Equipmag 2014 : la folie de la géolocalisation indoor

Suite et fin de mon petit compte-rendu sur le salon (vous pouvez lire le premier en cliquant ici)

La « révolution » à venir : le géomarketing indoor

A écouter les commentateurs (autrement dit les personnes avec qui j’ai pu échanger quelques mots au milieu du brouhaha ambiant), un sujet les passionnait : le geomarketing indoor ou l’art et la manière de géolocaliser les visiteurs en magasin grâce à leur smartphone (celui que chaque visiteur peut avoir soit dans sa poche, soit dans sa main en pianotant dessus compulsivement). Une technologie, ou des technologies devrais-je dire, car les solutions sont multiples, qui ont l’heur d’exciter les foules et les directeurs marketing qui y voient un nouveau champ de possibilités et d’applications.

Pour quelles applications ?

Parmi celles-ci, on trouvera la sempiternelle aide à la localisation (pratique quand vous êtes dans un parking, ou mieux encore lorsque vous êtes déficient visuellement, voir l’expérience menée à l’aéroport de Chicago (en anglais)), mais ce qui semble transformer le plus en loups hurlants ses admirateurs est la capacité de ces systèmes à envoyer des notifications aux clients d’un magasin (cf Kenzo à Paris), par exemple, ou aux passagers captifs d’une terrible zone aéroportuaire dont l’activité la plus joyeuse à leur disposition reste encore jusqu’à nouvel ordre la flânerie au milieu des tubes de Toblerone géants, les montres de luxe, les pyramides de parfums et les produits éthylique en tout genre soi disant détaxés. Tout ce joli monde, et bien plus encore, affriole donc les papilles de nos stratèges en marketing toujours en manque d’innovation.

 

Les aéroports, des lieux propices au shopping
Les aéroports, des lieux propices au shopping

3 technologies innovantes

De ce côté là, donc, on pouvait s’extasier sur 3 technologies innovantes, dont l’une d’ailleurs ne l’est pas du tout, puisqu’il s’agit du wifi. Les deux autres étant d’une part, les beacons, tels que proposés par Insiteo, sortes de joyeux petits galets en plastiques recélant à l’intérieur un émetteur-récepteur « bloutouffe » capable de relier nos joyeux passants au système d’information du lieu de leur pérégrinations. Plus précis, largement plus précis, que les bornes wifi, les beacons permettent donc de mailler une zone de chalandise en les collants un peu partout de manière discrète de manière à ce que les enfants ne les volent pas et foutent votre réseau en l’air. D’autre part, et bien plus rigolo encore, une technologie, proposée par la société Trato qui fait appel à la lumière pour envoyer et recevoir des informations. Oui, la lumière, alléluia, qui provient des ampoules des plafonniers  de vote superbe hypermarché. Donc, là, pas de beacons, pas de balise wifi à installer, rien que des ampoules à visser au plafond, ou ailleurs, pour créer un magnifique réseau capable à la fois de géolocaliser vos utilisateurs et de leur « pusher » de subtils messages publicitaires tels des promotions, des vidéos, des informations pratiques (ex: le mode d’emploi d’une superbe perçeuse électrique), etc etc. C’est réellement bluffant tant ça a l’air naturel.

Les ampoules au plafon de ce rayon permettent de recevoir les données d'un smartphone
Eclairage digital par Trato

 

Les limites à la géolocalisation indoor

Je ne me ferai pas l’avocat du diable, mais je le fais quand même, en me demandant si, tout de même, par hasard, à force d’envoyer à tire larigot des alertes, des messages de bienvenus, des code promos toute les 5mn, vous n’allez pas rendre totalement zinzin les gens qui auraient eu la gentillesse de venir dépenser leurs sous dans votre magasin. C’est un risque, et il faut y penser.

Ajoutez à cela que la CNIL vient de lancer un avertissement à la grande distribution en leur expliquant que c’était bien joli de récupérer des tonnes de données sur ses clients, mais qu’il était hors de question que ça soit nominatif et, surtout, que ça se fasse sans opt-in. La bonne idée, toujours d’après la CNIL, serait de donner la possibilité aux gens de passer leur smartphone devant un scanner à l’entrée du magasin, geste qui serait l’équivalent offline, du petit clic dans la case à cocher sur les sites webs. Franchement, j’ai un doute sur l’efficacité d’une telle méthode, mais on pourrait toujours imaginer un système de transmission de pensée à l’entrée des magasins qui obligent les gens à scanner leur smartphone 🙂

Autre tendance de fond, l’intégration des systèmes d’information pour les rendre « omni », « multi », « cross » – canal, je ne sais plus quel terme employer, tant il y en a. N’ayant pas eu matériellement le temps (ni le courage surtout) de me plonger dans les affres de la techniques, je me permettrait tout de même de vous citer Maxxing,  cette SSII nordiste, ayant fait une alliance avec Nixdorf pour proposer un système de reconnaissance client en caisse grâce à leur smartphone (toujours eux).

 

Enfin, pour finir, ce passionnant compte-rendu, j’ai aussi pu assister en direct à la démonstration du tapis roulant / caisse enregistreuse sans caissière. Fantastique. Un grand progrès pour la productivité, moins pour le marché de l’emploi.

 

On se retrouve la semaine prochaine au salon Ecommerce.

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Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.