Un ecommerçant doit-il s’y connaître à la technique ?

Etes-vous prêt à mettre les mains dans le cambouis ?

Pourquoi s’y connaître en technique ?

Je croise de temps en temps des créateurs d’entreprises se lançant dans le ecommerce et j’écoute toujours avec attention et passion leur projet. Souvent, ce sont des gens seuls ayant déjà un passé dans le monde du travail. Souvent, ils souhaitent tirer parti de leur expérience pour l’appliquer au ecommerce. Souvent aussi, malheureusement, ce sont des gens qui n’y connaissent pas grand chose au web. Et je me dis toujours : « Son projet est très bien, mais malheureusement, il n’y connait rien au Web. » Quand je dis qu’il n’y connait rien, c’est qu’il n’a que peu de connaissances de base de ce que j’appelle « la technique ».

La technique, c’est ce qui consiste à comprendre les possibilités et les contraintes du monde du Web quand on gère un site ecommerce et si vous ne les connaissez pas, vous risquez fort, non seulement de passer pour un plouc, mais surtout de vous faire allègrement ballader par tout ceux qui la maîtrisent (les développeurs indépendants, les agences, votre propre équipe). Afin de vous éviter cette piteuse humiliation et dans l’espoir que vous vous intéresserez pour un peu à « ce qui se passe sous le capot », voici quelques uns parmi les nombreux points qu’il me semble essentiels de comprendre, sans les maîtriser forcément (chacun son métier) :

Qu’est-ce que le HTML/CSS ?

La base, quoiqu’on en dise. Je crois qu’il est essentiel de comprendre comment est construit une page web. Le HTML est un langage très simple que n’importe quel cancre peut assimiler en 2 jours. La notion de CSS n’est pas plus compliquée. Comprendre à quoi ça sert et comment on s’en sert peut permettre de juger rapidement combien de temps prendra une modification sur le site ou pas.

Les langages côté client

Sur le web, deux types de langages coexistent : les langages côté client et les langages côté serveur. Pour le client (c’est à dire le navigateur comme MSIE8, Chrome ou Firefox), c’est simple, il n’y a que le javascript. C’est un langage rudimentaire qui s’exécute sur la machine de l’internaute. Au début, il avait été conçu pour soulager la bande passante en déportant des développements sur les ordinateurs des internautes, aujourd’hui, il sert à beaucoup de choses comme la gestion des animations en dHTML, la gestion des interactions en Ajax et autres jQuery (fonctions qui permettent d’accéder à une base de données distante sans avoir à recharger la page), le contrôle des données de formulaire. Beaucoup de choses peuvent être faites en javascript, mais ça ne suffit pas…

Et côté serveur ?

Les langages côtés serveurs sont des bouts de codes executés sur le serveur d’hébergement du site. Plus que des bouts de codes, ce sont en fait de véritables applications qui permettent de gérer les échanges avec les bases de données. Grâce à ces langages (PHP et .net sont les plus courants), les développeurs ont pu développer des applications complexes comme les réseaux sociaux, les applications de ecommerce, etc.

Encore une fois, vous devez savoir envisager la charge de travail que requiert ces deux langages. Javascript est plus facile à coder que PHP. Il sera plus simple et plus rapide donc de modifier des choses en javascript qu’en langage serveur.

Par ailleurs, en terme de resssources, il sera également plus facile de trouver un intégrateur HTML/CSS qu’un développeur CSS qu’un développeur .net qu’un développeur JAVA (un autre langage de programmation côté serveur). De la même manière, il faut aussi savoir qu’il existe plusieurs manières de développer une application web et que cela aura un impact plus ou moins lourd de conséquences sur l’activité de votre entreprise.

Exemple : Prestashop vs Magento

Si on peut dire que Magento est nettement plus puissant et souple en termes de développement que Prestashop, il faut aussi savoir que cela a un prix. Les développeurs compétents sur Magento sont plus rares, donc plus chers. Les développements plus complexes sont donc également plus longs (ceux qui s’y connaissent bien on le droit de me contredire et corriger). Autrement dit, faire le choix d’une solution technique comme Magento est un gage de qualité, mais c’est comme choisir une Mercédès au lieu d’une Renault. Vous aurez aussi le coût de maintenance d’une Mercédès. Ne voyez pas que le coût d’acquisition, regardez aussi le coût de maintenance.

