La galaxie du shopping social

N’en déplaise à certains, le web 2.0 remet les pieds dans ce blog par l’intermédiaire d’une conférence à laquelle j’ai pu assister hier au salon de l’Ecommerce à Paris et s’il est un sujet qui tient le haut du pavé en ce moment, c’est bien le shopping social.

Non, il ne s’agit pas de transformer de banals actes d’achats en revendications communautaires (voire communistes, quelle horreur !), mais tout simplement de surfer sur l’opinion des internautes de la rue comme moyen de prescription et de référencement de produits dans une immense base de données produits. En termes crus, il s’agit d’affiliation dans laquelle les internautes ont des moyens plus puissants de s’exprimer que de coller une simple bannière dans une page web de leur blog.


Les objectifs du shopping social

  • Transformer les internautes en prescripteurs de produits auprès de leurs amis, de leurs connaissance
  • Extraire de la masse des grands produits génériques, les produits de la long tail
  • Créer un effet de bouche à oreille positif et massif

Les différentes plateformes

Deux formes de plateforme semblent émerger de la masse des sites de shopping social : les plateformes de recommandation et les galaxies de sites satellites d’affiliation (blogs ou boutiques).

Plateforme de recommandations

Construites en forme de portail, elles agrègent au sein d’un seul ensemble une base complète de données produits, de recommandation et de notations. Leur principe élémentaire est de donner la parole aux internautes en leur laissant construire à volonté l’ensemble des contenus du site : produits, commentaires, notes, recommandations, images, fiches techniques et, dans certains cas, vidéos. Par la grâce de savant algoritmes, les produits les plus sollicités par les internautes, tout comme sur un digglike, bénéficient d’une visibilité grandissante, jusqu’à devenir des sortes de stars et pouvant créer sur les sites marchands affiliés un énorme trafic. Ces plateformes se rémunèrent de la même manière que les portails d’affiliation publicitaires.




Les “galaxistes”

Plus puissants encore et plus complexes, les “galaxistes” offrent aux internautes des outils d’affiliation comme les boutiques en ligne ou des blogs. Basées sur le fait que les meilleurs conseils d’achat viennent de ses propres amis, elles proposent aux plus “fanatiques” d’entre eux de transformer leur passion en élément de rémunération via système de commissions sur des ventes. C’est Zlio, le précurseur en la matière, qui tient actuellement le haut du pavé avec plus de 130,000 échoppes à travers le web et qui bénéficie d’un fort effet de masse pour se positionner, presque par un effet de vampirisation, plus que très positivement dans les pages de résultats de Google.




Une nouvelle façon de se référencer

Il est communément admis que l’inscription dans les moteurs de recherche et les annuaires ne représentent plus qu’une goutte d’eau dans l’océan d’activité du bon ecommerçant. Pour attirer du trafic, il doit désormais multiplier les moyens à sa disposition pour espérer se faire voir - bannières publicitaires, campagnes d’affiliation, optimisation technique du site, communication “naturelle” (flyers, journaux, communiqués de presse), emailing -, moyens parfois onéreux ou peu rentables. Son désir naturel devra donc être la recherche de solution puissante et, oui, gratuites : ce que les solutions de shopping social semblent, pour l’heure offrir.
Alors, qu’attendez-vous ? Payez-vous deux ou trois boutiques Zlio dont les articles renvoient exclusivement sur votre propre site. Ouvrez un ou deux blogs chez monblogshopping.com et exprimez à foison votre passion pour vos produits. Lancez des buzz à tout va sur OhmyBuzz et transformez vos produits en célébrités du web. Avec le shopping social, les moyens sont nombreux et puissants pour augmenter le pagerank de votre boutique sans passer investir dans des prestations onéreuses et phagocytés par les grandes enseignes.

Petit indice sur la viabilité de ces services : Wikio, une des deernières plateformes de shopping social française, a été fondé par , le créateur de Kelkoo.


Articles en provenance du web

Vidéo

Conférence sur le shopping social au salon du Ecommerce 2007 à Paris

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Dawanda : le Etsy européen

Grâce à LoveFromTokyo, voilà que m’a été donné l’occasion de découvrir le pendant européen d’Etsy : Dawanda.

Etsy est une expérience particulièrement intéressante de ecommerce surfant sur le modèle de la long tail permettant à tout un chacun d’être son propre artisan-vendeur-acheteur d’accessoires de mode (Rapellons, pour info, que le groupe 3 Suisses international s’apprête à lancer un projet identique dans le secteur de l’habillement et de la mode (bonjour, Claire Marie !)).

Quels sont les principes de ces nouvelles plateforme de ecommerce 2.0 ?

Tout d’abord, permettre à tout un chacun de trouver des produits fabriqués en petite série qu’il serait impossible de trouver en rayon de grande surface ou chez une emarchand majeur, ces produits sortant, par la force, des choses des sentiers battus des méga-production industrielles des grands groupes. Il y a donc aussi un aspect consommation intelligente et revendicative là dedans. Voici d’ailleurs ce que Dawanda dit en introduction de son site :

DaWanda est l’endroit où les gens recherchent l’unicité et la personnalisation. Achetez des choses faites-mains et difficile à trouver, partagez vos découvertes avec vos amis et créez vos propres collections.

