En informatique il a souvent été question d’établir des parallèles entre les mondes du virtuel et du réel. Le bureau, une fenêtre, un dossier ça nous évoque à tous quelque chose. Sur le web, et en particulier pour le ecommerce, cette logique d’appropriation a longtemps fait fantasmer les concepteurs, pas uniquement en terme lexical.
Respecter l’internaute
Et pourtant, derrière l’inévitable « panier », les tentatives fructueuses pour établir cette assimilation miracle ne sont pas légions. Comme on l’entend dire en brief créa, « l’internaute lambda doit vraiment se sentir immergé dans l’univers de la marque comme s’il y était », ce qui sous-entend « ce débile profond, s’il arrive à se rendre sur le site de doit pas en repartir sans 300€ d’achat« . Autrement formulé, on souhaite de lui qu’il reproduise son comportement animal de consommateur d’hypermarché mais sur la toile. Effectivement, voila un concept « révolutionnaire », révolutionnairement réducteur surtout… Les clés du succès restent les mêmes que pour un commerce classique : séduire l’internaute, le fidéliser, batir une proximité, l’assister, le conseiller, sans oublier le « merci » quand il passera sa commande.
Dépassionner la demande
J’imagine que beaucoup d’entre vous, en tant que prestataires, ont été confrontés à ces délires paranoïaques de « visite du magasin comme dans un jeu vidéo« , où le « logo tourne en 3D« , et « où on pourrait même éteindre virtuellement la lumière » pour faire « plus vrai« … C’est dans ces moments là qu’on peut se dire que construire une expérience utilisateur est aux designers ce que tuner une R19 GTi est aux Jackys : une quète sans fin. J’ai pourtant peine à croire que Le Centre du Monde (espèce de centre commercial virtuel de l’affiliation) soit le summum de l’exaltation numérique. Et pourtant moi non plus je ne manque pas une occassion de faire un saut de mouton devant l’entrée de Monop’ quand je vais faire mes courses.

Si pour rendre crédible vous devez utiliser la caricature, faites-le, mais assumez. La personnification d’un moteur de recherche sur la cible CSP+ masculin n’atteste t’elle pas le positionnement cohérent de Ms. Dewey ?
Rationaliser le concept pour susciter l’émotion
Les visites virtuelles ne sont pas toutes pour autant dénuées de sens lorsqu’elles sont bien réalisées, servent un objectif ou offrent une expérience affective riche. Je pense au site Carrière SQLI, où la visite des locaux insuffle le sentiment d’appartenance chez le candidat, à la bibliothèque virtuelle de Borders, ou à tous ces product customizers, où en plus de pouvoir choisir entre un pouf (j’ai dit « un »ok), un fauteuil et un canapé, vous pouvez le visualiser en jaune de Damas, le faire pivoter à 360° façon simulateur de la nasa, puis télécharger la photo de votre salon et ainsi vérifier s’il s’accorde avec votre papier peint bouton d’or. Enfin, le réalisme n’est pas nécessairement la chasse gardée de l’esthétisme : le ressenti émotionnel dans l’acte d’achat sur Ebay en est l’exemple le plus marquant. Etre réaliste c’est aussi faire ressentir des émotions du réel.
Être créatif encore et toujours
L’objectif originel de ce post était de vous présenter le H.P.France Mall, un centre commercial de luxe à Tokio. Il s’agit de découvrir le centre dans toute sa hauteur avec un parti pris haut de gamme et une forte dose de créativité (ça diffère d’ecodazoo et son mode doriphore volant) . Là encore, il n’est toujours pas question de technologie. La 3D, AJAX, Flash, Silverlight, la vidéo,… je ne vous parle pas d’outils, mais de la manière avec laquelle leur utilisation permet de donner une dimension supplémentaire aux sites, et là, il n’y a que l’imagination qui saura répondre à ce cahier des charges.
ps: s’il vous reste un onglet de libre, Now What illustrera ma pensée



