Bouleversé par le témoignage de Delphine sur le blog de Mr Chaussette, le dur retour au monde extérieur (du Groupe 3 Suisses où j’ai passé deux ans) m’a fait reprendre conscience d’une chose importante, qu’on a répétée et redite x-fois sur ce blog : « Attention ! Faisez gaffe ! Ne vous lancez pas dans le e-commerce à la légère ! ».
C’est un peu une tarte à la crème de le dire, mais je pensais qu’en deux ans les entrepreneurs avaient évolué, « maturé », mais l’exemple de torpille.fr montre que le e-commerce recquiert encore des connaissances, des savoir-faires et une vision des affaires qu’on commence à peine à enseigner dans les écoles.
Je ne veux bien sûr pas jouer au vieux de la vieille qui a tout vu (« En 1998, je vendais déjà des logiciels sur le web, moi, monsieur »). Loin de moi cette idée. Mais le bon sens me fait penser que quelque soit les compétences de chacun, on ne peut pas être bon partout. Autrement dit, vous pouvez être un excellent commerçant, mais vous ne ferez peut-être pas un excellent e-commerçant (l’histoire de Vente-privées pourrait faire penser le contraire, mais comme Michel de Guilhermier l’a assené sur son blog ces derniers jours, le e-commerce c’est un autre métier. Pour preuve, même les vadistes qui pourtant étaient loin d’être des amateurs de la vente à distance se sont laissé dépasser par la nouveauté et n’ont pas encore trouvé la clef pour « dominer leur métier ».)
Etre un bon e-commercant, c’est sans doute d’abord (sauf si on a déjà vécu cette expérience) avoir l’honnêteté et la modestie de se dire qu’on va avoir beaucoup à apprendre et qu’on aura besoin de savoir s’entourer pour réussir son projet. Je ne veux pas donner de leçon, car il y a aussi une majorité de projets ecommerce qui fonctionnent très bien, mais une partie de cette réussite tient selon moi aux personnes, aux équipes avec qui l’on va s’associer, non pas en tant qu’associé d’une sarl, mais en tant que partenaires. Sachez vous entourer, sachez trouver ceux qui sauront vous conseiller et vous aider à envisager toutes les composantes d’un projet et vous ne vous planterez pas.
Mais choisir des bons partenaires peut être plus difficile qu’il n’y parait. Pour la partie technique, qui est quand même la pierre angulaire d’un projet ecommerce, je ne saurais que donner quelques conseils tirés d’observations que j’ai pu faire ces derniers temps, même si ça semble tomber sous le sens :
- Travaillez avec une agence ou une SSII qui a déjà plusieurs projets réussis et de taille à son actif. Ne vous laissez pas séduire par des discours réducteurs du genre « Un site de ecommerce ? Pfoaah, c’est facile. Regardez notre développeur là bas, il maîtrise Magento sur le bout des doigts. Donnez-lui une charte graphique. Il vous l’intègre et hop, le tour est joué ! » Les sites ecommerce sont sans doute les plus exigeants en matière de performance techno et ce n’est pas avec des prestataires occasionels que vous réussirez votre projet. Prenez des habitués, des vieux routiers : c’est déjà une première garantie
- Non, les gens qui maîtrisent les solutions de ecommerce ne sont pas légions. Pour Magento, par exemple, sans exagérer, je pense que seules quelques grosses SSII nationales le maîtrisent réellement et son capables de l’interfacer avec un ERP ou de développer des fonctionnalités spécifiques. Oui, je sais, quand on demande à un développeur ou à un chef de projet s’il peut développer un module qui indique la météo en 32 langues en fonction du montant du panier d’achat et de l’âge du capitaine, il vous dira toujours oui, mais le travers bien connu des informaticiens, c’est qu’ils vous disent toujours qu’ils sont capables de tout faire en oubliant seulement de vous préciser combien ça coûtera (et en général, il y a de quoi vous mettre sur la paille).
- Travaillez avec des gens reconnus sur le marché. Pour le e-commerce, quelque soit votre région, je suis sûr que ces interlocuteurs sont nettement identifiés. Ne prenez pas de risque (l’aventure de Delphine le rappelle) avec des agences de comm’, peut-être brillantes en graphisme et en communication, mais dont l’expérience en développement se limite à des sites institutionnels.
