zappos-homeIl y a quelques temps, je vous parlais de Zeta, la future nouvelle version de Zappos. Et voici que, sans prévenir, Zappos a publié la semaine dernière une version définitive de Zeta qui devient officiellement l’interface de Zappos.com.

Pour mémoire, je rappelle que Zappos est une des plus belles success story du ecommerce américain, devenant en quelques années à peine le numéro un de la chaussure en ligne. On pourrait dire que Zappos est à la grolle ce qu’Amazon est au bouquin. Etant donné l’inspiration qu’a toujours donné Amazon au webdesigner, il serait dommage de ne pas s’attarder sur Zappos.com dont la nouvelle interface, au premier coup d’oeil, semble avoir réussi une alliance parfaite entre ergonomie et design.

Aujourd’hui, à l’instar d’Amazon (qui a racheté Zappos en 2009), le site est devenu généraliste et l’on y trouve de tout, de la godasse au slip en passant par les cocottes minutes. Tous ces sites devenant généralistes, il y a que de quoi s’interroger sur leurs perspectives de rentabilité si tous se mettent à vendre la même chose (Walmart, Sears, Amazon, Zappos…)

Mais ce n’est pas le propos de ce billet, il s’agit ici de voir ce qui peut être tirés comme enseignements de la nouvelle interface.

Design clean

Le design a changé et est devenu beaucoup plus clean qu’il ne l’était auparavant. C’est plutôt intéressant car les gros sites marchands américains ont tendance à le négliger et à s’intéresser uniquement à l’offre et à sa « trouvabilité ». Les liens bleus soulignés ont donc disparus et l’ensemble présente un aspect vraiment soigné et vraiment agréable à parcourir du regard d’autant que l’architecture d’information a été considérablement allégée. Si l’on s’en tient à ce qui se trouve au dessus de la ligne de flottaison, l’offre complète tient dans un écran 1024×768 sans qu’on ait l’impression d’une surcharge.

Une home longue longue longue

Ce n’est qu’au moment d’en faire une capture d’écran que j’ai remarqué la longueur inhabituelle de la home qui est un véritable fourre-tout. Sous ce que j’appelle la gare triage (la partie visible au dessus de la ligne de flottaison), on trouve dans l’ordre :

  • une recherche par marque (un deuxième moteur de recherche !)
  • Une mise en avant des offres de fidélité : bons de réduc, etc…
  • Une longue liste d’avis consommateur (c’est la première fois que je vois ça)
  • Des tonnes et des tonnes d’information sur la société et notamment sur sa fameuse culture

De l’extérieur, il est impossible de dire ce qui a présidé à de tels choix, ce qui est certain, c’est qu’en terme de poids de page, on pourrait atteindre des valeurs insupportables. Eh bien, pas du tout, Yslow m’indique un poids total de 571,6 ko et un temps de téléchargement hors cache de 7,23s, ce qui montre qu’un très bon travail de tuning a du être effectué.

zappos-schema

Aperçu de la home en 1024x768

Organisation de la home

Bien que la home ne soit certainement pas la principale page d’entrée de Zappos, elle n’en demeure pas moins une sorte de centre névralgique, un centre de tri et ici, presqu’un plan de site. Rappelons au passage que c’est sur la home que l’internaute doit pouvoir embrasser du regard l’intégralité des contenus du site, qu’il doit pouvoir comprendre l’offre et l’identité de la marque. Ici, l’intégralité de ces éléments dont répartis de façon logique, simple et nette.

  • Logo et baseline (point 10 sur le schéma) permettent d’identifier le site et de marquer sa différenciation. La baseline « Powered by service » indique d’emblée à l’internaute la grande force de Zappos, c.a.d. le service.
  • La recherche (1) (quoique je ne la trouve pas très saillante) tombe immédiatement sous le regard. Sachant qu’en moyenne, plus de 50% des internautes démarrent par une recherche sur un site de ecommerce, on en comprend l’emplacement stratégique.
  • Le rappel des « plus » de Zappos (2): la livraison gratuite partout aux USA et la politique de retour 365 jours/365. Les plus sont donc mis très avant dans la page, Zappos étant sûrement un des seuls à proposer ce type de service extrêmement important pour un domaine comme celui de la chaussure où le taux de retour doit être excessivement élevé.

L’accès au catalogue se fait par 5 entrées :

  • Un menu par onglets déroulants classique reprenant l’ensemble de l’offre (4).
  • Un menu par recherche alphabétique (4)
  • Deux blocs de menu d’accès rapides aux chaussures à gauche (5) et à l’habillement (7)
  • Une liste des grands univers (8)
  • 1 visuel de promo (6)

Autant de moyens d’entrées permettent d’offrir différentes manières aux internautes de pénétrer dans l’offre et donc de s’adapter à plusieurs modes de navigation. Ce qui est remarquable, c’est que l’ensemble est très lisible :

  • La police de caractère est du Verdana en taille 12, ce qui permet un confort de lecture agréable. Comparez cela à du 3 Suisses ou La Redoute où on est plutôt en 10 ou 11.
  • Les contrastes sont forts et doux (bleu sur fond blanc ou l’inverse)
  • L’espacement moyen entre les objets (liens, onglets) permet également un bon confort de lecture

Zappos.com ne joue pas vraiment le registre de la séduction, mais plutôt celui de la « shopabilité » (dont je parlais l’autre jour dans 2010, l’année de la shopabilité), autrement dit dans cette capacité qu’à le site à pouvoir fournir très rapidement quelque chose à l’internaute. Que vous sachiez ou pas ce que vous voulez, Zappos finit toujours par le trouver. Et si vous savez ce que vous cherchez, alors Zappos doit vous permettre de le trouver également très rapidement.

