter.

  4. Je partage cet avis, twitter n’est pas utile, c’est un yahoo messenger, googletalk, online ! Pas grand intérêt pour le grand public ! Par contre Facebook !!

  5. « qui sont les gens connectés en permanence au web ? » la génération Y, les moins de 20 ans sont connectés quasiment en permanence, même si Twitter à mon avis touche un public un peu plus âgé que Facebook pour l’instant.
    Les Twittos, s’ils ne sont pas tjs les acheteurs de la marque peuvent également jouer le rôle de prescriteurs/relayeurs très efficaces.
    Je pense que contrairement à Facebook il faut voir Twitter plus comme l’épine dorsale d’un canal de communication, un « framework informationnel » qui peut irriguer de multiples autres médias plus classiques : sites, blogs… son potentiel n’est donc pas limité à son usage basique.

  6. J’aime bien ton analyse équilibrée et réaliste. Twitter devrait plutôt s’inscrire (pour l’instant) dans une stratégie de communication qu’une stratégie commerciale car il y a un point que l’on ne peut pas sous-estimer : contrairement au mail, à messenger ou à Facebook qui restent des outils centrés sur ton réseau existants d’amis, Twitter est un moyen efficace d’élargir ton réseau de connaissances autour de centres d’intérêt précis (l’usage des hashtag est à ce propos puissant et pratique).

  7. @Capitaine :

    Bonjour Capitaine, à mon sens Twitter va prendre de plus en plus d’importance en France (et dans le monde), car il n’est pas un ersatz de Facebook.

    Il est bien plus, et simplement son mode de fonctionnement en est la preuve « 140 caractères » et une diffusion de l’information quasi-immédiate !

    Twitter s’inscrit exactement dans ce contexte de l’immédiateté de l’information, d’ailleurs Laurent Suply du Figaro le souligne très bien « rien à ma connaissance ne va sur cette Terre plus vite que Twitter. »

    Et c’est exactement cela, Twitter n’est pas une stratégie de communication comme beaucoup de gens semblent le voir en France, c’est un maillon indivisible de la chaîne de communication en lui-même, et en cela il relègue Facebook sur la touche !

    Concernant les chiffres, Capitaine il est visiblement difficile d’identifier les utilisateurs français (dernière estimation à un peu plus de 11000 inscrits), étant donné « qu’environ 50% » des inscrits n’indiquent aucun lieu de résidence.

    Nous avons bien compris son importance chez CyberShop, et outre une passerelle vers Facebook, nous proposons une passerelle vers Twitter directement accessible à partir du back-office.

    @Matthieu :

    « Je pense que contrairement à Facebook il faut voir Twitter plus comme l’épine dorsale d’un canal de communication, un « framework informationnel » qui peut irriguer de multiples autres médias plus classiques : sites, blogs… son potentiel n’est donc pas limité à son usage basique. »

    C’est exactement cela !

  8.  » Twitter est-il bon pour le ecommerce ? »
    Je ne vois pas grand intérêt non plus pour le e-commerce en l’état actuel.
    Pour le reste, ma foi, pourquoi pas, si les geeks l’utilisent et y trouvent leur compte …

  9. Il faut juste que ses médias de communications soient adaptés à la clientèle qu’on vise.
    Viser les retraités avec un site Ecommerce c’est pas une bonne idée…
    Passer une pub pour des produits financiers à la TV pendant les programmes pour les enfants c’est pas une bonne idée…
    Utilisez twitter pour viser un public qui n’utilise pas ce service, c’est pas une bonne idée non plus.
    Mais faire un site ecommerce (un vrai, un beau on se comprend) et une pub à la TV, ça coute bonbon. Alors que twitter, à priori, ça ne coute pas grand chose. Du coup si on se plante c’est moins problématique. Ca peut vouloir la peine de tester.

  10. @Marco Guignard : « ça peut valoir la peine de tester »
    Je pense qu’il ne faut pas croire que parce que Twitter est un service gratuit qu’il n’a pas un coût. Et ce coût ne croit pas de manière proportionnel selon la taille de l’entreprise qui en fait usage.
    Dans une grande entreprise, il obligera à mettre en oeuvre un projet, à monopoliser une personne pour gérer Twitter. Cela a un coût qui sera mis en concurrence avec ce qui pourra être fait par ailleurs. Dans une petite entreprise, la personne qui « fait déjà tout » devra prendre du temps à supplémentaire à gérer Twitter : acquérir des followers, publier des promos. Tout ça prend du temps. Il faut donc le mesurer à l’aune de sa rentabilité. Pas sûr que Twitter soit forcément gagnant par rapport à un bon emailing ou simplement à une autre communication par le bouche à oreille.