Et le HTTP, à quoi ça sert ?

Le Web est un monde en soi. Tous les sites webs sont des pages de codes hébergés sur des serveurs. Ces serveurs ne sont ni plus ni moins que des PC avec un programme spécial destiné à répondre à des requêtes envoyées par des internautes (le serveur web, comme Apache ou IIS). Ces requêtes sont parfois de simples demandes d’URL (quand on clique sur un lien), parfois des envois de données (quand on valide un formulaire). On appelle ce protocole d’échanges de données le HTTP (ce qu’on voit parfois dans les adresses des sites webs). Comprendre comment ça marche peut également mieux vous aider à comprendre comment se passe l’hébergement de votre site, le référencement et bien d’autres choses passionnantes.

Flash est-il totalement inutile ou au contraire incontournable ?

Beaucoup de légendes courrent sur Flash : c’est long à télécharger, on ne peut pas le référencer, il ne faut pas faire de sites en Flash, il ne faut pas mettre de Flash. Toutes ces assertions sont fausses et malheureusement risquent de vous faire passer à côté d’une technologie qui peut vous être très utile pour créer des interactions multimédia (configurateur de produits, simulateurs, animations interactives). Même si HTML5 suppléra Flash de plus en plus. Il restera toujours un terrain pour Flash tant qu’il restera facile à développer et que les graphistes pourront le prendre en main.

Je ne rentrerai pas dans le détail de toutes ces explications. J’en ai même sûrement oublié beaucoup sur le sujet. Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que sans comprendre tout ces points vous risquez aussi d’aller au devant de pas mal de désillusions.

Pourquoi connaître la technique ?

Considérez une chose : à partir du moment où vous aurez votre propre site Internet, vous passerez une bonne partie de votre temps à discuter avec une équipe technique (à moins que vous ne pensiez qu’un site web est une chose figée et définitive, auquel cas, je vous conseille de passer votre chemin). Sans un ensemble de notions et de vocabulaires qui vous aideront à discuter avec les gens de l’informatique, vous risquez d’avoir beaucoup de peine à faire avancer les choses :

  • Les développeurs, si vous ne comprenez pas de quoi ils parlent, sont capables de raconter n’importe quoi du moment que ça les arrange
  • Vous serez incapable d’avoir la certitude d’être balladé ou pas
  • Vous ferez des plans sur la comète (du genre, on va refaire Amazon ou Ebay en 3 semaines / choses déjà vues et entendues)
  • Vous raterez la marche des évolutions technologiques, chose typiquement inhérente au web

Un site ecommerce, c’est 20% de votre temps à parler technique

A titre de comparaison, pensez à un vrai magasin : une fois la peinture séchée, l’électricité posée, votre caisse enregistreuse connectée à votre compta, c’est à peu près tout ce dont vous aurez à vous préoccuper en matière de technologie. Pour un site ecommerce, c’est au moins 20% de votre temps que vous devrez consacrer à discuter avec des représentants de la gente technologique :

  • Pour corriger des bugs (un site 0% bug, ça n’existe pas, ne rêvez pas)
  • Pour améliorer votre site (soyez sûr que dès le jour du lancement du site, non seulement, vous n’aurez pas fini tout ce que vous vouliez mettre en oeuvre, mais en plus, vous voudrez déjà en rajouter)
  • Pour intégrer de nouvelles fonctionnalités : chat, avis clients, comparateur interne (comptez au moins 2 ou 3 évolutions de ce type par an)
  • Pour rester à jour en terme d’ergonomie et de design (là, c’est tout le temps)
  • etc

Autrement dit, si vous montez au front du ecommerce sans aucune notion de technique, vous risquez sérieusement de batailler longtemps sur des problèmes qui vous échappent. Pensez-y ! Et si vous ne trouvez personne pour vous accompagner, lisez quelques bouquins, ça ne vous fera pas de mal.

