« L’important c’est de participer » disait le baron de Coubertin, oui oui, bien sûr, mais jouer au volley virtuel pour le compte de Gilette avec comme seule récompense d’avoir le titre de « Beach champ », je suis désolé mais ça me contente que très moyennement.


L’homo sapiens sapiens puéril que je suis aime jouer, aime gagner surtout. La reconnaissance virtuelle c’est une chose, mais pour un advergame, quand les bénéfices ne vont que dans le sens de la marque, je me dis que la promotion de la marque est quelque peu biaisée par cette frustration.


Un pigeon ne consomme pas plus qu’il ne peut jouer

Soyons d’accord, en jouant aux advergames, on signe un contrat moral avec l’annonceur : on accepte de s’impliquer dans sa stratégie, on concède son temps dans l’espoir d’en tirer une récompense. Qui serait prêt à s’essayer 30min à un jeu qui n’apporte aucun gain, de quelque nature que ce soit ? Le temps est précieux, toujours plus, et les internautes viennent sur Internet pour en gagner, sinon le responsable d’Auchan Drive doit mal dormir. Retenir en otage un internaute devant votre logo sans un merci, n’est sûrement  pas la meilleure solution pour développer proximité, sympathie et confiance. Ne nous y trompons pas, les objectifs de lancer un advergame sont bien ceux-ci. Vous connaissez quelqu’un qui allume la TV en disant : « Tiens je vais regarder la pub ». Moi non, à part ce type au regard vitreux et aux colliers à pics qui voulait qu’on l’appelle « Pain is life » quand j’étais en 5ème…


Le paradoxe technologique

C’est un fait, les jeux sont de plus en plus aboutis. Flash et ses fleurissantes bibliothèques 3D, Virtools, Shockwave, Java, les solutions techniques n’ont jamais été si nombreuses et performantes pour créer des jeux toujours plus beaux, toujours plus complexes


Entre l’advergame Coca Cola Zero, le Renault Koleos ou encore Rexona Power, il faut avouer que les jeux parviennent à un niveau de qualité graphique bluffant. Effets de lumière, 3D, effets sonores, poussière, tout y est, on est loin d’un Street Fighter 2 sur MegaDrive. Alors naturellement le plaisir de jouer devrait aller de paire. Et moi de vous répondre: « Queneni cher ami« . Temps de chargement à rallonge et répétition, ralentissements durant le jeu, votre RAM prend des rougeurs, et votre navigateur transpire comme jamais. Il en faut parfois du courage pour s’essayer à une séance de pilotage de F1 BMW. Le danger est bien là : faire d’une expérience à priori positive, un moment déceptif.


C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures

Dans ce domaine plus qu’un autre, le principe KISS (Keep It Short & Simple ) est de rigueur. Vous vous êtes déjà sans doute essayé aux rudimentaires Copter, Blobby Volley et autres Tetris. Ces jeux sont tous extra-simples, on a tout compris en 15sec, c’est moche certes, mais sacrément addictif. Les mécanismes ludiques fonctionnent à merveille, on en oublie la laideur pour ne garder que le plaisir de jouer. Gardez ceci à l’esprit si vous êtes amené à concevoir un advergame, privilégiez le ressenti d’un joueur plutôt que le kiff d’un graphic designer, le chef des ventes vous en remerciera.


Toujours au niveau des recettes qui fonctionnent bien sur le net et pour toute opération virale : humour, sexe et ego. La marque de bière tchèque Pilsner Urquell s’était ainsi fait connaître à travers un jeu très simple, où il fallait récupérer des canettes qui tombent pour faire se déshabiller de charmantes demoiselles. La réussite était presque inévitable : les règles d’un jeu connus de tous, qui marche très simplement, une promesse, et un public particulièrement réactif à la récompense… Entre les différents niveaux et modèles, le temps d’exposition à la marque peut vite devenir énorme. Ce pari est également celui défendu par Menthos avec le jeu Kiss Fight, même si ça ne leur aurait pas couté grand chose de laisser au vainqueur quelques unes de leurs petites friandises.