- Méfiez-vous des solutions à la carte. Elles ne se justifient souvent que sur des très gros budgets. Il existe aujourd’hui suffisamment de solutions ecommerce pérennes, « prêtes à l’emploi », éprouvées, pour qu’il ne prenne pas l’envie à un prestataire de réinventer la poudre (Je suis sûr qu’il y a encore des fous pour vous affirmer qu’ils vont à eux seuls en trois mois développer la meilleure solution ecommerce du monde. Ne les écoutez pas ou vous pourriez vous retrouver en slip (ou en collants, si vous en portez, comme moi)).
- Lisez les blogs et là, je suis particulièrement sérieux même si je prêche pour ma paroisse. Pour moi, ils sont une des meilleures sources d’information sur la manière dont il faut construire et gérer un site ecommerce. Et d’ailleurs, ils sont aussi un bon moyen d’entrer en contact avec une communauté de blogueurs, twittereurs et autres fans du web qui baignent toute la journée dans ce milieu et sauront vous donner (gratuitement) quelques bons conseils. En voici quelques uns dans la liste de mes favoris :
- Le blog de François Ziserman (il publie beaucoup en ce moment et je suis sûr qu’il a les doigts raccourcis à force de taper des billets)
- Celui de Michel de Guilhermier (même si des fois, on ne comprend pas tout ce qu’il dit), mais il sait vraiment mettre les points sur les i et parle avec aisance des fondamentaux
- Celui de Daniel Broche (sauf qu’en ce moment, il met des vidéos d’avalanches, mais je suis sûr qu’il va retrouver l’inspiration)
- Celui d’Olivier Levy : on n’aime ou on aime pas son style, mais il a le mérite de dire franchement ce qui va et ne va pas (mais en ce moment, il m’en veut, parce que je lui ai volé son Favor’i de la FEVAD)
- Celui d’Olivier Bernasson : il ne publie qu’un billet par an, mais c’est du pur jus (et, en plus, on ne le voit pas sur le blog, il est le seul capable de porter des espèces de chemises hawaïenne aux soirées guindées de la FEVAD)
- Pour finir (j’ai pas mis toute la liste), je vous conseille aussi l’excellent Get Elastic, un blog canadien en anglais, mais qui profère des conseils que tout ecommerçant devrait lire
Et à l’heure où j’écris ce billet, je ne saurais trop vous recommander la lecture de ce billet de Fred Cavazza : Les petits ecommerçants ont le blues, mais ils ne devraient pas. Et celui de Daniel Broche qui lui répond via un autre billet en affirmant n’être pas du tout d’accord avec lui (ça va vous aider ça).
Allez bon courage ! Et si vous avez besoin d’aide, vous pouvez toujours (pub personnelle) aller voir le Capitaine Commerce qui vous prêtera ses collants magiques, dont il tire tout ses pouvoirs, pour tout bien faire sur le web en ecommerce.








C’est tellement vrai.
3 citations de Michel de Guilhermier en 3 billets … Dis moi Olivier, sois t’es amoureux soit tu veux attirer son attention pour faire du business
Je me permet de rappeler aussi la présentation que j’ai publié dans ce blog et qui complètera utilement ton tableau : http://www.capitaine-commerce.com/2008/10/23/21366-mythes-et-realites-du-e-commerce/
Ouais… ça fait mal au coeur de lire de telles expériences…
Sur le fond de ton billet, rien à dire, c’est plus que juste… sur les 60 000 (?) boutiques en France combien se rentabilisent réellement ? Je n’ai qu’un point de désaccord avec toi, c’est sur le faire qu’être un bon commerçant n’est pas le pré-requis. A mon sens c’est inexact : un site ecommerce demande les mêmes qualités de base que le montage d’un business dans le « réel » (quoique je n’aime pas ce distingo entre réel et virtuel, la vente en ligne n’a rien de virtuel). Ce qu’il faut, avant tout, c’est être un bon commerçant, avoir LA bonne idée, être prêt à s’adapter très vite pour suivre son marché, avoir fait une vraie étude de marché et ne pas s’attendre à voir tomber les brouzoufs comme un avant centre italien au bout de 3 mois d’activité. Le site en lui même est un outil, et ce n’est pas l’outil qui construit le mur, c’est le maçon.