Pour en savoir un peu plus :

Apprendre le HTML, le CSS et tout le reste : w3schools (une de mes références, mais en anglais)

43 commentaires

  1. Et donc, tu conseilles à tout les e-commerçants de suivre quelques heures de cours d’HTML et comprendre le fonctionnementd’un serveur web, ou alors s’entourer de personnes qui les conseillent sur le plan technique pour pouvoir challenger les différentes parties prenantes?

    1. Oui, je conseille à ceux qui veulent gérer un site ecommerce d’avoir un minimum de formation sur les notions de HTML/CSS, de javascript, de Flash, etc. L’accompagnement, c’est encore autre chose.

      1. Oui mais quand on gère son site e-commerce tout seul c’est souvent qu’on a pas beaucoup de sous… et si j’avais un petit budget formation, je le placerai plutôt en priorité dans une formation SEO, Adwords, Analytics… Autant la pure technique c’est ce qu’on délègue en premier, autant ça, quand on est seul aux manettes, on doit s’y coller pendant un bout de temps et c’est hyper stratégique.
        Quand on bosse dans le web et qu’on un est un minimum curieux on fini de toute façon par regarder sous le capot et avoir quelques notions techniques.
        Et je conseillerai avant même une formation CSS/HTML, PHP & co de bien connaître les outils bureautiques de base … alors ça oui c’est crucial !

  2. Très bon ticket, en revanche je ne suis pas trop d’accord avec ceci : « Javascript est plus facile à coder que PHP » 🙂
    Ce qui fait la difficulté à coder quelque chose, ce n’est pas le langage employé à partir du moment où la syntaxe des deux est connue. C’est davantage la règle métier à coder. En fonction de ce que veut le client, ce sera difficile à coder ou non. Surtout que JavaScript et PHP sont deux langages bien distincts, mais aussi complémentaires dans le cadre de l’Ajax par exemple 😉

    Sinon faisant partie du côté obscure de la force (les développeurs) je partage tout à fait cet avis. Il n’y a rien de plus frustrant que d’envoyer un mail à un client et de recevoir une réponse totalement à côté de la plaque, tout simplement parce que monsieur ne veut pas avouer qu’il n’a rien compris à mon mail ^^ Ce n’est pas une honte de ne pas savoir, il suffit de le faire savoir ou mieux de se former.
    C’est le même problème dans le bâtiment, si vous n’y connaissez rien, qu’est-ce qui va empêcher le chef de chantier de commander 10 sacs de ciment en plus pour lui et de faire passer ça sous votre commande ? 🙂

  3. Un e-commerçant sans compétence technique, risque de faire le bonheur (en €) de ses prestataires. Plus de compétences, pour plus d’économies…

  4. Ca fait plaisir de lire un article comme ca!

    J’ai parfois l’impression de passer pour un rustre à essayer d’apprendre à mes clients un minimum de html pour se passer des affreux éditeurs wysiwyg…. pourtant c’est simple et ça permet d’avoir une bien meilleure maîtrise de son site.

  5. Bonjour,

    je suis tout à fait d’accord avec le fonds : il faut comprendre la technique quand on créé un site web. Attention cependant au défaut inverse, « croire qu’on comprend assez pour dire que tel ou tel truc ne doit pas prendre de temps ^^ »

    En revanche, je trouve que ton estimation du temps consacré à la technique dans une « vraie » boutique est un peu faible. Pour être comparable au développement d’un site web, la « technique » dans une vraie boutique, c’est aussi l’organisation des rayonnage, l’étiquetage, la vitrine et son renouvellement, donc finalement beaucoup plus.

    Enfin, je crois que sur le flash, il faut absolument faire la distinction entre « site tout en flash » et « intégrer du flash dans son site ». Le premier reste à mon avis totalement à éviter quand on a besoin de référencement (cf l’impact de Panda récent), ou qu’on considère qu’on ne peut pas faire l’impasse sur la clientèle Iphone / Ipad. De plus il a l’inconvénient de nécessiter de repasser par les sources pour toute vraie modif, les flasheurs ne sont pas donnés, etc… « du flash » dans un site, c’est autre chose, c’est utile, etc

  6. Excellentes questions. Cet article précède le mien qui devrait être publié dans la journée sur Pourquoi les petits e-commerçants préfèrent les solutions clé en main ? Une partie de la réponse est fournie ici.