  11. @Oliviers: N’utilisant personnellement pas du tout Twitter (pour l’instant), j’ai pas vraiment d’idée de l’ordre de grandeur en temps que ça prend (j’ai émis bien des réserves dans mon avis).
    Je suis bien conscient que c’est pas gratuit, mais c’est surement moins chère qu’une grosse campagne marketing traditionnel.
    Après inutile de persévéré si ça n’apporte rien. Mais vu que ces médias sont loin d’avoir pris leur rythme de croisière, c’est dur, mais pas impossible, de prétendre que ça va rapporter ou pas dans tel situation.
    Il faut parfois savoir prendre des risques, avec du recul bien sur, car c’est les locomotives qui profitent le plus de l’innovation et non les wagons de queue. Après c’est sur que personnellement entre le mailling et le twit, mon choix est vite fait.

  12. Très bonne analyse. Pour ma part, je vois deux facteurs principaux qui expliquent ce problème. Le premier correspond à ce qui a été dit ici, et je pense qu’on pourrait le résumer en parlant de la loi des grands nombres.

    Twitter est efficace lorsqu’il y a énormément de gens intéressés qui suivent. On sait que « sur le tas », on aura 15% (chiffre donné totalement au hasard) de followers qui liront notre tweet et qui en feront quelque chose. Du coup, plus on a de followers ciblés et plus ces 15% seront utiles.

    L’autre problème, c’est aussi que beaucoup de marketeurs francophone ne savent pas vraiment utiliser l’outil, je trouve. Certains s’en servent comme une sorte de mini-newsletter ou comme un flux RSS manuel ; il n’y a aucune dimension d’échange et de communication, c’est juste « moi, moi et moi-même ».

    Après, si Twitter n’est pas la panacée pour VENDRE, il a tout de même d’autres atouts pour un ecommerce. Développement du branding et de la relation client, flash infos, etc… Sans parler du TRAFIC. Par exemple, sur mon site de la Boîte à Outils du Marketing Internet, Twitter est mon deuxième fournisseur de trafic parmi les sites référents.

    Bref, c’est une histoire de cercles vertueux, à mon avis : Twitter n’est intéressant que si les gens y sont en nombre (créant ainsi une sorte d’esprit collectif hyper réactif), et plus les gens s’y inscriront, plus l’outil sera utile, et ainsi de suite…

    Amicalement,
    Dushan

  13. et dans 10 ans, quand plus personne (en tout cas les particuliers) n’utilisera de terminaux fixes et quand la génération étant née avec internet (au cp, il y a des cours pour apprendre à utiliser internet), twitter, et d’autres que l’on ne connait pas encore, seront selon moi répandus et vulgarisés donc incontournables comme l’était la PQR il y a peu…

  14. Ping : pligg.com
  15. Alors, étant dans la communication et navigant tout le temps sur le web, j’ai vu énormément de sujets sur Twitter, ça m’a pris un coup cette semaine de m’y inscrire, et personnellement je ne vois pas l’intérêt d’un tel système de réseau social. Je m’explique : je m’attendais à un Facebook avec oiseau, et j’ai trouvé un machin bizarre avec des suivis de page des amis et… c’est tout, enfin bon, je m’y connais pas trop et étant française ma culture doit m’empêcher d’aller plus loin dans l’approfondissement de ma connaissance Twitter XD.
    En tout cas Capitaine, j’ai découvert ton blog cette semaine et j’ai adoré, mais c’est dur de se retenir de rire au travail !

  16. Comme d’autres, assez d’accord avec l’analyse et le constat. Ceci dit, une autre question peut se poser : « Si on ne donne pas un objectif business à Twitter pour son entreprise, faut-il pour autant le négliger ? » (ça n’est pas ce que tu suggères évidemment 😉

    Je pense que Twitter est important à avoir à l’oeil d’un point de vue e-reputation, social, communautaire et que c’est plus sur ces aspects qu’il peut y avoir de vrais objectifs, avec des outils comme ceux mis en place par Zappos ou BestBuy

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Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.