Esquisse d’un moteur de recherche pour le e-commerce

Parmi les enjeux majeurs du e-commerce se trouve bien évidemment la recherche. Permettre à l’internaute de trouver ce qu’il cherche ou, du moins, lui proposer quelque chose s’en approchant demeure un défi pour tous les sites de ecommerce qu’ils soient gros (suisses, FNAC, Redoute) ou petits.
Des propositions intéressantes apparaissent ça et là et méritent d’être mise en lumière.

OfficeMax et la réglette alphabétique

C’est bien bête, mais il fallait y penser. OfficeMax, un fournisseur d’accessoires de bureau a intégré récemment un règlette alphabétique permettant de naviguer à travers leur site simplement par ordre alphabétique.
C’est une proposition intéressante qui permet d’éviter la surcharge des menus déroulants par onglets qu’on a vu apparaître depuis longtemps. Est-ce efficace ? Difficile de répondre. Si l’idée se répand, on pourra dire peut-être qu’elle est bonne, mais pour l’heure, rien ne permet de dire que ce système de navigation vaut mieux que les systèmes de navigation classique.
(Vu sur Get Elastic )

Compario : le catalogue dynamique

Il était temps que j’en parle et Frédéric va être content, mais il faut quand même avouer que Compario offre un outil de recherche aussi intéressant que compliqué à décrire.
Dans le jargon vadiste, Compario est une solution de descente produit. Cela veut dire que, couplé à votre site Internet, c’est Compario qui gère l’arborescence de votre catalogue et ce, de manière entièrement dynamique.
Cette arborescence qui vous apparaît fixe dépend en réalité à chaque fois des mots clés que vous tapez dans le moteur de recherche.

Magento : « products lists » intelligentes

MagentoCommerce, dont j’ai eu l’occasion de parler souvent sur ce blog, intègre nativement une fonction de création et de mémorisation de recherche. Si vous utilisez régulièrement le logiciel iTunes chez vous et que vous vous servez des fonctions de création de playlist intelligentes, vous comprendrez de quoi je parle.
Magento permet donc de créer des sortes de listes de produits intelligentes au sein de votre catalogue et les afficher comme des onglets sur votre front office. Intérêt de ces onglets, ils mènent à des sections de sites dont les contenus dépendent de paramètres dynamiques. Ainsi, je peux très bien imaginer une recherche appelée « Appareil photos numériques rouges pesant moins de 300g et d’une résolution de 8M de pixels » et la nommer « Appareils pratiques pour emmener partout » (un peu long comme nom d’onglet) et j’aurais donc visibles dans cette catégorie tous les produits correspondants aux critères cités plus haut, sans que j’ai à faire aucune intervention manuelle pour ajouter ou enlever des produits à la catégorie.
On pourrait même imaginer un système à partir duquel les internautes enregistreraient leurs propres recherches comme autant de catégories de site propres à cet internaute. C’est déjà un peu ce que propose Wikio ou Netvibes.
Pour les puristes, apprenez que le moteur de recherche de Magento s’appelle Lucene, produit de l’excellente fondation Apache et sur lequel, tourne, entre autres, Wikipedia, pas moins !

La recherche sémantique

La recherche sémantique est l’arlésienne du Web. Au début des années 2000, on parlait beaucoup du web sémantique pour finalement voir arriver le web 2.0, ce qui n’a strictement rien à voir. Toujours est-il que la recherche sémantique fait toujours l’objet d’intensives… recherches. Et s’il parait aujourd’hui difficile de l’intégrer à son propre site, des solutions existent déjà qui méritent d’être évoquées.
Onyme est une petite société du Nord de la France qui s’intéresse fort au sujet et propose déjà d’analyser des documents afin d’en comprendre le sens. Appliqué au e-commerce, on peut imaginer de coupler une solution Onyme avec un moteur de recherche classique afin d’implémenter de la recherche sémantique sur votre site.
A ce sujet, j’ai été amusé également par cette société américaine, Powerset, qui propose en version bêta son moteur de recherche sémantique avec tout un tas d’applications amusantes qui permettent de mieux comprendre l’intérêt de cette nouvelle manière de trouver.

Arborescence contre moteur de recherche

Les évolutions les plus récentes du web ont montré la supériorité écrasante des moteurs de recherche sur les arborescences (voir le triomphe de Google sur les Directories de Yahoo). Actuellement, plus d’un internaute sur deux, lorsqu’il « fouille » un site de ecommerce utilise en premier le moteur de recherche du site. J’ai, en fait, de plus en plus tendance à croire que les sites de ecommerce devraient s’orienter vers une morphologie de moteur de recherche, les éléments arborescents ne venant plus qu’à l’appui des résultats de recherche. L’exemple extrême serait d’imaginer la page d’accueil d’un site ecommerce identique à celle de Google, tout l’enjeu serait alors de fournir simplement les meilleurs résultats de recherche à l’internaute et d’oublier les classifications lourdes en arborescence qui rendent si longue et si fastidieuse la navigation sur des sites contenant parfois plusieurs dizaines de milliers de références.
Et vous que pensez-vous que ce soit l’avenir de la recherche sur les sites de ecommerce ?