    Je pense qu’il ne faut pas trop en demander. A chacun ses compétences et son savoir-faire. Même si à l’heure d’internet, la connaissance est à la portée de tout le monde. Ce qui donne souvent l’impression que chacun peut devenir expert dans un domaine précis en lisant quelques tutos. Ce qui n’est pas faux. Les autodidactes n’ont jamais été aussi nombreux et c’est une bonne chose. La courbe d’expérience est longue parfois.

    Dans le e-commerce, il faut connaitre la technique Et/ou le budget, souvent les 2, le temps d’apprendre par soi même. L’apprentissage par la pratique.

  7. Le sujet de cet article est très intéressant, et il est vrai qu’il faut avoir une vision claire de ce qu’est l’aspect technique, mais sur certains points je me permets de modérer tes propos :

    1/ « Le HTML est un langage très simple que n’importe quel cancre peut assimiler en 2 jours. La notion de CSS n’est pas plus compliquée »

    Euh… tu es sûr de ton coup là ? Tout dépend de ce qu’on entend par « simple ». Pour quelqu’un qui n’a pas la notion de ce qu’est le « code », c’est totalement abstrait. Intégrer un site marchand qui soit à la fois conforme aux recommandations du W3C, optimisé pour le référencement, truffé de compliqueries en Javascript si chères aux marketeurs (et on ne dira jamais assez à quel point leurs recos sont importantes, chiantes, mais importantes 🙂 ), intégré au poil près et lisible sur Mac et Pc dans toutes les versions de tous les navigateurs jusqu’à cette horreur de IE6, c’est un métier en soi, un truc de spécialistes. Quand je vois le nombre de sites intégrés avec des moufles…

    2/ Le Javascript :
    Pour un programmeur, c’est généralement le parent pauvre… rares sont ceux (des bons), qui te disent « ah !!! Super, je vais faire plein de Javascript », mais entre pondre du Javascript et faire quelque chose de bien, il y a un monde. Piocher dans les librairies du type JQuery, c’est bien, c’est à la portée d’un débutant et ça prend peu de temps, mais le code est lourd, et quand on connait l’importance que Google donne au poids des pages, avec l’aspect visuel des sites de plus en plus porté sur l’image (image = poids), chaque Ko gagné est à prendre en considération. Donc développer du Javascript intelligemment, c’est pas si facile que tu sembles le dire.

    3/ Le Flash
    Je ne vais pas cracher sur cette technologie qui permet aux graphistes de travailler comme pour du print, de gérer la vidéo, le son, de faire penser qu’on est devant la télé, par moments, mais Flash est condamné par Steve Jobs, c’est donc mort… ça peut donc, comme tu le dis, être utile pour des cas bien particuliers, mais en revanche ce que tu dis sur ces « légendes » qui entourent Flash, je reste circonspect :

    Flash, en soit, ça n’est pas lourd, donc pas long à télécharger, mais dans 90% des cas c’est fait sans tenir compte du poids (j’adore rester devant une page web regarder un « xx% loading » en Flash). C’est également le meilleur moyen de vider une batterie d’ordinateur, de portable (sauf l’iPhone, vu qu’il n’y est pas disponible) tellement ça mange de ressources processeur. Je connais de très bons spécialistes du Flash, capables de tomber une boutique e-commerce qui fonctionne, et très bien, mais là faut casser son PEL si tu vois ce que je veux dire.

    Donc Flash c’était très bien pour faire des petits bonshommes qui remuent mieux que les regrettés GIF animés, mais aujourd’hui c’est terminé.

    Je compatis pour les développeurs et les intégrateurs. Ils sont au coeur du métier et ils sont souvent la dernière roue du carrosse, grave erreur… sans eux, nous ne pourrions pas échanger sur ce blog du tout, faut s’en souvenir.

