Design et utilisabilité : les 2 mamelles du succès

Fidéliser avec une belle interface

Au cours d’une discussion récente avec un de mes contacts, il ressortait l’idée qu’offrir une interface facile à utiliser et belle permettait de fidéliser plus facilement un utilisateur.

Je crois qu’on oublie trop souvent ces 2 notions ou bien qu’on ne les utilise pas à bon escient.

Il y a très longtemps j’avais écrit un article sur la relation entre le design et l’ergonomie et, parmi les points qu’il fallait en retenir, deux choses ressortaient notamment :

  • Ce n’est pas parce qu’un site est beau que l’utilisabilité est bonne
  • Un beau design a tendance à renforcer l’utilisateur dans l’idée qu’un site ou une application est facile à utiliser

Pourquoi, comment ? Je vous renvoie à l’article pour retrouver les explications.

Pour rencontrer le succès : un site ou une application doit être utilisable et beau

Ce qui me semble important à retenir, par dessus tout, c’est qu’une application ou un site web, s’il veut mettre toutes les chances de son côté doit à la fois être facile à utiliser (utilisable) et beau.

Certes, ces deux notions ne sont pas faciles à démontrer et peuvent rester assez facilement sujette à débat. Définir le beau n’est pas simple. Cela repose sur le croisement de nombreux critères qui vont de l’histoire intérieure de la personne (son expérience esthétique) aux phénomènes de mode en passant par des règles soi-disant intangibles (comme le fameux nombre d’or). A dire vrai, un bon directeur artistique ou un bon designer saura assez facilement faire la différence entre ce qui est « beau », esthétique, agréable au regard, séduisant et… ce qui ne l’est pas.

C’est beaucoup plus difficile pour l’utilisabilité. Celle-ci ne se vérifie pas, contrairement à ce que beaucoup croient, au regard. On ne peut pas avoir un oeil d’ergonome. Ça n’existe tout simplement pas. Pour savoir si une interface est utilisable, il faut la tester et il n’y a pas d’autres moyens de le savoir.

Beauté et utilisabilité : critères indispensables de la réussite ?

Mais revenons-en à la question du début : la fidélisation par l’utilisabilité et le design. Ces deux facteurs sont-ils suffisants pour permettre à une application ou à un site web d’être largement adoptés ? Certainement pas. L’utilité d’une application est primordiale et dépasse largement tous les autres facteurs de fidélisation. Une application aussi belle et facile à utiliser qu’elle soit n’a aucune chance de succès si elle ne rencontre pas un véritable besoin chez l’utilisateur.

Mais dans le cas contraire, que se passerait-il ? Imaginons une application extrêmement utile, mais aussi, également, extrêmement mal foutue. Avouons-le, c’est le cas pour beaucoup de sites et d’applications. Les utilisateurs vont-ils la rejeter ? Pas nécessairement s’ils en ont vraiment besoin et qu’ils n’ont pas d’autre alternative que cette application. Mais dans ce cas, ils ne seront pas heureux. Et fuiront, s’ils le peuvent, à la première occasion.

Ça, c'était dans l'ancien temps
Ça, c’était dans l’ancien temps

Si vous vous en souvenez bien, c’est exactement ce qui s’est passé avec l’iPhone et iOS quand ils sont apparus. Avant lui, il existait déjà de nombreux smartphones. Mais ils étaient dotés de petits écrans pas très lisibles, de claviers inutilisables, de stylets qui se cassaient ou que l’on perdait, et d’applications qu’il fallait installer comme on installe une application dans Windows. Autrement dit, c’étaient des produits réservés à une certaine élite, à des geeks et à ceux qui n’avaient pas d’autres choix que de les utiliser. Et d’ailleurs, peu de gens les utilisaient beaucoup tant ses appareils étaient peu pratiques et lents.

Changement de situation totale avec l’iPhone. Tout y avait été pensé en fonction de l’utilisateur et non pas en fonction des possibilités techniques. Y avait été ajouté une bonne couche de design et le tour était joué. D’un seul coup, les smartphones devenaient à la mode et plus personne ne pouvait s’en passer.

Penser utilisabilité et design en même temps

Pour les applications logicielles et les sites webs, on devrait voir apparaitre la même philosophie. Pour qu’une technologie soit adoptée, pour que les gens l’utilisent, elle doit rester simple à utiliser (ce qui ne veut pas dire simpliste), ludique, c’est à dire qu’on doit y trouver du plaisir grâce aux multiples effets que l’on peut créer aujourd’hui avec les API d’affichage et aussi belle. Ajoutez-y une pincée de réactivité et le succès sera garanti. C’est pour moi la deuxième clé la plus importante du succès d’une application : le design + l’utilisabilité pensés ensembles et non pas séparément comme c’est encore le cas trop souvent aujourd’hui. Le design et l’utilisabilité doivent être traités en même temps, ce qui n’est pas si facile, puisque leur conception fait appel à deux corps de métiers différents.

Conclusion : un besoin grandissant

Dans un environnement envahi par les écrans où il est aussi facile de passer à un site à un autre ou d’installer des dizaines d’applications sur son smartphone ou sa tablette. Dans un monde où la profusion est écrasante. Le seul moyen de se démarquer est d’offrir une interface qui fasse rêver et qui divertisse, même s’il s’agit d’une application métier. Les jeunes générations qui arrivent sur le marché du travail demandent cela. Elles sont très habituées aux écrans. Elles ont beaucoup joué. Elles ont testés des milliers d’interfaces et ce qu’elles recherchent ce n’est pas seulement de l’utilité, c’est aussi de la facilité d’utilisation, de la simplicité en beauté.

Aujourd’hui, dans un budget de développement d’un site web ou d’une application, je trouve que 20 à 30% devrait être consacré à ces aspects là. On en est encore bien loin.

1 commentaire

  1. Mettre le confort du client au centre des préoccupations des développeurs d’applications pour smartphone est une obligation.
    Dans un milieu qui est maintenant optimisé à 80% pour être utilisé sur toutes les plateformes, un site internet n’ayant pas la certification « mobile friendly » sera mis de coté très rapidement … par les utilisateurs d’un part, par Google d’autre part.

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Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.