Tiens ! J’ai un collègue qui m’a dit : “Va voir ce site, c’est une nana, elle fait des fringues, tu vas voir, c’est chic et ça te changera de tes collants ridicules !” Je lui ai répondu : “Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Ils ont quoi mes collants ?” Il est parti en riant, mais je suis quand même allé voir son “site de gonzesses”.
Bon ok, des sites de fringues, j’ai déjà vu des centaines, alors, un de plus, un de moins… Agnes B, ça s’appelle. Je ne sais pas qui c’est, cette Agnès, mais je trouve que quand on est poli, on décline son nom et que ce n’est pas parce que on appartient au soi disant milieu de la mode qu’on doit se permettre de manquer aux règles les plus élémentaires de la politesse.
Mais qui peut s’acheter des vêtements à ce prix là ?
C’est n’importe quoi ! Des pulls à 200 € ! Des t-shirts à 95 € ! Et pourquoi pas des parapluies à 1000 €, tant qu’on y est ? Je comprenais mieux les rires de l’autre en sortant de mon bureau (car oui, j’ai un bureau, on a beau être un super-héros, il faut bien un bureau pour bosser, ne serait-ce que pour prendre les appels, classer les factures pour les collants, et tout le tremblement.)
Avec des tarifs aussi élitistes, ce que je gagne avec Google Adsense me permettrait peine d’acheter un slip. Mais bon, les slips, les collants, comme vous le savez, c’est mon dada. Direction donc, le rayon slips.
Navigation simple et fiche produit clair
Le petit menu de gauche n’a rien d’original, mais on arrive parfaitement à trouver ce qu’on cherche sans avoir besoin de recourir comme un damné au moteur de recherche. Bon, des slips, il n’y en avait pas et je me suis donc rabattu sur les t-shirts manches courtes (ça devrait être dans mes moyens) pour tester la fiche produit.
Là encore, pas de problème (hormis le prix), c’est propre, clair, le produit est bien mis en avant, plusieurs vues sont parfois disponibles, les photos sont explicites et l’on peut même zoomer dessus, ce qui permet parfois de voir jusqu’au détail de la maille. Pas mal ! Les descriptifs restent courts, mais on peut les “allonger” en cliquant sur un laconique “+ de détails”, ce qui permet entre autre d’apprendre de quoi est composé le t-shirt et à quel température on peut le laver (quelqu’un pourra-t-il m’expliquer un jours ces symboles qu’on voit partout sur les vêtements ?).
Je mets mon polo au panier. Petite remarque en passant : lorsque la page est trop déroulée, il n’y a aucun signal visuel qui m’indique que l’article a bien été ajouté à ma commande.
Une surprise dans le processus de commande
Dommage également qu’on ne puisse pas utiliser de filtre de tri sur le prix, mais je suppose que ce n’est pas la principale préoccupation des clientes ou clients de Madame B. Finalement, je cède pour un polo à 75€ et je passe à la caisse. Là encore, rien à dire, c’est du classique. L’ouverture de compte se passe sans souci. Le choix du mode de livraison est clair. Seule petite faute de goût, la page de paiement électronique d’ATOS non “chartée” (Oh là là là ! C’est pas bien, ça. Ca fait vraiment pauvre).
Alors en revanche, je dois dire que j’ai été extrêmement choqué par la proposition de Mme B de glisser, outre un petit catalogue de ses créations, une boîte de préservatifs pour hommes. Je ne sais pas ce qui lui fait penser que j’ai besoin qu’on me donne comme ça des préservatifs ou que j’ai un tel besoin urgent d’en obtenir pour qu’elle m’en glisse une dans mon colis, mais j’ai trouve ça déplacé. Alors, hein ? Imaginez, Madame B, si c’est ma femme qui ouvre le colis, ce qu’elle va bien pouvoir dire ?
Ma femme : “Alors Monsieur Commerce, comme ça, on se commande des polos en douce avec sa livraison habituelle de préservatifs (il faut vous dire que j’en fait habituellement une grosse consommation) ? A ce prix là, en plus, alors que tu aurais pu avoir le même chez Kiabi ?”
Moi : “Mais, ma chérie, je lui aurais dit, ce que tu vois là n’est pas un polo comme les autres. C’est un truc de créateurs, d’artiste de la mode, tu comprends ? Tous mes copains en mettent. Il n ‘y a pas de raison pour que je sois toujours le seul à mettre des truc fabriqués en Chine qui fondent à chaque fois que je franchis le mur du son en surfant sur le web”
Mais AgnesB.fr, ce n’est pas qu’une boutique
Pour finir, vous noterez quelques détails qui font que chez les B, quand on fait du e-commerce, on fait attention à l’expérience client (ça doit être pour ça que c’est si cher) :
- en plus de la boutique, on trouve un blog qui s’appelle B.side (attention, il y a un double jeu de mots là dedans, puisque B.side peut aussi faire allusion à la face B des galettes noires en vinyls qui nous servaient de MP3 à l’orée des années 70)
- Si comme moi, vous aimez admirer le déhanché de jeunes femmes agiles bien habillées, vous ne manquerez pas d’aller voir les défilés en vidéo qui vous aideront à découvrir les polos à 75€ portés sur des vraies personnes (encore qu’on puisse se demander si des vrais mannequins soient vraiment représentatifs de la morphologie en général de la population française)
- Et pour les clients près de leurs sous, comme moi, Madame B a trouvé le truc ultime avec la petite web radio qui va bien pour tenter de vous transporter dans une ambiance d’achat décontractée (ah, expérience client quand tu nous tiens !)
Conclusion
Malin comme je suis, j’ai fini par me faire rembourser mes 75€, grâce aux frais de retour gratuits, autre plus astucieux de madame B pour rassurer le client.