24 commentaires

  1. A mon avis tu est proche de la réalité, avec en plus un systeme de mise en avant et une navigation differents de ce qui se fait actuellement.

    Si l’on schématise les données produit sur un graph, on entre toujours par le meme angle. Il est peut etre temps de modeliser cela autrement.

    Ce qui me fait penser que je dois finir mon article sur la hierarchisation de l’info…

  2. La problématique du moteur de recherche pour ecommerce est assez importante.
    Pour avoir récemment travaillé dessus, j’ai pu constaté que l’on manque cruellement d’outil performant en terme de temps de réponse et de pertinence.
    La recherche par sémantique ne s’applique malheureusement à très peu d’article.
    Les moteurs full text ont tendance à être utile que lorsque l’on index un document avec beaucoup de texte, mais dans le cas d’un produit nous n’avons qu’un titre un auteur et des mots clés. Ces moteurs ne savent, pour la plupart, pas faire la différence entre "je te retrouverai", "je te retrouverais", "le la retrouver" et donc on obtiens des résultats très peu pertinent.
    De ce fait nous avons opté pour offrir aussi une recherche par arborescence, que certains utilisateurs apprécient lorsqu’ils ne savent pas exactement ce qu’ils cherchent.
    Mais le mieux restent un moteur de recherche + suggestion + arboresence. Le tout étant d’arriver à offrir des catégories pertinentes pour l’arborescence, un moteur de recherche pertinent et rapide et lier chacun des produits de son catalogue avec d’autres … Ca devient difficile quand on en a des millions 😉

    Amazon s’en sort bien dans ces domaines, apparemment ils ont construit leur moteur autour de Oracle Text et ils ont beaucoup de personnes qui travaillent à classifier les produits.

  3. @kYann : merci pour ton commentaire qui amène une autre réflexion à laquelle je suis sensible : la richesse des contenus. Comme tu le fais remarquer toi même, dans beaucoup de cas, les informations liées à un produits sont extrêmement pauvres. Dans le cas des vadistes, c’est historique. Leurs contenus webs sont directement tirés de leurs catalogues papiers et ils n’ont pas su, pour l’instant, modifier cet état de fait. Comme souligné à maint reprises ici, enrichir ses fiches produits avec le plus possibles d’informations ne peut qu’améliorer la perception des internautes des produits présentés. Cela signifie :

    1. Des textes plus longs et « écrits » pour le web et ça même pour des articles aussi banals que des slips ou des chaussettes
    2. De multiples photos (et pas seulement une vignette et un zoom) qu’un moteur d’analyse d’image comme Pixsta

    Ces deux points devraient donc favoriser encore les moteurs de recherche. D’ailleurs, si vous êtes comme moi, un utilisateur expérimenté du web, comment recherchez-vous l’information en général ? Réflechissez-y, la réponse est peut-être dans l’usage que vous faites vous même aujourd’hui de la « Recherche »

  4. @Matthieu : je ne connais ces technos que de nom et F. Denel de Compario m’en a pas mal parlé. Je pense que je vais aller y jeter un coup d’oeil et en parler dans un prochain article

    @redsan : c’est de l’autocomplétion de formulaire, si je ne m’abuse ? Ca a l’air intéressant et ça se rapproche peut-être aussi un peu de ce que peut faire Spoonkey ou Open ID. C’est donc à conseiller si ça peut aider à remplir plus facilement les formulaires d’inscription.

  5. @Capitaine Commerce :
    C’est sur que c’est le contenu des fiches qui est important, mais cela est difficile lorsqu’on a un catalogue de + de 6 millions de produits. Si on prend le cas du livre, il est très difficile d’acheter du contenu de qualité, il faut le produire soit même.
    Pour ma part quand je recherche sur internet pour acheter, je sais souvent ce que je veux. Donc je tape ce que je veux directement.

  6. @Mathieu :
    Perso j’ai pu tester sinequa et antidot.
    Le problème de ces deux produits c’est que pour eux :
    "je te retrouverai", "je te retrouverais", "le la retrouver" sont identiques. Peut être pas totalement mais dans ce cas il faut lancer plusieurs types de requêtes pour obtenir ca liste de résultat.
    Ils n’ont pas cette notion purement e-commerce de "exact-match" = note 20/20 puis on envoie le reste dans la liste. Mais ils intégrent des modules e-commerce sympa.
    Je pense qu’à l’epoque ou j’ai testé leur produit il ne correspondait pas exactement à nos exigences e-commerce. Mais ils nous avaient dit que nos demandes étaient réalisable et planifiable.

