2010 : l’année de tous les dangers ?

Par Capitaine | février - 3 - 2010 | 19 commentaires  
Auteur de ce billet : Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-Commerce.com. En plus de super-héros à collants verts, il propose désormais via weXperience, sa nouvelle web agency, des services autour de la conception et l'optimisation de l'expérience client pour le web.
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Hier, dans l’attente générale, la FEVAD (Fédération de la Vente à Distance et du Ecommerce) publiait enfin le bilan de l’année 2009 pour le ecommerce et comme on pouvait s’y attendre, celui-ci, malgré la crise qui touche tous les secteurs, fut bon.

Vu de l’extérieur, le ecommerce pourrait alors apparaitre comme un eldorado où il fait bon vivre et où l’argent coule à flot. De 35000 sites, la France est passée à plus de 60000 en un an, montrant bien l’attirance que la vente électronique exerce sur bon nombre d’entrepreneurs français. Eh oui, que voulez-vous, les légendes ont la vie dure : le ecommerce, c’est facile et ça rapporte gros.

Evidemment, s’il ne coûte rien d’ouvrir une boutique avec des solutions comme Oxatis, Power Boutique, 42 Stores ou un Kiubi rien ne garantit à l’entrepreneur amateur qu’il se fera des testicules en or, malgré la facilité toute relative qu’il y a à monter son petit commerce en ligne. Tout ceux qui me lisent et qui ont eux mêmes expérimenté la vente en ligne : le ecommerce, ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air. Et on a beau lancer des avertissements de toutes sortes, pour beaucoup l’aventure se termine parfois par des seaux de désillusions ou bien un désintérêt massif dû à la difficulté qu’il y a non seulement à animer son site, mais aussi à assurer la logistique, encaisser les paiement, répondre aux clients, faire face à la concurrence et j’en passe et des meilleures.

Cette année encore devrait voir le nombre de ecommerçants augmenter de manière critique, mais toutefois, je ne puis m’empêcher de penser que la crise, malgré les apparences, fera beaucoup de dégâts, car les beaux chiffres de la FEVAD masquent une réalité contrastée dans laquelle tout n’est pas aussi rose qu’il n’y parait.

Premièrement, il faut bien comprendre que chez les gros acteurs, tout le monde n’est pas rentable, loin de là. Et ce ne sont pas les soldes mirifiques du début de l’année qui changeront les choses. Soutenus financièrement par de grands groupes, ces acteurs ont les reins solides, n’empêche que leur survie ne tient peut-être qu’à un fil. J’en veux pour exemple la revente de Alapage, incapable de rentrer dans ces frais depuis 5 ans, ou, plus loin de nous, l’effondrement de Quelle en Allemagne, pourtant une institution au même titre que les 3 Suisses ou LaRedoute. La success story de Vente-Privée est certes « inspirante », mais elle ne peut constituer un modèle exemplaire tant sa spécificité est grande.

Chez les moins grands et les petits, la situation aussi est contrastée, même si les chiffres sont rares. Combien de défection d’entreprise l’année dernière ? Je ne le sais pas, mais il me semble peu audacieux de dire que la crise fauchera nombre de ecommerçants en herbe.

  1. La concurrence s’exacerbe dans tous les domaines et le nerf de la guerre, l’achat de trafic, devrait voir les coûts s’envoler, s’il ne l’ont pas déjà fait. Et il serait naïf de croire que seul un bon « réf nat » et un bon bouche à oreille ou un bon usage des réseaux sociaux pourraient suffire à assurer le minimum vital (c’est peut-être vrai dans certains marchés de niche, mais sûrement pas, encore une fois, généralisable)
  2. Sans être adossé à un « mortar », la vie des pure player, hormis les marché de niche qui tirent directement profit des principes de la vente à distance, sera dure. A ce qu’il semble, dans beaucoup de cas, les marges en ecommerce restent très faibles et le seuil de rentabilité difficile à atteindre

Cette courte analyse sans prétention soulève une question : « Faut-il encore y aller ? » L’année dernière, je vous aurais dit oui, sans hésitation. Aujourd’hui, je vous dis, réfléchissez. Analysez bien le marché sur lequel vous allez vous lancer. Etudiez bien vos moyens et fixez vous des objectifs réalistes. Ecoutez les conseils des experts, entourez-vous bien. Pour un peu que vous ayez de l’ambition et que le ecommerce n’est pas pour vous qu’un gagne-pain supplémentaire, l’aventure doit être prise au sérieux plus que jamais. Et je ne parle pas que des « petits » commerçants.

