La délégation e-commerce peut vite s’imposer comme un calcul très rentable pour les marques disposant d’une certaine notoriété, qui, au final, s’offrent ainsi un nouveau canal de vente pour leurs produits avec un minimum de contraintes et de risques.

Si les marques renâclent devant la difficulté d’aller vendre sur internet, face à des investissements importants et pas forcément toujours rentables (ou à la rentabilité lointaine), ceci est d’autant plus vrai pour les PME. Avec de bien minces budgets, ces dernières ne disposent que de peu d’espoir de développement commercial en ligne. Certaines PME font l’acquisition de logiciels pour bricoler leur propre site, d’autres dilapident un petit budget auprès d’un free lance local ou d’un prestataire de services e-commerce en ligne. Mais c’est souvent en pure perte par rapport aux retours réels, toujours loin de ceux escomptés ou promis. Le site ainsi réalisé n’est, au final, qu’une vitrine aux lacunes accablantes d’un point de vue de la performance e-business. Au mieux, c’est l’opportunité de quelques contacts, mais sans proportion au regard de l’effort financier consenti.

Pour tous ces damnés du web et autres naufragés de la page 10 des résultats de Google, j’entrevois un espoir : la délégation e-commerce mutualisée !

Je m’explique.

Il n’est pas rare de voir certaines régions ( ou encore l’Union Européenne au titre du FEDER) subventionner le développement en ligne du commerce local ou de l’artisanat. Il s’agit trop souvent de médiocres plateformes, avec des boutiques sans âme, sans réflexion marketing ou juste promotionnelles, sans mise à jour et au final sans vie. Ces plateformes sont peu fréquentées, mal référencées et n’ont pour seul mérite que de faire vivre grassement la société qui a remporté l’appel d’offre pour la réaliser.

Si, au lieu de proposer aux commerçants locaux de créer de classiques boutiques sans intérêt, on se préoccupait d’une vraie stratégie gagnante et de résultats, on pourrait s’inspirer du modèle de la délégation e-commerce.

Il s’agirait de mutualiser les ressources afin de s’offrir les services d’une équipe de vrais professionnels de l’e-commerce, maîtrisant toute la chaîne (relire le billet précédent pour le détail). Peut être pas forcément “LA dream team” mais des bons et des seniors, encadrés par un vrai manager ayant déjà largement fait ses preuves, comme Michel De Guilhermier (Inspirationnal Stores).

Quand à la mise de fond pour lancer le projet, on pourrait imaginer que les fonds publics viennent “ensemencer” ce concept prometteur, plutôt que de faire un x-ième projet mort-né comme on en voit que trop. Les fonds publics permettraient de constituer l’équipe de pros et financer le développement de la plateforme (logistique et technologique).

L’entreprise ainsi constituée sélectionnerait d’abord les PME locales présentant d’authentiques produits de l’économie locale, avec de vrais atouts différenciants ou des caractéristiques originales, susceptibles d’être réellement commercialisés et exportés. Exemple par exemple pour les départements d’outre-mer : rhum, café, épices, fleurs, spécialités locales, …

L’entreprise s’occuperait ensuite d’acquérir un stock initial, à un tarif négocié, et payable à 60 jours. Ces produits seraient présentés en ligne avec des visuels soignés, de vrais argumentaires, des reportages, … puis mis en valeur par les bons soins des pros du marketing on line.

La plateforme en ligne serait techniquement irréprochable en terme d’ergonomie, de design up-to-date, et de référencement car le fruit d’une équipe technique expérimentée s’appuyant sur les best-practices du e-commerce. Les ventes arriveraient et le service logistique, dirigé par un spécialiste, répondrait au quart de tour pour conditionner et faire acheminer en toute sécurité les précieux colis dans les meilleures conditions.

Dès lors,l’entreprise de délégation e-commerce serait économiquement viable sans fond publics supplémentaires après son lancement et contribuerait à désenclaver la production locale grâce à ce nouveau circuit de distribution ouvert sur un univers sans limite, pouvant potentiellement représenter d’importants volumes à terme.

Pour résumer grossièrement :
- s’unir pour être plus fort (c’est pas nouveau).
- mettre le prix pour s’appuyer sur les meilleurs (souvent un bon calcul à terme).

Ce n’est rien de plus que cela la délégation e-commerce appliquée aux PME et au développement local et c’est tout bénéfice pour chacun.

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D’abord, un petit mot pour remercier Cobolian pour son invitation à rejoindre le blog de Captain Commerce: j’en suis très honoré ! Et merci au boss pour avoir approuvé !  Je n’ai pas encore reçu mon collant vert, mais je me laisse déjà pousser la moustache …

Connaissez-vous la délégation d’e-commerce, un concept relativement récent sur le web ?

