Prototyper et tester. Retour de l’Adobe Symposium à Paris.

Vue de la pleinière du Adobe Symposium Paris. Plus de 1000 personnes !
Vue de la pleinière du Adobe Symposium Paris. Plus de 1000 personnes !

Le Adobe Symposium qui s’est déroulé à Paris La Défense ce 13 novembre 2018 a été pour moi l’occasion de faire beaucoup de rencontres et surtout de me mettre à niveau avec la vision d’un des plus grands éditeurs de logiciels dans le digital.

Qu’on se le rappelle, Adobe, c’est Photoshop, c’était Flash (racheté à feu Macromedia) et toute la gamme de logiciels et de solutions qui ont accompagné tous les enfants du Web depuis ses origines.  Mais aujourd’hui, avec un programme de diversification intense, il faut désormais la voir comme un acteur incontournable de la data et de l’IA, et de solutions business, avec toute une gamme d’outils qui vont des webs analytics à la recommandation online en temps réel à la reconnaissance d’image en passant par le datamining et le ecommerce (avec le rachat tout récent de Magento Commerce).

A cette occasion, j’ai eu le plaisir d’avoir eu une discussion prolongée avec Johan Founs, Senior Creative Technologist chez Adobe, sur un sujet qui me tient à coeur : l’UX.  Et qui m’a permis de voir que la vision d’Adobe rejoignait en tout point la mienne sur la manière de concevoir des applications aux interfaces efficaces et émotionnelles à la fois.

Le point fondamental de la conception des interfaces : l’utilisateur

Car pour lui, créer une interface ne doit pas être simplement un domaine de la technique, malgré la complexité de plus en plus grande des outils qui permettent cette création (je ne vais pas faire la pub d’Adobe XD, la solution de conception maison, mais allez y jeter un coup d’oeil et vous comprendrez à quel point le métier de designer d’interfaces requiert à la fois des compétences variés, mais un niveau de compétence de plus en plus complexe à trouver actuellement).

Quel est le point crucial de la conception d’interface selon lui ?

Eh bien, vous ne serez peut-être pas étonné d’apprendre qu’il passe par les tests utilisateurs. Ne pas tester un site ou une application, c’est se cantonner à faire de la théorie et à ne pas se confronter à la réalité. Pas de design efficace sans utilisateurs ! Je ne peux que le rejoindre sur ce point.

Des tests utilisateurs, la conversation a fatalement roulé sur la question du prototypage. Car qui dit tester, dit prototype. Et là encore, son avis est sans équivoque. Aujourd’hui, on ne peut pas ne pas prototyper. Le prototypage, d’après lui, est d’ailleurs très ancré dans la culture d’entreprise française, beaucoup plus ingéniériale que marketing, et qui aime voir du concret avant de passer au projet.

Et s’il est vrai que pendant des années, les designers webs se sont passés allègrement de la phase de prototypage, c’est de moins en moins le cas aujourd’hui. Yohan dénonce d’ailleurs cette culture d’agence qui méprise le point de vue utilisateur et s’érige ou s’autoproclame en maître de la connaissance client, sans même en avoir jamais vu un ! 🙂

Les tests utilisateurs sur prototype permettent d’évaluer les 3 dimensions de l’expérience utilisateur

Que tester ?

Eh bien, trois choses :

  • La dimension informationnelle d’une interface : comment est agencée l’information, comment les textes sont-ils écrits ? Comment le parcours client s’enchaîne-t-il ?
  • La dimension interactive : comment réagit l’interface, comment s’anime-t-elle ? Comment elle vit sous le doigt ou la flèche de la souris de l’utilisateur, et comment sa réactivité rend-t-elle plus compréhensible le parcours client ?
  • La dimension émotionnelle : il s’agit là de la partie créative. Comment l’utilisateur ressent-il le design du site ? Est-il bon ou mauvais pour lui ? Correspond-il au positionnement produit de la marque ? (des dimensions qui sont mesurés par l’outil UX.Care de Wexperience)

 

Voilà tout ce qu’il est possible de tester sur un prototype et comment il est possible d’arriver à rassembler suffisamment d’enseignements qualitatifs afin d’arriver à créer une interface qui corresponde exactement à la cible utilisateur.

Le test utilisateur permet d’élaguer 80% des problèmes d’une app ou d’un site avant de le mettre en production.

Plus globalement, Yohan prône pour des méthodes projets de plus en plus collaboratives et en temps réel, telles que le permettent la gamme logicielle d’Adobe (sans faire de pub 😉 ), mais aussi d’autres outils concurrents disponibles sur le marché (tel qu’Invision ou Sketch). L’important, désormais, est de pouvoir fluidifier autant que possible la relation tripartite entre les développeurs, les UX designers et les UI designers, de manière à pouvoir se passer les éléments de production aussi facilement qu’on se passe le sel à table. Et surtout, engendrer un cycle constant d’aller et retours d’améliorations continues et de perfectionnements, souvent d’ailleurs imaginés d’après les enseignements des tests utilisateurs.

Gains de productivité, amélioration de la conception, raccourcissement des délais de production, tels sont les bénéfices attendus des nouvelles méthodes de travail et des nouveaux outils du marché.

Il ne manque plus que l’IA pour aider les concepteurs à améliorer encore leurs interfaces !

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Olivier Sauvage Wexperience

Article de : Olivier Sauvage Wexperience

Wexperience est une agence conseil en ergonomie pour tous les supports digitaux. Elle réalise des audits, tests utilisateurs et conçoit les interfaces des sites webs et applications online sur PC, tablettes et mobiles.