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19 commentaires pour l'instant.

  1. Alex Sbille dit :

    Pour le ecommercant, il saut vraiment choisir le bon entourage sans pour autant se fier à divers auto-proclamés experts.
    Experts dans le sens, on vous raconte qu’on à système qui cartonne aux states et que ça devrait donner en france, ou encore des experts sans expérience (qui ne sont pas des experts). (allez voir sur Wikipédia ce qu’est un Vrai Expert et trouvez en un bon)

    Je pense qu’il vaut mieux faire amis amis avec des fondateurs ecommerce ou ergonomistes comme cap’tain qu’aller voir à doite à gauche des sociétés (celles qui ne sont pas faites pour ca) qui vont vous endormir avec des commerciaux (à la longue on se fait soit même avoir).

    D’ailleurs, une analyse sur l’entourage du ecommercant serait bien sympa ;)

  2. François dit :

    Ah !

    Voici encore un excellent sujet de fond… « est-ce que ça vaut la peine d’y aller en 2010 ? ». La question se posait déjà en 2009, un peu moins en 2008, encore un peu moins en 2007 etc. mais il est clair que plus le nombre de boutiques augmente, plus la concurrence augmente, et donc plus il est difficile de s’en sortir. Chez Rentashop nous n’hésitons pas à prévenir un prospect d’éventuelles difficultés car signer une boutique pour la voir fermer au bout d’un an, d’une part ce n’est pas très rentable pour nous, et communiquer avec quelqu’un dont le business ne tourne pas et qui déprime, c’est carrément pas agréable du tout à gérer.

    Toute l’équipe se joint à moi pour te remercier de ne pas nous avoir cité dans la liste des prestataires ou « rien ne garantit à l’entrepreneur amateur qu’il se fera des testicules en or », j’en ai un là, près de moi, qui m’a dit « il a eu chaud, le gars avec un collant tout vert, il a failli se retrouver avec un collant ouvert ».

    Bien le bonjour chez vous

  3. ceddddd dit :

    Bonjour,
    Voilà un billet qui fait du bien au moral je suis repartie pour une an gonflé à bloc ^^.
    Il est toujours tant d’y allez d’entreprendre la sortie de crise passe par des gens courageux qui entreprennent. Pensé que c’est facile et possible pour tout le monde là oui c’est se tromper.
    Il y a et je pense qu’il y aura toujours de la place pour ce lancer. Reste à bien se bétonner.
    CE que je déconseille c’est de basé son bisness plan sur la rentabilité futur (là on marge pas on casse les prix pour se faire connaître, mais dans un an ou deux avec plein plein de trafic on sera rentable..).

  4. Franck dit :

    Comme le dit le Capitaine, pour les niches il y a toujours de la place. http://www.niches-a-chiens.com :)

  5. [...] à jour: Capitaine Commerce a également fait un article sur le sujet, si vous ne l’avez pas encore lu. Auteur: Jonathan Categorie: Actualité Mots-clefs Mots-clefs :2009, création, E-commerce, [...]

  6. [...] de rafraichir les esprits et pour ajouter a l’article du Capitaine (2010 : l’année de tous les dangers ?) la principale chose a retenir c’est que lorsque vous mettez en ligne votre site (en croyant [...]

  7. Tanguy dit :

    Tout à fait ceddddd, avant tout il est important de se rendre compte que le eCommerce et difficile et peut être même plus que le commerce.

    Donc entreprendre, oui, n’importe comment, non. Rien de nouveau sous le soleil.

  8. Très bonne analyse.

    J’ai appris hier qu’en France, il s’ouvrait un site e-Commerce toutes les 30 minutes.
    La plupart n’ont aucune expertise dans ce domaine. J’espère que les nouveaux eMarchands comprendront qu’il ne suffit pas d’ouvrir un magasin sur une solution ASP (aussi bien soit-elle) pour rentabiliser une activité e-Commerce et qu’ils feront de plus en plus appel à des experts pour les accompagner.