    En conclusion : tu as raison sur le fait qu’il faille un minimum de compréhension de la technique. Moi-même, je serai bien incapable de te programmer la moindre ligne de code, mais je saurais te calibrer le travail pour n’importe quelle boutique parce que je connais les grands principes de tous les métiers de la profession, mais ça ne s’est pas acquis en 2 jours. Si nous avons créé un logiciel e-commerce et que nous l’avons enrichi d’une équipe qui travaille exclusivement autour, c’est justement parce qu’il est impossible ou presque de maîtriser la culture technique autour du e-commerce en un claquement de doigt.

    Se lancer dans une aventure sur un développement sur mesure ou sur de l’open source sans ces compétences, c’est super risqué. Comme tu le dis tu risques de te faire balader de long en large et de te faire noyer sous un flot de questions techniques que tu ne comprendras même pas. C’est pour cette raison que pour faire ça, il est précieux de faire appel à une vraie agence avec de vraies compétences et/ou de se faire assister par un tiers comme certains consultants internet (dont certains ont des blogs passionnants).

    1. (je te réponds François, mais je réponds aussi à l’article au passage, mes excuses)

      1/ Le problème n’est pas tant de « savoir faire du HTML » mais « savoir BIEN faire du HTML ». Le principe de ce langage descriptif est très primaire, n’importe qui écoutant attentivement la maîtresse le comprendra sans souci (et c’est là que s’arrête le décideur). Le technicien, en revanche, devra aller (beaucoup) plus loin pour « bien » faire, mais c’est pour ça qu’on le paie pas vrai ?

      2/ Bien d’accord avec toi. Javascript n’est pas « rudimentaire » (!) et certainement pas « plus facile » que PHP, au contraire les langages client doivent tenir compte de la disparité entre navigateurs, de leurs versions, etc. là où PHP tournera pareil depuis n’importe quel poste (puisqu’exécuté sur le serveur). De plus, il convient de faire très attention aux performances des scripts et c’est là qu’un vrai expert fait la différence avec un bidouilleur du dimanche.

      3/ Flash est mort… Ça fait 10 ans qu’on nous le sort, et c’est complètement faux =)
      Flash (ou Silverlight) c’est encore largement incontournable pour plein de choses, HTML5 est toujours peu ou mal supporté (la spec n’est pas finie). Je ne vais pas entrer dans les détails, surtout que je me fais l’avocat du diable sur ce troll éculé (je n’aime pas Flash)… mais bon stop avec ce slogan-là !

  8. C’est comme tout, si tu fais faire sans connaitre, tu te fais plomber. Et le pire, c’est que tu devient dépendant pour toute modification du site, ce qui est quand même grave pour une entreprise.

    D’un autre côté, il n’est pas nécessaire d’être un pro de tout, faut trouver le juste milieu.

  9. Bonjour,
    Très bon article. Je fais passer. Merci. 🙂
    Comme mes camarades développeurs, j’ajoute une ombre au tableau : javascript n’est pas rudimentaire, ni « plus facile » que PHP. Plus facile à faire tourner parce qu’on n’a pas besoin de monter un serveur pour tester du javascript, peut-être… Mais les bons développeurs javascript, qui comprennent la logique assez inhabituelle de ce langage, sont à mon sens plus rares que les bons développeurs PHP.
    Corollaire : ça ne va pas « plus vite » de développer en javascript avec une équipe de développeurs PHP, parce que les développeurs PHP ont souvent beaucoup de mal avec Javascript (un langage qu’ils considèrent comme « bizarre »).

  10. Sur la forme, oserais-je suggérer une correction syntaxique du titre, et proposer
    « Un ecommerçant doit-il connaître la technique »
    ou
    « Un ecommerçant doit-il s’y connaître en technique »

    à la place du titre actuel (déjà repris par Wikio etc, c’est dommage…)

    Sur le fond, vous avez 200% raison. Globalement dans tout métier il faut s’y connaître suffisamment en « ce qu’il y a sous le capot » pour ne pas se faire (trop) enfumer par les vrais spécialistes….

