[ajout rapide de la part de cobolian pour éviter que ça dérape dans les commentaires : c'est de l'humour nan di diou]
Voilà une bien drôle de race dont on trouve les représentants étranges un peu partout dans les agences webs et les équipes de développement de site et surtout dans les rouages des projets web dans lequel souvent le graphiste (ou le webdesigner) est le poil à gratter du projet, l’élément subversif dont l’obstination pourra chauffer à blanc la patience du chef de projet.
Des êtres venus d’un monde mystérieux
Venu il y a très longtemps du monde mystérieux de la presse et de l’imprimerie (c’est à dire le monde des écrans en papier), le graphiste a peu à peu muté et est devenu par la force des choses un webdesigner, en quelque sorte un développeur, mais qui au lieu de pisser du code, pisse des pixels. D’une patte habile, à l’aide de sa tablette graphique ou de sa souris, il connaît par cœur tous les raccourcis de Photoshop, Illustrator ou Fireworks (voire même Falsh ou Silverlight) et est capable en un tour de main de faire quinze propositions graphiques pour la homepage de votre futur nouveau site.
Mode de fonctionnement
Fonctionnant au café (ou à d’autres substances moins licites), le graphiste est doté d’un cerveau dit créatif, c’est à dire qu’il est capable de pondre des idées à la chaîne comme le lapin largue en courant dans les prés des chapelets de crottes noires odorantes. Donnez lui un de ces vulgaires wireframes conçu à la sueur de son front par un ergonome, et le graphiste le métamorphosera en oeuvre d’art numérique parsemée de call-to-action et de petits “mickeys” en 3D (oui, oui, je sais, jeu de mot très très facile) dont le but inavoué est de se faire pâmer le Client dans des “Oh” et des “Ah” d’admiration non feinte.
Oui, mais voilà, si le graphiste est capable de rendre sexy le dernier des sites marchands de brosses à récurer, il est peut être aussi le pire emm… de la terre.
3 choses qu’il faut savoir sur les graphistes
Le graphiste n’aime pas qu’on discute de son art
Formé le plus souvent dans une école d’art, le graphiste est persuadé qu’il est une sorte d’artiste incompris, descendu de son olympe pour offrir son savoir-faire magique à des ignorants, uniquement pour des basses raisons matérielles (comme payer un loyer, acheter à manger ou terminer les échéances de son Mac Pro, acheté avec enthousiasme le mois dernier, malgré un découvert permanent de 3000 € et au grand dam de sa petite amie qui aimerait bien qu’il arrête ses conneries maintenant). Enfin, ça, c’est quand il est jeune, parce qu’une fois qu’il a passé le cap de la trentaine, il a fini de se faire des illusions et occupe un poste de D.A. avec un salaire qu’il n’aurait jamais pu rêver d’avoir en essayant d’être le nouveau Picasso (pas la bagnole) ou le dernier Basquiat (qui d’ailleurs est mort dans la misère avant trente ans, ce qui prouve qu’artiste n’est pas un sort très enviable).
Autrement dit, vous pourrez toujours essayer de critiquer son travail de manière constructive, dans le fond de son âme, il pensera toujours que vous êtes un con ignare avec des goûts de chiotte et qu’il veut bien supporter toutes vos remarques idiotes uniquement pour des raisons bassement matérielles.
Le graphiste ne comprend rien au business
Idéaliste, obsédé par la beauté, amoureux des arts, le graphiste hait le monde qui l’entoure. Il déteste avant tout le capitalisme et surtout tout ceux qui œuvrent à sa gloire (et notamment les marketeux auquel il est pourtant obligé d’obéir). S’il le pouvait, il rêverait de s’installer dans une vieille ferme loin de tout pour peindre des tournesols en buvant de l’absinthe et vivre des subsides généreux de mécènes désintéressés et visionnaires, sans devoir jamais, Ô grand jamais, prendre en considération le CSP de la cible client, ni les tendances du marché, ni de ce que pense cette grosse c… de responsable marketing qui est bien mignonne, mais a la tête pourrie par l’argent. Autrement dit, VOUS voulez atteindre des objectifs, le graphiste, lui, veut atteindre au sublime, ce qui, en général, n’a rien à voir.