  9. tartampion dit :

    Très bon article!!
    Mais à qui la faute? A force de publier des chiffres impressionants sur la croissance du e-commerce, les neophytes tentés pas l’aventure se jettent là-dedans comme des enfants sur des beaux joujous tout neufs.
    A force de dire par certains « votre boutique en ligne pour X euros par mois, c’est facile, à la portée de tous etc… » on a biaisé ce marché, on le pollue.
    La Fevad se fait des gorges chaudes de publier des chiffres toujours plus conséquents MAIS, moi j’aimerais bien qu’elle communique sur le nombre de boutiques FERMEES d’une année sur l’autre. Comme le dit Jéremy, un site e-commerce ouvre toutes les 30 minutes…et combien ferment?
    Très simplement, je pense que le e-commerce n’est pas un eldorado…malgré tout ce qu’on a pu nous faire croire. Le e-commerce est un nouveau canal de vente, sans aucune meilleure garantie ou facilité qu’un commerce « normal ».
    Dernier point, à force de faire croire que faire sa boutique en ligne ne nécessite pas d’être accompagné par un pro on a:
    1- discrédité les prestataires Web
    2- Augmenté de manière excessive le nombre de boutiques mais dans un mm temps baissé considérablement la qualité de celles-ci et donc augmenté le risque d’échec de chaque boutique.

  10. Aubin dit :

    Billet fort à propos : de notre côté, nous nous sommes demandés à quoi ressemblera 2010, 2009 ayant déjà été une année record en termes d’ouvertures de boutiques en tout genre : la concurrence fait rage et les marges sont loin d’être mirobolantes.
    Les « petits nouveaux » (notez qu’il n’y a rien de condescendant) doivent plus que jamais se méfier : il n’y a jamais eu autant de solutions pour ouvrir son e-commerce, le statut auto-entrepreneur parait idéal (mais plus complexe que veut bien l’admettre l’Etat), mais a contrario, il me semble qu’il était bien plus facile de se lancer il y a quelques années qu’aujourd’hui.

  11. jeanbono dit :

    C’est presque marrant, voire + … que de devoir attendre des analyses ‘officielles de pros’ pour en arriver à de tels constats, pourtant assez faciles à deviner! Car « la bulle », enfin, « les bulles »… finissent toutes par exploser un jour ou l’autre, non!?!
    Et il y en a (aura) toujours, bulles ou pas, qui s’en sortent et d’autres qui y laissent des plumes, la loi du genre éternellement d’actualité même si les formes changent et évoluent, quelques soit la décénie!!
    Pis y aura toujours de la place pour les « spécialistes », et toujours des personnes qui se lancent, malgré les risques, avec du nez ou pas, et si c’était simplement ça la vie!
    Bah quoi heuu, c’est bête finalement!

    Tain, et si un jour facebook devenait de la mer** et qu’on en parle plus, hein quoi non pas possible…! lol

  12. Effitrace dit :

    Merci pour cet article !
    En tant que prestataire logistique en e-commerce, nous faisons le même constat. je rejoins votre vision et essaye d’y voir aussi une opportunité. Oui c’est plus dur, oui les coûts sont serrés, alors nous mettons en place une offre logistique e-commerce law cost avec des services modulables.
    Le monde du e-commerce se professionnalise (encore et encore), des standards du marché apparaissent et donc pénétrer un marché concurrentiel (hors niche) sans pouvoir s’appuyer sur un volume important devient difficile. Nos entrepôts gèrent des volumes importants et donnent donc accès à des prix de gros. Note positive; nous sommes encore témoin de belles réussites chez nos clients, car ils sont passionnés ,ont le sens du service et sont bien entourés (agence, référencement, logistique ;-)

  13. [...] du métier pour l’extérieur n’est que très peu visible. Je suis d’accord avec Capitaine Commerce, ça va cogner fort cette année. Les barrières à la sortie sont aussi réduites que les [...]

  14. Jarvik dit :

    Ah que c’est bon d’entendre ça..

    Pourquoi les gens se ruent-ils sur le e-commerce alors qu’il y a des métiers tellement plus lucratifs et faciles en plus.

