Comment les internautes regardent Google ? Ça a beaucoup changé

Avant, c’était différent

Une étude est passée relativement inaperçue cette semaine. Et pourtant, elle est riche d’enseignements sur la manière dont les internautes scannent visuellement les pages.

Le schéma en F. Mais ça, c'était avant... en 2005, du temps des développeurs préhistoriques.
Le schéma en F. Mais ça, c’était avant… en 2005, du temps des développeurs préhistoriques.

Tout le monde (enfin, surtout ceux qui s’intéressaient au sujet) connaissait le fameux dessin en « F » qui traduisait la manière dont les internautes américains regardaient une page de résultat Google. Ce dessin prouvait par A+B que les résultats en tête de page de Google étaient les plus privilégiés par ces mêmes internautes. Et que par conséquent, pour être vu sur Google, il fallait être en haut de page et pas en bas.

Logique, me direz-vous, même si vous n’êtes pas vulcanien.

Les temps ont changé

Logique, oui, mais… entre temps (l’étude remonte à loin), les choses semblent avoir changé. Et c’est ce que montre une nouvelle étude sur le même sujet, réalisée par une agence de marketing américaine.

Surprise ! Le fameux schéma en « F » a disparu ! Les internautes ne scannent plus les trois ou quatre résultats en tête de page, ils s’intéressent à tout ce qu’il y a dessus, de haut en bas.

Le schéma en "F" aujourd'hui. Vous avez remarqué d'ailleurs qu'il n'est plus en "F", mais en I. Ca change tout !
Le schéma en « F » aujourd’hui. Vous avez remarqué d’ailleurs qu’il n’est plus en « F », mais en I. Ca change tout !

En gros, plutôt que lire les premières phrases de description en haut de page, les internautes américains scanneraient rapidement l’ensemble des résultats (en ne s’intéressant qu’aux premiers mots des phrases) et, ensuite, choisiraient le bon résultat.

En quoi maintenant, c’est différent, c’est pas pareil ?

Ce nouveau comportement aurait plusieurs origines :

  1. Google en affichant des résultats dans plusieurs catégories (actu, map, vidéo, etc.) demande un effort supplémentaire aux internautes qui ne veulent rater aucune opportunité de trouver ce qu’il cherche
  2. Les habitudes sur smartphone tendrait à favoriser ce scroll visuel de bas en haut rapide. Rapide, car les internautes iraient encore plus vite au but qu’auparavant : entre 8 et 9s, contre 14 à 15s en 2005.

De la même façon, l’impact pour le SEO et le SEM entraînerait plusieurs nouveautés :

  1. Il devient moins utile d’être systématiquement en haut de page de résultat
  2. Les mots clés au début de votre phrase d’accroche doivent être les plus informatifs possibles
  3. Apparemment, les visuels affichés dans les pages de résultats de Google seraient aussi plus pris en compte par les internautes, mais pas forcément cliqués. On aurait donc un double effet kiss-cool avec du marketing direct d’un côté et du brand-marketing de l’autre.

Faut-il surtout ne rien changer ou, au contraire, tout changer ?

Faut-il tenir compte de cette étude aujourd’hui et modifier sa stratégie de SEO/SEM ? Je ne le pense pas. Mais, il faudra certainement l’adapter et la modifier peu à peu en surveillant les résultats. Sans oublier non plus que l’échantillon testé a été relativement faible (53 personnes) et qu’il s’agit d’une population homogène d’américains.

Sur les sites de e-commerce, ces nouveaux comportements pourraient-ils également induire des changements ? C’est possible. Notamment dans les pages d’affichage des produits (pages liste). Les meilleurs produits doivent-ils êtres systématiquement affichés en haut de gauche à droite, ou bien faut-il essayer de les afficher de haut en bas sur la première colonne ? Question à laquelle je vous invite à répondre en faisant des beaux tests A/B.

Bonne optimisation !

Via Forbes (ça vous en bouche un coin que je lise ça, hein !)

30 commentaires

  1. 100% d’accord.

    Il y a certainement (et notamment) 2 raisons à cela :

    – La recherche universelle, c’est à dire la capacité de Google à interroger plusieurs index (différents moteurs verticaux tels que images, vidéos, maps…) pour une même recherche puis à synthétiser une réponse dans une même page de résultats (SERP).

    – L’algorithme QDD (Query Deserves Diversity) qui va déterminer pour « chaque » requête le degrés et le type de différents résultats à inclure.

    Cela fut clairement une révolution pour les référenceurs puisque tout a été impacté, les taux de clics, la stratégie de création de contenu et bien entendu le trafic généré.

  2. En effet l\’évolution de Google a impacté également les habitudes internautes. Les résultats ne sont pas forcément les mêmes selon la recherche voulue, l\’historique.Selon une recherche, le clic ou points chauds ne seront plus les mêmes, je pense qu\’il serait plus intéressant de faire cette étude sur un nombre plus conséquents :Faire un schéma globalFaire des schéma selon la thématique recherchée (film, informations, géolocalisé, produits)

    1. Même si le nombre peut paraître faible, il n’est pas du tout anormal dans le domaine de la recherche ergonomique et suffit à être représentatif. En revanche, il faut garder à l’esprit que c’est une recherche issue des Etats-Unis. En France et en Europe, les résultats ne seraient peut-être pas les mêmes.