Le graphiste est un fainéant
C’est bien connu, ne fixez pas une réunion de débrief à un graphiste avant 11h du matin, vous risqueriez tout simplement de ne pas le voir. Le graphiste, par nature, étant un artiste, c’est donc aussi un fainéant (artiste = rêveur = fainéant, théorème de Rockefeller) qui se lève tard pour travailler longtemps, mais pas trop quand même (à l’inverse du boucher, du patron de café et de tous les petits artisans avec un vrai métier, qui eux, c’est bien connu, sont l’âme de la France et la sauveront de la dégénérescence de notre société dans laquelle les jeunes ne veulent plus travailler).
Autrement dit, un conseil, fixez toujours vos réunions de débrief avec un graphiste en fin de journée qui est le moment idéal pour discuter avec lui, car il est alors en pause et croira que vous voulez blaguer avec lui, alors qu’en douce, vous en profiterez pour lui donner vos instructions.
8 conseils pour bien parler aux graphistes
Alors, au vu de tous éléments, comment pouvez vous donc bien parler à un graphiste.
1) Dites lui toujours que ce qu’il fait est fantastique, génial, magnifique, trop marrant ou top décalé
Même si vous n’en pensez pas un mot, c’est le meilleur moyen de commencer une conversation qui risque par la suite de devenir pénible.
2) Dites-vous que si ce qu’il a fait n’a rien à voir avec votre brief, c’est parce que vous lui avez mal expliqué.
Ne dites jamais “Mais !!!?? Ce n’est pas le brief !”, dites “Génial, j’adore, quel imagination !”, puis embrayez sur des “Par contre, je me demande si les clients aimeront les boutons, là, en forme de… euh de…
- En forme d’anus, dira le graphiste.
- Oui, comment dire, j’aime bien, mais je ne suis pas sûr que nos clients comprennent bien le sens de cette métaphore.
- On enlève les anus, alors ?
- Oui, euh, je préfère, pourquoi on ne ferait pas des boutons… comment dire… en forme de boutons.
- Bon d’accord…”
Là, vous aurez marqué un point, bien que vous soyez descendu d’un cran dans l’estime du graphiste
3) formez-vous au langage du graphiste
- Ne dites pas “bouton”, dites “call-to-action”
- Ne dites pas “vert”, dites “anis” ou “menthe”
- Dites “bevelliser” pour dire de mettre en relief un bouton
- Ne dites pas “tablette électronique” mais “palette graphique”
- Ne dites pas “la forme des caractères”, dites une “fonte”
- Etc… (pour plus d’infos, voir la notice de Photoshop)
4) Evitez les briefs à la con :
Exemple :
Le client : “Euh, je voudrais une homepage comme Apple.com. C’est bien ça, Apple, j’aime bien ce qu’ils font. C’est joli, ça plaît aux gens.
Le graphiste : ”……………… (comptez un temps très long)………………………..”
Le client : “Je pense que ce qu’il nous faut sur le site, ce sont des coins arrondis. C’est vraiment très à la mode en ce moment. D’ailleurs ma femme vient d’acheter un meuble chez IKEA qui avait tous les bords arrondis. Vous voyez.”
Le graphiste : “………………(regarde le client en retenant un rot)…………………”
Le client : “Par contre, pour la couleur, j’aimerais des tons bleus, comme Dell. C’est pas trop agressif, ça, et puis ça plaît aux gens le bleu. Il paraît que c’est la couleur préférée des français.”
Le graphiste : “……..” [son iPhone sonne et il décroche] “Ouais….. ouais…. ouais…. non, je suis avec un client là, je comprends rien à ce qu’il me dit… j’ai l’impression que je vais me foutre une balle dans la tête…. Ok, à c’soir, ciao !” [il raccroche et regarde le client]
Le client : “Bon, c’est d’accord, vous avez compris ce que je voulais…”
Le graphiste : “Ouais, ok, c’est bon, c’est très clair : blanc avec une pomme, mais bleu… ok, c’est bon”
5) Restez toujours calme
Tout comme le développeur, le graphiste n’aime pas qu’on lui tape dessus. Un mot de travers et il ira sûrement se prostrer dans un coin en pleurant et en déprimant le rendant totalement inopérant pendant plusieurs heures.
