Comment parler aux développeurs ?

Ne sous-estimez pas les développeurs. Sur cette photo se cache l'homme le plus riche du monde (je sais, c'est difficile à croire)
Ne sous-estimez pas les développeurs. Sur cette photo de développeurs première génération se cache le futur homme le plus riche du monde (je sais, c'est difficile à croire). Auriez-vous parié sur lui ?

Puisque je retrouve à nouveau les joies de la relation client-prestataire dans le rôle du prestataire, un bien bel article de Ecommerce-pratique.info m’a fait à nouveau réfléchir à ce difficile lien qu’entretiennent souvent les ecommerçants avec leur prestataire technique.

Le développeur a toujours bon dos

Je ne sais pas vous, mais, moi, je n’ai jamais entendu quelqu’un dire qu’il était content de l’équipe technique qui s’occupait de son site. Entre commanditaires et développeurs, ce ne sont que haines sourdes et désirs de violence réprimés.

« Ils sont nuls ! Ils ne comprennent rien ! Ils sont toujours en retard ! Quand ils répondent à un mail, si ils y répondent, même Google Translate est incapable de les déchiffrer! Ils ont modifié les maquettes que je leur avais fournies !!!! »

Oui, le développeur, mesdames et messieurs, est le bouc émissaire de tous les projets ecommerce. Si ça ne marche pas, c’est toujours de sa faute, à cet abruti, qui ne comprend rien au métier du commerce et ne semble bon qu’à s’éclater en pissant du code, ce dont tout le monde se fout !

Certes, les développeurs souffrent d’un défaut de communication congénital, ils parlent un langage incompréhensible, sont sales et s’habillent à la mode de la planète Ringard 72 et, habitude insupportable, font des blagues en regardant du code JSP ou PHP. De toute évidence, ce sont des êtres affligés de tares génétiques graves incurables, mais il n’empêche qu’ils détiennent un super-pouvoir qui dépasse l’imagination : ce sont les seuls à pouvoir comprendre quelque chose au b…el qu’ils ont eux mêmes créé et qui s’appelle un programme et que vous connaissez, vous, sous la forme de votre site de ecommerce (et qui accessoirement vous fait vivre).

Comprendre le métier de développeur

Alors… la question qui me brûle les lèvres et qui je suis sûr brûle aussi les votres en vous picotant le bout de la langue sournoisement, c’est : « Oui, mais, comment parler aux développeurs ? »

1) Comprenez bien d’abord une chose : le développeur est convaincu par lui même que quelque soit le truc qu’on lui donnera à faire, il le développera à la vitesse de la lumière et en inventant, en plus, dans le même temps, un algorithme parfaitement original sur lequel ses copains geeks s’ébahiront en tremblant de tous leurs membres terrassés par une sorte de joie indicible proche de la transe. Autrement dit :

a) quand le développeur n’a pas envie de bosser, il vous dira que ce que vous lui demandez est impossible

b) quand il a envie de bosser, il vous fera croire qu’il est capable de vous fabriquer une navette spatiale en 3 lignes de code, alors que, bien sûr, c’est parfaitement faux. Et s’il vous annonce un délai, ajoutez 15 jours et multipliez le tout par 2 et vous aurez le véritable délai.

2) Contrairement à ce que le développeur dit, son métier n’est pas simple. Premièrement, le développeur lambda aura toujours tendance à sous-estimer sa tâche parce qu’il ne voit que la partie qui lui fait plaisir : la création d’un algoritme sympa. En général, son esprit efface, comme par magie, la phase de recette, parce qu’il estime que ça ne fait pas partie de son boulot de génial créateur d’algorithmes. Deuxièmement, parce que souvent, le client ou le commanditaire a une fâcheuse tendance à ne pas lui donner tous les paramètres du problèmes (soit par ignorance, soit pas sadisme, le plus souvent, par une mauvaise étude de cas).  Quoiqu’il en soit, arrêtez de croire que le développement est un travail logique et ordonné, ce n’est pas vrai. Ayez donc un peu de respect pour des gens qui acceptent de passer des heures devant un écran en essayant de comprendre pourquoi une variable typée forte ne passe pas dans une p… d’instance de classe surchargée.

3) Le développement web a ceci de spécifique qu’il réclame des cycle de développement extrêmement courts. D’abord, à cause d’un historique stupide de l’histoire du web (il y a 10, on ne faisait quasiment que des pages en HTML et javascript), tout le monde a pris l’habitude de croire qu’on pouvait changer n’importe quelle fonction d’un site en moins de 5mn et qu’il suffisait de décrocher son téléphone pour le demander gentiment au développeur pour qu’il vous le fasse dans l’instant suivant. Ensuite, oui, c’est vrai, la concurrence est telle, et les évolutions technologiques, tellement rapide, que le web réclame de la réactivité, de la spontanéité et des solides process qualité et organisationnels pour pouvoir suivre le rythme, ce dont je crois peu d’équipes webs capables.

Tout ça est surtout une question d’organisation

Alors pour en revenir au sujet qui nous intéresse, « Comment parler aux développeurs ? », la question est surtout : comment organiser un bon processus de production et d’évolution d’un site dans lequel l’équipe technique ne sera pas qu’une bande de geek à l’autre bout du fil ou à l’étage en dessous dans les locaux, mais bien de joyeux informaticiens plein de motivation et totalement intégrés avec les équipes marketing,  de l’offre, de  la communication, etc… (ne croyez pas que ceci ne vous concerne pas si vous êtes un « petit » ecommerçant, je pense, au contraire, que tout le monde a rencontré ces difficultés à partir du moment où la solution technique sur laquelle repose le site n’est pas une solution locative type Powerboutique, 42stores ou Oxatis, etc…..). Quelque soit l’échelle de votre société, le problème est le même.

L’important en ecommerce est réellement d’intégrer le staff technique à la stratégie commerciale de votre entreprise. Comme je viens de le dire, ce staff ne doit pas être en bout de chaîne et exécuter des ordres, mais, au contraire, il doit pouvoir participer et être force de proposition à la manière dont on vend les choses. Vos développeurs ne doivent pas qu’être fort en code, ils doivent savoir (un peu) parler marketing, design, ergonomie, etc… Cela ne s’apprend pas forcément sur les bancs de l’école, mais peut-être fait en mettant en oeuvre des processus de production (types agiles) qui permettent à tout un chacun de comprendre et de suivre les évolutions d’un système d’entreprise tout en ayant l’impression d’y apporter sa propre pierre.

