Aujourd’hui le site du jour est un site un peu à part. D’abord parce qu’il vend de l’alcool, ensuite parcequ’il ne propose qu’un seul alcool : l’absinthe.
RueVerte vend donc ce breuvage qui fut interdit en France en 1915, et dont la réapparition date, dans l’hexagone, il y a une vingtaine d’année. Boisson à l’image sulfureuse s’il en est, l’absinthe a toujours été pour moi liée à Baudelaire, Verlaine et Rimbaud. Donc aujourd’hui, plongée en eau parfumée, pour la bonne cause (joignons l’agréable à l’utile).
Clairement, le site est d’allure simple, mais contient les ingrédients ‘gagnants’, et je ne parle pas ici de l’occasion de boire un coup gratos.
Aide à l’achat
C’est un gros plus pour le client ne connaissant pas le produit, et souhaitant le découvrir. Plus le choix est complexe, plus il faut aider et inciter à l’achat. Pour être pragmatique, il faut remplacer un vendeur compétent par un système qui va guider un acheteur potentiel vers un panel de produits réduit. Trop de choix tue l’acte d’achat.

Proposer 200 références à l’achat en bloc aurait été suicidaire (surtout avec une clientèle alcoolisée). Un filtre favorise donc le choix de sa boisson préférée et limite le choix lorsque l’on navigue dans l’arborescence. D’autre part ce filtre est exploité dans un module mis en avant. Bien vu de la part de RueVerte ! Simple et efficace.
Une segmentation bien pensée
Et oui, pas facile, d’autant qu’on a essentiellement UN type de produit. Ici nous avons donc une segmentation par pays, normal. Mais le point fort se trouve dans les sélections : meilleures ventes, le bar de rêve, pour découvrir, degrés élevés, petits prix et sans anis. Cette segmentation mériterais d’être mise plus en avant une fois entré dans les arcanes du site.

Un peu d’éditorial
De ci de là des informations parsèment le site, au grès de la navigation. C’est très agréable et ludique. On y apprends entre autre :
En 2000, Marilyn Manson passe son réveillon dans le sud de la France avec Johnny Deep, qui lui fait alors découvrir l’absinthe. Il en est tombé amoureux (Non, pas de Johnny Deep), et c’est depuis qu’il rêve de lancer sa propre absinthe.
Muse, fée puis sorcière (Non, pas Marilyn Manson), l’absinthe devenue à présent un mythe fait sans cesse référence à ce siècle qui vit Verlaine et Rimbaud rimer au Rat Mort, Degas à la Nouvelle-Athènes et Toulouse-Lautrec boire la verte avec Gauguin et Van Gogh. L’absinthe est si intimement liée à la vie sociale et artistique du XIXe siècle qu’il est impossible de les évoquer sans s’y référer constamment.
La fiche produit est très complète, avec un côté à la fois technique et poétique, et contient des avis éclairés de consommateurs.
Mon avis
En bref, un site qui réuni beaucoup de qualités. A final, j’aurai juste quelques petites remarques : l’ensemble est graphiquement fade (c’est le spleen ?) et il manque un n° de téléphone pour rassurer le chalant. Un peu de vidéo (à la manière de saveurbiere) serait également le bienvenu pour expliquer comment consommer le produit, et faire encore un peu plus rêver les consommateurs.
La dessus, je vais boire un bon verre d’eau plate en attendant mieux.