Bien évidemment un bon ouvrier a besoin de bons outils, mais un site marchand, ce n’est pas « un programme informatique », c’est bien plus que ça… il faut une approche marketing, une approche com, ET du code. Donc la SSII, oublie… les mecs font de l’informatique, ça n’a rien à voir. L’agence de com, oublie aussi, ils font de la com, donc rien à voir non plus. Je te rejoins sur les conclusions : il faut faire construire son site marchand par des spécialistes, voire des hyper spécialistes (bon, ok, je prêche pour ma chapelle, mais je doute qu’on puisse le contester), que ce soit de la solution hébergée ou sur la base d’un open source (là, à mon sens, il y a débat, mais ce n’est pas le sujet), la chose est trop pointue pour confier un projet à des prestataires qui ne maîtriseraient qu’un seul aspect de la question. Quant à lire les blogs, c’est le meilleur moyen de se faire une culture, et ça c’est clair et net… je ne sors pas souvent la brosse à reluire, mais celui ou j’écris à cet instant est LA référence en la matière et il ne s’agit pas là d’une vile flatterie mais d’un constat objectif
@Christophe : j’espère juste qu’un jour Michel me fasse monter dans une des ses Aston Martin
@François : attention, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit : pour faire du ecommerce, il faut forcément être un bon commerçant (avoir le sens du commerce), mais ça n’est qu’un prérequis nécessaire et indispensable
j’avais zappé le « peut-être » de « vous pouvez être un excellent commerçant, mais vous ne ferez peut-être pas un excellent e-commerçant » donc au final on est d’accord
Sans oublier de lire le tutoriel Ecommerce de Jacques (porteur de collant) : http://oseox.fr/ecommerce/ avant de se lancer dans l’aventure
[...] lecture intéressante du matin : Comment ne pas torpiller son projet de ecommerce ? par capitaine commerche et sa sélection de lectures[/edit] 1 Commentaires [...]
@ François et Olivier > En fait, être un bon commerçant et avoir une boutique en ligne performante sont deux conditions nécessaires. Si vous ne disposez que d’une équipe très réduite vous ne pouvez pas assurer ces deux conditions… donc vous devez déléguer pour vous concentrer sur les fondamentaux du commerce : la marque et l’offre.
/Fred
C’est bien ce que je pense également : le bon ouvrier ET les bons outils
Les avalanches c’est comme les commandes qui pleuvent, on ne se lasse pas de les regarder !
Salut Capitaine,
Et oui, il faut réfléchir avant de se lancer. C’est valable pour le ecommerce mais le même constat peut être établi pour plein d’autres choses dans la vie.
Je suis ecommerçant (http://www.maisondumekong.com) et le premier conseil que je donnerais à qq’un qui veut se lancer, c’est simplement de discuter avec d’autres ecommerçants de sa ville par exemple.
Ca n’a l’air de rien mais ça donne beaucoup d’idées et ça permet finalement d’éviter pas mal de pièges. C’est ce que j’ai fait et je dois dire que je ne regrette pas.
Cette phase me parait indispensable car, cela semble évident mais, les ecommerçants connaissent bien les rouages de la vente en ligne, plus que les intégrateurs, agences de com ou SSII…
Donc n’hésitez pas à décrocher votre téléphone et aller prendre un petit café avec des vendeurs : leurs retours d’expérience sont précieux !
Pascal
http://wwww.pmoutet.fr
Olvier, n plus des blogs, il y a aussi les forums qui permettent d’avoir une vue externe et du conseil (voir dans le bandeau de ce blog qui pointe vers : http://www.forum-e-commerce.com/).
C’est un bon moyen je pense de casser la dynamique du créateur seul dans son coin.
J’aimerai aussi qu’on définisse ce qu’est un petit ecommercant. Est ce un pure player en EURL ou une PME de 50 personnes qui tente la vente de sa production sur un nouveau canal pour optimiser un circuit de distribution ? L’expérience est assez différente, les moyens et les buts également.
@ Capitaine : merci pour la citation.
J’ai aussi un article au chaud concernant Torpille. Mais pour l’instant, suis en pleins Lobbying Fevad, sur le blog ….
@Olivier : vas-y doucement avec la FEVAD si tu veux avoir un bloc en verre de 3kg
Social comments and analytics for this post…
This post was mentioned on Twitter by camj59: Comment ne pas torpiller son projet de ecommerce ? http://bit.ly/7M2p7Q RT @capitaine…
Je crois savoir qu’Olivier paufine son référencement pour lancer un site de vente de trophée l’an prochain
@Daniel : les marchés de niche, y’a que ça de vrai
Merci pour la citation Captain, je suis bien entendu d’accord avec ton analyse… quoi que…
1 billet par an me semble un poil exagéré, j’ai bien dit un poil, deviendriez-vous marseillais à l’envers ?