Tout cela peut peut-être paraître vague et le sujet mériterait d’être traité bien plus longuement, mais je pense qu’il y a quelques règles minimales à respecter pour être en phase avec l’équipe technique et obtenir d’elle son meilleur rendement :

1) Voyez-la souvent, faites des points récurrents (au moins une fois par semaine) et NE parlez PAS que des problèmes qu’elle n’arrive pas à résoudre.

2) Soumettez-lui des demandes simples et facile à résoudre plutôt que de vous lancer dans des idées de développements complexes et longues. Il vaut mieux avancer par petit pas, plutôt que de se lancer dans du projet à long terme

3) Cultivez-vous. « Si tu vas au développeur, le développeur ira à toi » a dit un jour un type dont j’ai oublié le nom. Pour parler de développement, vous devez vous aussi avoir de réelles notions de technique : c’est quoi le HTML ? C’est quoi des classes d’objets ? C’est quoi le langage SQL ? Le javascript est-il exécuté côté serveur ou côté client ? Le serveur Apache est-il un indigène d’Amérique du Nord très dévoué ? Qui a gagné la Guerre des Etoiles ? Toutes ces connaissances vous rendront capable de décoder le langage des développeurs, et, deuxième effet kiss cool, pourront vous permettre de placer une remarque bien sentie sur le core de Windows au cas où vous croiseriez Bill Gates à un gala de charité.

4) Ne vous énervez pas ! La violence n’a jamais rien résolu et de toute façon, si vous engueulez un développeur, il se roulera en boule en marmonnant et ne vous écoutera plus pendant des mois tout en vous spammant avec des pubs pour le Viagra (sauf si vous lui promettez de visiter la semaine prochaine les locaux du Googleplex, mais bon, il faut assurer quand on promet ça)

Bon, allez, je sais, tout ça, ce n’est que de la parlotte. Il est encore loin le temps où les développeurs vivront en harmonie avec le reste du monde, mais un peu d’espoir, ça fait vivre, non ?

N’oubliez pas de lire la suite : Comment parler à un chef de projet ?

91 commentaires

  1. Outch, la vision du développeur n’a pas beaucoup évoluée malgré l’arrivée du web.

    Je suis étonné de constater que je ne suis donc pas un développeur. Que mon métier et indéfinissable, puisque, même si je considère que je ne les maitrise pas complètement, je connait le marketing, le design, la programmation web, la vidéo, le print, et encore beaucoup de choses. Donc je dois être le mutant du web qui a dû participé à des projets de eComemrce à la fin des années 90 et début 2000 en bifurquant par la suite dans un monte plus traditionnel.

    Donc je n’ai pas de vrai métier, mais c’est pas pour cela qu’il faut croire que les développeur ne comprennent rien. Je m’étonne toujours que les développeur doivent connaitre tous les métiers mais que les « clients » ne veulent jamais entendre parler d’informatique. Alors, comme le souligne Olivier, il est grand temps de vous mettre à apprendre à vous servir de votre PC ou tout simple à changer pour un Mac 😉

  2. Très intéressant. merci. Je tiens à préciser que votre article marche aussi pour un site promotionnel et non uniquement e-commerce. J’ai la « chance » d’être chef de projet en agence et intégrateur freelance donc j’arrive plus facilement à discuter avec les développeurs mais bon nombre de chefs de projet que je connais ont souvent plus de mal et préfèrent se référer aux CP Techniques (qui sont là pour ça après tout).

  3. Je crois aussi qu’il y a confusion. Un développeur, a la base, il développe. C’est tout con, mais souvent tout le monde (meme le dev), oubli l’analyse, la recette et surtout on lui balance généralement un cahier des charges tout moisi ou il doit deviner la moitié des choses. C’est historique dans le web.
    J’ai déjà vu un cahier des charges de 6 pages pour un site ecommerce from scratch, ou un chef de projet demander angéliquement si on pouvait mettre du flash dans un site en php, ou encore dire ‘il suffit de rajouter un champ sur la page, j’ai vendu ça 30 minutes’…

    Et j’ai aussi vu des dev ignorer à quoi sert un index, ou dire que tester n’est pas son boulot après une mise en prod foireuse le vendredi soir… Site planté complétement tout le week end.

    Bref tout tiens à une chose : professionnalisation et formation.

    A oui, j’oubliai qu’on demande souvent beaucoup aux dev (HTML,CSS,JS,CS3, 1 ou 2 langages, BDD…) sans prendre en compte leurs nécessités (temps, formation).

  4. @tanguy : t’es pas tous seul : mais un mac, un pc ne changera pas grand chose a qui ne veux pas apprendre : dans beaucoup d’entreprise il y a souvent beaucoup plus de gens qui travaillent au marketing, au commercial et un ptit gars qui doit porter la casquette de graphiste, webmaster, dévellopeur, admin système, flasheur … et pourquoi pas un peut de print et de vidéo : le pire c’est que vu que c’est ça passion il doit le faire pour a peine 1500 a 2000 net par moi et y passer 80 heures par semaine : pendant que les marketeux commerciaux qui eux font soit disant gagner de l’argent a la boite enchainent réunions inutiles, repas d’affaire, primes, et voiture de fonction !!! Bref quand y’aura plus 10 personnes qui se tripote le noeux pour un qui bosse et qui soit disant parle un langage incomprehensible qu’on ne prend pas la peine d’apprendre, peut être que le monde bougera un peut.

  5. Excellent cru capitaine, vraiment tous mes respects.
    Pour ma part – je suis disons développeur de formation – je trouve important le fait qu’un bon professionnel ne peut pas se contenter de maîtriser sa spécialité sans s’intéresser et goûter à ce qui fait la joie de ses collègues.
    C’est en tout cas une qualité professionnelle (ouverture d’esprit, intérêt, capacité d’adaptation) que j’apprécie et que je pense être importante quel que soit le secteur professionnel.
    Et ça l’est peut-être davantage dans les métiers techniques – dont le développement informatique – ou les cloisons sont assez épaisses entre les différents pôles professionnels.
    Sans oublier qu’être excellent dans son propre domaine est quand même à mon sens le plus important, sans quoi on devient homme ou femme à tout faire, mais à tout faire pas terrible.
    Loïc

  6. @Arno B : Merci, je ne suis pas tout seul sur cette planète. Pourtant, comme tu le soulignes, la situation n’évolue pas vite.