6) Cultivez-vous et faites le savoir
Si vous ne l’avez jamais fait, lisez Télérama ou les Inrocks, ou Technickart. Au début, ça vous fera “bizarre”, mais avec le temps, vous vous habituerez et vous serez à même de parler bientôt de Keith Harring ou même du dernier Arcade Fire aussi naturellement que si vous aviez passé trois ans aux beaux-arts.
7) Mentez sur les délais
Dites toujours que c’est pour demain la veille, alors que vous savez pertinemment qu’il vous reste trois mois pour terminer un projet. Avec beaucoup de chance, vous serez dans les rails.
8) Sérieusement, arrêtez de croire que le graphisme ou le design sont des arts purement subjectifs
Non, une charte colorée n’est pas juste le fruit du hasard. Oui, une typo a un impact sur la perception de votre site. Oui, il existe des codes formels selon la typologie des clients et des produits. On ne “parle” pas à un bricoleux du dimanche venu acheter une perçeuse sur votre site comme à une fashion victim à la recherche d’un sac Longchamp.
Le graphiste est donc un élément de réussite indispensable de votre projet (tout comme le développeur ou le chef de projet d’ailleurs). Vous pouvez faire l’impasse sur le design et croire que du moment que c’est joli, ça plaira aux utilisateurs. Détrompez-vous. Le design est une fonction qui permet de véhiculer les messages de votre business : positionnement, qualité de service, cible visée, rassurance. Il serait donc dommage de s’adresser à un graphiste uniquement comme à un peintre décorateur. Celui-ci est, en principe, capable d’apporter une véritable valeur ajoutée à votre projet en ce sens que c’est lui qui créera votre image (sauf charte graphique existante) et permettra de vous différencier de vos concurrents.
[second ajout rapide de la part de cobolian : les développeurs et les chefs de projet y sont aussi passés, on aime les graphistes, pas taper]







ton article est fantastique, génial, magnifique, trop marrant
Je suis graphiste…. mais c’est tellement proche de la vérité, merci pour cet article bien marrant:)
Bravo au développeur qui a pondu cet article
Graphiste webdesigner, je me suis bien marré même si je trouve l’ensemble bien hardcore et top cliché. Moi perso, je pisse sur les inrocks…
Y’aurais de toute façon largement matière pour en faire un du même acabit pour les dév pour qui là, du coup, pixel ne veut rien dire…
Mais bien sympa, faut savoir rire de soi même hein
Je suis graphiste et je me suis bidonné avec ton article, bien sur comme j’ai une mauvaise foi à toute épreuve (on appel ça aussi du recul) j’ai surtout reconnu mes collégues….
Mille fois merci pour cette bonne rigolade et pour le reste du site.
Héhé merci pour cet article qui m’a fait sourire plus d’une fois

A l’inverse, je suis un peu halluciné de voir que certaines de ces personnes, a priori ouvertes d’esprit et souvent décalées, prennent la mouche aussi vite quand on “critique” gentiment la profession.
Mais effectivement, l’humour c’est un peu l’inverse du trou de balle : on en a pas tous
Descendez de votre nuage Messieurs les Graphistes, la base de cet article est 100% vraie, même si exagérée (d’où l’humour en fait, m’enfin on va pas détailler ^^) et réagir comme ça donne bien raison à l’auteur.
(et je suis graphiste également)
Perso ça m’a fait rire, c’est bon de rire un peu! on sait que c’est du 3e degré…
En tant que graphiste/webdesigner/directeur artistique fêtant ce mois-ci mes 20 ans de carrière, je tiens à vous dire que votre article relève de la caricature grossière, et je suis à deux doigts d’aller le signaler au syndicat national des graphistes et à l’alliance des directeurs artistiques.