  11. Bonjour,

    Je préfére un client qui ne s’y connait pas à un client qui s’y connait à moitié. En effet ce dernier aura par trop tendance à me sortir des répliques du genre « mais ça c’est facile, il suffit de faire comme ça ». Surtout si il a lu cet article et est persuadé qui maitrisé html/css prend moins d’une semaine.

    Ensuite Javascript restera plus compliqué que PHP car il est justement vu par le client, du cout il faudra se plier à la rigueur d’une charte graphique quand on posera une lightbox ou un slider. Même si techniquement PHP est plus complexe, ça devient vitre ennuyeux lorsqu’une modification doit être effectuée sur le front office.

    Et puis flash est mal/pas du tout géré par les smartphone/tablettes.

    Pour conclure je dirai qu’un e-commerçant ne doit pas connaitre la technique, mais plutôt le principe et le fonctionnement d’un site web.

  12. On peut également poser la question sous un autre angle :

    Pour un e-commerçant, les connaissances techniques sont-ils un avantage concurrentiel?

    J’ai tendance à croire qu’une maîtrise (ou a défaut une bonne connaissance) de son environnement est toujours un avantage…

    1. Oui c’est un avantage, surtout pour un « petit » e-commerçant qui n’a pas de moyens financiers. Et c’est bien aussi de pouvoir comprendre ce qu’on va déléguer (pour bien sélectionner ses différents prestataires). Par contre ce qui fait la différence et qui est un vrai avantage concurrentiel pour le coup c’est quand même de super bien maîtriser ses produits, sa clientèle, son marché et puis d’avoir une vision claire de là où on veut aller et comment y aller.

  13. Le e-commerçant est avant tout un commerçant. A mon sens c’est ça qui fera sa réussite une fois les questions techniques dépassée. Mais si on ne sais même pas se servir d’excel … effectivement le chemin est bien long … sans même parler d’avoir des notions html/css … Soit on s’y connaît un minimum à la technique, soit on travaille avec un super maître d’oeuvre.

  14. Olivier : je vais spammer un tout petit peu ton post. Mais comme promis, article publié sur mon blog sur le même sujet. Le prochain sera en rapport direct avec celui-ci. Je me ferai un plaisir de le linker sans faute.

    La question soulevée est plus qu’existentielle et déterminera l’avenir du e-commerce, aussi bien du côté des prestataire que du client. Quels services et prestations continueront à être facturés ? Que doit savoir faire le e-commerçant, par lui même ?

    Cordialement.

    1. Il n’y a qu’à regarder tout ce qui passe en javascript sur un Magento pour voir qu’on est très très loin de quelque chose de rudimentaire!

  15. Bravo pour ce sujet qui semble déchainer les foules à voir les commentaires. Le HTML/CSS, on est d’accord, c’est facile, pas long à apprendre. Par contre, le javascript et donc l’ajax, je ne suis pas sûr que ce soit indispensable… Un peu de SEO serait plus utile.
    Donc ok pour le constat « la technique, c’est nécessaire », après il faut voir jusqu’où on va dans le côté technique. Parce qu’on voit aussi des sites très techniques, mais peu ergonomique, ou peu commerçant, etc. et un e-commerçant, ce n’est pas superman non plus (sauf ceux aux collants verts).
    Et moi, j’aime pas le flash. ^^

  16. Effectivement, tt cela déchaine les foules, je rajoute donc simplement un petit plus pour les clients, c’est d’avoir quand même un minimum une vision de ce qu’est une base de données. Manipuler 25 000 enregistrements ce n’est pas tjs aussi simple que 50. Quel client ne vous demande pas de réimporter sa base en changeant de structure technique ? La plupart des clients ont déjà des bases de données sous Excel et les réimporter permet souvent de gagner bcp de temps. Or la structure des données et son stockage est une chose devenue essentielle car un site e-commerce nécessite souvent de nombreuses manipulations vers des partenaires externes

    1. C’est exactement ce que j’essaye de dire. Il faut avoir un minimum de vision technique pour savoir ce qu’on peut facilepent faire ou pas sur un site Web.