    Il faut savoir que dans 99% des entreprises françaises et j’oserai même dire mondiale le métier d’informaticien (j’englobe tout dedans) est considérer comme un pauvre gars qui fait un métier technique à la C… et de ce fait mal considéré (en général c’est lui qu’on appel quand la machine à café et en panne comme si il était électricien) et donc mal payé. Mais, ce qui est très marrant, c’est que si tu enlèves tous les informaticien il n’y a pas une seule boite qui fonctionne car les gens ne savent plus rien faire à la main.

    Petit exemple, on m’a demandé, dan une de mes précédentes boite, de faire un fichier excel pour contrôler le logiciel de paye. Déjà c’est bizarre de contrôler un logiciel qui coute plusieurs milliers d’euros, mais bon, je m’y colle.
    Je me rend donc à la comptabilité pour apprendre le calcul des payes et ainsi retranscrire les formule dans un petit fichier excel et le tour est joué. Sauf, qu’à la compta, personne ne sait calculer une paye complète à la main et il se trouve que pour réussir à faire ce fichier nous avons mis 2 ans pour trouver l’ensemble des formules car certaines évolue en cumul glissant annuel (pas facile sur excel) et entre des plafond bas et des plafonds haut, c’est un vrai calvaire, merci Bercy pour pondre des truc pareil.

    Tout cela pour dire, que j’aime mon métier car il me permet d’en découvrir plein d’autre et ainsi enrichie mon esprit d’analyse. Au bout de compte je suis peut être pas plus intelligent mais surement mon bête qu’en même.

  7. Merci Capitaine ! Merci de nous soutenir nous pauvres développeurs… (bouhouhou)

    Effectivement quand on développe un truc de malade on a aucune reconnaissance par ce que le mec pense qu’on a fait ça en trois clics et qu’on essaie de l’entuber… Par contre il peut te prendre la tête pendant 1 heure par ce que son écran est un peu plus sombre que le tient et que du coup le bleu du site n’est pas celui du cahier des charges…

    Petite anecdote : on me demande un site (d’une largeur fixe de 600 pixel). Le client le voit sur son écran de largeur 800 pixel et le trouve très bien. Mais entre 2 réunions le client change pour un écran de 1024 pixels de large… Quel fut son horreur quand il vu que le site avait des marges plus grandes…
    Pensant que j’avais fait du zèle et que j’avais des gouts de ch#### en ergonomie notre relation c’est terriblement dégradé quand je lui est dis que je n’avais rien touché sur ce point et que si il voulait un site sans marge il faudrait revoir toute la pagination…
    Il me répondit alors qu’il n’avait pas le temps et que à la place de ce « vide » il suffirait de mettre des « colonnes de pub ». Mais comment expliquer que si on met des colonnes de pub la largeur du site va forcement augmenter et donc dépasser la largueur d’un plus petit écran…

    Pour résumé : je suis resté très patient, j’ai opté un langage compréhensible par les mortels et il y avait là qu’une question d’ergonomie… Et pourtant le projet fut un échec total…

    @Arno B : « le pire c’est que vu que c’est ça passion il doit le faire pour a peine 1500 a 2000 net par moi »

    Non moi je gagne 1350…^^ Mais tout à fait d’accord avec toi.

  8. C’est un métier parfois frustrant… On va facilement féliciter un graphiste pour son travail sur la maquette ou le responsable marketing pour ses idées innovantes, mais jamais le développeur parce que son site est bien codé (personne le voit et tout le monde s’en fou, du moment que çà tourne)… Par contre on va pas le louper si sur les milliers de lignes que composent son code (et que peu de personnes comprennent) une petite erreur d’inattention s’est glissée.

  9. Je suis actuellement en formation et me considère comme un développeur. J’ai eu la chance de faire une formation où l’on apprend les bases du web (culture et technique du graphisme, du marketing, de la communication, de la programmation,…) est vraiment très varié et enrichissant. Juste pour vous dire, que l’on peut se spécialisé dans une branche et connaitre les bases des autres branches, comme sa on peut tout de suite savoir si le design d’un site peut être réalisable en intégration et choisir directement la technologie qu’il nous faut. Je trouve vraiment bizarre que l’on intègre pas assez tôt les développeur dans les projets, car quand le client à signé se sont souvent les développeurs qui doivent trouvé des solutions et que l’on aurait pu réglé certain problème lors de la conception.

  10. Ah j’ai bien ri, tout en trouvant ça très triste.
    Sans aller jusqu’à comprendre toutes les blagues des devs, un peu de formation sur « qu’est-ce qu’un site web ? Où sont les fichiers du site web ? Comment un visiteur atteint-il le site ? » est souvent nécessaire.
    Qui le propose à ses clients ?

  11. @Tanguy:

    Ah la fameuse blague du calcul de paye. C’est le gros piège car on pense que c’est un calcul tout simple qui suit un algo bien précis. Mais malheureusement c’est loin d’être la réalité et ça devient vite un cauchemars (encore que le pire c’est de déterminer un salaire brut pour un salaire net donné.)

  12. Effectivement bon article qui permet d’enlever quelques clichés quand même.

    A noté qu’il existe des méthodes agiles pour améliorer le développement, par exemple le XP ( Extrem programming ) où le client est présent tout au long du développement et il gère l’avancement.

    De ce fait les deux parties communiquent beaucoup plus et doivent comprendre se ce fait/demande l’autre.

  13. @Marco Guignard : Là le fichier excel devait reprendre l’ensemble des charges que ce soit patronale ou employé. En gros refaire un calcul de paye complet sous excel. Pas simple, mais nous y sommes arrivé.

  14. Article très intéressant sur les relations à mettre en place entre client et prestataire (étant du côté du développeur fou), et surtout criant de vérité !

    Les clients veulent souvent tout de suite la Lune, sans prendre le temps d’évoquer tous les points de la problématique, et sans comprendre qu’avancer « étape par étape » est le meilleur moyen de mieux répondre à leur attente et d’avoir un service plus performant.

    Et puis c’est vrai qu’un peu de culture ne ferait pas de mal, qui ne s’est jamais entendu dire « C’est quoi un framework ? C’est quoi un nom de domaine ? PHP c’est une race d’éléphants ? »

    Merci pour l’article !

