Je rencontrais la semaine dernière un prospect avec un projet très intéressant de ecommerce. M’ayant fait promettre de ne pas en parler, je garderai le silence, mais j’aimerais toutefois évoquer un sujet qui me semble primordial dans la construction d’une stratégie d’acquisition de trafic sur le web.
L’important n’est pas le site
On l’a déjà souvent dit, construire un site ecommerce est devenu chose commune aujourd’hui et il existe des solutions pour toutes les bourses : de la simple location à la boutique développée à la carte, on peut facilement passer de budgets de 500€ à l’année à un budget de plusieurs centaines de milliers d’euros quand il s’agit d’un site de grand distributeur ou de marque. Et pourtant, on a au bout les mêmes fonctionnalités pour l’internaute qui, je dirais presque, n’y voit que du feu.
Mais peu importe, ce qui compte, ce n’est pas la machine, c’est le trafic. Ainsi que le soulignait Michel De Guilhermier récemment, en ecommerce, l’avantage, ce n’est pas d’avoir un bon emplacement dans une rue passante, c’est d’avoir de la visite. Et comment avoir de la visite ? En se créant du trafic. Et pour cela, il n’y a pas qu’une seule manière.
Comment créer du trafic fidélisant ?
C’est pour cela que lorsque je dirigeais ma web agency, je conseillais systématiquement à mes clients de ne pas mettre tout leurs sous dans le site, mais aussi dans sa promotion. Je pense que même les gens qui se lancent dans le ecommerce aujourd’hui l’ont compris et acquérir du trafic est un véritable enjeu. Oui, mais quel enjeu est-ce ? Quel genre de trafic doit-on acquérir ? Comment fidéliser ses internautes ? Comment éviter de payer un lien sponso ou une commission d’affiliation à chaque commande ? Voilà une vraie question.
Le web offre pour cela de nouvelles alternatives au bombardement marketing incessant : les réseaux sociaux, les contenus éditoriaux, les contenus générés par les utilisateurs, le bouche à oreille web, des sujets que certains d’entre vous maîtrisent sans doute bien, mais qui pose de vraies questions au commerçant qui débute.
La question que celui-ci peut se poser est : comment vais-je démarrer mes ventes avant d’acquérir suffisamment de notoriété et de fidélisation sans que ça me coûte bonbon (si je puis m’exprimer ainsi).
2 stratégies qui s’opposent et se complètent
En fait, vous avez le choix : vous achetez du trafic et vous rentrez du cash tout de suite ou bien vous comptez sur le référencement naturel, le bouche à oreille, la promotion sur le web et vous ancrez votre site dans le temps au détriment des résultats commerciaux qui se feront peut-être attendre. En général, évidemment, vous faites les deux en même temps, comptant sur une montée en charge progressive de votre notoriété et de l’ancrage de votre site dans la webosphère, pendant que l’achat de trafic amorce la pompe. Et bien sûr, dans le temps, vous n’abandonnerez jamais aucune de ces deux stratégies d’acquisition et d’alimentation de trafic.
Pour en revenir à mon prospect, il faut dire que son positionnement fait de lui un « client » prilégié du Web 2.0 : une gamme resserrée de produits de niche à forte valeur affective. Donc des produits privilégiés pour la vente online : des produits rares, de qualité, autour desquels on peut raconter des histoires et pour lesquels le risque de concurrence directe est faible.
Pour moi, pas de doute, cela suppose, autour du site ecommerce, la construction d’une « coque » 2.0 de contenus générés par les utilisateurs : blog, forum, fiches produits enrichies. Celle-ci devra donc permettre d’implanter dans Google, dans le web, une quantitité de flux d’informations propice à « l’autogénération » de trafic : du bouche à oreille, du buzz, des liens dans les blogs, dans les réseaux sociaux, etc.
L’acquisition de trafic 2.0 coûte beaucoup de temps
On le voit toutefois, cette stratégie a un coût : du temps, beaucoup de temps. Ce temps peut-être payé à une agence spécialisée ou il peut-être réalisé en interne. Communément, ce métier d’animer son réseau dans le web commence à avoir un nom : c’est celui de Community Manager. Presque opposé, par essence, à celui de Traffic Manager. Les deux sont utiles et reste à savoir lequel vous privilègerez pour faire grandir votre site.
Il n’y a pas de recette toute faite et cela dépend de votre positionnement : vos produits sont-ils des produits de niche ? Est-ce du discount ? Trouve-t-on les mêmes produits ailleurs ? Ces produits ont-ils une valeur affective ? Sont-ils haut de gamme, bas de gamme ?
Répondez à ces questions et vous définirez une partie de la manière dont vous vous ferez connaître sur le web.







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This post was mentioned on Twitter by camj59: Traffic Manager ou Community Manager ? http://bit.ly/8Y2pBt RT @capitaine…
Quand tu dis que les prospects ont compris aujourd’hui de ne pas mettre tout leur argent dans le site, c’est faux, du moins pour les porteurs de projet que je rencontre. C’est un vrai désastre. Ce serait d’ailleurs intéressant d’y réfléchir pour comprendre ces personnes à part. Elles sont souvent auto-entrepreneur, entouré de gens connaissant peu le web et ne font pas confiance au prestataire qui est la pour vendre.
