Sous le titre vraiment très un peu racoleur de ce billet se cache une question qui m’est assez souvent posée : ‘Faut-il changer de plateforme ?’, et accessoirement ‘Vers quoi dois-je me tourner ?’. Une partie de cet article vient d’une conférence faîte à Charleroi, avec mes petits camarades de 42stores, Kiubi et Simaway, ainsi que Loic Bar. (Voici un résumé de cette conference)

On le sait, OSCommerce est une vieille plateforme, codée avec deux pieds gauches, de base très moche (même toi au fond, tu crois que j’ai pas vu que tu t’endors ?).

Alors faut-il tuer la bête et engager une migration massive vers un nouvel eldorado ? La réponse est carrément simple. Si votre site tourne bien, que vous faites du chiffre, que vous avez de bons prestataires, la réponse est NON. On ne change pas une équipe qui gagne. Changer pour changer ne sert à rien. De plus il y a fort à parier que votre site vous l’avez bichonné, modifié dans tous les sens, et peut être même vous a-t-il couté cher. Vous pouvez probablement le laisser vivre et le faire évoluer quelques années encore, tant que vous n’avez pas de problème de montée en charge ou de maintenance par exemple. A la limite un coup de peinture et c’est reparti pour un tour.

Je parle beaucoup d’open source, et de plateformes nouvelles. Il faut toutefois faire la part des choses, et me voir comme un geek assoiffé de nouveautés (sans les boutons et les tshirts ‘le seigneur des anneaux’). Vous, vous êtes des commerçants  dont la principale rêgle est le profit, le ROI et autres. Ne cédez pas aux sirènes de la nouveauté.

Dans quelles conditions dois-je changer de plateforme ?

C’est assez simple :

  • plus de prestataire,
  • problèmes d’intégration au SI,
  • back office inadapté,
  • problèmes de montée en charge,
  • coût de possession trop élevé
  • code qui à connu trop de modifs et contient des centaines de verrues…

Les raisons sont nombreuses, et pas toujours les bonnes. Si vos besoins sont comblés par votre OSCommerce, gardez le.

Quelle éléments doivent guider mon choix ?

Rien que cette partie pourrait remplir ce blog, et faire une conférence d’une semaine. Grosso modo, pour choisir un type de plateforme (louée, propriétaire, open source…) il faut prendre en compte une énorme quantité de données, par exemple :

Financières : selon que vous ayez 1000€ ou 1 000 000 €, votre choix ne sera évidement pas le même. Avec 0€ d’investissement en plateforme vous pouvez déjà vendre sans problème : ebay, leboncoin. Et avec une charte graphique en plus vous avez 42stores,Wizishop, Kiubi… Il y a le choix. De même votre chiffre d’affaire prévisionnel est une donnée cruciale.

Techniques : si vous, ou votre équipe, ne connait pas un minimum de technique, il faut soit passer par une agence, soit oublier tout ce qui est open source. Oubliez également votre beau frère qui connait un pote qui est un génie en HTML. Si vous avez en interne 18 boutonneux qui codent comme des dieux, vous pouvez tenter l’aventure. Si vous pensez avoir 50 000 ventes/jour, réfléchissez bien à l’évolutivité de la solution par exemple, négliger la montée en charge peut couter très cher.

Humaines : vous êtes seul ? vous êtes 10, 100, 1000 ? Plus vous êtes nombreux, plus il y a des chances de trouver suffisamment de compétences en interne. Si vous êtes seul, vous ne pourrez pas tout faire. Ou alors oubliez le temps libre. De même pour le back office : selon votre SI et votre population d’usagers internes, vous ne pourrez pas tout faire.

Produits : On ne vends pas de la même façon 100 produits à 1 000 000 de prospects, et 1 000 000 de produits à 100 prospects.  C’est caricatural à souhait, mais cela reflète bien le sujet.  Volumétrie, personnalisation, segmentation, réglementation sont de la partie.

Cible : BtoB, BtoC, les jeunes, les vieux, les femmes, les camionneurs… Selon les cibles, vous aurez besoin de plus ou moins d’éditorial, d’adapter l’ergonomie et l’aspect de la boutique, d’utiliser des codes réduction… Vous avez peut être besoin de plus d’une boutique pour être en adéquation avec vos cibles.