  3. C’est en effet intéressant même si le nombre d’échantillons est assez faible.
    Cela peut expliquer pourquoi on trouve à présent les publicités les plus rémunératrices en haut plutôt que sur la droite.
    La vitesse de lecture doit sans doute être en rapport avec les habitudes prises par les lecteurs. Si le design change brutalement l’œil risque de se positionner sur une zone plus large afin de prendre de nouveaux repères.
    Ce qui est incroyable, c’est notre capacité d’analyse d’une phrase en ne regardant que les deux premiers mots. Avec cela l’humain arrive à détecter si le site est de qualité! Cela peut se comprendre pour trouver un site déjà visité, mais dans le cadre d’une recherche ouverte c’est vraiment impressionnant.

    1. De mon expérience, le cerveau « lit » et connait le contenu de la page avant même que nous en ayons réellement conscience. Maintenant, je ne suis pas ergonome et un commentaire d’un vrai expert sur le sujet serait intéressant.

      1. Monsieur est modeste et je peux témoigner que tu es ergonome dans ta démarche… bref. En tout cas merci pour l’article. Je pense qu’il est inévitable que cela finisse par changer des choses, non pas sur le référencement naturel, qui au passage est beaucoup trop négligé, mais sur le référencement payant certainement… la première place laisse la place aux premières places… Je trouve tout ceci assez logique aussi dans la mesure où la pertinence des résultats s’améliore (c’est mon avis), regarder plusieurs résultats est aussi un gage de qualité et l’assurance de trouver le résultat le plus pertinent. Certainement aussi un glissement des usages vers moins de confiance « aveugle » dans les premiers résultats (du fait des placements commerciaux peut-être). Cette défiance est rassurante… et va inévitablement engendré des changements chez google… la course entre la recherche du profit maximum et la pertinence des résultat est inévitable. Google doit se méfier, le désamour est très très rapide sur le web…

      2. Ce qu’il faut retenir de cette évolution, c’est que les habitudes de navigation changent et qu’il faut rester à l’écoute.

  4. mouaaaaah le vulcanien est un con en pyjama qui s’amuse à Vulcania, Puy de Dôme, un Vulcain est le même gars en pyjama à la passerelle de l’Enterprise. Allez en avant distorsion

  5. Bonjour voilà une étude passionnante à plus d’un titre :
    * cela relance le levier SEO qui se porte déjà très bien
    * sans SEO, pas de revenus SEA ADwords pour Google ; de là à déduire que toute la stratégie que vous décrivez (= « le fameux schéma en « F » a disparu ! Les internautes ne scannent plus les trois ou quatre résultats en tête de page, ils s’intéressent à tout ce qu’il y a dessus, de haut en bas… ») a été TRÈS intelligemment pensée par Google afin de conserver ses revenus Adwords, il n’y qu’un pas !
    * il faut continuer à soigner son balisage sémantique, entre autre, pour le côté branding
    * cela pourrait modifier le CTR moyen constaté Vs positions-ranking SEO dans les SERP de Google ?! Habituellement on constate que le CTR s’abaisse de façon exponentielle jusqu’en fin de page pour remonter légèrement en début de 2e page de SERP, mais cette tendance est-elle en phase de « mutation » ?
    * le travail SEO peut s’en trouver facilité car les autres positions de ranking deviendraient très intéressantes 🙂
    Pouvez-vous communiquer le nom de l’agence de marketing américaine qui a réalisé l’étude svp ?!!

    Merci, Bertrand Masselot VOLUMIUM

  6. Quand est ce que les sites spÃ�©cialisÃ�©s arrÃ�ªteront de confondre SEM et SEA … pour rappel SEM = SEA + SEO + SMO

  7. Est-ce que je suis rabat-joie si je pense qu’une « étude » sur 53 personnes ne permet de tirer aucune conclusion ?

    Aller, next !

    1. Bonjour EBR, désolé de te dire que tu as tort. Dans ce domaine, c’est plutôt suffisant. En ergonomie, nous menons nous mêmes très souvent des tests sur des panels beaucoup plus restreints de 10 à 12 personnes, voire moins. Et c’est largement suffisant pour faire une analyse de site. Pour ce qui est de l’eye-tracking, le panel de 53 me parait suffisant, mais, après, on peut toujours le discuter, dans la mesure où il y a toujours plusieurs écoles, comme dans tous les domaines.
      Merci de ton commentaire.

  8. Il y a aussi eu une grosse évolution technologique sur les connexions et les navigateurs.
    Aujourd’hui avec les onglets on n’hésite pas à ouvrir plusieurs pages et les refermé dans la seconde alors qu’avant il fallait mieux réfléchir avant de cliquer.

  9. Voilà une petite étude qui a l’air de sonner le glas du Triangle d’or et qui pourrait changer les pratiques SEO et SEA à l’avenir mais il serait intéressant de faire la même étude d’eye-tracking en France, en tenant compte de la requête (Google n’affiche pas la même chose s’il s’agit de tourisme ou d’achat par exemple) mais aussi en différenciant les internautes.. Un internaute « confirmé » passe sans doute sur les Adwords, non ? 🙂

    En tous cas, chouette étude et sujet qui mérite d’être surveillé dans les prochains temps !

  10. Etude intéressante qui semble sonner le glas du triangle d’or.
    Je ne la trouve que maintenant, mais ce qui m’interpelle c’est de ne pas l’avoir vue ailleurs depuis : forcément ça diminue un peu le poids des 3 fameuses premières places de la serp et casse un peu l’argumentaire des agences seo. (j’ai bien dit « un peu »)

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Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.