Opportunités et Freins au Business des Objets Connectés – Retour sur EcommerceConnect

Il va sans dire que les objets connectés représentent une opportunité pour les affaires, mais la question est de savoir comment. Car si ils envahissent, discrètement, peu à peu notre vie quotidienne et, par nature, récoltent de plus en plus de données et renseignent de plus en plus les sociétés sur nos petites bonnes et mauvaises habitudes, il ne va pas de soi que leur adoption ou leur mise à profit se fasse sans heurts.

C’est de ces questions dont je débattais hier à EcommerceConnect en compagnie d’Alexis Normand, de Whitings, ainsi que Cyril Gropiron, de Umanlife, afin de déterminer bien modestement quels étaient les opportunités et les risques liés à la diffusion des objets connectés pour le ebusiness. Car, autant les objets connectés remplissent le paysage des entreprises commerciales de promesses mirifiques, autant ils peuvent représenter un danger pour les individus.

Bien sûr, il n’était pas question en 1h de débat de répondre à toutes les questions, mais notre échange, nous a permis, et à notre public, je l’espère d’y voir un peu plus clair.

Opportunités

Qu’on se le dise, les objets connectés sont, par définition, des objets connectés à Internet, capables à la fois de recevoir, d’enregistrer, de récolter, donc, des données, mais également d’en envoyer. Ce sont des objets qu’on pourrait dire intelligents, mais surtout ce sont de véritables agents indicateurs, ainsi que l’étaient les premiers Nabaztag, à notre service.

Aura de Withings, un bel objet design pour monitorer en toute discrétion votre sommeil
Aura de Withings, un bel objet design pour monitorer en toute discrétion votre sommeil

Dans le domaine de la santé, dont nos 2 protagonistes étaient les spécialistes, les objets connectés deviennent entre leurs mains de véritables agents indicateurs en nous permettant de nous monitorer, presque 24h/24, de notre rythme cardiaques, aux nombres de pas que l’on effectue dans la journée, en passant par notre poids, le nombre de marches que l’on monte où que l’on descend, notre tension, j’en passe et des meilleures. Une simple balance, une montre, un téléphone, se transforment en filet à papillon à données et remontent en permanence dans les limbes du cloud des quantités phénoménales d’informations qui, une fois triées, rangées, arrangées peuvent être renvoyées de manière à nous permettre de « voir » notre état de santé.

Umanlife, chargé d’agréger ces données, prétend aujourd’hui rassembler plus de 15000 aficionados se monitorant jour après jour sur un tableau de bord accessible depuis leur smartphone, leur tablette ou leur PC. De quoi être en bonne santé, d’après Alexis Normand, puisque le simple fait de surveiller en permanence son poids, sans avoir rien d’autre à faire que de monter sur une balance, permettrait à ceux qui utilisent de tels services de perdre plus vite des kilos en trop ou de ne pas en gagner.

Le Dashboard d'Umanlife agit comme un agrégateur de données permettant de prendre votre santé en main
Le Dashboard d’Umanlife agit comme un agrégateur de données permettant de prendre votre santé en main

Un signe qui ne trompe pas : Apple, Amazon, Google y sont déjà

Mais il n’y a pas que dans ce domaine. Et comme le montre les acquisitions récentes des géants du Web (Google ou Apple, notamment), la maison, la voiture sont également promis à un bel avenir connecté dans lequel de plus en plus d’objets qui nous entourent pourront surveiller pour nous tout un ensemble de données, de facteurs (il existe des couches pour bébé connectées qui vous alertent en temps réel quand Bébé a fait caca, mais également des fourchettes qui vibrent quand vous mangez trop vite) qui vont sans doute prochainement transformer la manière dont nous interagissons avec notre environnement.

Le premier gisement de richesse est là dans cette capacité à apporter un service qu’auront les objets connectés par rapport à une problématique donnée. Exemple, Amazon Dash, le bâton magique d’Amazon, qui pourrait modifier à terme la manière dont nous ferons les courses.

L’autre pendant de cette richesse, c’est le « Big Data ». Car, en étant connectés, les objets vont aussi créer énormément d’informations (c’est le métier d’Umanlife) exploitables pour permettre de mieux prédire l’avenir à court terme, mesurer des habitudes de consommations ou de comportement en temps réel, ou tout simplement, comme le fait déjà Facebook, pour pousser des publicités sur les terminaux adéquats. Imaginez un GPS qui cherche un restaurant en fonction de vos préférences gustatives ou qui vous conseille un « spot » que vos amis ont tous adoré. Les possibilités semblent infinies !

Freins

Cela étant dit, il ne faut pas croire que tout soit si rose dans le monde merveilleux des objets connectés.

Les données sur la vie privée si elles ne sont pas sérieusement sécurisées, « ce qui n’est pas le plus compliqué à faire », dixit Alexis normand de Withings, seront forcément un frein à l’adoption des objets connectés. Mais comme dit pendant la table ronde, il s’agit plus d’une question de perception et de confiance, que de réalité.

Deuxième frein, et il est d’ordre technologique, où allons-nous mettre toute ces données et comment allons-nous en tirer parti ? Là aussi, la question est d’importance et elles posera de sérieux problème, plus la progression du parc des objets connectés sera importante. Et il est prévu qu’il y en ait plusieurs milliards d’ici 2020, sûrement plus même que la population mondiale. Quantité de données, tailles des tuyaux pour les acheminer, puissance de machine pour les traiter. Il n’est pas évident que l’Internet supporte un tel afflux de besoins en ressources digitales.

Troisième frein ou 3ème impératif plutôt : la discrétion. Pour qu’un objet connecté soit adopté, il ne lui suffit pas d’exister et d’être bardé de fonctionnalités. Il se doit également de s’intégrer harmonieusement et naturellement dans la vie quotidienne. Pas question d’obliger 9 milliards de personnes à changer la manière dont ils se pèsent ou courent pour pouvoir leur offrir de nouveaux services. L’objet connecté doit se fondre dans la vie et dont correspondre aux usages existant sans les modifier. Avis aux ergonomes. Il y a du travail !

Pour terminer, on peut également craindre que trop d’objets connectés, c’est trop. Et une des craintes majeures des français, en la matière, ce sont les ondes. Faudra-t-il aussi les rassurer sur ce point ? Certainement si l’on veut avancer vers les horizons merveilleux et enchanteurs du monde des objets connectés.

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Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.