L’advergame, c’est plus fort que toi

Si une marque n’a pas le budget pour offrir des dizaines d’écrans plasma ou voyages au Maroc aux vainqueurs de son jeu tel que l’a fait SFR, les récompenses peuvent être beaucoup moins onéreuses mais tout aussi impactantes dans le cœur de l’internaute. Les advergames ont cette possibilité d’agir sur l’émotionnel et substituent la passivité de l’affichage par une implication active du consommateur avec sa marque. Le perspective de cette particularité tend vers l’adage : quand on aime, on ne compte. Ajoutons à cela le potentiel viral, tel que l’atteste l’opération de Yamaha avec Volume Max, et vous comprendez pourquoi des études récentes précisent que les jeux en ligne sont plus populaires que Youtube ou Facebook.




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Je ne goûte guère au plaisir de dézinguer un site en public, mais le lancement en fanfare du nouveau site du Bon Marché, à la frontière du magazine et du site e-commerce ressemble presqu’à une grosse farce tant sa conception est pathétique.

Treeslbm : les arbres du Bon Marché. Oh là là là !
Merci à Alexander Calder pour la conception graphique

Le Bon Marché dans les traces des Galeries Lafayette

Le Bon Marché, qui fait partie de la bande des grands magasins parisiens, suit donc, deux semaines après son lancement, les traces des Galeries Lafayette, dont le site suscitait déjà critiques et commentaires, mais parvenait tout de même à soulever quelques ah et oh d’admiration devant une réalisation soignée et agréable.

Treeslbm.com :  c’est quoi ce nom de domaine ?

Ce n’est pas du tout le cas de Treeslbm.com (Mais qui a pu trouver un nom de domaine pareil ? Son inventeur a sans doute du penser qu’un nom aussi ésotérique et imprononçable ferait cool et branché et aurait le mérite d’attirer le bobo. Mais là, non franchement, c’est n’importe quoi. Tiens, je sais, mois aussi je vais me trouver un nom de domaine branché et cool : slipslcc.com. C’est chouette, non ? Seuls ceux qui suivent mes aventures comprendront… Enfin, bon).

Bon pour être montré aux étudiants en ecommerce

On ne peut pas dire que le site soit moche, ni vraiment nul, ni totalement inintéressant, mais il a le défaut impardonnable de cumuler toutes les erreurs de conception, tous les défauts classiques d’un site full-flash (déjà un site ecommerce full-flash, il faut oser), à tel point, que c’en est presque un cas d’école. A la rigueur, il pourrait servir justement dans les cours de ecommerce pour montrer aux élèves débutants ce qu’il ne faut pas faire. On se croirait revenu à la fin des années 1990 quand les concepteurs de sites HTML, découvrant la puissance et les possibilités incroyables de Flash, barbouillèrent le Web de réalisations aussi magnifiques (ce qui n’est même pas le cas ici) et qu’insurfables.

Une léger parfum de foutage de gueule

Bon, bref, je ne vais pas m’acharner, ni faire un scandale national et pour ne pas me fâcher avec les auteurs du site, j’ajouterai que mon point de vue n’est que celui d’un technicien du web pour qui les considérations marketing et promotionnelles d’un site sont des brouillards obscurs et dont les clés, forcément, ne sont pas affichées en grand sur la homepage, mais enfin, tout de même, hormis ses aspects, primordiaux certes, je dirais quand même qu’il traîne sur les pages de treeslbm.com un léger parfum de foutage de gueule subtilement dispensée par ses concepteurs (non, ne me tapez pas !).

Bons et mauvais points

Et pour finir, voici un récap rapide des bons points (en jetant un coup d’oeil attentif à la liste, vous verrez qu’il n’y en a pas, mais c’est vrai que je suis un peu salaud sur ce coup là) et des mauvais points de treeslbm.com

Mauvais points

  • Plugin Flash 9 à télécharger et à installer
  • Nom de domaine ésotérique et propice aux fautes de frappes
  • Intro en Flash bien lourde
  • Site entièrement en Flex
  • Page d’accueil incompréhensible (est-ce un site de ecommerce ? un magazine ?) + mise en page déroutante
  • Ergonomie pour les designers
    • ascenseurs en Flash dans les popups réservé aux as de la souris
    • menus déroulants du formulaire d’inscription super pas pratiques
    • zoom décalé et plutôt inutile dans les pages produits
    • conception de la fiche produit pauvre
  • Manque de fluidité des animations (sous mon MacBook en tout cas, acheté en 2006)
  • Lisibilité très limite (certaines typos sont minuscules)
  • Musique non débrayable (grrrrrrr!!!)
  • Navigation pas claire et lourdaude (pas de fil d’ariane, arborescence pas claire)
  • SEO au ras des paquerettes
    • pas d’url rewriting
    • pas d’optimisation du code
    • pas de gestion des META
  • Bugs
    • carnet d’adresses ne fonctionne pas sous Mac OS X + Firefox (erreur javascript)


Ce que je n’aime pas
Le design, très élitiste

Bon, ok, c’est très vache tout ça, et je suis sûr qu’un tas d’entre vous aiment bien treeslbm.com (prononcez trizèlebéhème.com). C’est vrai ? C’est quoi votre avis ?


