Ecommerce 2012 : tout va très bien, oui mais…

Ne nous leurrons pas. Les chiffres de la FEVAD, même s’ils montrent une croissance du CA du ecommerce, une augmentation du  nombre de transactions, une augmentation de la part du mobile dans les canaux d’achat, une explosion du CA des places de marché, masquent sans doute une réalité plus nuancée.

Les pure players généralistes souffrent. La rentabilité de ceux-ci est extrêmement faible, voire nulle ou l’inverse. Et la seule porte de sortie trouvée est l’adossement à une enseigne de grande distribution ou à une structure plus pérenne (voir Cdiscount, Pixmania, Rue du commerce). Autrement dit le monde réel. C’est le retour à la réalité.

Les petits ecommerçants sont toujours plus nombreux, mais combien tirent vraiment leur épingle du jeu et en vivent ? Avec une chute drastique du chiffre d’affaire moyen, certainement très peu. Le fait d’avoir 117,000 sites marchands (en hausse) recèle des réalités différentes qui vont du ecommerçant occasionnel qui arrondit ses fins de mois en bossant de chez lui sur son PC portable, en passant par l’entrepreneur de TPE qui galère, lui, pour boucler ses fins de mois et payer quelques salaires, jusqu’aux grosses structures dont la bonne marche des affaires varie du tout au tout (prenez les vadistes du Nord qui n’ont toujours pas trouvé de solution pour se rentabiliser et un Vente-Privée ou un Amazon qui caracolent en tête de tous les palmarès).

Place de marché : un concept qui cartonnait déjà autrefois.

La crise n’a pas épargné réellement le commerce, tout comme le commerce, puisqu’on note tout de même une érosion générale du panier moyen, un ralentissement global de la hausse qui avait toujours prévalu jusque là.

D’ailleurs, si le ecommerce globalement va bien, c’est parce que le commerce souffre. Mais aussi parce que celui a reporté une partie de ses ventes sur le web. On a vu cette année un grand nombre de distributeurs et de marques arriver débarquer dans le monde digital avec tout le recul nécessaire pour ne pas se prendre de gadins (voir l’interview très intéressante d’Emmanuel Deroude, PDG de Tati, à ce propos) comme les pionniers du domaine.

Alors en 2013, peut-on encore se lancer dans le ecommerce, la fleur au fusil, comme en l’an 2000 ? Certainement pas. Le ecommerce est devenu une chose sérieuse qui, contrairement, au commerce, demande une organisation et une technologie plus complexe. Il demande aussi des connaissances encore peu réparties au sein des commerçants pour qui les mots « adwords », « ad exchange », « emerchandising », « CRO », « big datas » et autres joyeusetés sémiologiques ressemblent plus à une invasion de martiens qu’à de la vente de fripes en promo dans une boutique de centre-ville.

Les règles sont complexes, la concurrence y est extrêmement féroce (bien plus que dans la réalité), les investissements nécessaires pour surnager bien plus lourds qu’auparavant. L’émergence des nouveaux canaux de distribution comme les smartphones, les tablettes et bientôt la télé ne font rien pour simplifier les choses et pour un entrepreneur ayant de l’ambition se lancer dans le ecommerce en 2013 ressemble de plus en plus à se lancer dans l’industrie automobile à l’orée du XXème siècle : une aventure passionnante, ambitieuse, technologique, mais très risquée.

Alors ? Qui veut veut faire du ecommerce en 2013 ?

 

15 commentaires

  1. Tout à fait en phase avec les commentaires faits hier en conférence, commentaires qui peinent à transparaître à la seule lecture des slides et autres communiqués

  2. Voilà une bonne introduction pour 2013, ceux qui ne se sont pas lancés mais qui hésitaient seront définitivement fixés, ceux qui souffrent pourront s’arrêter et les gros qui peinent comprendre qu’en remontant un peu leurs prix ils auront plus de marge (mais n’est-ce pas trop tard?).

    Moi ça me rassure un peu de lire cela au vue de la complexité ressentie sur le terrain, certains canaux d’information ont tendance à rosir un peu trop le tableau. Finalement, il faut travailler pour réussir et c’est tant mieux, non ?

    Nous on continue et on se régale 😉

    Alex.

  3. Nous on vient de se lancer fin 2012 et on est confiants, tout simplement parce que nous avons mis près de deux ans entre l’idée et la sortie du site. Bien sur le succès n’est pas assuré, mais quant on voit le nombre de sites moches, de services clients défaillants, etc. On est persuadé qu’il y a encore de la place mais le niveau d’exigence n’est plus le même. C’est un peu comme ce qu’à connu le commerce traditionnel: il y a encore des indépendants mais ils n’y a que les bons qui sont encore la. Un peu de professionnalisme dans un monde de brutes en somme…
    http://www.pastel-et-acidule.fr

  4. moi je veux !

    ce qui est marrant c’est que limite c’est l’inverse maintenant. Y a 5 (ou 10 ans) on disait que c’était facile d’être sur internet (concurrence plus faible, des niches non-couvertes, …) et qu’une personne sans connaissance mais motivé pouvait s’en sortir très bien. Aujourd’hui il faut beaucoup plus d’argent ou des connaissances techniques approfondies (SEO, SMO, webmastering, affiliation, …) alors que le commerce physique pourrait PRESQUE être plus facile car (par chez moi) y a de moins en moins de concurrence dans ce commerce de proximité.

  5. Certes la croissance ralentie mais il faut également voir les choses du bon côté. Tous les jours on nous dit que c’est la crise ou la fin du monde, ça ne pousse pas les gens à acheter à outrance, et ceux qui achètent se ruent sur les bonnes affaires => baisse du panier moyen.

    Dans ce contexte les emarchands doivent chouchoutés leurs clients pour les fidéliser tout en étant rigoureux dans leur gestion des coûts.

    C’est clair que cela devient de plus en plus compliqué mais bon tant que la passion est là…

  6. Notre lancement a eu lieu en mars 2012 et cela se passe plutôt bien http://www.compas-market.fr .
    Mais je pense que certaines idées ou certains sites vont rester au placard pour le moment car même si le web peut amener des ventes « additionnels », il faut quand même investir ! Ce qui était peut-être un peu moins le cas au début…

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Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.