Alexandre Zeiller est le webmaster de Kalys, un site de cuisine moléculaire (un truc entre la chimie et la gastronomie, je vous laisse imaginer). D’un site oscommerce à l’origine, Kalys.com vient de passer à une belle version en Magento. J’ai décidé de poser quelque questions à Alexandre au sujet de cette refonte.
kalys

Bonjour Alexandre, pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Alexandre ZEILLER et je suis Webmaster pour la société Kalys. J’ai fait un DUT Services et Réseaux de Communication à Montbéliard et je travaille pour cette société depuis 3 ans maintenant.
Pourquoi avoir fait le choix de Magento pour cette nouvelle version ?
Pour cette nouvelle mouture, j’ai beaucoup hésité entre Prestashop et Magento. J’ai finalement choisi Magento pour ses fonctionnalités Multisite / Multiboutique / Multilingue. Notre société possède plusieurs activités et elles auront toutes, à moyen terme, un site de E-commerce dédié. Pouvoir tout gérer via un seul backoffice fut un avantage décisif en faveur de Magento. J’ai également comparé les communautés car c’est un facteur très important pour moi, et celle de Magento est sans conteste la plus développée. Même si la communauté Prestashop, plus petite, semble très réactive et disponible.
Combien de temps a duré la refonte ?
La refonte technique à duré entre 2 et 3 mois. Il s’agissait de mon premier projet sous Magento. En plus de maitriser le système de template, la compréhension du code, etc. j’ai dû faire très attention à la configuration de ce dernier, du fait de la vocation Multisite / Multiboutique / Multilingue de l’installation. Maintenant que tout est « posé », je pense que le temps de développement nécessaire aux autres sites sera énormément réduit. Magento demande un gros investissement au départ, mais il s’amortit très rapidement si les besoins vont un peu au delà d’une « petite boutique en ligne ».
Est-ce que la refonte a été faite en interne ou en externe ? Si en externe, avec qui ?
Je me suis occupé de la refonte avec mon collègue infographiste. Nous avons développé ce site en interne.
Le site est-il couplé à un ERP ? Si oui, lequel ?
Aucune intégration avec un Logiciel ERP n’a été implémentée actuellement. Nous sommes en train d’y réfléchir.
Hébergez-vous vous même le site ou passez-vous par un prestataire ? Lequel ?
Nous avons pris un serveur dédié chez OVH HG09. N’étant pas expert en administration serveur, j’ai fait appel à un prestataire externe pour l’infogérance. Il s’agit de la société Enigmatic (www.enigmatic.fr).
Quelle solution de paiement avez-vous choisie ? Pourquoi ?
Nous avons gardé nos anciens moyens de paiement, c’est à dire le chèque et le paiement par Carte Bancaire via E-transaction (ATOS). Nous allons ajouter Paypal très prochainement car certains utilisateurs sont réticent à donner leur numéro de carte bancaire à tous les sites sur lesquels ils commandent. Ils préfèrent faire confiance à Paypal et utiliser leur compte.
Quelles ont été les principales difficultés ? Les points positifs de la refonte ?
La principale difficulté à été de maitriser Magento ;-) , et plus précisément sa conception orientée objet de manière presque abusive. Je ne connaissait pas du tout le Zend Framework sur lequel il est basé, cela m’a donc demandé pas mal de travail pour le prendre en main. J’ai été agréablement surpris par le système de template qui est assez simple à maitriser et qui offre une flexibilité vraiment époustouflante. Son gros point faible reste sa documentation qui est vraiment limite, surtout pour un programme si complexe. J’ai été habitué à mieux avec Drupal.
Etes-vous satisfait des nouvelles perfomances du site ?
Sur notre nouvel hébergement : OUI, mais celui que nous avons choisi est extrêmement puissant donc n’importe quelle technologie tournerait à merveille dessus. L’activation du cache améliore vraiment les choses. Donc si les développeurs trouvent que les chargement sont long pendant le développement, qu’ils se rassurent. Une fois le cache et le flat catalog activé, les performances seront vraiment améliorées (uniquement pour le coté visiteur de la boutique cependant).
Quelle cible vise Kalys.com ? Combien de visiteurs uniques attendez-vous ? Combien réalisez-vous de ventes mensuellement avec quel panier moyen ?
Pour ce site nous ciblons tous les amateurs ou passionnés curieux de découvrir la cuisine moléculaire. La cuisine moléculaire, c’est un peu la chimie appliquée en cuisine. Mais je n’aime pas ce terme car nous ne proposons que des ingrédients végétaux naturels. Comprenez « Chimie » dans le sens ou nous essayons de comprendre les mécanismes qui entrent en jeu dans l’élaboration d’une recette pour ensuite l’améliorer ou la revisiter. Concernant les ventes mensuelles ou le panier moyen, je ne peux répondre. Par contre, depuis le lancement du nouveau site il y a une semaine, toutes nos statistiques se sont améliorées (visites, ventes, panier moyen) d’environ 15%. Coïncidence ou vrai plus de Magento ? Seul l’avenir nous le dira.
Si c’était à refaire, que referiez-vous ?
Il  y a certaines choses que j’ai développé que nous avons finalement enlevé, donc il y a plutôt certaines choses que je ne referais pas (comme commencer le développement en local sur un vieil ordinateur portable qui a rendu l’âme depuis ;-) ). Pour être plus sérieux, je conseillerais aux nouveaux développeurs Magento de bien peser le pour et le contre de chaque fonctionnalité offerte par ce CMS. Il y en a énormément, et au début, on a envi de tout implémenter. Mais quelle est la valeur ajoutée de chacune ? Je pense que se poser cette question avant de commencer le développement peut faire gagner pas mal de temps.

