INTERVIEW | Laurent Thomas, fondateur de la solution de gestion de cookies Axeptio “Respectez vos utilisateurs, ils vous le rendront”

Logo Axeptio

Pouvez-vous vous présenter et nous en dire un peu plus sur votre parcours ? 

Laurent Thomas, AxeptioLaurent : Je m’appelle Laurent Thomas, je suis cofondateur de la solution Axeptio. Dans cette petite histoire, nous sommes cinq venant tous pour la plupart, de chez Exaprint, qui appartient au groupe Vistaprint. Après quelques heureuses années passées au sein des départements Marketing/ Technique/ Contrôle de gestion, nous avons décidé de lancer notre propre société d’édition de logiciels. Très vite, l’idée d’Axeptio est venue sur la table.

Nous l’avons créé en ayant pour objectif de mettre en place un produit Saas. Nous avons vécu, avec un grand intérêt, l’arrivée des micro-services car nous étions déjà dans l’agilité. Nous voulions créer un programme de fidélité d’initiés qui utilisait pas mal de logique de gamification pour fonctionner. C’est pourquoi nous nous sommes intéressés de très près et avant tout le monde, au Règlement de Protection des Données Personnelles (RGPD). Ce règlement allait avoir un grand impact sur la façon dont les marques collectent et traitent les données personnelles.

C’est dans ce cadre que l’on s’est dit qu’il fallait créer un outil plug and play, un outil indépendant pouvant s’installer sur n’importe quel site, et qui pourrait aider les entreprises à se mettre en conformité sur la partie la plus critique : la gestion du consentement. Il y a aussi une question d’intégrité, d’authenticité et de traçabilité, c’est-à-dire qu’il faut un tiers de confiance entre les utilisateurs et la marque. C’est pour cette raison que nous ne sommes pas en marque blanche.

Que fait maintenant la solution Axeptio ?

Laurent : Il y a trois ans, nous avons développé ce module qui a été mis en ligne très vite et qui a intéressé aussi bien les petites entreprises (commerçants, restaurateurs, paysagistes) que les grandes, comme par exemple Jacadi, Jennyfer, Carrefour, Prestashop, la Baleine, etc. On avait touché de près quelque chose qui pouvait être intéressant. Et que fait notre outil ? Il vient recueillir le consentement.

Solution Axeptio

Très vite, des outils sont apparus sur le marché mais des outils qui extorquaient le consentement de l’utilisateur et qui ne respectaient pas forcément les lignes directrices du RGPD. En termes d’expérience client, ce n’est pas la méthode à suivre. Il faut prendre le temps et gagner la confiance des utilisateurs en lui laissant le choix. Un cookie par exemple est perçu comme un traceur alors que finalement beaucoup de cookies sont inoffensifs, ils peuvent, au contraire, s’avérer très utiles pour l’utilisateur pour avoir des choses personnalisées.

Quelles sont les valeurs que vous voulez transmettre à travers Axeptio ?

Laurent : Tout notre ADN repose sur : « Respectez vos utilisateurs, ils vous le rendront ». La loi n’est pas arrivée comme cela, elle est arrivée car les utilisateurs avaient peur et étaient réticents à donner leurs données personnelles à cause des fuites, où à cause des sociétés qui transmettent les données qu’on leur donne, etc. Axeptio a été conçu pour apprendre aux marques à gérer leur pression publicitaire. Au delà de faire des économies, cela permet d’entretenir de vraies relations avec les clients, qui deviendront à terme des relations pérennes, en créant des ambassadeurs de la marque.

BD Axeptio

Aujourd’hui, si je veux mettre en place Axeptio, comment ça fonctionne ? Est-ce compliqué ? Et combien de temps cela prend t-il ?

Laurent : Aujourd’hui, c’est cinq minutes montre en main !

Toutefois, cela dépend du niveau de maturité de l’interlocuteur. Les personnes telles que les traffic manager, les développeurs, ont l’habitude de manipuler les tags et les solutions spécialisées. Pour les petites entreprises, on propose une intégration complète de la solution. Mettre un morceau de code sur Google Analytics, certains savent le faire et d’autres non, alors dans ce cas-là on le fait pour lui. On passe par Google Tag Manager, on ne touche pas au code, on injecte un code Axeptio. Il n’y a plus qu’à pointer les cookies que l’on utilise, on personnalise les couleurs, les typos, le logo etc.