J’ignore qui de Michel de Guilhermier (www.inspirationalstores.com) ou de Philippe Rodriguez (www.mixcommerce.com) est à l’origine de ce concept, peut-être même importé d’un autre pays, mais ce que je sais c’est que le concept est excellent et le marché très porteur !

En quelques mots, on pourrait associer le principe de la délégation d’e-commerce à une sorte de franchise on line : le franchisé n’a mandat que pour commercialiser les produits du franchiseur sur internet, strictement et exclusivement. Comme pour la franchise classique, le délégué peut utiliser le nom de la marque, sa notoriété et ses visuels pour la promotion de sa boutique en ligne.

Les références de nos deux protagonistes pionniers de la délégation e-commerce parlent d’elles-mêmes puisque de belles enseignes se sont rapidement laissées convaincre. Car le discours pour séduire les marques est limpide et s’articule en 2 parties :

1- l’e-commerce, c’est un job de spécialistes.

“Fondamentalement, l’e-commerce est un canal de distribution très spécifique qui ne peut réellement être exploité convenablement qu’avec la parfaite maîtrise de 4 grandes compétences :

- La technologie : création, hébergement et gestion d’un site internet, des bases de données, du back-office.

- Le marketing online : la science de faire venir un trafic qualifié important sur un site, ce de la manière la moins coûteuse possible.

- Le “fulfilment” : logistique, service client, gestion des retours, etc.

- Le “commerce” : c’est-à-dire l’art de vendre, l’art du merchandising, l’art de savoir parler et comprendre les consommateurs.”

Michel de Guilhermier sur son blog.

En d’autres termes, si vous voulez y aller seul, bonne chance ! Et préparez vous à dépenser beaucoup d’argent avant d’en gagner car la courbe d’expérience du e-commerce est laborieuse à apprivoiser…

2 - Et justement, on est des spécialistes !

Il s’agit d’une opportunité : vendre d’avantage et investir un nouveau canal de distribution pour un coût maîtrisé et un risque minimisé.

L’e-commerce requière des exigences, des moyens et des expériences tels qu’aujourd’hui le ticket d’entrée est vraiment significatif, voir prohibitif. Si l’on n’y prend pas garde le coût d’acquisition de clientèle peut vite s’avérer astronomique, même à moyen terme, renvoyant les perspectives de rentabilité loin derrière la ligne d’horizon.

Sauf que ce discours, pour évident qu’il nous paraisse ainsi décrit, n’est pas si évident qu’on pourrait le penser. En effet, je suis prêt à parier qu’il n’est recevable que pour les marques qui ont déjà connu une expérience du on-line, sans doute peu concluante, sinon calamiteuse, et mesuré ainsi à quel point internet dissimulait en fait des gouffres avides de temps et de budget, qui ne produisaient que de bien maigres résultats. Car le discours de la délégation d’e-commerce se heurte aux discours des éditeurs de logiciels et de solution asp e-commerce qui évoquent, au contraire, la facilité qu’il y a de nos jours à ouvrir sa boutique en quelques clics pour commencer à rafler la mise.

Comme un enfant a besoin de se brûler avant de craindre la flamme, il faudra sans doute que les clients potentiels de la délégation d’e-commerce commencent, sinon par se brûler, au moins par se faire échauder, en cramant par exemple de petites fortunes quotidiennes en adwords suite à un referencement naturel calamiteux. Et quand il sera admis que le e-commerce est un canal de distribution spécifique, où seuls les professionnels et/ou ceux qui s’en donnent les moyens peuvent s’en sortir, alors la délégation d’e-commerce prendra réellement son essor. Nul doute que demain, les entreprises de délegation e-commerce vont fleurir, à commencer par les éditeurs de solutions asp qui vont s’empresser de réviser leur business modèle pour l’adapter à cette nouvelle opportunité.

Néanmoins, la délégation d’e-commerce n’est pas pour tout le monde car comme dans le cas de la franchise, toutes les offres de délégation ne se valent pas : il faut déjà que la marque jouisse d’une forte notoriété pour qu’elle puisse attirer un délégué. Celui-ci réduit ainsi le process d’acquisition de clientèle au strict process en ligne en capitalisant sur la notoriété spontanée de la marque exprimée directement dans les moteurs de recherche où il doit se placer. Cette “zone de chalandise virtuelle spontanée” sur laquelle s’appuie le délégué conditionne certainement fortement la négociation des conditions d’exploitation de la délégation. Elle exclut sans doute aussi d’emblée les débutants et autres petites marques des satisfactions de  la délégation d’e-commerce… sauf conditions particulières. A suivre !

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