@ Olivier (Levy) – C’est bourré d’oliviers ici…
Le nom de domaine tropheede3kgavendre.com est libre ou bien le Captain l’a déjà réservé ?
Et pis tiens j’avais oublié une autre approximation. Mes chemise n’ont rien à voir avec hawaï, c’est espagnol monsieur et la marque c’est desigual…
Une petite analyse de desigual.com ?
@Olivierb : désolé pour la chemise… Mais elle était très belle et je n’ai pas pu m’empêcher de faire une blague dessus. Je vais voir desigual.com de ce pas (bon, ces commentaires n’ont plus grand chose à voir avec le sujet du billet, on dirait)
Je veux juste apporter ma pierre à l’édifice. J’accompagne des PME/PMI en Rhône-Alpes dans le cadre d’un programme régional (http://www.si-pme.fr), et constate effectivement que les futurs e-commerçants sous-estiment systématiquement l’importance du temps nécessaire à la gestion d’une boutique en ligne. D’autre part, l’identification de SSII spécialisées en e-commerce est complexe, et ce fait est malheureusement illustré par l’expérience de torpille.fr.
Par contre, il y a un point sur lequel je tiens à réagir concernant Magento. Il existe en effet des petites structures spécialisées voire expertes en Magento, et pas seulement des grosses SSI nationales. Bien sûr je prêche un peu pour ma paroisse, étant responsable d’une structure qui est dédiée à l’intégration Magento, en particulier pour élaborer des configurateurs d’offre sur mesure (voir le site http://www.variance-store.com).
Jeff Galano – miura-conseil.com
Une SSII, c’est un SSII, ça n’a rien à voir avec un spécialiste du ecommerce… pour ce qui est du temps nécessaire à la gestion d’une boutique en ligne, je suis d’accord : c’est souvent sous-estimé au départ : « gagner de l’argent facilement sur Internet », le mythe total… ça n’est pas facile. En revanche, si l’outil est pensé pour faire économiser du temps à l’utilisateur, ça permet au dit utilisateur de consacrer du temps à sa promotion et à son développement. Le webmarchand est débordé par les expéditions ? Ok, alors dans ce cas ça veut dire que ça marche et qu’il est temps d’embaucher ou de déléguer. Ce qui n’est pas normal, c’est d’être obligé de passer du temps avec les mains dans le code
Bonjour à tous,
Je suis mitigé sur ce post car si il est vrai, et je le répète souvent, que se lancer dans le eCommerce et un parcours encore plus difficile que de ce monter une petite boutique puisque l’on ne maitrise pas la toile, alors que la rue, on y vie depuis tout petit, je reste persuadé que l’on peut se lancer sans pour autant s’entourer de 40 personnes.
La mode actuelle est de créer de nouveaux métiers sur Internet comme tu le montres simplement avec ton article sur les community manager qui arrivent sur la toile (un petit tour sur weboplaintes), mais il existe aussi une possibilité bien moins onéreuse. Il suffit pour cela de grandir tranquillement et de viser des objectifs réalisable en centrant chacun de celui ci sur une tâche particulière, ainsi, pourquoi investir facebook, twitter, et j’en passe quand on ne peut même pas gérer les clients, le stock, et son propre blog.
Personnellement, j’accompagne petit à petit des projets dans des domaines différents (magazine de mode, ecommerce de bijoux, j’ai même un exorciste dans mes clients) mais en gardant bien en tête que les expertise se trouve à différents endroits, ainsi j’écoute mes clients quand il s’agit de leur métier et je défends mes opinion pour la parie Internet. Ainsi, j’apprends tous les jours sur des domaines d’activité tout en faisant de même pour mes clients. Le eCommerce j’en faisais il y a 10 ans en étant un employé sur la parti webmastering, qui à l’époque ne voulait rien dire et surtout qui donnait l’avantage de tout connaître de l’entreprise, surtout qu’à l’époque les « standards » du métier n’existaient pas.
Donc le eCommerce c’est une belle aventure, mais sans grande différence avec la réalité. Je n’irais pas changer moi même ma chaudière même si je trouve la doc dans un coins.