    Au final, même si les performances d’Oracle Text ne sont pas au rendez-vous (sauf si on a un expert à ces cotés), le moteur intègre quand même la notion d’exact-match via la progressive relaxation et la personnalisation du score via d’autres données (date de publication, palmares, etc). En tout cas dans la version 11g.

    Mais bon perso entre les produits cités je penche plus pour antidot même si je l’ai pas vu en prod. Oracle Text quand à lui est pas trop mal mais il faut pas mal le bidouiller.

  7. Salut à tous,

    Vous oubliez tous l’utilisateur là dedans. Est-ce que quelqu’un a comparé la mise en place de cas solutions par rapport aux statistiques ou avec des tests utilisateurs.
    Le moteur ou l’arborescence ne vaut que si elle peut être améliorée pour correspondre à ce que recherchent vos clients.

    Pensez-vous que l’utilisateur va taper "cache-coeur asymétrique brodé fine maille" ou "pull pour le printemps" ? Le jargon est encore très orienté VàD et peu orienté client (et encore là, j’ai pris un exemple simple avec un vêtement, on trouve bien pire dans les produits techniques).

  8. Oui, je sais que je suis casse-pied.

    Mais je suis là pour défendre le pauvre petit utilisateur, perdu dans votre gigantesque base de données produits renouvelée en permanence.
    Après tout, c’est lui qui paye non ?

  9. Article très intéressant.

    Je crois comme Capitaine Commerce que la pertinence du moteur est corrélée à la richesse d’information visible ou invisible des fiches produits. Le moteur de recherche n’invente pas d’information, il l’utilise.

    Le visiteur a 3 manières principales de formuler une recherche sur un produit :
    – par intitulé/nom/référence
    – par caractéristiques (poids, matière, marque…)
    – par usage !!!

    L’acheteur confirmé sait qu’il est incompris lorsqu’il a une approche usage… Les multiples échecs et frustrations auxquels il a été confrontés, lui ont démontré que les moteurs de recherche du marché sont peu ou pas intelligents. Dès lors, il sait que s’il ne dispose pas d’une référence précise, il va devoir brûler un cierge pour être compris.

    Par contre, les primo acheteurs, dans leur innocence, formulent des besoins, ou parlent d’usage et là naturellement, vous connaissez la suite…

    Comme ergonomiks, je pense qu’il faut défendre l’utilisateur… mais je crois surtout qu’il faut l’appeler client et se rendre compte que les efforts qui ne sont pas faits pour enrichir les fiches produits et tuner le moteur de recherche, c’est du CA qui s’envole.

    Chacun est responsable de l’échec ou du succès de sa boutique, mais il faut être conscient qu’obliger le client à s’adapter à une boutique, plûtot que d’adapter la boutique au client est anti customer-centrisme, et que Jeff Bezos ne vous reconnaîtra pas comme son fils/fille spirituel(le).

  10. Salut Raphaël,
    Tout à fait d’accord avec toi. Le terme "utilisateur" est voulu car si sur un site de e-commerce, en général plus de 50% des utilisateurs utilisent le moteur de recherche, mais il n’y a pas au final 50% des utilisateurs qui achètent. Le taux de conversion au final se limite à quelques pourcents et c’est bien dommage car en permettant aux visiteurs de trouver précisément ce qu’ils cherchent, on améliore nettement le taux de commande. Sinon, ils vont ailleurs.

  11. Je crois qu’on doit se centrer avant tout sur le comportement client. Et on peut déjà dire qu’il y a deux grandes catégories : le shopping "je me promène pour voir" (TTR 5%) et le shopping "j’ai une idée précise" (TTR objectif 100%). Bien sûr, ce qui est compliqué, c’est que ces comportements ne sont pas disjoints.

    Et la solution… c’est de laisser le choix de la solution. Parfois, il ira droit au but : ex. recherche facetée par marque, prix, couleur, taille. Ou saisie de codif. papier.
    Parfois, il "butinera" au grès des catégories (taxinomie), des promos, du cross, du up, des tag-clouds et autres.

    Et un bon moteur de recherche sait faire tout ça… plus ou moins bien : EasyAsk, Fredhopper, Antidot, Endeca, etc.