A lire aussi :

Quelques liens bien utiles :

  • Le site lui même : treeslbm.com
  • Blographic.com : le seul blog que j’ai trouvé qui parle du site et sur lequel vous pourrez aussi trouver un code secret pour vous enregistrer sur trizèlebéhème.com
  • Alexander Calder, l’artiste qui a dû inspirer le design de treeslbm.com


Sur le Capitaine :







Auteur de ce billet : Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-Commerce.com. En plus de super-héros à collants verts, il propose désormais via weXperience, sa nouvelle web agency, des services autour de la conception et l'optimisation de l'expérience client pour le web.


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Lookzippy a fêté il y a peu ses 2 ans d’existence, et pour l’occasion a changé de look, et cherche de l’aide.


Chez lookzippy on est pas des gonzesses, on repasse pas

Ben, le créateur de Lookzippy, m’a gentiment demandé un retour sur le travail effectué pour cette nouveau mouture du site. Hop, je m’y colle. Je vais me concentrer sur la fiche produit (Par manque de temps. Si quelqu’un me trouve le moyen de rallonger les journées…). Après un tour assez rapide sur cette V3, j’ai noté quelques axes d’amélioration, et pas mal de points positifs. Graphiquement j’aime bien, c’est clair, lisible, pas surchargé.

Point d’arrivée, la homepage ne présente que 3 produits. C’est dommage, le parti pris de limiter la page en hauteur ne se justifie pas et limite la surface d’exposition. Il faut donc entrer plus en avant dans l’arborescence pour trouver LE t-shirt de ses rêves. Personnellement j’aurai mis plus de produits et un accès immédiat au filtre. Peut être qu’un bouton ajout au panier immédiat serait une bonne idée.

Le header et le footer sont clairs, complets, lisibles. Il manque simplement l’affichage en clair du numéro de téléphone du commerçant, élément rassurant pour l’acheteur.


Le filtre est bien fichu. Ne manque que la possibilité de voir 24 ou 36 vêtements à la fois

La fiche produit est bien fichue, notamment la possibilité de voir le visuel imprimé par un survol de souris. Par contre cela fait un peut double emploi avec le zoom. Je n’ai pas bien saisi à quoi servent les diverses icônes zoom.
Le fait de pouvoir choisir directement la taille sans passer par un menu déroulant est tip top. Un click de moins, l’info est directement accessible. Bravo.


Bien vu également la possibilité de poster la photo d’un t-shirt sur un blog !

Toujours concernant la fiche produit, j’aurais placé le prix et le bouton ajouter au panier en bas, alignés avec le texte de présentation. Le carrousel en bas de page est agréable. Il serait bienvenu d’avoir au survol d’une image quelques infos produit. L’usage de jquery (ou autre) est souvent l’occasion de mettre des effets à deux balle un peu partout. Ici c’est cohérent et utilitaire, très propre. Par exemple l’ajout au panier.

Quelques bugs subsistes de ci de là, mais rien de bien gênant. Par exemple le site est dispo en espagnol, mais toutes les traductions ne sont pas faîtes. Un click sur la couleur dans la fiche produit ramène au niveau au dessus, dans la liste des produits. Reste encore de bonnes idées, comme l’abonnement t-shirt, le ticket cadeau, le côté web 2.0, le blog bien sympa, et certainement d’autres, mais je le rappelle, ceci est un tour rapide (oui, c’est le week end dans quelques heures, faut que je pense au barbecue, le bermuda, etc).

Si vous voyez d’autres points à améliorer, n’hésitez pas, toute critique positive est bonne à prendre, les commentaires n’attendent que vous ! (ouahhhh, c’est du web 2.0 ça monsieur).

Auteur de ce billet : Jacques Terrier consultant e-commerce - Twitterfacebook - Tutos performance web et formation e-commerce sur OSEOX