Mais cela doit être cantonné à cette parcelle d’entrepreneurs, enfin je l’espère.
Merci pour l’article, encore une fois concis et intéressant.
Article très intéressant avec une analyse de fond pertinente. Pour ma part, je ne pense pas que Traffic Manager s’oppose à Community Manager. Je pense que le Community Management est une composante du Taffic Management. Actuellement un Traffic Manager ne peut ignorer les réseaux sociaux que ce soit les blogs, les forums et autres outils de promotion à sa disposition. Il s’agit donc d’un travail collaboratif pour le même objectif: visibilité et notoriété.
Capitaine,
on entends néanmoins beaucoup de choses sur l’importance du site, de son desing et sur son ergonomie…on finit par penser qu’effectivement il faut impérativement faire développer son site par la web agency qui va bien, en Magento et pour au moins 15k€, sinon on va se planter…Vous pensez qu’on peut très bien s’en sortir avec une boutique clef en main (type rentashop ou powerboutique ou …)?
@The Dudde : des solutions comme Rentashop ou Powerboutique peuvent très bien aller du moment qu’elles sont en rapport avec la taille du projet. Si vous voulez faire 1000 ventes par jour, je conseille une solution développée à la carte, si c’est pour faire 10 ventes par jour, une solution moins élaborée techniquement peut très bien faire l’affaire
Comme Maetvaplanet, je pense que ces deux métiers sont complémentaire et se rejoignent sur beaucoup de points commun.
Bonjour
Très bon billet! Petite réaction aux commentaires lus :
Même si ces deux métiers ont un point commun à savoir générer du trafic, il n’en reste pas moins vrai qu’ils s’opposent dans leur essence : l’un à une logique ROIste, pas l’autre.
Le Traffic Manager optimise des budgets, le Community Manager utilisent les médias sociaux – gratuits – pour promouvoir une marque.
Le premier attend des résultats immédiats et peut ajuster le tir très rapidement, le second doit être patient et doit surtout savoir que briser une réputation sur Internet prend quelques secondes.
Beaucoup de marques se sont cassées les dents à prendre trop à la légère les blogs de marque, les pages Facebook ou les infiltrations ratées sur des forum.
Pour autant, au delà des fonctionnalités, l’ergonomie d’un site reste prépondérante dans le taux de transfo. A ne surtout pas négliger.
++
AK
Je viendrai rajouter le web analyste qui va permettre d’affiner les stratégies à adopter (seo,sem…).
Un petit lien vers une journée type d’un web analyste :
http://www.kaushik.net/avinash/2007/04/how-should-web-analysts-spend-their-day.html
++
djedai
Bonjour à tous,
pour ma part, je viens de me lancer dans le ecommerce avec le statut d’autoentrepreneur et mon constat de « rookie » est le suivant:
Mes dépenses pour lancer mon activité:
-site créé avec prestashop (coût 0€ mais du temps)
-blog wordpress (coût O€ mais du temps)
- présence sur facebook et forum divers (côut 0€ mais du temps)
Donc, ma conclusion, le site est peu important à partir du moment ou l’internaute le trouve intuitif et simple d’utilisation. Par contre faire parler et créer le buzz est à mon avis le plus important, bien que cela soit une activité chronophage.
Car c’est bien la visibilité qui ammène le traffic et donc les clients !!!!
Vous ne parlez pas du multicanal avec des solutions comme neteven ou weezbe ou encore sellermania.
Je trouve que c’est un apport de trafic encore plus ciblé et orienté e-commerce
@ Guillaume : La visibilité amène PARFOIS le trafic lorsqu’elle est pertinente et cohérente.. mais le trafic ne fait pas pour autant des clients, loin de là.
Seul un site beau et bien pensé transformera tes visites en ventes.
Je pense que c’est une « petite » erreur de se lancer dans le e-commerce en se disant que le site web n’est pas important !
Bon courage pour ton aventure web !
#tous : de toute façon, tous les aspects sont importants :
- un bon site web
- du trafic qualifié
L’important est de savoir doser les ingrédients dans la longueur. Et ça, ce n’est pas facile.
@Anne: certes « bien pensé » je suis d’accord mais beau … beaucoup moins. Si on regarde des poids lourds comme Ebay et Priceminister, je n’ai pas ressenti la beauté de ces sites … par contre l’intuitivité, la facilité OK.
Après c’est une question de dosage comme le dit capitaine, de dosage financier !!!
Ebay et Priceminister, c’est surtout qu’ils ont de gros moyens et étaient pionnier.
Effectivement, ce qui est important est de réussir le savant dosage entre génération de trafic et trafic de qualité, entre un site beau et ergonomique et entre des actions marketing dont le ROI est à court terme et celles dont le ROI est à long terme.
Un bon film, c’est trois éléments : une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire, bien racontée.
Un bon plat c’est trois éléments : de bons produits, de bons produits et de bons produits bien cuisinés.
Un bon site ecommerce c’est :
reduction priceminister…
Avec un frère PDG de priceminister rien de mieux pour NKM qu’un ministère de l’économie numérique……
Pour moi, la différence, Les trafic managers ont le souci du ROI alors que les community manager ne gere pas de budget…