Mr Zeiller, je vous remercie !

>>Visiter Kalys.com

Auteur de ce billet : Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-Commerce.com. En plus de super-héros à collants verts, il propose désormais via weXperience, sa nouvelle web agency, des services autour de la conception et l'optimisation de l'expérience client pour le web.


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Sous le titre vraiment très un peu racoleur de ce billet se cache une question qui m’est assez souvent posée : ‘Faut-il changer de plateforme ?’, et accessoirement ‘Vers quoi dois-je me tourner ?’. Une partie de cet article vient d’une conférence faîte à Charleroi, avec mes petits camarades de 42stores, Kiubi et Simaway, ainsi que Loic Bar. (Voici un résumé de cette conference)

On le sait, OSCommerce est une vieille plateforme, codée avec deux pieds gauches, de base très moche (même toi au fond, tu crois que j’ai pas vu que tu t’endors ?).

Alors faut-il tuer la bête et engager une migration massive vers un nouvel eldorado ? La réponse est carrément simple. Si votre site tourne bien, que vous faites du chiffre, que vous avez de bons prestataires, la réponse est NON. On ne change pas une équipe qui gagne. Changer pour changer ne sert à rien. De plus il y a fort à parier que votre site vous l’avez bichonné, modifié dans tous les sens, et peut être même vous a-t-il couté cher. Vous pouvez probablement le laisser vivre et le faire évoluer quelques années encore, tant que vous n’avez pas de problème de montée en charge ou de maintenance par exemple. A la limite un coup de peinture et c’est reparti pour un tour.

Je parle beaucoup d’open source, et de plateformes nouvelles. Il faut toutefois faire la part des choses, et me voir comme un geek assoiffé de nouveautés (sans les boutons et les tshirts ‘le seigneur des anneaux’). Vous, vous êtes des commerçants  dont la principale rêgle est le profit, le ROI et autres. Ne cédez pas aux sirènes de la nouveauté.

Dans quelles conditions dois-je changer de plateforme ?

C’est assez simple :

  • plus de prestataire,
  • problèmes d’intégration au SI,
  • back office inadapté,
  • problèmes de montée en charge,
  • coût de possession trop élevé
  • code qui à connu trop de modifs et contient des centaines de verrues…

Les raisons sont nombreuses, et pas toujours les bonnes. Si vos besoins sont comblés par votre OSCommerce, gardez le.

Quelle éléments doivent guider mon choix ?

Rien que cette partie pourrait remplir ce blog, et faire une conférence d’une semaine. Grosso modo, pour choisir un type de plateforme (louée, propriétaire, open source…) il faut prendre en compte une énorme quantité de données, par exemple :

Financières : selon que vous ayez 1000€ ou 1 000 000 €, votre choix ne sera évidement pas le même. Avec 0€ d’investissement en plateforme vous pouvez déjà vendre sans problème : ebay, leboncoin. Et avec une charte graphique en plus vous avez 42stores,Wizishop, Kiubi… Il y a le choix. De même votre chiffre d’affaire prévisionnel est une donnée cruciale.

Techniques : si vous, ou votre équipe, ne connait pas un minimum de technique, il faut soit passer par une agence, soit oublier tout ce qui est open source. Oubliez également votre beau frère qui connait un pote qui est un génie en HTML. Si vous avez en interne 18 boutonneux qui codent comme des dieux, vous pouvez tenter l’aventure. Si vous pensez avoir 50 000 ventes/jour, réfléchissez bien à l’évolutivité de la solution par exemple, négliger la montée en charge peut couter très cher.

Humaines : vous êtes seul ? vous êtes 10, 100, 1000 ? Plus vous êtes nombreux, plus il y a des chances de trouver suffisamment de compétences en interne. Si vous êtes seul, vous ne pourrez pas tout faire. Ou alors oubliez le temps libre. De même pour le back office : selon votre SI et votre population d’usagers internes, vous ne pourrez pas tout faire.