La solution Axeptio est-elle disponible sur tous les sites, tous les navigateurs ?

Laurent : Aujourd’hui, nous n’avons aucun problème d’intégration car on est dans une logique de chat en ligne, ce sont des bulles qui ne touchent pas à la structure du site et qui viennent en sur-impression. Après si vous avez un site multilingue, en quatre langues, et sans landing page, la configuration prendra un poil plus de temps, évidemment. 

Axeptio sur Wexperience

Digitaleez et Axeptio

Qu’est-ce qui est le plus difficile pour Axeptio aujourd’hui face aux produits de tous les jours ?

  • Au départ, quand on appelait nos prospects, il y avait un manque de connaissances au niveau du RGPD. C’était un nouveau marché qui se créé et donc comme pour tout marché, il faut un certain temps pour qu’il s’installe. Aujourd’hui, la maturité d’une entreprise a beaucoup évolué, et la plupart, voire la totalité des entreprises, savent qu’elles doivent mettre en place ces pratiques liées au RGPD.
  • La deuxième difficulté qui est apparu plus tard et qui est maintenant totalement absente, c’était ceux qui ne prenaient pas en compte le RGPD. Aujourd’hui, la CNIL européenne tape sur les écoles, les agences immobilières, sur les hôpitaux, les applications mobiles et aujourd’hui, ce sont les utilisateurs qui se plaignent de la pression publicitaire trop élevée. Les utilisateurs peuvent très vite se plaindre et avoir trop de sollicitations de la part d’une marque. Au bout de X plaintes, cela remonte forcément à la patrouille. Enfin, il est maintenant nécessaire d’être RGPD ready si vous touchez aux marchés publics.
  • Troisième chose : lorsqu’un concurrent parvient à réaliser à 100% sa conformité, il s’empresse de dénoncer ses concurrents qui ne le sont pas. C’est dommage mais c’est la réalité du terrain.
  • Dernière difficulté : les entreprises qui ne veulent pas bouger. Ce sont soit des sites média, soit des gros sites e-commerce qui sont très dépendants de la publicité en ligne, des campagnes adwords, des campagnes Facebook, etc. Pour l’instant, beaucoup d’entre eux font de la résistance, mais cela ne va pas durer. 

Quel est l’objectif d’Axeptio dans un an, trois ans ?

Laurent : Cette année, nous devrions atteindre notre rentabilité. C’est déjà une excellente nouvelle, un peu plus d’un an après avoir lancé la solution Axeptio. Cela nous permettra d’être plus serein et renforcer notre R1D, embaucher et structurer l’équipe.  Notre revenu mensuel progresse très vite en France, notamment grâce aux  professionnels de la communication digitale, , qui, nous adorent et qui déploient à grande échelle notre solution sur l’ensemble du territoire. Nous commençons par déployer notre solution en Italie, en Allemagne, en Angleterre et en Espagne. 

Le deuxième objectif, c’est de sortir notre module de recueil de consentement en marketing. Aujourd’hui ce qui souffre le plus d’effritement, au niveau des bases de données, ce ne sont pas les cookies. Pendant 10 ans, on a robotisé les gens à cliquer sur « OK », et ce, même si on leur donne le choix. En revanche, sur les newsletters, les fenêtres, les courriers postaux, les appels téléphoniques, où se passe le recueil de consentement aujourd’hui ? Il se passe généralement via des formulaires de contact sur des landing page. On remplit les cases, les champs et à la fin il y un checkbox qui demande si l’utilisateur accepte ou non la newsletter.

Les gens n’aiment pas ça, et n’acceptent pas car ils n’ont pas envie d’être envahi sur leur boite mail. Notre idée à nous est donc de mettre le recueil de consentement sur toutes les pages de votre site internet au moment opportun, et non sur quelques pages du site seulement. 

Deuxième idée : ne pas imposer un canal. Je pense qu’aujourd’hui les entreprises ont varié leurs canaux. Elles sont présentes sur les réseaux, elles ont des notifications, des SMS. Elles ont aussi des commerciaux et envoient des courriers, des magazines. Pourquoi ne pas laisser le choix du canal, puisqu’ils y en a qui préfèrent les newsletter, et d’autres les sms, etc. La deuxième chose, c’est adapter, si nous avons le niveau de maturité suffisant, la fréquence et la typologie d’informations. Je suis allé sur la page Jacadie, et moi je n’ai pas d’enfants, alors je n’ai pas forcément envie de recevoir des newsletter, des promos sur les enfants. Je préférerais avoir des conseils d’experts, des ressources. Donc avec des logiciels de marketing automation, cela peut se faire très rapidement.