Une grille décisionnelle complète est relativement complexe à faire. N’oublions pas qu’un site e-commerce est fait pour vendre, la plateforme est un moyen, pas le but. Mais ce moyen doit absolument correspondre à votre projet et à son écosystème. Se planter c’est un peu comme essayer de vendre des bijoux de prix dans une friterie, ou tirer une caravane avec une ferrari  : problème en vue.

Quelle solution choisir ?

Maintenant il vous faut établir un cahier des charges light (expression des besoins). Pas la peine d’entrer dans le détail,  mais faites attention à ne pas oublier des points importants, comme la possibilité plus tard de récupérer les données client par exemple. Si vous explosez vos ventes il faut faudra peut être changer de plateforme, et les données client sont parmi les plus importantes à récupérer.  Si vous voulez vendre des produits personnalisables il faut voir si c’est possible, et à quel coût. Si vous êtes en multi-canal, l’erreur commune est de négliger les codes avantages utilisés sur les canaux déjà existants. Bref, il faut avoir une vue complète du projet avant d’entrer dans le détail.

Vous avez donc votre grille décisionnelle et votre expression des besoins. A partir de là, vous avez plusieurs choix : solutions louées (prix fixe au mois, ou à la performance), plateforme CToC, BtoC, BtoB (ebay ou leboncoin entre autre), open sourcesolution propriétaire, ou développement (from scratch ou a partir d’un framework). La liste ne pas exhaustive. Chaque jour de nouveaux acteurs arrivent sur le marché proposant de nouvelles solutions, il vous faudra donc vous renseigner beaucoup et faire un maximum de veille.

Plus votre expression du besoin s’éloigne des fonctionnalités natives d’une solution, plus le cout d’adaptation est couteux, voir impossible. Il faut bien connaitre les possibilités proposées avant de se lancer. Il n’y a rien de plus frustrant qu’un brief qui se termine par un ‘c’est pas possible, on peut pas le faire’, ou une migration impossible parce que vous n’avez pas accès aux données.

Attention également à l’adéquation de la plateforme avec vos prévisions dans le temps. La pérennité est une chose, mais le but est le développement de l’activité. Prévoir longtemps à l’avance les possibilités d’évolution est indispensable.

Ne négligez pas le backoffice (ERP, CRM…), qui peut sembler extrêmement cher, mais qui vous apportera probablement des gains souvent en rapport. Il vaut parfois mieux acheter une solution complète que de faire du full open source et l’installer soit même, afin d’avoir de vrais gains de productivité arrière, et baisser ainsi les coûts finaux.

Pour finir ce résumé rapide, un dernier conseil. Ne mettez pas tout votre argent dans la plateforme. Pensez que vous allez devoir faire de la com, des évolutions et que sait-je encore (voir l’article sur les coût du ecommerce).

N’hésitez pas à intervenir dans les commentaires, vos retours sont précieux.

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Ça c’est de la news. Grosse surprise, il semble bien qu’OSCommerce ne soit finalement pas mort. J’avais d’ailleurs envie de mettre un beau ôO dans le titre, tellement la news me semble énorme.  C’est donc une version 3.0 alpha 5 délicatement nommée ‘Vanillekipferl’ (traduction en français : ‘on n’y croyais plus‘)  qui vient d’être annoncée. On en avait déjà touché un mot il y a quelques semaines, et bien c’est fait, c’est sorti.

N’est-il pas trop tard ?

Je ne pense pas, au vu des milliers de milliards de milliards (mouahahahahah) de sites qui tournent actuellement à l’aide de cette plateforme.

denfer OSCommerce nest pas mort

Un des camarades de jeu du capitaine

Si cette nouvelle version se finalise rapidement (et pas dans 3 ans) il y a fort à parier que la concurence va être rude dans l’open source. La communauté étant ce qu’elle est, il y de fortes chances que les plugins suivent à la pelle, de même que les thêmes. Ceci dit, il faudra que le framework soit costaud, parce qu’il y a de la concurence. Fini le temps ou OSC était quasi la seule plateforme opensource gratuite.

Si quelqu’un à testé, qu’il n’hésite pas à nous faire un retour.

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On y croyait plus, on le croyait mort et enterré. C’est dans un billet résumant l’activité de la communauté en 2008 qu’Harald Ponce de Leon lâche un laconique :

2008 has been a great year for osCommerce Online Merchant v2.2 and look forward to making 2009 an even better year with osCommerce Online Merchant v3.0, with a production-ready release of the new core engine being made in February.

