mercredi 18 juin 2008

noovojob : le recrutement en 3D avec des offres bien réélles

Alors que nous apprenons de source bien informée que des multinationales comme Coca-cola ou AOL prennent des décisions précipitées en quittant des univers virtuels soi-disant sur le déclin. Tandis que le monde (entier) nous informe que le Pdg de Linden Lab, P. Rosedale a été renvoyé (même s’il a nommé lui-même son successeur), j’avais le souhait de tenter de rééquilibrer les choses en réalisant l’interview d’un entrepreneur français, parisien pour être précis, qui trois fois hélas n’intéresse pas (tout) le monde.
Tristan Latgé (AKA SL :Tristan Rosher) a créé il y a quelques mois la marque « Noovojob » destinée à se développer sur Second Life. Il répond à nos questions afin de nous faire partager son expérience, ainsi que celle de toute son équipe que je salue au passage.

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jeudi 12 juin 2008

le Web 2.0 montre enfin le bout de son nez

Le web 2.0 montre enfin tout son portentiel au point qu'il devient impossible de dénombrer de manière précise les nouveaux concepts qui sont mis en ligne chaque jour depuis quelques mois. Sur la croisée des chemins nous avons rencontrés ce qui se trouve être une préocuppation de plus en plus pressante de la part des utilisateurs au sujet de leur vie privée et de leur identité en ligne.

 

Microsoft doit se réjouir dans son coin en pensant qu'une nouvelle tête de turc a poussé tant il semble évident que le premier acteur qui vient à l'esprit est Facebook dès qu'il est question de réseaux sociaux, de 2.0, d'identité en ligne. En même temps, les tentatives et déclarations faîtes par les initiateurs de cette plateforme ont tellement pris de plomb dans l'aile que nous avons peut être là un modèle de ce qu'il ne faut surtout pas faire. Parmi les bides je citerai par exemple le "Beacon service" qui propose aux utilisateurs de Facebook d'informer les autres de leurs actions sur le web et notamment de leurs actes d'achats. Quel avantage voulez vous trouver à informer la planète que vous avez acheté une paire de gants sur le site gantezmoi.com ?

Regardez une application comme Dopplr. Elle propose un avantage qui va dans le sens de ce qu'attendent les utilisateurs d'un service 2.0 : elle leur propose un avantage à eux, pas à des compagnies dont le seul propos à longueur de journées est "où en l'opération commerciale 2687 et combien rapporte t elle ?".

Dopplr est un réseau social qui vous permet d'informer vos amis des prochaines destinations et des dates de vos prochains voyages ou déplacements. C'est une occasion pour vous de savoir que tel ami sera là où vous serez prochainement. Ainsi, vous aurez peut être la joie de déjeuner ensemble à des milliers de kilomètres de chez vous. De plus, si vous apprenez que l'un de vos amis est déjà allé là où vous devez vous rendre, vous pouvez lui proposer de vous indiquer des endroits où aller, d'autres à éviter et l'hôtel dans lequel il est préférable de réserver. Le fait qu'un acteur important du tourisme viennent communiquer au sein de cette plateforme devient alors secondaire.


Dopplr  
source:dopplr.com

Les internautes les plus avertis prennent conscience du fait qu'ils peuvent ou non informer le reste du monde (connecté) de leurs faits et gestes en ligne. Il deviennent de plus en plus exigeant quant à la possibilité qui leur est proposée de combiner le partage et l'échange avec du contrôle et de la maîtrise.

 

Aujourd'hui, en tant qu'utilisateur je réalise que je suis en mesure de trouver sur le web des outils souvent gratuits, souvent intuitifs voire ludiques qui vont être pensés pour me rendre un service appréciable. Il y a quelques mois je n'aurais pas même songé me poser la question suivante : "existe t il un réseau social qui me permette de gérer ma cave à vin tout en profitant des bons conseils d'autres amateurs de vin?" (oui cela existe)

 

L'entreprise a elle aussi évolué en tant qu'utilisatrice de services en ligne. De plus en plus d'interlocuteurs me demandent naturellement s'il est possible de trouver une application en ligne qui permettra de gérer tel ou tel aspect de son activité.

 

Chacun sait que le marketing a évolué. Son action démarre avant la conception du produit avec un objectif majeur qui est : proposer un avantage à mon client. Pas le meilleur avantage, pas le plus recherché non plus, mais un avantage réél et durable.