    Là, je n’ai parlé que du conteneur. L’effort doit être aussi porté à part égale sur le contenu. Sa qualité, sa normalisation mais aussi son intégration. Et on sait bien que dans un vieux SI, le contenu a de multiples sources/usages. Ca se retrouve dans les applis métier, les flux catalogue, puis dans la base front, puis dans l’index du moteur. Autant de maillons où on risque de perdre l’info pertinente !

  12. Je m’aperçois depuis que cet article a été publié que ma connaissance du sujet demanderait à être appronfondie : merci pour vous remarques à tous.

  13. salut captain !
    oui en effet il te faut fourbir encore tes armes sur le sujet mais c’est en forgeant qu’on devient forgeron

    je rebondis sur le theme : la boiboite de recherche qui tue c’est bien celle qui renvoie dès le premier caractère saisie des infos sur l’arborescence puis sur le contenu tout en intégrant des techniques avancées de sémantique.

    A part ca si quelqu’un tape un jour ce type de requete :
    "Appareil photos numériques rouges pesant moins de 300g et d’une résolution de 8M de pixels" et que ca renvoit un résultat pertinent merci de me contacter ca m’intéresse de le voir en vrai !

    Compario n’est pas une techno de recherche sémantique mais permet d’améliorer le fonctionnement d’un moteur de ce type et notamment pour obtenir (enfin) ce type de résultat

    Avec antidot on est sur la bonne voie. A suivre sur http://www.milongamusic.com

  14. il est évident qu’un système de recherche évoluéest un vecteur extrêmement important pour augmenter le taux de transformation d’un site e-commerce. Pour ma part sur mon e-commerce j’ai installé en plus de mon moteur de recherche traditionnelle, une assistance en ligne par live chat proposé par http://www.live-support-solution... . Leurs opérateurs offrent un service client en direct permettant de renseigner mes visiteurs d’une façon largement plus convaincante que n’importe quel moteur de recherche. À l’usage, le nombre de demandes d’information et trois à quatre fois plus importants sur le live chat que le moteur de recherche. Il me semble évident qu’il ne faut pas supprimer mon moteur de recherche, mais au vu des tarifs proposés par les moteurs de recherche évoluée je préfère rester dans ma solution de services clients en ligne qui me semble être la solution la plus pertinente pour diriger mes client vers leur acte d’achat

  15. il est évident qu’un système de recherche évoluéest un vecteur extrêmement important pour augmenter le taux de transformation d’un site e-commerce. Pour ma part sur mon e-commerce j’ai installé en plus de mon moteur de recherche traditionnelle, une assistance en ligne par live chat proposé par http://www.live-support-solution.com … . Leurs opérateurs offrent un service client en direct permettant de renseigner mes visiteurs d’une façon largement plus convaincante que n’importe quel moteur de recherche. À l’usage, le nombre de demandes d’information et trois à quatre fois plus importants sur le live chat que le moteur de recherche. Il me semble évident qu’il ne faut pas supprimer mon moteur de recherche, mais au vu des tarifs proposés par les moteurs de recherche évoluée je préfère rester dans ma solution de services clients en ligne qui me semble être la solution la plus pertinente pour diriger mes client vers leur acte d’achat

  16. Je pense que pour un moteur de recherche ecommerce il serait important d’analyser le comportement du client. C’est à dire que pour une requête formulée il faudrait enregistrer aussi les clics générés sur tel ou tel produit par le client.

    La pertinence du résultat augmenterait donc aussi avec le nombre de recherches effectuées sur une requête.

  17. Je pense que le moteur de recherche semantique apporte veritablement un confort et une utilité deconcertante, apparenté à un catalogue bien structuré sous forme de menu accordeon je crois que le couple apporte robustesse à un site d’ecommerce rapide simple et pratique

  18. AFS@Store, le moteur de recherche développés par Antidot spécialement pour répondre aux besoins spécifiques des sites marchands, est disponible
    – seul, et nos clients l’ont intégré dans du Magento, de l’OSCommerce, ou des plateformes propriétaires
    – en OEM, intégré dans les solutions de Compario, Dotsoft et Digitas.
    Il est disponible sous forme de licences logicielles ou en SaaS.

    3 Suisses Benelux, 3 Suisses Culture, Camaïeu, Château Online, Cultura, Damart, Discounteo, Feu Vert, Galeries Lafayette, IKKS, Internity, King Jouet, Made in Design, Made in Sport, La Maison de Valérie, Mathon, MotoBlouz, NM Médical, Pecheur.com, Petit Bateau, Pimkie, Privilège Discount, Sexy Avenue, Wanimo… utilisent AFS@Store, la déclinaison e-commerce du moteur de recherche AFS, directement ou dans les solutions e-commerce de nos partenaires.

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Capitaine

Article de : Capitaine

Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-commerce.com et de Wexperience, agence spécialisée en expérience utilisateur digitale.