  17. Du point de vue du développeur, c’est quand même beaucoup plus agréable de bosser pour un client qui connait un minimum le fonctionnement d’un site web et qui se rend compte de la complexité de ce qu’il demande. Qu’il sache coder lui-même une page entière n’est pas forcément utile mais c’est mieux de savoir que rajouter un carrousel en page d’accueil ou modifier profondément le formulaire d’inscription ne se fait pas d’un simple copier-coller…
    C’est pas rare de voir des clients qui connaissent absolument rien au coté technique du web et qui nous prennent pour des escrocs quand ils voient les délais annoncés

    1. Voila aussi ce que je voulais dire. De l’importance de connaitre la technique pour pouvoir dialoguer facilement et agréablement avec son interlocuteur technique.

  18. Très bon article et tellement vrai !
    Je ne me serais jamais lancée dans le ecommerce si je n’avais pas plusieurs années de pratique des bases html, php, and co ! sans parler de photoshop !

  19. Bonne question, mais je ne suis pas sûr qu’il soit raisonnable de proposer une réponse unique.

    A mon sens, ça dépend aussi de la « zone de confort » de chacun.

    Par expérience, j’ai vu des managers très bien s’en sortir, sans trop mettre les mains dans la technique.

    Mais pour arriver à ça, il faut être très bon : savoir réellement écouter, s’entourer, manager….

    Il est plus simple de se mettre un minimum sur la technique 😉

    1. Pour appuyer mon propos, je peux vous dire que j’ai encore rencontré un chef de projet hier, orienté marketing, qui me disait texto qu’il regrettait de ne pas mieux s’y connaître pour pouvoir dialoguer avec le développeur de son site. Il avait vraiment l’impression de passer à côté de tout un tas de choses.

  20. « Les développeurs, si vous ne comprenez pas de quoi ils parlent, sont capables de raconter n’importe quoi du moment que ça les arrange »

    Et un cliché de plus… dans la veine de tes caricatures précédentes (« comment parler aux développeurs? »). Je suis sur que dans le fond tu as plus de considération que ça pour cette profession. C’est une bonne idée de vouloir rapprocher le commercial du technique, mais je doute que ce genre de poncif soit de nature à changer les mentalités.

    Comme on dit là-bas, « two can play that game ». Bonne lecture: http://clientsfromhell.net/ 😉

    Et si on avait les partenaires qu’on mérite ?

    1. C’est peut être un cliché et j’ai beaucoup de respect pour les développeurs, mais je peux te dire que des fois, il y en a qui se moquent du monde. Je te donne un exemple simple : je connais un prestataire qui demande 2 jours pour poser 3 tags Google Website Optimizer. 2 jours ! Qu’en penses-tu ?
      Par ailleurs, ne t’inquiète pas, tout le monde fait ça et tout le monde essaie parfois de s’arranger pour en faire le moins possible. C’est juste que je pense qu’il est nécessaire que les donneurs d’ordre d’un site doivent pouvoir parler technique si justement ils veulent pouvoir dialoguer sereinement avec le staff de développement. Et d’après mon expérience chez beaucoup de gros ecommerçants, je peux te dire que ce n’est pas toujours le cas.

  21. Super débat et je ne pouvais m’empêcher d’y participer.
    Je pense qu’un e-commerçant doit s’y connaître un minimum voir plus et de ne surtout pas dépendre d’une agence web car il faut bien le dire les petits e-commerce ne dégagent pas autant de chiffres d’affaire la première année pour confier toutes les tâches à une agence ce qui reviendrait très cher.
    Pour ma part je maîtrise complètement mon e-commerce et je peux en faire ce que je veux (MAGENTO)Par contre j’avais déja de petites bases et j’ai mis une année d’entrainement sur les forums,bouquins,test avant de lancer mon e-commerce.
    et chaque jour j’apprends toujours et le top pour un e-commerçant est de maîtriser complètement sa plateforme et je peux vous dire que c’est un régal.
    je ne sous traite que la partie serveur et le reste je m’en occupe et à vrai dire cela ne me prends pas du temps mais alors pas du tout et je travaille également avec mon développeur en parfaite collaboration car je comprends son discours.
    après chacun peut faire ce qu’il veut le tout c’est d’y arriver quel que soit la manière que l’on s’y prend car les gros budgets démarrent avec une équipe de développeurs.
    Bon courage à tous