Il semblerai donc que la bête ne soit pas morte contrairement aux pronostiques. On attend donc avec impatience cette release qui devrait arriver en Février. Ceci dit je m’inquiète un peu, au vu de la roadmap. Alors site non mis à jour ou version ’simplifiée’ pour faire une sortie rapide à tout prix ? Il faut dire que depuis un sacré moment la communication n’est pas le fort d’OSCommerce.

A voir, toujours est-il que cela va certainement relancer la communauté, et peut être motiver de nouveaux devs,  ce qui n’est pas un mal.

Edit : Contrairement à ce que certaines mauvaises langues suggérent avec habilité ceci n’est pas un fake, un post dans le forum oscommerce suggère que c’est une VRAIE information. Qui vivra verra. En tant que bloggeur de l’impossible je tacherai de continuer l’enquête.

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Difficile de prendre le temps d’écrire un billet pour raconter son expérience de e-commerçant. C’est pourtant ce qu’a fait Nicolas Trossat de Boutik Circus qui nous partage son passage de oscommerce à Magento pour son site Rue-de-la-deco.fr.

Bonjour,

Je souhaitais vous faire part de notre expérience de migration d’oscommerce vers magento pour le site Rue de la Déco

Qui sommes-nous?

Nous avons débuté notre aventure il y a 2 ans maintenant, ma femme et moi, et ouvert Rue de la Déco l’année dernière. Nous avions fait un premier post sur le forum d’oscommerce l’année dernière pour raconter notre histoire.

Aujourd’hui, beaucoup de chose ont changées. Tout d’abord, je suis maintenant spécialisé dans le e-commerce et particulièrement le développement Magento - webdesign, installation/configuration Magento, développement de modules, conseils et formations - en indépendant sous le nom de Boutik Circus. Je n’ai malheureusement pas encore eu le temps de me faire un site.. mais il est prévu avec une partie tuto utilisateurs (ceux que je remets à mes clients) et des tutos de développement pour partager mes hacks de magento.

Pourquoi migrer?

Au bout de 6 mois, des problèmes ont commencé à apparaitre avec le site sous Oscommerce. Florence ne pouvant pas intervenir elle-même sur le design du site, il devenait très statique et chaque modification prenait des proportions anormales… nous rencontrions également de gros problèmes de référencement qui nécessitaient une refonte complète de l’interface. C’est également à ce moment que je cherchais une plateforme de développement pour mon activité en indépendant. Après avoir un peu travaillé sur Oscss, nous avons définitivement choisi Magento en mai. Je dois reconnaitre que vous y êtes pour beaucoup dans ce choix…

Donc depuis 6 mois, je me forme à l’utilisation et au développement de Magento, j’ai travaillé sur un design complètement revu pour Rue de la Déco, et j’ai préparé la migration qui est maintenant effective depuis 3 semaines.

Les évolutions apportées à Magento

J’ai beaucoup travaillé sur le design et l’ergonomie du site, et j’ai dû ajouter quelques fonctionnalités non prévues dans magento.

  • Magento apporte beaucoup d’agréments pour les clients loggés mais rien n’avait été fait pour faciliter le login. Nous avons donc ajouté un login directement dans la colonne de droite avec une redirection dans la page d’accueil. Pour un client enregistré, son email et son mot de passe se pré-remplissent par leur navigateur et en un clic, il est loggé sans changer de page.
  • J’ai ajouté un “slideshow” en page d’accueil utilisant la librairie scriptaculous et non JQuery car celle-ci est incompatible avec Prototype. Elle peut être lancée en automatique avec une tempo ou en manuelle comme sur notre page d’accueil - boites “de saison” et “nos marques” -
  • J’ai également ajouté 2 boites “nouveautés” et “promos” qui sélectionnent aléatoirement les derniers articles concernés et leurs 2 pages respectives. Il y a également une boite “meilleures ventes” mais elles est désactivée pour le moment.
  • J’ai intégré un blog dont le dernier article s’affiche en page d’accueil. Les articles se rédigent directement dans l’interface admin de Magento.
  • J’ai amélioré la page de redirection du module Atos de ryu007 en ajoutant un effet “lightbox” avec le site en fond pour le choix de la carte de paiement.
  • Et j’ai à peu près touché à tout pour l’adapter à notre vision… il ne reste plus grand chose du design par défaut de Magento…
  • Côté admin, j’ai ajouté un tinymce* hacké avec un gestionnaire de fichier et une ou 2 fonctions pratiques dont la gestion de l’expédition de produits encombrants.

