Découvrez comment Mappy met en oeuvre sa nouvelle stratégie à travers son app

app-mappy-intro

Discussion avec Florence Leveel, directrice marketing de Mappy

Comment Mappy va changer la façon de se déplacer des français

Il n’est jamais très simple quand on est une société avec quelques années d’existence de changer de cap. Surtout quand sur votre route se trouvent des adversaires aussi coriaces qu’un Google Maps ou un Apple Plan. Mappy avait été une startup connue avant que les 2 GAFA ne dégainent leurs applications de mobilité. J’imagine que le choc a été rude.

Aujourd’hui Mappy revient avec une nouvelle application (en avril, vous ne la verrez donc pas pour l’instant) et de nouvelles ambitions en tirant parti à la fois de son métier d’origine (le calcul d’itinéraires) et de sa base de données de POI (Point of Interest) et de produits.

La page de résultat par défaut de Mappy pour une recherche d’itinéraire. Jusque là, rien de très nouveau.

Il s’agit pour la filiale de So Local Group de devenir l’assistant favori des français pour leurs déplacements. Cette nouvelle stratégie vous pouvez déjà la voir à l’oeuvre en utilisant la fonction « itinéraires » dans l’application mobile et c’est à cette occasion que j’ai pu rencontrer Florence Leveel, la Directrice Marketing qui a bien voulu m’accorder 1h d’entretien à ce sujet.

Désormais, au lieu de se contenter de vous donner un simple trajet sur une carte routière (comme le fait tout le monde), l’app de Mappy est capable de vous proposer plusieurs routes, selon plusieurs modes de transports, et en connexion en temps réel avec l’état du trafic. Ainsi, si vous devez aller de Lille depuis chez vous jusqu’à un coin obscur de la capitale parisienne pour un rendez-vous interlope, Mappy vous dira :

  1. De prendre le bus en sortant de chez vous
  2. De rejoindre la gare à pied
  3. De prendre le TGV de 0h13 à Lille Europe (avec possibilité de réserver son billet sur voyages-sncf.com)
  4. De continuer ensuite avec le ligne 5 du métro jusqu’à Strasbourg St-Denis
  5. Et ainsi de suite

Chaque recherche vous permet d’obtenir plusieurs types de résultats en fonction de critères de prix, de temps et de mode de déplacement. L’originalité, par rapport à un Google Maps, c’est bien sûr les connexions aux plateformes des différents opérateurs de transport, qu’ils soient locaux (comme Transpole à Lille, la RATP à Paris) ou nationaux (comme Voyages-SNCF ou Uber pour tous les transports urbains).

Quand on descend dans la page de résultat, voilà ce que l’on trouve. Des nouvelles offres de partenariat.

La future application de Mappy est l’exemple typique de l’utilisation et du croisement de données déjà existantes pour fournir un service innovant

Mais plus que cela encore, l’ambition de Mappy est de pouvoir se servir de son immense base de données d’informations (il faut comprendre que Mappy fait partie du même groupe que Pages Jaunes) pour pouvoir soit :

  1. Insérer dans ces trajets des propositions de points d’intérêts, de services, voire de produits ou de promotions (parce que ça aussi, ils l’ont)
  2. D’intégrer dans des trajets, des recherche par produit, par service ou par POI

Je ne sais pas si vous saisissez la subtile différence de ces 2 approches, mais elle est d’importance, car elle permet de comprendre comment il est possible de transformer de la recherche d’itinéraire non plus en exprimant des destinations et des points de départ, mais des produits et des services. D’un point de vue marketing, c’est une source de revenus en plus pour l’entreprise. D’un point de vue utilisateur, cela peut changer entièrement la manière dont il se servira d’une application de cartographie. En somme, Mappy pourrait devenir le véritable moteur de recherche français par géolocalisation.

Ces résultats sont présentés pour un trajet simple, mais Mappy est aussi capable de mixer les moyens de transport et les partenaires pour offrir plus de choix à l’utilisateur

Qui dit changement de cap stratégique, dit nouvelle application

Maintenant que vous savez vers quoi s’oriente Mappy, peut-être est-il temps maintenant de comprendre comment cela se matérialise à travers sa future nouvelle application.

Florence Leveel m’a expliqué que ce nouveau cap stratégique avait entraîné, par nécessité vitale, une refonte complète de l’application et du site de Mappy.