    Comme.. agent immobilier par exemple. ;-)

  15. François dit :

    J’appelle ça « l’effet Jean-Pierre Pernod » : tous les ans, en janvier, l’ami Jean-Pierre lâche le Musée de la Cuillère en Bois Sculpté de Puzzargue pour faire un « sujet » sur : (là faut prendre la voix de JP pour que ça rende : « cette année, le e-commerce a progressé de xx %, un bien beau sujet signé Jean-Michel Dugland et Simone Pouldu ». Le truc est présenté façon « La Petite Maison dans la Prairie », tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil… donc le « public » a l’impression qu’il s’agit du nouvel eldorado. De l’autre côté les conseillers du Pôle Emploi, qui ont en général autant de compétences en matière de création d’entreprise que moi en matière de tricot, conseillent à ceux qui désespèrent de trouver du boulot, vu qu’y en a pas, de créer leur auto entreprise, s’appuyant sur les chiffres de la Fevad qui ne concernent qu’une poignée de grosses écuries du e-commerce, donc rien à voir…. de l’autre côté, certains prestataires présentent également la mariée sous ses plus beaux atours (« créez votre boutique en quelques clics », ou « votre boutique en ligne pour 0 € ! ») et le tour est joué.

    Voilà… bien agiter, laisser reposer toute une nuit, saupoudrer de quelques anims gif et servir pendant que c’est chaud.

  16. [...] commerçants voulant tâter du commerce électronique et autres pionniers de tout poil attirés par les chiffres mirobolants publiés par la FEVAD, mais dissimulant sans doute une réalité [...]

  17. Kwoff.com dit :

    2010 : l’année de tous les dangers ?…

    Hier, dans l’attente générale, la FEVAD (Fédération de la Vente à Distance et du Ecommerce) publiait enfin le bilan de l’année 2009 pour le ecommerce et…

  18. Maryse dit :

    Bonjour

    J’ai été e-commerçant pendant 3 ans.
    Avec grand regret, je viens de fermer mon site cette année en 2010 pour différentes raisons.
    J’ai été en relation avec d’autres site e-commerce et il y en a beaucoup qui ferment en ce moment.
    La crise touche aussi le e-commerce.

    Ce qui m’a fait le plus de mal ce sont les sites qui ont été malhonnêtes (à savoir encaissent l’argent du client et ne le livrent pas et font en sorte d’être injoignables au téléphone).

    Ils ont fait beaucoup de tort au e-commerce.
    Les gens hésitent à commander.

  19. Etre Réaliste dit :

    Bien sûr qu’il faut payer!
    Mais il faut payer pour tout.

    Il faut arrêter de croire que LE NET c’est facile et gratuit!!

    Cette idée reçue a été maintes fois décriée ici!
    Et je m’en fécilite!! Enfin un Responsable de BLOG REALISTE!! et RESPONSABLE!! qui ne vend pas du REVE!!

    Combien de fois, sur les BLOGS de Développement Personnel, d’Entrepreneuriat, j’ai pu lire, « lancez-vous c’est facile »… »le NET c’est automatisable, pas cher, et rentable »….j’ai même lu dans certains BLOGS qu’on pouvait vivre du net facilement et voyager toute l’année en PRIME!!

    Quelles inepties?!
    La faute à QUI?

    Tim FERRISS, l’homme qui a démocratisé l’idée de la création de site e-commerce facile et rentable…il appelle cela UNE MUSE.

    Un gros mensonge, car lui-même a menti sur son site de compléments alimentaire, dans son livre pompeusement titré « La Semaine de 4Heures »….

    Et en France des Blogs , des GOUROUS devrais-je dire tentent de vendre cette idée à des « entrepreneurs » ou des salariés en mal-vie, BIEN NAIFS!!
    Le pire, c’est que les reswponsables de ces blogs n’ont aucune expérience du Commerce, de l’E-Commerce, du Business….et il se permettent de faire croire qu’il existe des théories pour DEVENIR RICHE, et vivre avec des Revenus PASSIFS….

    Laissez-moi rire, vivre avec des revenus passifs quand on a 5000, 10000 ou même 50000 euros, c’est DU MENSONGE!!

    Donc MErci, CAPITAINE COMMERCE!
    Merci pour ton réalisme, tes conseils qui sont bien plus proches de la réalité!!
    Et aux naifs qui verraient dans cela du pessimisme, je dis non!!
    C’est du Réalisme….il faut agir, mais il faut connaitre son domaine, avoir un budget et surtout beaucoup travailler!!

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