  15. « s’il vous annonce un délai, ajoutez 15 jours et multipliez le tout par 2 et vous aurez le véritable délai. »

    Tu peux optimiser l’algorithme en multipliant le temps par deux et en ajoutant 30.

  16. D’ou l’idée qu’il faut, entre le développeur et le client, un interprète qui modère le client et explique en langage déjargoné ce qui se passe en coulisses et pourquoi, et de l’autre qui traduit en langage compréhensible par le développeur les idées brouillonnes du client.

    Un conseil aux développeurs : autant que possible sortez de votre aquarium, parlez, lisez des livres (des trucs en papier 1.0), échangez, cultivez vous, et là c’est le Nirvana, vous pourrez prétendre à des salaires dignes de vos compétences.

    Excellent article qui a fait du bien aux webslaves de Rentashop qui ont apprécié

  17. Très intéressant en effet, et les commentaires avec les anecdotes très drôles :))
    Le problème de compréhension vient du manque de connaissance générale sur tout ce qui est informatique mais surtout du manque de curiosité. Je donne des cours de marketing à des étudiants de 4ème et 5ème année à la fac et j’ai failli tomber de ma chaise la 1ère fois quand les 3/4 de la classe ne savait pas ce qu’était un flux RSS et que personne n’a jamais eu la curiosité de cliquer sur cet icône orange qu’on voit partout sur les sites pour voir ce que ça faisait. Idem pour les captures d’écran. Beaucoup ne comprennent pas toutes les touches de leur ordi. Et certains 3ème années sont largués quand je commence ma démonstration par : « tout d’abord créez un nouveau dossier avec votre nom dans le répertoire c:/ ». Quand on dit que pour la jeune génération internet et l’informatique est une seconde nature c’est encore loin d’être le cas !!! Pédagogie et patience sont les seuls à pouvoir faire changer un peu.

  18. @François: Il ne faut pas voir tous les développeurs comme des geeks terrés dans leurs tanière qui ne voient jamais la lumière du jour… Beaucoup de développeurs sortent le week end et se cultivent énormément (pas que avec du The Big Bang Theory). Et puis, demande à un dév s’il lit beaucoup de « papier 1.0 » comme tu dis, tu serais surpris 🙂

  19. T’inquiète, je sais… mais c’est pour rester dans le ton de la caricature. Tous les développeurs ne sont pas comme ça, fort heureusement, mais il faut reconnaître que c’est quand même courant 😉

  20. @François
    Oui, et les chefs de projet sont des idiotes frivoles, les graphistes des artistes ratés, les commerciaux des requins assoiffés de sang…
    « ah non pas tous mais quand même beaucoup faut reconnaître ! »
    Bref, ça trolle, ça trolle… =þ

  21. J’oubliais… dans la tribu y’en a un paquet aussi qui ont des soucis avec le sens de l’humour, et ça se confirme 😉 . Un peu de recul ferait beaucoup de bien

  22. Un rapide résumé des trolls habituels quand on parle de ce sujet, comme ça c’est fait :

    Les développeurs sentent mauvais, sont tous puceaux et à moitié fous. Les chefs de projet touchent 6 x plus. En plus ils sont beaux. Mais bêtes. Les commerciaux s’aspergent d’eau de cologne, mais sont encore plus bêtes que les chefs de projet.

  23. @François
    C’est pour moi, j’imagine ? Je te rassure, je ne prends pas la mouche, juste le « je suis pas raciste mais quand même » qui relativise un peu ton humour, d’où mon intervention… mais ce n’est pas bien grave. Sur ce je vous laisse, je dois recompiler le noyau de ma Debian ! =D

  24. Bien vu capitaine !
    Ayant aussi rencontré ces « mésaventures », j’ai souvent tendance à faire une analogie avec le bâtiment quand je parle avec mes clients pour que ce soit plus visuel … Non pas qu’ils soient stupides, loin de là, mais c’est vrai que le GROS problème du développeur, c’est que l’on ne VOIT PAS son (long) travail. Et en effet, on ne va pas le louper si ça foire sur 1 ligne sur les dizaines de milliers qu’il aura « pensées »/ »pissées » (tout dépend de qui parle).

    Comme je leur dis souvent, « quand vous construisez une maison, si vous envisagez une cheminée, c’est mieux de le préciser avant, on prévoira un conduit. »
    Et surtout « un fois la cheminée construite, si vous dites à votre maçon – finalement je la verrais bien de l’autre côté de la pièce – techniquement c’est faisable mais c’est énormément de boulot parce-qu’il lui faudra démolir toute une partie de la maison et il ne vous le fera pas gratuitement ».

    Généralement, ça leur paraît évident dis comme ça …

  25. Au vu du nombre de commentaires générés, ça me conforte dans le fait de savoir que mon lectorat est quand même composé en grande partie de gens de la technique.
    Je ferai bien un autre sujet sur… les commerciaux ou les gens du marketing (l’envers du décor, quoi), mais ça déchaînera sans doute moins les passions

  26. @Capitaine : En gros tu affirmes que seul les développeurs font de la veille pour justement sortir la tête du code. C’est marrant, çà, j’aurais pas cru que les dev s’intéressaient à plus de chose que d’autres professions …

  27. @STPo : c’est vrai, j’ai pas été cool avec toi sur ce coup là, mais bon, j’aime bien ce bistrot et le ton du gars en collants, particulièrement sur ce billet, ouvre la pore au clin d’oeil. Je tenais juste à rappeler qu’on était dans la caricature. Le sujet eut porté sur le graphiste, le client, le commercial ou le chef de projet que je n’en aurais pas pour autant sorti un truc du même genre. Je passe mes journées à « protéger » et « chouchouter » les dev chez RS, j’ai le plus grand respect pour leur travail ; les travers soulevés par le Capitaine sont, certes caricaturaux, mais si fréquents. Tout ça repose sur l’incompréhension : je me bagarre au quotidien pour que nos graphistes s’intéressent au code pour faciliter la tâche des travailleurs de l’ombre du code et de l’autre côté pour faire comprendre aux programmeurs qu’un graphiste, c’est pas juste quelqu’un qui sait utiliser Photoshop. 😉

    @Pierre-Yves : je relance de 10, l’analogie avec le bâtiment (marche aussi avec l’automobile) et un excellent moyen de traduire la problématique au client.