« Méfiez-vous des solutions à la carte », c’est tout à fait vrai et surtout dans le cas de mon 1er site (celui à 30 000€ que je n’ai jamais utilisé). Mon cahier des charges était relativement important compte tenu de mon projet : lancer une marque haut de gamme et inconnue sur le net. En effet, il me fallait : une boutique en ligne pour les internautes, un espace sécurisé pour les revendeurs multimarques, un espace presse … ( voir les détails de mon brief fonctionnel sur : http://www.facebook.com/chemises.torpille?v=app_2347471856#/note.php?note_id=217578981971 ) et je pense que l’agence qui m’a vendu le site n’était pas prête à réaliser un tel projet, ils ont quasiment tout développé en sur mesure ! Alors imaginez la masse de travail que ça représente ! Et au fur et à mesure de l’avancement de mon site, je voyais bien qu’il manquerait forcément des options, par exemple le back office était extrêmement limité, je devais presque tout exporter sur Excel pour faire la moindre opération, même les factures je ne pouvais pas les imprimer directement depuis le site. Bref, si j’en veux aujourd’hui énormément à ma première agence web, ça n’est pour leur manque d’investissement, bien au contraire, mais c’est pour m’avoir promis un site qu’ils étaient incapables de réaliser correctement et dans les temps (4 mois) faute d’une solution e-commerce déjà existante. Donc vive les solutions prêtes à l’emploi. En tout cas merci à tous pour votre aide et votre soutien.
Bon, allez, je vais tout dire : j’ai dealé avec Olivier, il me citait 3 fois et il avait le droit à faire un tour en Aston Martin DBS.
C’est une petite vénalité pour la bonne cause
Michel, le deal concerne sans doute aussi les co-rédacteurs du captain, hein, dites, allez !?!
Pas de problème bien sûr, ce n’est que justice, il y aura des places dans le coffre
Attention à la surenchère, certains vont être tentés de se faire tatouer des billets entiers.
Le problème de fond c’est qu’il y a un double discours sur le e-commerce.
D’un coté le votre, plutot assez juste, qui explique que vendre en ligne n’est pas simple et de l’autre celui des agences web et en particulier des solutions packagées qui tiennent un discours totalement inverse : la solution la plus facile du marché, votre boutique en ligne GRATUITE pour 1 % de votre CA, une solution à votre mesure, etc… On voit même sur France2 dans Envoyé spécial, le responsable de Prestashop expliquer qu’une boutique se monte en 10 minutes sans aucune compétence. Que pensez d’un tel discours quand on sait la masse de compétences qu’il faut cumuler pour réussir à vendre : développement, marketing, éditorial
Ce discours de simplicité ne fait que perturber des discours structurés. On trouve sur le marché des solutions à 0, 500, 1500 ou 5000 € qui font exactement la même chose.
Je finis par penser que l’open source s’adapte finalement très mal à l’e-commerce car il en camoufle les couts réels, ce qui n’était pas le cas avec les CMS (Un site magento ne nécessite-t-il pas a minima un webmaster hyper qualifié pour pouvoir le gérer ?)
La solution semble tout de même se faire accompagner pour éviter les arnaques et les 30000 € jetés par la fenêtre
@Patrice,
Non, ce n’est pas du tout incohérent.
Monter un site web est en effet tout ce qu’il y a de plus facile techniquement aujourd’hui. Il y a des solutions packagées extrêmement abordables.
MAIS :
- Il n’est pas aussi simple que cela de monter techniquement un BON site web, bien référencé, etc.
- Surtout, c’est après que les problèmes commencent ! Faire venir le trafic, se battre contre une concurrence omniprésente à un clic de souris, bien gérer sa logistique et son service client, etc.
Monter le site web lui-même, c’est 5 à 10% du problème, et encore !
Vous ne pouvez pas dire d’un coté ma solution est gratuite et de l’autre expliquez que c’est compliquer d’acquérir du traffic et de vendre.
La vérité c’est que beaucoup de solutions e-commerce sont faites pour vendre de la prestation avant tout en masquant à la fois les couts de développement et les couts de marketing réel.
Nombre de projets échouent car les budgets marketing sont insuffisants voir inexistants. Le cout des solutions devraient refléter cette difficulté, ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui. Il y a un discours de simplicité qui n’est pas cohérent avec la difficulté.
Tout à fait, il y en a qui ne cherchent qu’une seule chose, vendre de la prestation, et le plus cher possible.
Dans la délégation « à la performance », modèle IS/GSI, nous prenons l’ensemble du développement à notre charge et comptons sur les commissions sur le CA pour rentabiliser.