Deuxièmement, ces plateformes offrent aux artisans, aux petits fabricants ou à tout un chacun, la possibilité de vendre en ligne, sans bourse délier, ses propres productions. L’intérêt évident réside dans le fait que la plateforme garantit un trafif qualifié d’internautes acheteurs à ces petits acteurs du marché, sans qu’ils aient besoin d’investir dans les moyens de promotions habituels (les plus onéreux) - emailing, publicité, affiliation - ou qu’ils aient besoin de se lancer dans du référencement organique, pratiquement innaccessible désormais aux non spécialistes en la matière étant donné sa complexité.

On a donc là un modèle “à la Ebay”, mais spécialisé sur une niche de marché et sans système d’enchères. L’idée est de mutualiser la faible puissance marketing des millions de petits fabricants qui vivent à travers le monde sans trahir leur originalité, ni les soumettre à des impératifs de prix ou de production. C’est vraiment la base du ecommerce entre citoyens.

On devrait donc, prochainement, voir émerger de nombreuses plateforme de ce type dans de nombreux domaines (arts culinaires, modélisme, …) pour lesquels les produits fabriqués et les moyens de production ne recquierent pas de processus industriel ou bien, plus encore, ne pourraient exister dans le cadre d’un processus industriel.

Le web 2.0, en quelque sorte, sacralise et remet au centre du marché la production humaine à petite échelle. En réponse à l’industrialisation massive de notre environnement de consommation ?

A contrario, on peut remarquer, au contraire, qu’Etsy, Dawenda ou Ebay “industrialise” les process marketing de domaines totalement intouchables jusque là par ces phénomènes de masse.

Bons achats !



Le Capitaine Commerce fait le c... avec Sarkozy J’ai pu discuter hier soir avec Nicolas de l’avenir et de l’avenir du web 2.0 en particulier. Comme vous pouvez le voir sur cette photo, j’aurais mieux fait de m’y prendre avant qu’il ne sorte du Fouquet’s, ça l’aurait empêché de rire bêtement à chaque fois que je lui expliquais le concept de la “Longue queue” (personnellement, je ne vois pas ce qu’il y a de drôle, mais enfin, bon, l’humour de notre nouveau président m’échappe peut-être).
Pendant l’entretien, il m’a félicité pour mon blog et m’a encouragé à me lever tôt pour continuer à encourager mes compatriotes à faire du e-commerce (résultat, je me suis levé à 4h30 cette nuit pour saccager mon blog, mais ce sera vite réparé, je vous assure…) et m’a assuré que sa première pensée chaque jour en se rasant le matin était pour le ton jovial et parfois caustique de mes billets. Je l’en ai vivement remercié et, pour l’occasion lui distillais quelques conseils pour son nouveau job de président (comment cliquer sur le mulot, ou brancher la prise du modem, etc.) avant de le laisser partir pour la salle Gaveau remercier ses électeurs.

Vive la France, nom de Dieu ! Et vive la République !



L’avenir du Web 2.0 en question

Comment traduire la ‘long tail’ ?
Rack serveur
Photo Dan Taylor AttributionShare Alike

Lisez ce petit billet qui fut ma réponse à un autre billet, celui de Francis Pisani sur Transnet. Comme quoi, il y a un avenir pour le web 2.0.

Il existe déjà des pistes intéressantes de 2.0 rentables et dont les revenus ne sont pas basés sur la pub. J’ai un ou deux exemples en tête Le premier est Etsy.com, une plateforme communautaire de de vente en ligne de produits faits à la main. Etsy (http://www.etsy.com) tire parti du concept de la longue traîne :

  • il y a autant de marchands que de clients, puisque chacun peut vendre et chacun peut acheter
  • les marchands sont forcément de petits acteurs économiques : ça peut être votre belle-mère, votre entreprise artisanale ou une petite PME de province
  • le site est communautaire : chacun peut laisser des commentaires, avoir sa fiche perso et il y a même une fonctionnalité qui permet de retrouver les membres proche de chez soi grâce à une API de géolocalisation (mashup)
  • le site gagne de l’argent : les revenus sont basés sur une commission sur les ventes
  • le site est universel son concept peut être appliqué à n’importe quel pays, dans n’importe quelle langue



Autre exemple, encore plus extrême, mais, au fond, basé sur exactement le même concept : Slops (http://www.weikiat.net/slops/) Slops est juste un blog qui référence les blogs singapouriens qui font de la vente en ligne.

  • c’est bien du web 2.0
  • Slops génère des revenus par la pub. Il s’en faudrait d’un rien pour qu’il puisse imposer une commission sur les ventes du moment qu’il arrive à prouver qu’il génère du trafic auprès des marchands



J’ai un troisième exemple, français, cette fois-ci, et issu du mon de la VPC : Up-factory (http://www.up-factory.com/blog/). Lisez bien le blog et vous retrouverez le même concept que sur Etsy et Slops.

Ces trois projets exploitent la longue traîne. Ils sont web 2.0 et ils vont gagner ou gagnent déjà de l’argent. Leur modèle économique est rentable et pas basés sur la pub.
Alors, c’est la bulle ou pas ?