    @Capitaine : chiche

  28. @Tanguy : j’espère que personne ne prendra mal cet article ni le prendra pour une critique du développement et de ceux qui exerce cette noble profession. Mon idée est surtout de montrer qu’un dialogue est possible et qu’il permet même d’arriver à finir des projets dans les temps et sans être trop éloigné de l’objectif initial.

  29. @Capitaine : pas de problème par rapport à ton article qui est dans le vrai. Ce qui me dérange le plus c’est le manque de reconnaissance de notre métier, ce qui fait que nous sommes en général très mal payé.
    Perso je suis indépendant depuis maintenant presque 2 ans et je n’arrive toujours pas à vivre de mon job car j’ai plus le respect de mon client que de mon banquier. Une erreur surement en début d’activité, mais je suis persuadé que l’avenir sera plus rose du fait justement que mes clients seront toujours derrière moi et que je leur aurais fait gagner pas mal d’argent.
    Je n’ai jamais travailler en SSII et je ne le ferais jamais car je ne suis pas un dev pure, ni un marketeu pure, ni un commercial pure, ni un graphiste pure, mais si tu as tes collants, moi j’ai mes casquettes (celle là elle sort de nul part).

  30. Je vois que tu tires une grande leçon de ton expérience en tant que manager/développeur de feu « OS Systèmes ».

    Le constat est facile mais l’art est toujours difficile…et même parfois certains développeurs, une fois le projet finalisé, effraye le client en le menaçant à couvert, lui faisant croire à des failles de sécurité…c’est du vécu…

    Et puis, il y a le développeur qui n’est plus joignable car sa boîte a disparue…et là plus de communication du tout…

    A la belle vie !!!

  31. Tanguy, le soucis quand tu es indépendant ou que tu montes une boite, c’est qu’il y a plein de choses à maîtriser « hors métier », donc faut pas flipper, tu apprendras au fur et à mesure (je sais, c’est pas drôle, mais on est tous passés par là). Si tu fais gagner tes clients et si tu es réglo, ça finira par payer, en attendant faut serrer les miches… courage

  32. @Francois : «  »T’inquiète, je sais… mais c’est pour rester dans le ton de la caricature. Tous les développeurs ne sont pas comme ça, fort heureusement, mais il faut reconnaître que c’est quand même courant 😉 » »
    .
    Pas d’accord, les études montrent que désormais ce sont les FILLES les plus accrocs aux mmorpg et ce sont les CADRES les gros geeks qui parlent d’application iphone qui servent de scanner dés-habilleur et d’aquarium virtuel sur facebook…
    .
    Au moins nous quand on fait nos geek on assume ^^
    .
    @Conradson : «  »« s’il vous annonce un délai, ajoutez 15 jours et multipliez le tout par 2 et vous aurez le véritable délai. »
    .
    Tu peux optimiser l’algorithme en multipliant le temps par deux et en ajoutant 30. » »
    .
    Ton calcul est juste, mais c’est une réflexion de mathématicien pas de développeur, par ce que niveau optimisation du traitement tu gagne rien ^^

  33. Eh ben dites donc les garçons, ce débat fait ressortir les rancoeurs refoulées…
    Essayez de vous mettre à la place des autres dans un projet et de partir du principe que tout le monde (si si, même les commerciaux 😉 jouit d’un soupçon d’intelligence, ça vous évitera bien des ulcères.

  34. Je crois que c’est toi qui l’emporte : être à l’écoute, avoir de l’empathie et savoir se mettre dans la peau de l’autre, c’est ça qui fait la différence… et ça, ça vaut même en dehors de ce domaine

  35. Excellent article, on s’y croirait ! Je pense que l’effort de compréhension doit se faire autant du côté commanditaire que développeur. Un CDC parfait ça n’existe pas !

    Faire tester les commanditaires en amont de la vraie recette utilisateur constitue un moment de communication intéressant.

  36. Intégrateur (ou nouvellement appelé développer front-office) mais surtout graphiste.

    A quand un article sur: Comment parler au graphiste ?

    Effectivement on reçoit un peu plus d’éloge puisque NOUS on ne peut pas nous rater! Malheureusement ce n’est pas sans effort, après la 91ème version de la p… de maquette des 5 étapes du p.. de panier, la CP marketing viens te dire que la direction ne valide tjrs pas car les champs de formulaire ne sont pas charte. Arrhhh !! (il l’était sur la maquette 3, que tu m’as demandé de changer)

    Et bien zut j’aimerai quelques fois prendre mes distances d’avec le market

    ps: Le métier d’ergonome web existe encore ou c’est a moi de le faire aussi ? Si les personnages mis en scène dans ces écrits vous rappel des personnes du monde réel je n’y suis pour rien.

    ^_^

  37. Dans le genre : un site réalisée par une graphiste « non web » qui travaille sur Illustrator avec affichage à 150% et qui fait valider les maquettes sous forme de flash écran (donc à 150%)… j’alerte la graphiste et le client sur les histoires de taille, une fois, deux fois, dix fois « on est bien d’accord que pour ce site là on est sur des dimensions en 800px ? »

    Je reçois la charte, en 800….

    On intègre… hop… on débug ces merdes de IE7 IE6… re-hop…

    et là le client (fort sympa, au passage), me dit au détour d’une conversation : « et donc alors c’est quand que vous allez l’agrandir, mon site ? ».

  38. @François : Tu crois quoi, 800px cela ne lui parle pas à ton client, il veut juste queson site soit toujours de la même taille dans l’écran et surtout de la même couleur sur tous les écrans de la terre.

    Une fois j’ai un client qui ma fait référence au peintre et à la peinture pour comparer le choix des couleurs !!! c’est claire c’est beau, mais qui peut me dire la différence entre une noir 010101 et un noir 333333. C’est pas pareil, mais l’important c’est ce qu’il y a autour pour créer un contraste.

    Bon je ne m’énerve pas. j’ai assez à faire avec mes clients.

  39. Du coup cela conforte certains dans l’idée que ce sont des ultra geeks qui se comprennent qu’entre eux… Je ne suis pas d’accord. Les créa aussi ont leur langage… Les jeunes… non ? ,-)

  40. Je précise que le 800 ça a été présenté au brief avec la graphiste et que j’ai bien montré : ça c’est un site en 1024 et ça c’est du 800, on est bien d’accord ?