*éditeur riche

Après 3 semaines en production

Le résultat est très largement au-delà de nos attentes. Du côté commerçant, en l’occurrence ma femme, il est bien plus facile de modifier, ajouter du contenu, dynamiser, etc… qu’avant, et surtout, elle est entièrement autonome pour le faire. Pour elle, c’est une véritable révolution et elle est bien plus motivée pour dynamiser son interface. Un exemple concret est la page “nos marques” qu’elle a faite, designée et paramétrée seule alors que c’était totalement inimaginable sous oscommerce. Un énorme avantage de magento est également la personnalisation des résultats de recherche, fonction que nous utilisons également pour les redirections 301 de l’ancien site.

Du côté client, les retours sont extrêmement positifs et au-delà de nos attentes. Nous avons eu spontanément des propositions d’M6, Elle et Marie-Claire depuis l’ouverture de la nouvelle version… chose qui ne nous arrivait pas auparavant. L’utilisation de la liste d’envie est très importante et il n’y a pas eu de temps d’apprentissage comme nous nous y attendions. Les inscriptions au site et à la newsletter se font à un rythme bien plus important qu’avant.

Concernant le référencement, nous connaissons les changement mais il est encore trop tôt pour pouvoir mesurer les résultats.

Mon point de vue de prestataire

Il va y avoir de grosses différences entre une boutique Magento et Oscommerce.

Premièrement, les connaissances nécessaires pour installer, paramétrer, mettre les produits, mettre en production une boutique sont beaucoup plus importantes sur Magento que sur Oscommerce. Il va en résulter qu’à connaissance égale, un commerçant devra payer des prestations plus complètes pour Magento. Un exemple tout simple est qu’un commerçant non anglophone devra être entièrement formé à l’utilisation de son outil alors qu’oscommerce ne nécessitait pas beaucoup de connaissance pour pouvoir gérer l’admin. En contrepartie, il sera beaucoup plus autonome ensuite, avec des possibilités d’interventions sur l’interface beaucoup plus étendues. Le résultat sera une boutique plus dynamique avec un commerçant très investi.

D’un point de vue référencement, Magento présente des avantages indéniables comparé à un site Oscommerce classique. Cela ne signifie pas qu’un site Oscommerce ne peut pas être bien référencé mais plutôt qu’un commerçant qui n’a pas de connaissance particulière dans ce domaine a des garanties supplémentaires en achetant un site Magento.

Dernière chose, et non des moindres, tout commerçant doit envisager que son projet marche bien, voir très bien. Magento saura bien mieux accompagner un commerçant sur le long terme :

  • C’est une solution jeune en pleine évolution. Cela permettra concrètement de rester à la pointe concernant les technologies/fonctionnalités proposées ce que ne fera jamais Oscommerce.
  • C’est une solution très facile à faire évoluer et à personnaliser. Cela signifie qu’une fonctionnalité complémentaire pour faire évoluer le site devrait couter moins chère qu’avec Oscommerce et que beaucoup de choses pourront être faites directement par le commerçant.
  • Et pour finir, si la boutique évolue bien, Magento propose tous les outils nécessaires à la gestion d’un très gros catalogue et ne nécessitera pas de changer de plateforme pour s’adapter à la taille de la boutique.

Conclusion

Nous avons pris certains risques lorsque nous avons décidé cette migration après seulement 6 mois d’exploitation sous Oscommerce. Mais aujourd’hui nous sommes convaincus que ce choix était nécessaire pour que nous puissions rester compétitifs chacun dans notre domaine. Et au-delà de ça, nous sommes au jour le jour enthousiasmés de travailler avec cette plateforme, bien plus qu’avec Oscommerce.

Nous tenons à remercier tous ceux qui ont participé à la promotion, au développement et à la traduction de Magento, particulièrement le Capitaine pour m’avoir fait découvrir cette solution, SeL et ryu007 pour leurs travaux, et bien sur toute l’équipe de Magento pour la qualité de leur travail ainsi que Varien pour croire au modèle Open-source.

En bonus, nous avons mis en ligne cette semaine la bannière de noël entièrement réalisé avec GIMP/Inkscape.

Nicolas Trossat, Boutik Circus
(vous pouvez contacter Nicolas en m’envoyant un mail que je lui transmettrai)

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