A lire sur le même sujet sur Capitaine Commerce :

Auteur de ce billet : Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-Commerce.com. En plus de super-héros à collants verts, il propose, en tant que consultant indépendant, des services de merchandising et d'optimisation de sites pour le ecommerce. Pour en savoir plus, lisez son blog www.oliviersauvage.com


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On parlera aussi de Ecommerce aux Nord-IT Days ce jeudi à Lille. Consacré aux technologies innovantes, ce salon propose pas moins de 50 conférences gratuites autour des nouvelles technologies. Ce sera le moment de parfaire sa culture web et +.

Voici dans la liste celles que j’ai retenue et qui pourraient susciter votre intérêt :

Autrement dit, si vous avez un projet de création de site ecommerce ou même si vous souhaitez en savoir plus pour optimiser la performance de votre site, vous ne devriez pas rater les Nord-IT Days.

Infos pratiques

Auteur de ce billet : Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-Commerce.com. En plus de super-héros à collants verts, il propose, en tant que consultant indépendant, des services de merchandising et d'optimisation de sites pour le ecommerce. Pour en savoir plus, lisez son blog www.oliviersauvage.com





On ne peut pas dire que la home de Aubade fasse rêver

On ne peut pas dire que la home de Aubade fasse rêver

Retrouver des sensations d’enfance

Visiter un site de lingerie en ligne, c’est un peu retrouver cette délicieuse sensation d’enfance quand, comme tous les garçons de ma génération, je feuilletais en cachette (et parfois dans les cabinets) les fameuses pages de LaRedoute ou des 3 Suisses pour me procurer des émotions torrides à peu de frais (il y a un groupe Facebook pour nous, les amis). Alors quand j’ai appris sur Twitter la sortie de Aubadestore.com, mon sang n’a fait qu’un tour. C’était une bonne occasion de faire la revue d’un site tout en s’offrant une fine partie de plaisir oculaire d’une presque parfaite innocence malgré mon âge avancé. Car Aubade, c’est bien connu de tous nos lecteurs masculins, a toujours su rester dans les  limites du bon goût et de l’érotisme chic sans franchir la frontière ténue de la vulgarité tapageuse (à l’inverse d’un Agentprocateur, par exemple).

Aubadestore ne fait pas rêver et c’est dommage

Las, Aubadestore.com est plutôt une déception, tout au moins visuellement, les concepteurs du site n’ayant pas su (ou pas voulu) tirer parti de l’érotisme de bon goût promu par la marque depuis quelques années. Certes, un site de ecommerce est avant tout un automate de vente, mais il n’empêche que pour vendre, il faut aussi séduire et c’est bien ce qui manque ici. D’autant plus que l’interface n’est pas toujours au niveau de l’ambition de la marque (sans aller dans le détail, il y a quand même beaucoup d’erreurs d’ergonomie, comme, par exemple, des produits affichés sous la ligne de flottaison, un formulaire d’ajout au panier inversé, etc.).

Dans la fiche produit, les produits de la même catégorie sont sous la ligne de flottaison, donc invisibles. De plus, l'affichage des sélecteurs d'option (taille, couleur, qté) sont disposés dans un ordre qui oblige le regard à quelques contorsions inutiles

Dans la fiche produit, les produits de la même catégorie sont sous la ligne de flottaison, donc "invisibles". De plus, l'affichage des sélecteurs d'option (taille, couleur, qté) sont disposés dans un ordre qui oblige le regard à quelques contorsions inutiles

Un site doit-il être publié « malgré touté en fonction d’une deadline serrée ?

Alors ma question est : peut-on ou doit-on publier un site sous prétexte de respecter une deadline même si celui-ci de toute évidence ne remplit pas les objectifs de qualité qu’il devrait avoir ? Bien sûr, on ne peut pas juger un site uniquement d’après son interface, et, bien sûr, avec le web, il est toujours possible de corriger rapidement le tir. Du moins le croit-on, mais l’expérience m’a montré qu’une fois qu’un site était lancé, et à moins d’avoir initié un processus d’évolution itératif régulier, les mises à jour d’interface avaient tendance à se faire au petit bonheur la chance et les questions d’utilisabilité remises, dans 90% des cas, aux calendes grecques.

Force est d’avouer que la réussite d’un site ne tient pas qu’à son merchandising et son ergonomie. Mais si leur importance en phase de lancement est peu prépondérante (à supposer que des erreurs majeures ne viennent pas bloquer le processus d’achat, mais uniquement des tests utilisateurs peuvent le montrer), en revanche, elle devient critique avec l’augmentation du trafic et du volume des ventes, car un petit point de gagné sur ces critères, c’est parfois beaucoup de points de transfo en plus (cf l’article de Fred Cavazza qui récemment parlait d’un bon de 25% du taux de transfo des fiches produits de Darty grâce à l’emploi d’un superzoom).

Attention toutefois à ne pas mal interpréter mon propos. Ne pas avoir recours à un concepteur d’interface en phase de création d’un site est une erreur aussi grossière que de dessiner un plan de maison sans architecte.

Auteur de ce billet : Olivier Sauvage est le fondateur de Capitaine-Commerce.com. En plus de super-héros à collants verts, il propose, en tant que consultant indépendant, des services de merchandising et d'optimisation de sites pour le ecommerce. Pour en savoir plus, lisez son blog www.oliviersauvage.com