    Mais avec des maquettes d’un site en 800 grossies à 150% (« oui, mais c’est pour que le client les voie mieux… »), ça partait en vrille, et le pire c’est que j’ai tiré la sonnette d’alarme au moins 10 fois et que la graphiste me faisait « ok, ok, j’ai compris, pas de problème »… tout ça pour dire que bon, chacun peut en prendre pour son grade dans l’histoire

  41. Merci d’avoir précisé graphiste « NON WEB ».

    Le print disparait il faut bien qu’il se reconvertisse. Mais n’hésite pas à me faire part de tes projets, en tant que graphiste « WEB » (c’est a dire: intégrateur, ergonome, exécutant, développeur quand il s’agit d’AS « flash », et plus qu’un ptit peu à gribouillé sur mes cahiers.

    Laisse lui du temps pour ce former à cette jeune graphiste, ou montre lui le peu que tu connaisses de photoshop ou Gimp pour qu’elle migre vers des outils de maquettages plus approprié. Bien qu’illustrator soit très puissant.

  42. J’aurais du préciser qu’il s’agit d’une graphiste plutôt senior et que de mon côté je suis graphiste de formation… avant la PAO… tire ligne, Rotring, gouache, Lettraset, bref, à l’ancienne quoi… donc bon…

    Ceci dit on fait travailler des graphistes « non web », mais de moins en moins, parce que dans 80% des cas ça s’apparente à de la formation. On a des ressources en interne et une free lance qui vient du print mais que j’ai formée au web et plus particulièrement à la boutique, donc de ce côté là on est bons, en revanche on va avoir des besoins au niveau intégration entre mars et juillet. Soit on trouve le freelance qui va bien et ça roule comme ça pour nous permettre de fluidifier le travail, soit on embauche à la rentrée sur Paris ou sur Nancy

  43. @Tanguy : En restant dans mes analogies, pour la description de notre métier et plus généralement ceux de l’informatique, j’ai tendance à utiliser la médecine.
    Qui demanderait à son podologue de lui faire une chirurgie dentaire ?
    Et bien c’est à peu près ce que l’on demande à « l’informaticien » comme tu le disais un peu plus haut.
    En effet, il suffit de regarder les annonces d’emploi pour voir qu’il leur est régulièrement demandé d’être le mouton à 5 pattes et de « maîtriser » (tout dépend donc du sens que l’on porte à ce mot) divers langages de programmation + de bdd + de webdesign + d’intégration + d’animation avec les petits plus du style : « la maitrise des outils de PAO serait un plus » … pour 1,5 smic ?!? 😐 … Et avec ça ? Je vous passe petit coup de balai le soir en partant ?
    Oui c’est un luxe de travailler de sa passion mais tout de même. A ce compte là autant faire potier, il y a moins de veille et de prise de tête (des fois j’y pense dans un soupir 🙂 ).

    Pour en revenir à la médecine, « l’informaticien » est en fait le médecin généraliste et le développeur lui est trop souvent associé.
    Celui-ci devrait plutôt avoir l’étiquette « chirurgien du code » et qui aurait alors l’idée de demander à ce chirurgien d’être également spécialiste en graphisme, en intégration, en SEO, en print, etc…
    Bien sûr, cela est possible (sur quelques domaines), mais au prix de combien d’années de labeur et d’arrachage de cheveux ?
    Sans être au level guru de chaque domaine dans lesquels ils oeuvrent, les multi-casquettes dont je parlais plus haut existent et peuvent être très bon mais la compétence, ça se paie. Et beaucoup de patrons (j’ai pas dis tous) ont un peu de mal avec ça …

    @Tanguy encore : « C’est marrant, çà, j’aurais pas cru que les dev s’intéressaient à plus de chose que d’autres professions … »
    Il y a des caricatures vivantes dans notre métier il faut l’avouer et nous en avons tous croisé, mais j’ose espérer qu’on doit pouvoir reconnaitre les multi-casquettes à leur curiosité « congénital » comme dirait le Capitaine … et des cernes (ça semble aller avec, mais ça tout seul ça prouve rien car les nuits sur PS3 ça n’apprends rien).

  44. Tous les devs ne sont pas des barbus insociables qui rougissent des qu’on leur parlent, qui boudent des qu’on les engueulent. C’est sur, on est capable de te tenir le sifflet pendant 1 heure a débattre des perfs de PHP5.3. Point. Il existe bien sur des exceptions, mais de tout mon parcours, je n’en ai croisé que très rarement (bien que j’ai quand meme vu certains phénomènes). A savoir qu’un(une!) dév a de plus en plus souvent une relation plus ou moins direct avec le client, le graphiste et l’intégrateur s’il y a (dans les petites et moyennes structures), et très étroite avec le chef de projet. Il n’y a plus de place pour les boutonneux du fond du couloir. Il faut savoir donner son avis, trancher quand c’est nécessaire, adapter son language a celui du client et du non initié en général, toucher a tout (graphisme,intégration,référencement, bribes de marketing…) pour une bonne compréhension entre les différents acteurs d’un projet.
    Le graphiste, l’intégrateur, et autres professions du web ont les memes contraintes, je ne place pas le dev sur le haut de la pile, mais comme ses confrères, il se doit d’être ouvert et curieux.

    Bref, surement second degré ces petits passages clichés dans ton article, mais c’est vu et revu, on se lasse.

  45. Chez nous, nous travaillons avec un développeur à proximité, et une équipe à distance.

    Notre petite équipe (dev, marketing, graphiste) discutait ce matin de ce post, que nous avions tous lu. La conclusion était claire : le développeur qui est à côté, qui suit de très près tout ce que l’on fait, là où on galère, les contraintes qu’on a etc, et que nous pouvons voir travailler de visu, est beaucoup plus proche de nous et de nos préoccupations que l’équipe lointaine avec laquelle nous communiquons peu, et essentiellement pour des questions problématiques, bugs etc. Ça paraît trivial de dire ça, mais apparemment ça n’est pas une évidence pour tout le monde…

    Donc oui, la proximité est importante à la bonne harmonie générale. Quand tout le monde a conscience du travail de l’autre, les choses se passent mieux. Sans compter que le développeur, pour régler un souci, peut par exemple bénéficier des compétences de ses collègues même non développeurs, pour voir le problème d’un autre manière. Si si, ça s’est vu 😉

  46. Mes respects, Capitaine ! Joli coup !

    On pourrait étendre cette réflexion à l’ensemble des acteurs de projets web. Le web est un assemblage incroyable de métiers très différents. C’est sa force (toutes les activités économiques viennent au web) et sa faiblesse (un grain de sable et tout s’arrête). La communication entre les acteurs est donc le critère essentiel de réussite.