 


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jeudi 29 mai 2008

La presse en danger, Nicolas à la rescousse

La presse quotidienne française souffre d'une érosion perpétuelle de son lectorat depuis plusieurs années. Comment et pourquoi Nicolas Sarkozy pourrait-il aider ce secteur à s'adapter à  une révolution dont il est une des premières victimes ?

Nicolas Sarkozy accuse la presse gratuite online

Dans une interview vidéo accordé mardi dernier à notre confrère de la radio RTL (c'est pas un confrère, mais j'aime bien écrire ça, ça fait pro), Nicolas Sarkozy, notre Président bien aimé, celui qui a déjà sauvé des infirmières bulgares et qui, un jour, aussi, sauvera Ingrid Bettancourt, a annoncé qu'il était temps de réagir pour sauver la presse quotidienne française, en grand danger selon lui, menacée qu'elle était par la presse libre online : "Ce n'est pas sain que le journal soit gratuit (...) sur Internet il y a peut-être plus de lecteurs, mais pas plus de recettes."

Le Monde est-il masochiste ?

Sans le savoir, Nicolas évoquait donc le problème lancinant et douloureux de la gratuité sur le Ouaibe. Question : le gratuit online met-il vraiment en danger ses équivalents traditionnels ? (et je ne parle pas ici que de la presse papier, mais pourquoi pas également de tous les acteurs qui sont concernés par la gratuité induite par la révolution des nouvelles technologies : producteurs de musiques au premier chef, producteurs d'images, de contenus numériques, toutes les pauvres sociétés en concurrence avec Google qui utiliser très brutalement l'arme de la gratuité pour coucher à terre tous ces adversaires en moins de temps qu'il n'en faut pour lancer une requête).

Evidemment, l'affirmation de Nicolas Sarkozy peut prêter à sourire quand on connaît les difficultés du Monde qui serait le premier à souffrir de la concurrence qu'il aurait créé lui même en délivrant (presque) gratuitement ses contenus via le web. Le Monde ne se tirerait-il pas lui même une balle dans le pied ? Ce qu'il faut savoir, c'est que lemonde.fr est probalement rentable tandis que Le Monde papier ne l'est certainement plus, d'où le plan social exceptionnel auquel il est confronté actuellement. Et on peut imaginer qu'il est certainement gênant de voir, pour les vieux journalistes du Monde qui font tous le boulot, que ce sont les jeunes zazous du web qui tirent tous les fruits de leur boulot, sans pouvoir les payer en retour. Car le bât est bien là. Lemonde.fr ne pourrait continuer à survivre sans la formidable qualité journalistique de gens qu'en réalité il ne peut pas se payer.
Nuançons toutefois, car si, comme moi, vous êtes lecteurs du Monde.fr, vous savez que les contenus délivrés gratuitement ne le sont que pour une période assez courte et redevienne payant assez rapidement en ne devenant lisible et visible que contre paiement.

Les avantages de la gratuité

Incontestablement, Le Monde ne peut pas, au contraire du Canard Enchaîné (va-t-il bien, lui ?), ne pas être présent sur le Ouaibe et il utilise son pendant électronique pour plusieurs raisons qu'on peut assez simplement imaginer :
  • attirer de nouveaux lecteurs
  • profiter de son trafic pour le rentabiliser (par de la pub)
  • vendre des nouveaux services
  • améliorer son offre par des contenus multimédias
  • créer une communauté (qui engendre d'ailleurs la question de l'utilité d'une communauté pour une société de droit privé dont ce n'est pas l'activité principale)


La concurrence est partout

Mais Nicolas Sarkozy évoquait peut être une autre presse en ligne gratuite. Rue89.com, fondé par des anciens journalistes de Libération, et Agoravox sont deux exemples de néo-journalisme citoyens typiques du web dont les contenus ne sont pas, en grande partie, créés par des journalistes, mais par des amateurs, des lecteurs, comme vous et moi, qui, inconsciemment viendraient briser le métier de journaliste. En publiant gratuitement des articles, ces internautes ne viennent-ils pas, justement, tuer la presse ? Devant le succès de ces deux plateformes d'informations, on peut légitimement se poser la question.

Mais ce n'est pas tout. La campagne présidentielle française de 2007 nous l'a bien montré. La concurrence du gratuit est partout : à travers les blogs et aussi à travers les plateformes de mutualisation de contenus comme Youtube et Dailymotion. Ce sont ces dernières qui,à plusieurs reprises, ont dévoilés les gaffes et les "couacs" (comme aiment dire les journalistes) des candidats avant que la presse traditionnelle n'ait eu même le temps de réagir.
Pire encore, le gratuit ne vient pas que du online et il n'y a qu'à prendre le métro le matin à Paris pour le comprendre en se retrouvant les mains pleines de quotidiens gratuits dont le seul prix est celui de la publicité qu'il vous faudra ingurgiter au milieu d'articles dont la qualité n'a fait que s'améliorer depuis le lancement de ces formules.