  22. D’un autre coté, il peu y avoir des avantages coté web agency également que le client s’y connaisse un minimum, ça évite les « c’est cher », « c’est long » et des regards du genre « tu cherches à m’arnaquer ? » quand on donne un devis ! Alors qu’en général on a tendance a être plus doux niveau tarif avec ce genre de client et qu’on améliore son site à petites touches gratuitement pour se donner bonne conscience…
    Donc je plussois cet article sauf qu’à mon avis les notions en marketing sur Internet sont plus importantes que la technique à proprement parlé !

  23. « Javascript est plus facile à coder que PHP. »

    o_O

    Mais LOL ! C’est la bête noire de tous les développeurs !
    C’est au contraire beaucoup plus complexe, déjà dans la syntaxe pas toujours très logique, et aussi parce que chaque navigateur peut l’interprêter différemment.

    En outre, il n’y a plus 1 mais plusieurs « javascripts », avec tous les framework qui ont fleuri (jQuery, prototype, mootools, …) et qui ont chacun leurs spécificités, leurs fonctionnalités, leurs syntaxes, leurs avantages et leurs restrictions.

    Je ne connais pas beaucoup de sites de e-commerce où le javascript est développé en interne, sans recours à un framework.

    Il est en outre beaucoup plus difficile de déboguer du Javascript que du PHP… surtout sur IE où les comportements sont différents et la console de débogage, plus que sommaire.

    Dommage Olivier, je suis très (très) amateur de ton blog pour tous les aspects commerce/marketing/ergonomie/etc, en revanche, côté technique, quand je vois des affirmations aussi sûres d’elles et les clichés que tu emploies dans ton article « comment parler à un développeur web », je me rends compte en fait que la technique, ce n’est pas du tout ton rayon ! 🙂

    Chez nous, ce n’est en tous cas pas du tout comme cela que ça se passe…

    @micalement,
    Ben (dev PHP/Smarty/CSS/Javascript pour une enseigne e-commerce connue 🙂

    1. Roooh, ben, j’en parlerai plus ailleurs. C’est vrai que je n’ai pas touché une ligne de code depuis plus de 5 ans. Eh ben, merci d’avoir si gentiment corrigé le tir. Sinon, l’article sur les développeurs est une blague au second degré, mais je vois que ce n’est pas forcément une notion partagée par tous.
      @+

      1. Héhé !

        Bien entendu, concernant l’article sur les développeurs, nous sommes les premiers à apprécier le second degré (il suffit d’entendre les conversations dans le bureau dès qu’on cesse de parler le SQL courant ou le Klingon ;))

        Mais derrière le ton humoristique, le développeur ne tient pas ses délais, etc…

        Hem, c’est d’ailleurs mon cas présentemment, et je ferais mieux de me remettre au boulot ! Ceci dit, il ne faut pas en faire une généralité 😀

        Bien à toi,
        Ben

  24. Attention danger.
    En culpabilisant les e-commerçants qui ne connaissent pas la technique vous les envoyez dans des impasses.
    En effet, à vous lire il faudrait qu’ils se forment de toute urgence.
    Malheureusement la programmation est un vrai métier.
    Comme plusieurs commentateurs l’ont évoqué, javascript ,par exemple, est très loin d’être un « langage rudimentaire » ( faites un peu de POO avec et vous comprendrez ).
    Je vous invite à faire un petit tour sur http://fr.techcrunch.com/2011/04/29/le-javascript-va-t-il-detroner-les-autres-langages-web/ pour avoir une autre vision.
    Même le CSS qui est – parait-il – si simple, nécessite à mon avis un bon mois de pratique intensive.
    Alors avoir un vernis histoire de gagner du temps ; oui c’est évident.
    Ensuite il vaut mieux choisir son prestataire sans vouloir jouer dans la cour des grands ( c’est une image ) , en se basant sur des critères moins techniques ( retours utilisateurs, garanties, réalisations … ).

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Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.