Je constate comme Patrice que beaucoup de projets échouent pour cause de budgets marketing insuffisants. Le temps nécessaire pour gérer sa e-boutique est lui aussi sous estimé. Beaucoup de personnes pensent qu’une fois le site en ligne les visites et les commandes vont arriver toutes seules.
Concernant le choix de la solution e-commerce adapté il devient de plus en plus difficile pour un non initié. Ces deux dernières le nombre des prestataires qui proposent la création de site e-commerce a explosé. Le choix d’un prestataire spécialisé reconnu (références nombreuses…) capable de proposer une assistance téléphonique permet d’éviter bien des problèmes.
Bonjour à tous, cet article engendre pas mal de commentaires intéressant et lance un débat qui pourrait remplir un blog à lui tout seul; comment faire du ecommerce et avec qui.
Je suis assez d’accord pour dire qu’il est important de bien préparer son projet, mais comment faire lorsque l’on ne maitrise pas l’outil informatique et internet alors que l’on est un bon commerçant (ou qu’on l’estime) ? Je trouve assez difficile de trancher le sujet en disant qu’il faut se tourner vers des agences avec un nombre important de références, car quid des freelance qui débutent avec une grosse expérience, quid des agences qui proposent des solutions obsolètes, quid des agences ou des personnes qui ne sont pas capable de vous dire que vous allez droit dans le mur.
Le marché de la création de site est en pleine transformation avec l’arrivée de solutions performantes en open source, mais qui ne remplacent pas le travail à accomplir pour avoir un vrai site de ecommerce. Le métier est complexe et c’est pour cela qu’il est difficile pour un entrepreneur de comprendre vraiment l’étendue de la tâche, et c’est surtout un métier qui demande de se remettre en question en permanence car Internet n’a que 20 ans et le ecommerce encore moins.
Personnellement je m’estime être un informaticien, mais ma définition se limite surtout à ne rien connaitre mais à savoir que cela est possible, ainsi, tout les jours j’apprends une nouvelle chose et n’oublie pas que ce marché a aussi une histoire qui explique certains de nos choix, car croyez vous que tout les sites actuels ne sont que le pure produit d’une imagination débridée. Ce n’est pas complètement vrai, puisque vous choisissez la structure même de votre site en fonction de ce qui a était fait et de ce que vous avez pu lire ici ou là.
Nous n’en sommes qu’au début, et il y a 10 ans certains projets étaient encore plus ambitieux que tout ce que vous pouvez connaitre aujourd’hui, mais comme ils n’ont pas survécues à la bourse, personne ne s’en souvient vraiment.
Alors en bien ou en mal l’expérience d’une eCommerce nous aidera tous à avancer.
P.S. : j’adore faire des speech grandiloquent en fin en pleine nuit, cela détend de la journée à traquer la nouveauté pour la proposer plus tard à un client qui lui à autre chose à faire.
Effectivement la délégation semble être une bonne solution, j’en suis un fervent partisan, elle évite probablement beaucoup d’écueil et surtout évite de mettre le choix technologique (magento, prestashop, thelia…) avant le projet lui-même (souvent l’erreur de beaucoup : la demande porte sur : JE VEUX UNE SOLUTION MAGENTO alors qu’il faut commencer par quels sont mes points de différenciation par rapport à la concurrence et quel budget vais je devoir mettre en oeuvre pour faire tourner ma boutique
Pour ma part, ce qui compte réellement c’est de maîtriser de la solution e-commerce qui est utilisée…c’est pour moi le critère de choix principal pour trouver un prestataire qualifié…En général on voit vite à qui on a à faire. Il y a d’excellents freelance, d’excellentes agences et d’excellentes solutions open source. Je pense simplement que pour les solutions open source, ils devraient y avoir des barrières à l’entrée plus importantes et structurées
@Michel
Petite question con : quand vous parlez de commission, vous prenez combien sur le CA et qui finance le budget marketing ?
Ce débat pourrait durer à l’infini. Ce qui est certain, encore une fois, c’est que sans une certaine culture web, sans une connaissance du commerce, se lancer dans le e-commerce est risqué. A contrario de ce que j’ai pu souvent expérimenté, j’ai croisé très récemment une petite équipe qui a très bien su lancer son site web sans aucune aide extérieure. Adossée à un grossiste, elle a confié le design à un indépendant dont c’était le premier contrat, le développement a été fait en interne, la connexion avec l’ERP aussi. Résultat : ça marche. Quels ont été les critères de réussite dans ce cas ? De l’intelligence, du pragmatisme, de la culture et ça, ça ne s’achète pas.
et un gros coup de bol…
@Patrice,
Bien évidemment, je ne peux pas donner trop de détails précis sur le modèle de commissionnement.
