S’il parait évident pour beaucoup d’entre nous qu’un site n’est pas fait pour durer 10 ans, il en est autrement pour certains de nos clients (rhooooo les gros noobs). L’un d’eux me questionnait il n’y pas longtemps : il ne comprenait pas trop pourquoi son site est : moche, mal conçu, compatible 640*480, d’une ergonomie douteuse, de technologie obsolète, sans parler de l’architecture… (bien sur c’est une énorme caricature, mais la polémique c’est bon pour le trafic). La réponse est simple et complexe à la fois : le temps est passé par là (plus de 7 ans), et le budget initial (un minimum à l’époque) était mince.
Voici 5 bonnes raisons de faire du jetable et pas cher, ou en tout cas d’expliquer pourquoi la pérennité d’un site n’est pas assurée sur le moyen terme.
La technologie change tout le temps
Si les gif animés étaient le top du top il y a quelques années, maintenant c’est complètement obsolète, tout comme votre magnifique animation flash d’y il y a un an le sera prochainement. De même certains produits évoluent dans le temps, il faut donc prévoir les migrations, évolutions et autre impératifs. Sur quoi miser aujourd’hui ? Flash, Silverlight, X ou Y ? Nul ne saurait le dire avec certitude aujourd’hui. D’ailleurs, même Sir Timothy John Berners-Lee le dit : le ouaib n’en est qu’a ses balbutiements. De même que les premières roues n’étaient que des quadrilatères pour devenir rondes (c’est ce qu’on a appelé la période roue 2.0), le ouaib doit évoluer avant de trouver sa maturité.
Patchs de sécurité, incompatibilité de version (quand php4 ne sera plus maintenu et que php6 sortira je pense qu’il va y avoir du sport), changement d’architecture, crise de délirium tremens d’un DSI, etc. Les raisons sont nombreuses pour dépoussierer voir réécrire un site complet.
Les interfaces changent aussi
Les résolutions écran changent, les interfaces suivent forcément. Et je ne parle pas du phénomène à venir : les mobiles (téléphones, eee et consorts). C’est un début, mais quel début ! Je ne parle pas en quantité d’appareils, mais bien en quantité de résolutions. Entre un N95, un iphone, un eee, et un 17,19,21,24 pouces, il y a quand même pas mal de différences. Il semblerait que plus personne à part moi ne dispose d’un 15 pouces. Et bien quand je surf, croyez moi, cela se voit ! (petites polices de caractères illisibles, énormes barres de défilement).
Et les systémes d’exploitations jouent également, car il est important que le site soit compatible tout OS, tout navigateur. Certains feront fi des macs et linux, parce que ce n’est qu’une fraction congrue de leur trafic, d’autres se rendrons compte que c’est une partie importante de leur lectorat. Par exemple sur capitaine commerce (son nom soit loué) 16 % est dû aux macs et linux et seulement 33% d’Internet Explorer (en Français : l’explorateur d’internet). A mon avis sur peche2000.fr ou sur boucheriegerard.fr on doit trouver moins de geeks assoiffés de technologie.

Le site doit être ajusté dans le temps
Il est bien évident que lancer un site en one shoot, puis ne pas faire d’ajustements par la suite (après benchmarks) est un quasi suicide. Il faut donc conserver de la marge sous le pied, puis retravailler sans cesse, encore et encore, modifier, étudier, affiner. Amazon en est un bon exemple : pas de révolution, mais de petites touches, bien pensées et étudiées. Par forcément couteux, sauf que parfois c’est toute une fonctionnalité complexe qui doit être revue.
L’animation est une chose importante
Et oui, un site sans communication est un site mort. Il faut donc prévoir un minimum d’animation, de changements graphiques, mises a jour diverses, etc. Il suffit parfois de peu de choses pour égayer un site. Même google change de temps en temps sa home page.
Etaler les investissements est un bon choix stratégique
Voilà un argument qui va intéresser toute la chaine décisionnaire ! De mon point de vue, c’est surtout l’occasion de se focaliser sur l’essentiel tout en gardant une bonne marge de manoeuvre, pour benchmarker le site dès que possible. Et ensuite de travailler sur des fonctionnalités en marge. Si une partie du site est décevante : poubelle et on la refait. C’est très proche du point 3 et en marge du 4. La communication via le web n’est pas une science exacte, il est donc impératif de ne pas tout faire tout de suite, de tester, de retester, puis d’ajuster.
D’autre part il est impossible de prévoir des changements de consommation. Qui aurait pu imaginer que facebook (en français : visage du mari de la chèvre) fasse un malheur il y a quelques temps ? Du coup votre com va peut être devoir évoluer ? Et si demain facebook tombe en désuétude ? Pareil !
Au final
Vous l’avez bien compris, le temps est un ennemi. Il ne faut pas tout changer tout le temps, et une conception MVC sauvera souvent temps et argent. N’oubliez pas : évolution oui, révolution non, sauf cas exceptionnel.
Et pour faire du pas cher, il faut faire des choix : pas forcément le plus hype, le plus beau, le plus rich média. Pas compatible firefox 4 (oui, c’est déjà dans les tuyaux. Quand on vous dit que ça va vite), n’utilisant pas sur les API du nouveau trombinoscope de la mort, et sans widgets qui déchirent (mais que peu installent).
Soyez pragmatique, pensez ROI, visez l’efficacité d’abord, les paillettes viendrons après.

















assez d’accord, il faut juste préciser que tout n’est pas jetable, il faut tt de même essayer de oncerser ces contenus
Il ne faut pas non plus jeter les bonnes choses : la capitalisation sur la connaissance client (comportements, attentes, cycle d’achat…) est par exemple un enjeu clef d’une refonte réussie.
Le concept de site one-shot, c’est à dire créé pour une occasion donné, peut tout à fait être considéré comme du jetable. Avec des solutions comme Magento ou osCommerce, on peut réellement créer en moins d’un mois un bon site ecommerce (peut-être même encore plus vite avec Magento) et le mettre en production le temps d’un évènement (je pense à la Coupe d’Europe de foot ou à Roland Garros). Ces sites qui apparaissent et disparaissent pourraient bien constituer un des concepts les plus hypes du ecommerce des trois prochaines années. Il va de soi que ce n’est pas sur ces sites qu’on verra naître de l’innovation :-)
Moi j’adore la "période roue 2.0", bien ouej capitaine, je la note celle là ;)
Loïc
En fait, c’est pas moi, c’est Cobolian. Il es très calé en roues et en moyeux.
Salut a tous et merci de vos commentaires.
@youx et CC : effectivement, la mécanique auto et le tunning sont mes passions.