Cela aussi devrait retenir votre attention, car, comme je l’explique souvent, une application devrait, si elle est bien faite, être le reflet exacte de la stratégie d’une entreprise (si vous ne me croyez pas,  je vous invite à télécharger les dernières versions des app Uber, Voyages-sncf ou AirBNB), vous verrez que toute l’ergonomie est orientée vers un métier (et presqu’un seul), une fonctionnalité, qui est la définition même de l’entreprise.

  • Pour Uber : quelque soit mon besoin, me déplacer d’un point A à un point B avec un taxi
  • Pour Airbnb : quelque soit mon lieu de vacances, me procurer des « expériences de vie » personnalisées et marquantes (en gros, me créer de souvenires inoubliables)
  • Pour Voyage-SNCF : m’amener d’un point A à un point B, du moment que vous prenez le train

En tant qu’xxpert UX, je me suis donc permis de lui demander comment avait été conçue la nouvelle application. A ma grande surprise, elle ne sera pas une évolution de la précédente, mais bien une refonte majeure, ce qui va un peu à l’encontre des méthodes de développements en cours dans le monde génial et merveilleux des apps.

Un véritable prototype fonctionnel a donc été bâti et mis entre les mains de plusieurs milliers d’utilisateurs pour conduire des séries de tests A/B et pour améliorer l’application jusqu’à ce quelle devienne viable et réponde aux véritables besoins des utilisateurs.

Besoins qui eux ont été définis suites à des enquêtes de rue (directement en bas du Pont de Sèvres à Boulogne Billancourt où se trouve le siège de Mappy), et à l’interne (parce qu’il y a aussi beaucoup de monde chez Mappy).

Comme toute bonne « startup », l’ensemble des développements et de la conception ont été réalisés en interne. L’UX est pris en charge par deux personnes intégrées non pas dans l’équipe de dev, mais dans l’équipe marketing. Le résultat… eh bien, il faudra attendre avril pour le voir 🙂

De la très grande importance de soigner le design pour améliorer la perception de l’efficacité de l’application

Chose amusante : la surprise de Florence Leveel à découvrir l’impact « positivant » du design sur la perception produit.

Je m’explique, car c’est un point auquel je tiens beaucoup.

Plus une application est bien conçue graphiquement, puis il y a de chances qu’elles soit bien perçue. Notamment en terme de facilité d’usage. C’est un phénomène assez connue des UX Designer.

Dans le cas de Mappy, deux applications avaient été proposées aux bêta-testeurs. Une avec la version actuelle de l’application, l’autre avec le nouveau design graphique. A noter que les deux applications comportaient exactement les mêmes fonctionnalités et possédaient exactement la même architecture d’informations.

La réaction des utilisateurs a été éloquente. La plupart trouvait plus facile à utiliser la deuxième version (la belle), plus jeune également, et considéraient qu’elle avait du être créée par des gens plus jeunes et donc mieux conçue (alors qu’il s’agit exactement de la même application, je le rappelle).

LEÇON À RETENIR : oui, le design a un impact sur la perception de l’utilisabilité des utilisateurs, même si c’est pour de mauvaises raisons (je ne vois pas en quoi les jeunes UI designers seraient meilleurs que les expérimentés… ) et donc, OUI, il est extrêment important de travailler cette partie de l’UX (car OUI, aussi, le web design est une composante de l’UX et non pas l’inverse).

Conclusion

J’ai été très content d’avoir pu être accueilli dans les locaux de Mappy pour cette rencontre avec Florence Leveel, ce qui m’a permis de découvrir encore un autre monde du ebusiness. Car si, au final, les finalités, les moyens de monétiser le trafic, sont assez éloignés du business model des é-commerçants ou de la presse (et je pourrais trouver encore beaucoup d’exemples), la conception de l’interface, l’UX et l’UI design, au contraire, utilisent les mêmes méthodologies et servent les mêmes objectifs, à savoir, faire transparaître au pixel près la stratégie marketing de l’entreprise.

2 commentaires

  1. Voilà une nouveauté qui me paraît enthousiasmante.
    Moi qui me déplace souvent, et pas toujours en voiture, un itinéraire qui me permette d’accéder à des correspondance, bus, train, etc. va me faire gagner énormément de temps.

    Note. Pour la future ancienne version de Mappy que l’on trouve sur les Page Jaunes, je regrette depuis des années la disparition de « l’échelle », ce repère qui permettait de calculer la distance, le nombre de kilomètres, quand on fait un zoom sur le plan (celui figurant en minuscule à droite des professionnels).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Merci de taper les caractères de l'image Captcha dans le champ

Merci de saisir ces caractères dans le champ
ci-dessous afin de valider votre commentaire.

Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.