Le numérique bouleverse des modèles économiques bien installés

Vous l'avez bien compris, le monde merveilleux de la gratuité induit par l'économie numérique ne fait pas que des heureux et bouleverse, dans de nombreux secteurs, des modèles économiques qui paraissaient pourtant bien installés :
  • la vente par correspondance
  • les marchands de musique
  • les fournisseurs de contenus mutimédias (éditeurs de logiciels, producteurs de fiction télévisés, chaînes de télé)
  • agences de voyages
  • commerce de proximité (eh oui ! j'essaierai d'ailleurs d'en parler prochainement)

La presse est touchée, mais aussi la VPC, la musique, la vidéo...

La presse ayant été touchée un peu plus tard que d'autres secteurs, il est normal que Nicolas Sarkozy ne l'évoque qu'aujourd'hui. Un domaine comme celui de la musique a soulevé des débats passionnés et parfois déraisonnés et on a successivement entendu parler de la mort des petits producteurs, des grands producteurs, des groupes, des musiciens et même de la musique elle même (ben tiens !).
C'est pourtant ce secteur qui devrait inspirer les autres car il a vu naître de nouveaux modèles, originaux, qui, si ils ne sont pas pérennes, montrent qu'il existe bien des voies de sorties pour les acteurs traditionnels emportés dans le tsunami du numérique.
  • iTunes, non seulement, a été un succès commercial, mais a, en plus, révolutionné les modes de distribution et d'écoute de la musique
  • Deezer propose depuis peu également un modèle qui pourrait venir répondre aux nouveaux comportements des auditeurs de musique (peer-to-peer, copies illégales, etc.)

Une réponse possible : s'adapter et vite !

Ces 2 exemples montrent une chose : le besoin immédiat et impérieux de s'adapter (sous peine de disparaitre effectivement, comme ce fut le cas pour Kodak, qui n'a jamais sur trouver la parade à la disparation de la pellicule argentique). La seule nouveauté dans ce constat, c'est la vitesse avec laquelle il faut le faire. Le web impose un rythme d'innovation et une concurrence à la vitesse de la lumière où les changements, voire les révolutions, se produisent plus vite qu'il ne l'a jamais été.

Certes, il faut aider la presse (et d'autres). Espérons seulement que ce ne soit pas en la perfusant à coup de subventions ou par l'imposition de règles de concurrence conservatrices, mais plutôt en encourageant l'innovation et l'évolution.

Quelques liens pour mieux comprendre

A lire et à écouter sur le Ouaibe

A lire dans un livre pour enrichir la réflexion : Gratuit ! Du déploiement de l'économie numérique, d'Olivier Bomsel, un bouquin passionnant sur les mécanismes de l'économie numérique et la gratuité

Les sites évoqués dans cet article
  • La presse en ligne gratuite pour le peuple par le peuple : Rue89 et Agoravox
  • Les nouveaux ténors de la distribution de musique en ligne : iTunes et Deezer
  • Les plateformes de partage de vidéos : Youtube et Dailymotion









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jeudi 15 mai 2008

Avis de consommateurs : jusqu'à quel point peut-on s'y fier ?

Cet article s'intéresse à la véritable valeur des avis consommateurs sur le web et sur la manière dont ils dictent nos comportements d'achat en bien ou en mal à travers une expérience personnelle du Capitaine Commerce.

Le croiriez-vous ? Je suis un cyber-consommateur exécrable. A part commander un billet de TGV pour aller à Paris de temps en temps ou dépenser trois sous en bouquins sur Amazon, vous ne me trouverez jamais en train de comparer, farfouiller, naviguer, jongler entre des sites ecommerce à la recherche de la bonne affaire. C'est une trop grande perte de temps.

Voilà pourtant que, porté par un élan d'écologisme enthousiaste (et surtout poussé par un besoin de faire des économies), je partis, il y a quelques jours de cela, à la recherche d'informations sur le E-solex, fameux héritier électrique du vélo Solex à moteur thermique que la plupart d'entre nous n'ont jamais vraiment connu et dont les formes épurés et le concept de véhicule urbain écologique, propre et économe, fit porter à mon attention d'écolo-bobo-geek empressé de subvenir à l'avenir de la planète et à la santé de mon portefeuille.