Mais je peux dire qu’il est extrêmement attractif pour une marque internationale d’ampleur. La mutualisation des moyens permet de maximiser les compétences et minimiser les coûts pour GSI, et les marques en profitent.
Le taux de commissionnement dépend aussi de pas mal de facteurs propres à la marque et au secteur.
Quant à l’e-marketing, la question est étudiée au cas par cas. GSI peut tout faire, mais bien entendu il faut que ça pay off…
@Olivier : d’expérience, j’ai quand même l’impression qu’une internalisation intelligente avec le bon développeur et la bonne agence, c’est quand même la solution idéale pour un petit commercant
@Michel : thanks, je vais aller chercher sur internet ce qu’on peut trouver sur ce type de modèle
Un bon développeur en interne, pourquoi pas, encore faut-il le rentabiliser, mais surtout un détail qui n’en est pas un : je connais peu de purs développeurs qui se projettent au-delà de leur code. Pour que son travail soit efficace, il faut que le développeur sache dans quel sens développer. Je connais très peu de développeurs qui soient au fait de l’ergonomie, du référencement (c’est un peu plus courant), quand au marketing, en règle générale, pour un développeur c’est du chinois. Si tu tombes sur celui a tout ça au catalogue, je dit « bonne pioche », mais celui là vaut de l’or et pour l’intégrer y’a intérêt à le motiver sérieusement niveau salaire.
Ensuite un développeur, ça aime développer, passé la construction du site, il n’aura pas beaucoup de développement à faire, donc à quoi l’occuper ? De l’intégration ? Généralement ils considèrent ça comme un sous métier… du référencement, alors… mais c’est quoi le référencement, quel rapport avec le code ? C’est du rédactionnel, de l’échange de mail et de tel, plein d’autres chose, mais aucunement en rapport avec le code.
Sur le papier, que de bonnes idées, vu de loin, mais dans la pratique j’attends le témoignage de quelqu’un qui me confirme que c’est possible et que c’est rentable
@François : je confirme que le développeur « à tout faire » existe. Je connais une société qui en a trouvé un. Il s’occupe notamment de :
- développement
- intégration
- création des interfaces, ergo
C’est moi, ce que j’appelle, un webmaster.
Attention toutefois, il est aussi épaulé par une équipe en dev externe qu’il gère pour l’aider à atteindre ses objectifs. C’est donc un super-développeur. Son nom, c’est Y.K., mais je le garde secret, sinon, il pourrait se faire débaucher
Argh !
Bon, combien tu veux pour son mail ? Donne un chiffre, ton prix sera le mien ! Je plaisante, bien sûr… je ne suis pas mal loti de mon côté, mais ça n’empêche que ça ne court pas les rues et que ça se paye… cher…
Cool, je vais devenir riche alors, cela va rassurer ma femme.
[...] que le cas Torpille fais couler beaucoup d’encre dans la blogosphère et que l’on en est au piqûres de rappel des mythes et réalités du e-commerce, je ressors [...]
Toutes ces histoires sur « il faut laisser l’e-commerce aux professionnels », ça me fait penser au jeune motard qui voulait s’assurer.
« désolé, on assure pas les jeunes conducteurs », s’entendait-il répondre à chaque coup de téléphone à une assurance.
Il a fini par demander à l’un de ses interlocuteurs comment on faisait pour devenir un conducteur expérimenté si personne n’assurait les jeunes conducteurs. « heu… » a répondu l’assureur.
J’imagine que tous les « pro » du e-commerce actuel qui théorise à l’infini sur la meilleure manière de s’y prendre, à commencer par ne surtout pas y mettre les doigts, ont bien du commencer un jour.
Heureusement que personne ne les en a empêché, qu’auraient-ils a raconté aujourd’hui ?
@Dudde :
Personne je dit « chasse gardée », on échange… on se penche sur le problème de certains « mauvais choix » en sachant qu’il n’y a pas de recette miracle. Mais avec la vision depuis les coulisses, ça permet un autre point de vue qui peut être utile à ceux qui ne l’ont pas. Personnellement je défends une approche qualitative mais j’ai déjà vu de gros succès sur des site absolument pas ergonomiques et terriblement laids, donc tout est possible. Note quand même le taux de mortalité élevé des jeunes motards : tout jeune motard n’est pas voué à mourir dans les 6 mois, mais il serait inconscient de ne pas le mettre en garde.