Et la troisième chose c’est la fréquence. Les désabonnements sont de plus en plus fréquents et grimpent en flèche ces dernières années. Pourquoi ? Parce que les marques, pour booster leur business, ont tendance à appuyer sur le bouton et à maximiser les envois. Il faut faire en sorte de ne pas aller trop loin avec l’utilisateur. Donc aujourd’hui, il faut varier les canaux, adapter la fréquence et le type d’information. C’est du « marketing choisi », on sort de la big data pour passer à la data minimisation. On prend uniquement ce qui est intéressant dans le respect de l’utilisateur et on segmente nos bases avec des outils, qui aujourd’hui sont de plus en plus calibrés.

Et je pense que celui qui prend de l’avance aujourd’hui sur ça, aura de l’avance demain sur tout le monde.

Marketing choisi, Axeptio

Dernière question : quel est le design, le style conversationnel, le ton qu’adopte votre solution Axeptio ?

Laurent : Afin de créer un premier point de contact avec l’utilisateur, nous avons voulu créer un encart qui soit ultra personnalisable : les radius, les typos, les couleurs, etc. Pour s’adapter à toutes les chartes, on a créé une interface de configuration la plus poussée possible et je pense la plus évoluée des solutions de recueil du consentement.

Cookies, Axeptio

La deuxième chose c’est l’UX, c’est-à-dire qu’on ne voulait pas de Cookie Wall. D’ailleurs le Cookie Wall est interdit. Et qu’est-ce que c’est ? C’est obliger le consentement avant même d’arriver sur le site. Nous avons opter pour un module situé en bas à gauche, discret mais quand même interpellant qui vient présenter les choses de manière un peu fun.

Il y a les images, le rédactionnel, le wording qui sont là pour interpeller. On a un langage super accessible et aujourd’hui on revendique des taux qui sont similaires à ceux qui extorquent le consentement.

Aussi, avant de lancer notre idée notre solution, on a beaucoup fait d’itérations avec les utilisateurs c’est-à-dire qu’avant même de développer le prototype, on a soumis les maquettes et plusieurs pistes de réflexion. Dès qu’on a fait un premier prototype, avant même de faire le back office, nous l’avons testé chez nous. On a demandé l’avis d’utilisateurs !

Il y a eu des tests qui ont été faits en interne mais aussi à l’externe ?

Laurent : Tout à fait. Déjà en interne, nous avons discuté tous ensemble : moi le profil marketeux, le développeur, l’avocat DPO, et l’illustratrice/ designer. Tous les corps de métiers étaient représentés. Et au-delà de ça, nous avons soumis notre produit à la fois aux clients d’Axeptio, mais aussi au client final comme par exemple des mères de famille, à qui on demandaient si elles avaient envie de donner leur consentement. C’est donc dans cet esprit là qu’à été conçu le projet.

As-tu un petit mot de fin à ajouter ?

Laurent : Une petite punchline de rappeur :  le monde va se diviser en deux catégories. Il y a ceux qui continueront à regarder par dessus l’épaule de leurs clients et ceux qui comprendront que le marketing de demain se fera avec des clients qui veulent bien se faire connaître. Car ces lois là aujourd’hui prennent de l’essor, et touchent d’autres continents. Tout le monde a son propre RGPD, et certaines lois vont encore arriver. On sent que ça évolue, et c’est vraiment le sujet d’actualités qu’il ne faut pas prendre à la légère.

Pour découvrir Axeptio c’est par ici :  www.axeptio.eu

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Merci de taper les caractères de l'image Captcha dans le champ

Merci de saisir ces caractères dans le champ
ci-dessous afin de valider votre commentaire.

Robin Commerce

Article de : Robin Commerce

Del, Robin ou encore Abdel ... certains pensent que je souffre d'un trouble dissociatif de l'identité haha. Vif et agile, votre Capitaine a fait de moi son compagnon d'armes dans sa quête sur le web :)