Produits : On ne vends pas de la même façon 100 produits à 1 000 000 de prospects, et 1 000 000 de produits à 100 prospects.  C’est caricatural à souhait, mais cela reflète bien le sujet.  Volumétrie, personnalisation, segmentation, réglementation sont de la partie.

Cible : BtoB, BtoC, les jeunes, les vieux, les femmes, les camionneurs… Selon les cibles, vous aurez besoin de plus ou moins d’éditorial, d’adapter l’ergonomie et l’aspect de la boutique, d’utiliser des codes réduction… Vous avez peut être besoin de plus d’une boutique pour être en adéquation avec vos cibles.

Une grille décisionnelle complète est relativement complexe à faire. N’oublions pas qu’un site e-commerce est fait pour vendre, la plateforme est un moyen, pas le but. Mais ce moyen doit absolument correspondre à votre projet et à son écosystème. Se planter c’est un peu comme essayer de vendre des bijoux de prix dans une friterie, ou tirer une caravane avec une ferrari  : problème en vue.

Quelle solution choisir ?

Maintenant il vous faut établir un cahier des charges light (expression des besoins). Pas la peine d’entrer dans le détail,  mais faites attention à ne pas oublier des points importants, comme la possibilité plus tard de récupérer les données client par exemple. Si vous explosez vos ventes il faut faudra peut être changer de plateforme, et les données client sont parmi les plus importantes à récupérer.  Si vous voulez vendre des produits personnalisables il faut voir si c’est possible, et à quel coût. Si vous êtes en multi-canal, l’erreur commune est de négliger les codes avantages utilisés sur les canaux déjà existants. Bref, il faut avoir une vue complète du projet avant d’entrer dans le détail.

Vous avez donc votre grille décisionnelle et votre expression des besoins. A partir de là, vous avez plusieurs choix : solutions louées (prix fixe au mois, ou à la performance), plateforme CToC, BtoC, BtoB (ebay ou leboncoin entre autre), open sourcesolution propriétaire, ou développement (from scratch ou a partir d’un framework). La liste ne pas exhaustive. Chaque jour de nouveaux acteurs arrivent sur le marché proposant de nouvelles solutions, il vous faudra donc vous renseigner beaucoup et faire un maximum de veille.

Plus votre expression du besoin s’éloigne des fonctionnalités natives d’une solution, plus le cout d’adaptation est couteux, voir impossible. Il faut bien connaitre les possibilités proposées avant de se lancer. Il n’y a rien de plus frustrant qu’un brief qui se termine par un ‘c’est pas possible, on peut pas le faire’, ou une migration impossible parce que vous n’avez pas accès aux données.

Attention également à l’adéquation de la plateforme avec vos prévisions dans le temps. La pérennité est une chose, mais le but est le développement de l’activité. Prévoir longtemps à l’avance les possibilités d’évolution est indispensable.

Ne négligez pas le backoffice (ERP, CRM…), qui peut sembler extrêmement cher, mais qui vous apportera probablement des gains souvent en rapport. Il vaut parfois mieux acheter une solution complète que de faire du full open source et l’installer soit même, afin d’avoir de vrais gains de productivité arrière, et baisser ainsi les coûts finaux.

Pour finir ce résumé rapide, un dernier conseil. Ne mettez pas tout votre argent dans la plateforme. Pensez que vous allez devoir faire de la com, des évolutions et que sait-je encore (voir l’article sur les coût du ecommerce).

N’hésitez pas à intervenir dans les commentaires, vos retours sont précieux.

Auteur de ce billet : Jacques Terrier consultant e-commerce - Twitterfacebook - Tutos performance web et formation e-commerce sur OSEOX


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Ça c’est de la news. Grosse surprise, il semble bien qu’OSCommerce ne soit finalement pas mort. J’avais d’ailleurs envie de mettre un beau ôO dans le titre, tellement la news me semble énorme.  C’est donc une version 3.0 alpha 5 délicatement nommée ‘Vanillekipferl’ (traduction en français : ‘on n’y croyais plus‘)  qui vient d’être annoncée. On en avait déjà touché un mot il y a quelques semaines, et bien c’est fait, c’est sorti.

N’est-il pas trop tard ?

Je ne pense pas, au vu des milliers de milliards de milliards (mouahahahahah) de sites qui tournent actuellement à l’aide de cette plateforme.

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Un des camarades de jeu du capitaine

Si cette nouvelle version se finalise rapidement (et pas dans 3 ans) il y a fort à parier que la concurence va être rude dans l’open source. La communauté étant ce qu’elle est, il y de fortes chances que les plugins suivent à la pelle, de même que les thêmes. Ceci dit, il faudra que le framework soit costaud, parce qu’il y a de la concurence. Fini le temps ou OSC était quasi la seule plateforme opensource gratuite.

Si quelqu’un à testé, qu’il n’hésite pas à nous faire un retour.

Auteur de ce billet : Jacques Terrier consultant e-commerce - Twitterfacebook - Tutos performance web et formation e-commerce sur OSEOX