@Dudde
Nul ne dit qu’il ne faut pas se lancer dans le eCommerce, mais que si on veux le faire il est préférable de s’entourer afin d’éviter certain écueil inhérent à l’inexpérience dans tel ou tel domaine.
Personnellement j’ai appris tout ce que je sais et cet apprentissage me permet d’apprendre de nouvelles choses et surtout de le partager avec d’autres.
Souvent sur les forum on rencontre des gens voulant monter une boutique afin de gagner de l’argent (normal évidemment) mais surtout sans en dépenser et tout cela en 1 semaine sans connaissance sérieuse de l’informatique, du marketing, d’internet, de la législation et j’en passe. Donc à ces gens là je me permet de rappeler que « Rome ne s’est pas faite en un jour » et surtout qu’il faut être très, mais très gentil avec les personnes qui prennent le temps de vous aider.
Je ne vois pas trop qui a dit « il faut laisser l’e-commerce aux professionnels ». Visiblement, il y en a qui aime lancer des polémiques alors qu’il n’y en a pas.
[...] – Comment ne pas torpiller son projet de ecommerce sur le blog de Capitaine Commerce [...]
[...] Une petite analyse: http://www.capitaine-commerce.com/2009/12/04/24599-comment-ne-pas-torpiller-son-projet-de-ecommerce/ [...]
J’en profiterai pour ajouter une suggestion en tant qu’e-commerçante débutante (même si j’avais quelques années d’expérience dans le web).
J’ai eu la chance de m’entourer des bonnes personnes étant donné le réseau développé durant mes années passées dans le web par contre, ayant été salariée de « grosses » boites, j’avais accès à un certain nombre d’organisations diverses: SNCD, EBG, etc… cependant aujourd’hui, avec un site lancé depuis un mois et demi, il est évident que je n’ai pas accès à ce type d’organisations. Il me semble que la FEVAD ou autres, pourraient proposer des lieux de rencontres et d’échanges pour les petits sites qui n’ont pas les moyens d’adhérer, ne serait ce que pour communiquer sur un certain nombre de règles de base du commerce.
Je suis effarée par le nombre d’interlocuteurs croisés (des professionnels) n’ayant jamais entendu parler de la loi Chatel ou de 3D Secure.
Nous avons personnellement la chance d’être accompagnées par le Réseau Entreprendre et d’autres d’ailleurs mais il me semble que l’information est malgré tout assez difficile à collecter!
Par ailleurs, je suis une lectrice assidue des blogs que vous citez mais suivre tous les blogs intéressants est malheureusement un job à plein temps!
Ouaip… d’autant que le propre de la plupart des e-commerçants sont assez isolés, c’est pour ça qu’on organise des dîners avec des clients, des prospects, des prestataires autour de notre équipe et qu’on anime un forum pour favoriser l’échange. Je crains malgré tout qu’en dépit des efforts de lobbying d’Olivier auprès de la FEVAD, rien ne soit fait dans ce sens. A mon avis, au final, ce qu’il faudrait c’est monter une association, une fédération ou une guilde qui gère ça à une autre échelle : celle des « petits », mais commerçants comme prestataires sont déjà bien occupés, qui le ferait ? Ceci dit je pense que ça va dans le sens de l’histoire et que d’une manière ou d’une autre ça se fera
Comment ne pas torpiller son projet de ecommerce ?…
Bouleversé par le témoignage de Delphine sur le blog de Mr Chaussette, le dur retour au monde extérieur (du Groupe 3 Suisses où j’ai passé deux ans) m’a fait reprendre conscience d’une chose importante, qu’on a répétée et redite x-fois sur ce blog : « …
[...] Comment ne pas torpiller son projet de ecommerce ? On se souvient tous des mésaventures de Delphine et de son site torpille.fr. Découvrez comment il faut faire pour (ne pas) se planter pour créer son site de ecommerce [...]
merci pour ces conseils, ça fait pas mal de lectures à faire, mais bon autant prévenir que pleurer ensuite parce que cela ne marche pas
Merci pour ces précieux conseils et liens que je vais suivre… Même si j’aurais dû faire tout celà avant
[...] trouver une chemise à la hauteur de l’événement. Comme chacun (?) le sait (ou pas) depuis un billet du Capitaine en décembre dernier, j’aime bien me balader dans les réunions de la Fevad, [...]