Pas cher, le E-solex donc méritait un examen plus poussé avant de penser à faire "péter" la carte bleue.

Les journalistes se contentent souvent de retranscrire le communiqué de presse sans exprimer de véritable opinion

Premières recherches, premiers retours : les communiqués de presse. Là, pas de problème : on retrouve à peu près le même discours, le même descriptif de la bête, à peine déformé d'un article à l'autre. Question avis d'utilisateur, les journalistes ne font que leur boulot. En gros, ils n'ont que le temps de décortiquer le communiqué de presse, de faire un essai et de rendre leur papier. On en apprend donc assez rapidement assez sur les caractéristiques du E-solex et de ses innombrables avantages. Mais de véritable expérimentation sur l'engin, point.

Les avis d'internautes donnent à se faire une opinion extrêmement rapidement

Plutôt méfiant de caractère, je tape "avis e-solex" dans Google, histoire d'en savoir plus, et là, ravi, je tombe sur les premiers avis des internautes. Si j'en fais le total, le nombre de critiques constructives ou pas atteint à peu près le nombre de 8, ce qui me semble peu pour me faire une opinion, mais bon...
A part 2 réactions très enthousiastes, toutes sont très négatives. Le E-solex rouille, il tombe en panne tout le temps, il ne grimpe pas les côtes, etc. Evidemment, ça ne donne pas envie de débourser les 1050 € annoncés sur le site. Je tape encore quelques requêtes dans Google, mais la pauvreté des résultats que j'obtiens me fait vite abandonner ma recherche et je décide de laisser tomber l'idée du E-solex.

Alors voilà. Cherchant à me faire une opinion sur un objet plutôt rare tout en ayant un à priori positif, un quart d'heure à peine aura suffi à me faire changer d'avis. C'est plutôt bref et ce constat désolé aura fini par réveiller mon esprit de Capitaine Commerce : "Mais sur quoi donc se fondent les avis utilisateurs et quelle est leur véritable valeur ?"

Sur quoi se fondent les avis utilisateurs et quelle est leur véritable valeur ?

Voici les questions qui me sont venues en vrac à ce sujet :
  • Les utilisateurs qui donnent leur avis ont-ils réellement essayé le produit ?
  • Sont-ils de bonne foi : les opinions positives ne proviennent-elles pas du cousin du patron de E-solex et les opinions négatives ne proviennent-elles pas d'un concurrent indélicat ?
  • Toutes ces critiques n'ont elles pas été écrites sous le coup de la colère ou de la joie, déformant à gros traits une opinion qui aurait été plus nuancée si elle avait été plus réfléchie ?
  • La parcimonie du nombre d'opinion peut-elle refléter une moyenne d'avis non exprimée sur le web ?
  • Ne devrais-je pas garder ma voiture qui consomme 16l/100km en ville et continuer à polluer la planète sans me poser de questions stupides ?

La valeur des avis d'internautes repose sur la confiance que l'on a intrinsèquement en nos pairs

Bref, je ressentais le goût amer de l'expérience inachevée ou trop rapide et surtout, m'apparaissait, à la lumière de ces questions, l'horrible sensation que les avis d'internautes sur le web étaient bien plus un poison qu'un remède aux discours lancinants et formatés des journalistes et des entreprises. Autrement dit, alors que le Web aurait fait basculer le pouvoir de décider du sort et de l'avenir des produits par les internautes, ce pouvoir ne serait-il pas aussi lui perverti par les nombreux inconvénients que la rumeur (qui est la voix des masses) ferait subir à la vérité : avis colérique, inexpertise, pauvreté quantitative.
Après tout, le E-solex est peut-être un excellent produit, mais il m'aura seulement fallu 8 avis pour me faire penser le contraire : ai-je tort, ai-je raison ?

Quelle est votre opinion sur les avis consommateurs ? Et si vous êtes e-marchands, comment les utilisez-vous ?

A voir sur le Ouaibe :
Vozavi : plateforme d'avis


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mercredi 14 mai 2008

Quel avenir pour votre identité en ligne ?

Se poser la question de la confidentialité des informations sur notre vie privée à propos des applications de Facebook est parfaitement légitime.