    Même entre techniciens, c’est parfois difficiles. Un développeur peut avoir pondu une jolie architecture optimisée qui va simplifier le travail de gestion de la plate-forme e-commerce, le tout validé par un ergonome et le service marketing. Le rêve ! Sauf que l’administrateur système, responsable de l’hébergement, va entrer dans la boucle (toujours trop tard parce qu’il est le dernier maillon) avec des arguments chocs : « c’est bien beau votre truc mais vous avez de quoi le faire tourner ? Parce que là, je sers une page en 30 secondes : l’opcode ne fonctionne pas avec la librairie X en mode SSL si le reverse proxy n’est pas configuré pour accepter les paquets de l’interface eth1. Impossible à exploiter avec les serveurs prévus. »

    Tous les détails comptent et tous les acteurs ont leur mot à dire dès le lancement du projet. Après, tout repose sur les compétences de l’équipe et son ouverture (d’où l’importance de la formation et de la veille).

    Même si elles sont encore difficiles à vendre, les méthodes agiles sont d’un grand secours pour cela. Leur approche impose une forte synergie des acteurs dès le début. On évite les catastrophes. A Toulouse, le travail exceptionnel de vulgarisation fait par le SigmaT (www.sigmat.fr) convaincra les plus réticents. Je vous invite à venir aux ateliers !

  47. Hum, hum,

    Juste un mot aux prestataires qui disent toujours que le développeurs ne comprennent rien à leurs métiers. Souvent pour développer une appli, il faut d’abord comprendre sur quoi il va porter.

    Pour résumer, en plus de connaître le sien de métier: « pisser du code », le développeur comprend le votre.

  48. Super article. Normal qu’il y ait autant de commentaires, je crois qu’on s’y retrouve tous !

    J’aimerais ajouter une cinquième règle : ne jamais oublier la diversité au sein d’une équipe de développement. Certains sont plus attirés par le graphisme, d’autres la conception, les algo, les perfs, etc. Certains se voient manager, commercial ou directeur artistique dans deux ans…

    Bref, il faut être psychologue.
    Comme avec tout le monde, en fait.

  49. Au début de cet article j’ai pensé qu’on aurait droit aux clichés habituels.
    Que nenni ; belle analyse !
    J’ai beaucoup apprécié la méthode d’estimation.
    Personnellement je multiplie effectivement par 2 le temps estimé pour avoir une chance de ne pas trop me tromper.
    ( Mais je ne pensais vraiment pas que c’était une méthode utilisée ailleurs )

  50. J’aime !! (à la façon Facebook)
    Non sérieusement, je rigole car j’en ai deux qui sont juste derrière moi et ma foi c’est pas mal du tout comme descriptif =)

  51. Excellent et tellement vrai.
    Tu as en fait synthétisé les problèmes amenant la gestion de projet et l’analyse des besoins qui dans 90% des cas sont les 2 causes de dépassement de planning, démotivation … Et comme le dev arrive en fin de chaîne, on sait tous ce qui se passe.

  52. Merci pour cet article, je me suis beaucoup retrouvé dans ce qui a été dis.

    Je me demande même s’il faudrait pas refaire la définition du développeur sur wikipédia :p

  53. @Kioo +1
    « Souvent pour développer une appli, il faut d’abord comprendre sur quoi il va porter.
    Pour résumer, en plus de connaître le sien de métier: « pisser du code », le développeur comprend le votre. »
    Tout à fait d’accord.

  54. Hum payes tes clichés.
    Je croit que nous méritons un peut plus de respect pour nous et notre métier.

    Non un dev ne doit pas apprendre le marketing et toutes les autres bullshit qui n’ont rien a voir dans son métier.
    L’informer et l’intéresser à la finalité ok, mais le reste il doit pas avoir à s’en soucier. Le chef de projet ou chef projet technique existe pour ça.

    Le développeur doit rester le mec qui fait de la prose avec son code. Pisser du code ça n’existera bientôt plus avec la professionnalisation de dev web.

    Je comprend pas pourquoi on doit être considérer si différemment des développeurs logiciels à qui on vient pas vendre toutes ces fadaises.

  55. Woah, Tenshu…, un peu de prise de recul !
    Tu sais, je suis moi-même développeur (en plus de chef d’entreprise, marketeur, commercial, préparateur de colis, attaché de presse, etc.).
    Ce que Olivier a dit est très drôle et il grossit sacrément le trait mais je n’y vois ni mépris ni fadaise.

  56. svp aidez moi en klikan sur les annonces google de mon blog et merci beaucouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuup :)mon blog est xxxxxxxxxx
    [edit : ben tiens, tu te crois ou ici ? ]

  57. Cette vision ‘caricaturale’ du développeur web décrite parfaitement par Capitaine Commerce, est une spécificité bien française et se cache un certain mépris de la part de personnes qui n’imaginent même pas d’avoir un début d’intérêt et de curiosité pour les ‘spécificités des métiers du web’ sauf pour en récolter les dividendes. Ho! cela ne concerne pas que les développeurs. Et c’est bien ça le problème. Appelons un chat , un chat. Nos patrons ou nos responsables sont des adeptes du ‘tout va vite, maintenant’ et parlent beaucoup de chiffre, de marketing, de commerce, d’actionnaire, d’argent, de business plan, d’idées géniales, (un vice que les écoles de commerce ou commerciales contribuent fortement) mais ils oublient tous, l’essentiel, l’humain. Ils oublient qu’il n y a rien de génie de faire travailler les autres. Derrière une idée, un projet, il y a du personnel qualifié avec des métiers de plus en plus compliqués. Et on leur demande toujours plus avec des salaires qui ne sont pas attractifs. Une exception tout de même: les commerciaux. Vous savez, ceux qui sont toujours en conflit avec l’équipe technique et ne savent utiliser que les clients de messageries et Office sur leurs pc et enfin, ventilent les couloirs et les escaliers en courant de partout. Il est bon ton de leur faire croire qu’ils sont indispensables, les meilleurs et les plus intelligents dans l’entreprise.Bref…c’est bizarre, ils ont toujours raison et ne sont jamais critiqués !