Quoique…
nan, je vais plutôt me prostrer dans un coin en pleurant et en déprimant, tiens :p
Plus sérieusement, votre article est forcément un peu caricatural, et comme dans toute caricature il y a une part de vrai…
Pour l’anecdote, il y a quelques années j’ai reçu un candidat pour un poste de graphiste, un jeune formé aux beaux-arts, dans son book (à l’époque au format papier), il y avait notamment plusieurs “oeuvres” qui étaient de très gros plan de sexe féminin, traité à la manière d’Andy Warhol… Oeuvres qu’il a bien évidement explicité, “une version moderne de la création du monde de Courbet”, etc.
Ben, même très bien explicité, je vous assure que c’est difficile de se retenir de rire, quand vous vous retrouvez à devoir expliquer à l’artiste qu’il va être difficile de vendre à nos clients potentiels, PME et PMI de province, des clitoris vert fluo de 20 cm de haut…
Bref tout ça pour dire que pour moi vous n’avez pas à “prendre de pincettes”, votre article est à but rigolatoire et dans ce sens a bien le droit de nous taquiner un peu, nous les zartistes du pixel…
David
Personnellement je pense qu’un clitoris de 20 cm de long vert fluo est plutôt à classer dans la catégorie : chibre de taille respectable habillé d’un préservatif “fantaisie”, mais ça n’engage que moi…
[...] graphiste [...]
“dites pas « vert », dites « anis » ou « menthe »”
hmm ça c’est plus valérie dabido, on parlerait plutôt en pantone…
[...] m’être tordu de rire devant la série d’articles du Captain E-Commerce « Comment parler à un graphiste / developer / chef de projet &ra…, voici un comparatif graphique du Webdesigner et du Webdeveloper qui sont dans l’âme bien [...]
Vu les circonstances actuelles de mon planning… et malgré dix ans d’expérience, je vais ajouter ce pamphlet en annexe de mes devis !
ça fait du bien “vous pourrez toujours essayer de critiquer son travail [...] dans le fond de son âme, il pensera toujours que vous êtes un con ignare avec des goûts de chiotte et qu’il veut bien supporter toutes vos remarques idiotes uniquement pour des raisons
bassement matérielles.” !
[...] Comment parler aux graphistes [...]
[...] Comment parler aux graphistes [...]
Moi ça m’a fait bien rire !
suis graphiste, je ne me retrouve pas dans tout ce qui est écrit, et c’est normal, puisque second degrés il s’agit !
Alors quand je lis des Coms de certains totalement révoltés ou vexés, bin c’est que ce texte doit être encore plus juste et efficace que je ne le pense !
Merci !!
le graphiste n’est par definition pas un artiste
cet article est fait par un ignare pour les cons
oui eric justement, il faut lui faire croire que s’en est un !!
oui, c’est vrai.
“artiste” est plus facile a plaçer sur les plaquettes des ecoles à but lucratif que “réplicant sémiologiste”.
géniallissime!!!
ça m’aide à fond pour mon rapport de stage, c’est exactement ce que j’ai vécu!!!
enfin, je pense pas que j’ai été aussi chiante mais je répond à 80 % du portrait
en tout cas j’ai mieux compris c’est quoi s’te profession
MERCI MERCI MERCI
80% quand même !!! Va falloir commencer à faire attention
Je suis graphiste et j’ai trouvé ça très marrant
Aïe ! C’est tellement vrai… et je suis graphiste alors c’est pour dire!
Je suis Graphiste a Bordeaux et ça me fait beaucoup rire, pas mal ton article
[...] Ce que je regrette (quand même) : ne pas avoir plus d’exemples de produits personnalisés. L’exemple montré est sympa, mais n’attirera pas forcément tout le monde. Un petit carrousel montrant différents types d’image permettrait sans doute à plus d’utilisateurs de s’identifier à l’offre qui semble pour le coup un peu trop réservée aux artistes et autres graphistes de tout poil. [...]