Depuis ma première adresse email fournie par compuserve il y a 250 ans j'ai rempli je ne sais combien de formulaires en acceptant que mes coordonnées et informations personnelles soient conservées, échangées, malaxées, découpées et que sais je encore. J'ai depuis changé d'emploi mais pas de femme, d'autres ont fait l'inverse. Personnellement je trouverais plus logique que des programmes tels que ceux qui circulent dans les tuyaux de Facebook nous invitent à accepter le fait d'avoir accès à nos informations mais uniquement pour une durée limitée ; à la fin de cette durée, nous recevrions un email dont l'objet serait de nous demander quelles sont nos données qui ont éventuellement changé et si nous les autorisons à conserver l'accès à nos données pour une nouvelle période. Car il faut bien admettre que certaines applis ressemblent plus à la mouche que l'on fixe à sa canne à pêche qu'à un service digne de ce nom. De même, n'oublions pas le fait qu'une application Google Mashup  faite par n'importe qui, peut - si on l'autorise - interagir avec votre calendrier GCalendar

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mardi 25 mars 2008

OpenID, Spoonkey et cartes d'identités numériques pour le ecommerce


photo : Ben Ward


L'engouement pour les réseaux sociaux, de MySpace à Facebook, soulève en son sein la question de plus en plus prégnante de l'identité numérique sur Internet. Que l'on poste un commentaire sur un blog, que l'on s'enregistre sur un site de ecommerce ou que l'on s'inscrive à un réseau social, la multiplication exponentielle des situations d'identification exacerbe inéluctablement le besoin de disposer d'un "clé" unique, certifiée, d'authentification qui faciliterait l'usage d'Internet pour ses utilisateurs et pour les fournisseurs de service en ligne.

Les avantages de l'identité numérique standardisée sont évidents

 Quelques avantages d'une carte d'identité numérique pour le web apparaissent comme évidents :
  • plus besoin de retenir une foultitude de mots de passe,
  • un formulaire unique d'information à saisir une fois pour toute,
  • une garantie pour le fournisseur de service en ligne d'une véritable identité de ses utilisateurs,
  • un contrôle plus puissant des utilisateurs de leurs données personnelles


Déjà un identifiant unique pour Google, MSN ou Yahoo

Si vous êtes utilisateur de Google, de Yahoo ou MSN, vous êtes déjà certainement habitué à utiliser un seul compte pour passer d'un des services à l'autre de ses grands fournisseurs. Ainsi mon mot de passe et mon identifiant pour Google Mail me servent également à m'authentifier sur Google Analytics, Google Adsense, Picasa, etc... De même pour Yahoo, mon identifiant unique permet de m'authentifier indifféremment sur Flickr.com ou sur Mybloglog.com ou de consulter mes mails.
L'avantage de pouvoir disposer d'un identifiant unique pour tous ces services est évident tant il rend la navigation et l'usage des services pratique et, aujourd'hui, il ne semble pas poser de problème à personne, hormis, sans doute, le fait que plus vous utilisez de services, plus ILS (Google, MSN, Yahoo ou autres) en savent sur vos habitudes de surf et d'utilisation de leurs services.

Actuellement, la gestion des données personnelles est inexistante

Quand à la gestion de vos données personnelles, elle me semble carrément nulle voire inexistante. Avez-vous déjà essayé de supprimer totalement votre compte chez Google ou Yahoo ? Faites-le moi savoir si oui.

Mais Google, Yahoo ou MSN, comme vous le savez peut-être (;-) sont des entreprises de droit privé à destination commerciale. Passer d'un réseau à l'autre avec le même identifiant semble totalement utopique, d'autant que les données associées à chacun de vos comptes ne sont pas homogénéisées. Il faut reconnaître aussi que ces entreprises n'ont pas envie qu'en partageant leurs informations de compte, leurs concurrents puissent avoir accès à leurs bases de données clients, ce qui est fort compréhensible.

Le besoin d'intervenants tiers devient incontournable

Hormis les acteurs majeurs du web, le nombre de sociétés ou d'organisme offrant des services nécessitant une authentification sont presques infinis : ecommerçants, assureurs, administrations publiques, journaux en ligne, etc... Tout site qui accepte également de diffuser des contenus créés par les internautes nécessitent également fortement de pouvoir connaître exactement leur identité, ne serait-ce que pour des question de contrôles et de déontologie.
Le marché de l'authentification est donc vaste et nécessite une réponse non moins vaste dont les prémisses de réponse commencent à poindre ça et là sur Internet.