    J’ai travaillé à l’étranger et le regard que l’on porte sur les développeurs est totalement différent : beaucoup plus respectueux, compréhensif des compétences, des difficultés et des qualifications nécessaires pour réaliser certaines tâches.
    D’ailleurs, c’est considéré comme un ‘vrai métier’ avec des perspectives de carrières longues et qui ne s’adressent pas obligatoirement, comme en France, qu’aux plus jeunes informaticiens comme une première étape obligée que l’on doit réaliser avant ses 29 ans pour monter en grade (chef de projet) sinon on est foutu. Il est courant de voir à l’étranger, de très bons développeurs de 40 ans qui savent transmettre leurs savoirs ! De ce fait, le commercial ou l’entrepreneur ont un rapport différent et une plus grande écoute avec le personnel développeur ou technique et va s’en dire, une curiosité réciproque des leurs ‘métiers’ !

    Pour les nantis, sachez que pour placer un élément au centre d’une page web, il faut parfois écrire 10 lignes de code. Pourtant cela semble tellement facile d’imaginer dans sa tête, un élément au centre d’une page. Ce n’est pas notre faute, c’est que le web est encore immature et c’est encore brouillon et non défini. Donc en gros, c’est le bordel et l’anarchie.
    Imaginez que vous soyez plongé toute la journée dans des problèmes de logique à vous arracher les cheveux pour des résultats aussi bêtes à réaliser que celle citée précédemment. Vous rajoutez les incohérences, les incomptabilités et l’immaturité des navigateurs et des langages serveur ou clients, les effets de mode, et enfin, la course sans fin aux évolutions web (ajax, HTML 5,…).

    Un développeur doit connaitre au minimum un language de 4ème génération (php ou asp), le C.S.S, le javascript, Ajax, Sql, les framework,les API, Apache, l’Action script de flash, etc…;
    c’est à dire plus de 5 langues couramment au minimum.

    Vous en connaissez beaucoup des salariés qui parlent plus de 5 langues ? Croyez-vous que le métier de développeur se résume à une impossibilité de tenir les délais et à être compréhensible…

  58. @Olivier : je te rejoins sur cette vision. je ne sais pas si elle est française (je le pense également plus ou moins, ayant passé du temps au royaume uni) mais elle est en tout cas désastreuse.
    Aujourd’hui, un dev doit être jeune, dynamique, expérimenté, rigoureux mais flexible, très intelligent mais assez … pour laisser passer les conditions, planning et discours de son boss).
    Lisez bien certaines annonces, c’est à mourir de rire (si on ne cherche pas de travail évidemment)

    Et oui, un vieux développeur n’est pas normal !! Devenir chef avant 30 ans, évidemment. Ouf, il était temps !!! On me regardait bizarrement dans les couloirs 🙂
    C’est un choix de vie et chacun est libre. Croyez moi, il y a très largement assez de travail en tant qu’indépendant pour s’y lancer, choisir ses clients/projets tout autant qu’ils vous choisissent… Cela permet de gérer son travail, son planning, ses phases de formation … Et bizarrement, c’est en étant « seul » que je rencontre le plus de personnes et me plongent réellement dans les projets. Il m’arrive même d’ouvrir un mail et de poser une question à mon client sur une possibilité d’évolution, de le conseiller même si cela me fait perdre de l’argent (comme ils disent) ! Si,si je vous jure.
    Mais nous sommes dans une société de quantité et non forcément de qualité. Quand on voit certains CV de développeur junior, ce n’est pas 5 langages mais 15,20 qu’ils mettent en avant ! Je ne les blament pas, j’ai fait la même chose.
    Par exemple, je m’estime pour ma part « spécialisé » (et par forcément expert) sur 3 outils : un de ecommerce, un CMS et un framework de développement. Et bien, la plupart des gens me demandent pourquoi je ne fais pas aussi tel CMS, et puis aussi celui-la … et au fait, celui-ci est très bien aussi. Quoi, tu ne développes pas sur cet outil ???? Et je vous assure que certains n’ont pas l’air de comprendre.
    Par contre, je suis considéré « expert » car il manque cruellement de développeur de plus de 5 ans d’expérience. 10 ans, ce sont des dinosaures.

    Je vous assure, on peut réussir (pas sur d’avoir la rolex à 50 ans toutefois) en expliquant qu’une expertise ne se fait pas dans x domaines différents.
    Pour ma part, je n’ai pas plus galéré et je me sens bien mieux !!!!

    Pour en revenir au sujet, il est aujourd’hui très difficile de trouver une grosse société web où l’humain est véritablement considéré. J’entends véritablement, le fait de prendre en considération qu’un dev heureux a tout de même beaucoup plus de chances de s’épanouir dans son travail, progresser, devenir expert, former d’autres petits puceaux de la souris comme lui 10 ans auparavant (et non pas 3 mois).
    La qualité du service s’en ressent. A court terme, moins de marge, c’est sur mais à long terme …

    Quantité vs Qualité ?

    PS : Ca m’a toujours autant fait marrer de lire cet article.
    PS2 : Ce commentaire comporte également une grosse part de caricature des SSII Web et Web Agency. Pour toute réclamation, adressez-vous à Capitaine-commerce. merci

    1. il est plutôt difficile de trouver un client qui se documente un minimum avant d’essayer de faire cracher un site à un développeur…

      c’est drôle les développeurs doivent savoir tout faire, sont payés au lance pierre, doivent pouvoir lire dans les pensés du client, anticiper les problèmes, connaître tous les langages, les techniques, le matériel…

      ET y’a encore des gens qui disent qu’on fait pas un travail de qualité…

  59. Un peu poussé le cliché du développeur … Il n’est pas mentionné que sans lui, les marqueteurs, graphistes, ergonomes, n’ont pas lieu d’être. C’est le coeur d’un projet, il faut d’abord concevoir un site/programme, avant de pouvoir l’embellir ou le monétiser. Si il n’y a pas de développeurs, il n’y a pas de marqueteurs, par contre l’inverse est faux 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Merci de taper les caractères de l'image Captcha dans le champ

Merci de saisir ces caractères dans le champ
ci-dessous afin de valider votre commentaire.

Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.