Spoonkey : le précurseur français

Depuis le début de l'année, en France, Spoonkey, plutôt dédié au ecommerce, est la première réponse concrète à ce besoin de clé d'authentification unique à travers un réseau de sites marchands. Je me garderai bien de vous énoncer la liste complète de ses avantages, mais le fait de pouvoir s'enregistrer sur divers sites (potentiellement concurrents entre eux ou pas) avec une clé unique représente un avantage indéniable et pour le ecommerçant comme pour l'acheteur : l'un parce que Spoonkey lui garantit une meilleure qualité de ses fichiers clients et lui permet hypothétiquement de gagner des points sur son taux de transformation grâce à la facilitation de la saisie d'informations sur son site, l'autre parce que Spoonkey lui épargne la saisie fastidieuses de ses données personnelles et, donc, simplifie et améliore son expérience de navigation (pour l'instant, dans une mesure encore réduite à la portion congrue).

Clairement, Spoonkey, dispose en son sein d'une potentialité énorme à développer un éventail de service autour de l'identité unique pour peu que suffisamment de e-marchands adopte cette solution et que par un effet de réseau (atteinte d'une masse critique d'utilisateurs et de marchands), l'intérêt du service croisse plus vite que son nombre d'utilisateurs et devienne un standard.

Outre Atlantique, la spécification Open ID semble également chargée de promesses, plus ambitieuses encore, puisqu'il s'agit là carrément du portage en ligne d'une carte d'identité numérique.

Open ID : déjà un standard international ?

Open ID se présente comme une spécification universelle de portage d'identité numérique et fonctionne, tout comme Spoonkey, sur l'établissement, dans la relation entre un offreur de services et un utilisateur de services, d'un lien de confiance ou d'authenticité garanti par un tiers "assermenté". Pour parler clairement, Open ID serait comme une carte d'identité numérique universelle qui pourrait servir de passe automatique à tous les sites l'ayant adopté dans leur processus d'authentification. Conséquence utopique : la possibilité de surfer sur le web et d'utiliser des myriades de servir sans jamais dégainer de mot de passe ou d'identifiant.
Open ID, tout comme Spoonkey d'ailleurs, permet également d'accéder à un outil de gestion de ses données personnelles, permettant de régler le niveau de confidentialité des informations que acceptez d'échanger ou pas avec les site de services que vous utilisez.
Open ID vient de recevoir très récemment le soutien franc et massif de plusieurs grandes firmes américaines et non des moindres. Le 7 février de cette année, Google, Microsoft, Yahoo et Verisign sont entrés en même temps au conseil d'administration d'Open ID signifiant clairement leur volontés d'adopter ce format d'authentification. Yahoo, notamment, avait auparavant annoncé l'adoption officielle de ce standard pour ses 248 millions de comptes. De tels chiffres laissent rêveur et permettent de miser sans presqu'aucune réticence sur son avenir. Un frein à son adoption généralisée subsiste (sans doute pas le seul) : la difficulté à intégrer son API au sein d'un site. La page d'Open ID France à ce sujet me laisse d'ailleurs assez dubitatif.

INES : la carte d'identité numérique nationale

Parallèlement à ces initiatives privées, la France via le projet INES d'identité numérique devrait également proposer un certificat d'authentification unique garanti par l'autorité publique. Soulevant un certain nombre de polémiques (typiquement françaises) quant au maintien des libertés individuelles, INES, la future carte d'identité électronique française, sera donc également utilisable sur Internet et pourra permettre de s'authentifier sur des services fortement demandeur d'authenticité : banques, organismes de crédit, organismes publics. Dès lors, pourquoi ne pas envisager d'étendre ses fonctionnalités à celles du ecommerce ? "Oups !", me direz-vous. "Mais alors, on saura tout de moi. De mes achats en ligne au montant de mes impôts !" Pas faux et il est certain que le tenants et les aboutissants d'un tel choix technologique devront publiquement être débattus.

L'intérêt des ecommerçants à adopter une solution d'authentification unique me semble devenir incontournable. Le frein à leur intégration aujourd'hui est essentiellement technique puisque chaque commerçant devra faire le choix d'adapter son site aux formats standards de telle ou telle solution.
Pour les heureux propriétaires de sites osCommerce, la contribution Open ID existe déjà : openID for osCommerce. J'ai ouï dire que la contribution pour Spoonkey était également en route et devrait tomber dans le domaine public d'ici peu.

Ce sujet mériterait une réflexion plus prodonde. N'hésitez donc pas à donner votre avis !


En savoir plus sur Spoonkey

En savoir plus sur OpenID :

Et à lire aussi sur Capitaine Commerce

Et sur les autres blogs :











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